20.08.2008
AILLEURS SI J’Y SUIS – ANTOINE LAURAIN
Pierre-François Chaumont (PFC) est avocat, amateur d’art éclairé et collectionneur. Un beau jour, alors qu’il erre dans les allées de Drouot, il découvre un tableau du XVIIIème. L’homme représenté sur ce tableau lui ressemble étrangement. Incroyablement. Indiscutablement. Sidéré, PFC achète le tableau à prix d’or.
Mais il semble qu’il soit le seul à y trouver une quelconque ressemblance. Sa femme se moque, ses amis et associés rient. Une ressemblance ? « PFC, tu es fatigué, je crois ! »
PFC, convaincu, entame des recherches sur le blason représenté en haut du tableau…
Le premier roman d’Antoine Laurain est un pur moment de bonheur. On y trouve déjà le style sobre et efficace de « Fume et tue ». Et pourtant, on s’embarque sans discuter dans ce voyage que va entreprendre un parisien passionné d’art, convaincu qu’il y a quelque chose entre lui et ce personnage. Que tout ceci n’est pas une simple coïncidence.
Comment un événement (ici un tableau) va bouleverser la vie d’un homme, la transformer, ébranler tout ce qu’il a construit : mariage, carrière, vie sociale. Comment un homme poursuit une chimère, redécouvre la vie, l’amour, et ouvre les yeux sur son existence, en change, disparaît de sa propre vie pour plonger corps et âme dans une nouvelle.
Décidément, Antoine Laurain sera une des découvertes de cette année.
L’avis de Lily.
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19.08.2008
BREVES DE PERETTE
Perette s'en allait gaiment, légère et court vêtue, à la rencontre d'auteurs sous le soleil du Midi.
Elle rencontra un auteur spécialisé dans l'angoisse, un autre spécialisé dans la vie et ses étincelles de bonheur, en attendit un autre en fumant sereinement sur le port de Six-Fours fouetté par le mistral. Lunettes noires sur le nez et jupe au vent, Perette discuta avec l'homme charmant, lui tendit l'exemplaire d'une amie spécialisée dans la "author-mania" ou la "chouchouïtude écrivaine" afin qu'il lui dédicace l'exemplaire soigneusement confié à Perette.
Sur le chemin du retour, Perette reprit sa petite voiture. Il faisait bon, c'était la fin de la journée et la lumière s'amenuisait lentement.
Perette alluma ses phares et se demanda s'ils fonctionnaient. En effet, malgrè le crépuscule qui s'étiolait, passant du rose au mauve, parsemé de trainées parmes, malgrè l'autoroute largement éclairée par une municipalité soucieuse du confort de ses riverains, Perette n'y voyait pas grand chose.
Perette s'inquiétait. Elle avait l'impression de conduire en pleine nuit alors qu'il n'était que 21 heures 30 en plein mois d'août.
Perette alluma puis éteint ses phares et ne constata aucune différence.
Perette continua sa route prudemment.
Soudain, Perette compris.
Elle enleva ses lunettes noires.
Perette avait retrouvé la vue.
06:08 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
15.08.2008
TRAILERPARK – RUSSELL BANKS
Russell Banks écrit encore et toujours aussi bien les chroniques de la vie ordinaire. Dans un parc à caravanes, 12 mobile homes, neuf, branlants, rouillés ou fleuris. Des habitants, un guichetier de banque, un ancien militaire, un jeune hippie, une divorcée, une veuve…
Les vies se croisent, les gens se parlent. Chacun apporte son lot quotidien de faits et gestes qui abreuvent les commentaires, les histoires qui se raconteront, de caravane en caravane.
C’est l’Amérique du New Hampshire, celle des laissés pour compte, ceux qui survivent d’aides, ou d’une maigre retraite, ou de petits boulots. Une communauté faite de solitudes réunies qui partagent parfois un peu de tendresse et de chaleur, mais la plupart du temps vivent côte à côte, se parlant sans s’écouter. Ils sont unis par leurs solitudes, leurs hantises, leurs échecs ou leurs rêves brisés.
Résignation, pauvreté, échecs, violence, alcool, solitude, ces nouvelles se lisent comme un roman. Le ton est tendre, parfois ironique, parfois moqueur mais toujours lucide.
Russell Banks pose un œil averti sur une population oubliée, une communauté isolée. De belles tranches de vie.
06:07 Publié dans J'ai aimé, Litterature Anglo-saxonne, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
13.08.2008
BROOKLYN FOLIES – PAUL AUSTER
La vie. Nos vies. Que représentent elles ? Que sommes nous dans ce vaste monde ? Pourquoi empruntons nous ce chemin et pas un autre ?
Nathan, le narrateur de Brooklyn folies, a soixante ans. Il souffre d’un cancer du poumon et, après un divorce difficile, part vivre à Brooklyn. Ses derniers mois seront consacrés à la vie. Déguster la vie, la savourer, sereinement. Ecrire un livre « Le livre de la folie humaine », recueil de souvenirs, d’anecdotes, de faits, de réflexions sur l’Homme. Un jour, Nathan rencontre son neveu Tom dans une librairie. Tom qu’om qu’il pensait devenu professeur, Tom l’ancien amoureux des lettres, Tom devenu libraire après avoir été chauffeur de taxi.
Nathan et Thom parcourent la ville, parcourent Brooklyn et imaginent une vie meilleure, un lieu paisible, l’Hotel Existence, où les gens pourraient mener une existence paisible.
En tout premier lieu, l’écriture de Paul Auster est d’une fluidité, d’une limpidité exemplaires. Les phrases glissent, les mots s’enchaînent et l’histoire de déroule telle un sentier sur lequel on s'engage et que l'on suit avec bonheur.
Les personnages sont attachants : Nathan, le vieil homme sage et mature, qui contemple la vie et ses habitants avec lucidité et recul, Tom, qui a lâché ses rêves, ses ambitions et ne sait plus quel chemin prendre. Aurora, la sœur de Tom, ancienne paumée sous l’emprise d’un mari bigot et stupide, la petite Lucy, charmante enfant qui va amener les deux hommes à reconsidérer leur vie.
On y croise aussi Harry, le libraire ancien taulard/escroc reconverti dans la sagesse, mais qui ne pourra s’empêcher de rêver d’un dernier coup d’éclat, la Jeune Mère Sublime, brooklynienne en diable mais malheureuse, et tant d’autres.
L’histoire d’une poignée de gens, anonymes, dont le point commun est d’avoir envie de vivre simplement une vie heureuse, d’accepter de se tromper et de considérer l’échec comme un tremplin, l’envie comme un moteur, le bonheur comme une ambition.
L’histoire d’un quartier aussi, sans doute. L’histoire d’un petit morceau d’Amérique.
J’ai beaucoup aimé ce récit. Mon premier Auster. Est-ce le meilleur ? A priori non, si j’en crois ce que j’ai lu ici ou là. Et j’y attendais un peu plus de profondeur, à vrai dire. Mais j’y retournerais, sans aucun doute.
Les avis de Laurence, Laure, Clarabel, Thom, Lisa, Flo, La conteuse, Papillon, Virginie, Mme Patch
07:05 Publié dans J'ai aimé, Litterature Anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
11.08.2008
FUME ET TUE – ANTOINE LAURAIN
Vous avez déjà essayé d’arrêter de fumer ? Avec succès ? Moi oui. Plusieurs fois. A chaque fois avec succès d’ailleurs.
Mais je n’ai jamais essayé l’hypnose ? Aurais-je dû ?
Fabrice Valentine est chasseur de tête. Chasseur de tête et fumeur. Sur les conseils de sa femme il consulte un hypnotiseur qui parait-il fait des miracles. En deux coups de cuillers à dodo, le monsieur vous fait passer de trois paquets de gitanes par jour à 12000 bouffées d’air frais et pur.
Et ça marche. Fabrice Valentine se réveille Non-Fumeur.
Fumer tue. Voilà la vérité. Fabrice se passe très bien de ses deux paquets de blondes quotidiens. Mais comme Fabrice est un cadre stressé, il va quand même craquer au bout de 15 jours. Il en grille une, donc, mais découvre consterné que le plaisir a disparu. Plus rien : la meilleure clope de la journée n’existe plus. Fabrice inspire, aspire, Fabrice ne ressent rien.
Quelques jours et rames de métro plus tard, Fabrice pousse un homme sous le métro. Légitime défense. Fabrice prend la fuite, Fabrice court, Fabrice se cache derrière un abribus, Fabrice allume une cigarette....
Oh my god ! Délicieuse. Sublime. Oui, c’est ça. Il aime. Le plaisir est enfin là…
Il faut donc que Fabrice tue pour éprouver du plaisir ?
Ce roman ne m’a pas poussée à arrêter de fumer, non. Mais il est quand même bien plus jubilatoire qu’une Philipp M. bleue…
Antoine Laurain nous fait sourire. Le style est simple et terriblement efficace. On y suit ce parcours d’apprenti serial killer, on se réjouit de la placidité, l’impensable logique de Fabrice : Fume et tue. Tue et fume. Tout est dit. L’impensable destin d’un homme « normal » devenu tueur.
De fil en aiguille, l’homme de transforme en chasseur redoutable. Il ne chasse plus pour des entreprises mais pour lui. Au passage, le petit monde du consulting en prend pour son grade, celui de l’Art Contemporain aussi. Jouissif, grinçant à souhait, humour couleur bitume et piques goudronnées à toutes les pages. Délicieusement incorrect.
Il est fort sympathique, ce Fabrice Valentine, pour ma part, j’en grillerais bien une avec lui, tiens !
(eh eh…. j’ai rencontré Antoine Laurain : fort sympathique aussi…)
Fume et tue, Antoine Laurain - Le passage, 280p
Les avis de Caro[line] (merci pour le prêt, Caro !!), Cathulu, Michel, Cuné, Lily, Fashion…
06:20 Publié dans J'ai aimé, Litterature Française | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
08.08.2008
PERETTE GUIDE TOURISTIQUE
Il y a quelques semaines, Perette se proposa d’accompagner Celle qui était increvable pendant une journée autour de la capitale.
Cette amie bloggueuse venait passer quelques jours à Paris dans le but de gagner haut la main un certain jeu de pistecommis par Perette et ses amies.
Les différentes sardoniques organisatrices s’occupèrent de Celle qui était increvable à tour de rôle.
Perette proposa à Celle qui était increvable de visiter Saint Germain en Laye ou Versailles. L’honnêteté m’enjoindra d’avouer que la réponse espérée par Perette était Saint Germain en Laye, où Perette avait besoin de faire quelques courses.
Malheureusement, Celle qui était increvable avait déjà visité ladite ville et choisit donc de visiter Versailles.
07:18 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
06.08.2008
DERIVE SANGLANTE – WILLIAM G. TAPPLY
Vous vous souvenez ? Je vous ai parlé de Stoney Calhoun récemment. Mais oui ! Le guide de pêche, celui qui vit dans le Maine, celui qui ne se rappelle de rien, l’amnésique ! Je vous en parlais à propos de « Casco Bay ».
Ici, Dérive sanglante est le premier roman où William G. Tapply met en scène Stoney Calhoun.
Amnésique, donc, le Stoney. Nous faisons sa connaissance dans ce premier volet de ses aventures et apprenons comment Stoney est sorti un beau jour de l’hôpital, mémoire en berne, avenir indécis et passé englouti par la foudre dix-huit mois plus tôt.
Aucun souvenir, donc, mais Stoney sort enfin. Il sait juste que son compte en banque sera désormais suffisamment pourvu pour qu’il n’aie pas à travailler, pourvu que le passé ne pointe pas son nez.
Alors Stoney écoute son instinct, ou les voix qui sommeillent en lui, ou son flair. Il s’installe au fin fond des bois du Maine et construit sa cabane. Il deviendra guide de pêche, aimera la belle Kate. Un jour, un client vient et demande un guide pour l’emmener dans les bois pêcher des truites sauvages. Stoney n’a pas envie, Stoney ne le sent pas, Stoney fait sa tête de pioche et envoie Lyle, son meilleur ami, à sa place.
Lyle ne reviendra pas. Inquiet, stressé, empli d’un mauvais pressentiment, Stoney part à sa recherche et retrouve son corps. Assassiné.
Par ce client bizarre ? Stoney s'en veut. Il aurait dû y aller, il aurait dû mourir, lui, et pas son copain Lyle.
Voici un roman ma foi fort passionnant. Avec Casco Bay, j’avais découvert ce genre de « polar nature ». Ici encore, nous nous baladons dans les bois du Maine, nous nous passionnons pour la pêche (oui oui), nous suivons avec empressement Stoney dans cette nature sauvage, prenante, absorbante et paisible.
Et, encore une fois, Stoney est passionnant. Qui est-il ? Comment expliquer ce flair, ce besoin d’enquêter, de fouiner, de comprendre ? Comment expliquer qu’il sait comment casser d’un revers de main le nez et les dents à la fois ?
William G Tapply nous embarque dans cette enquête en deux temps trois mouvements : deux promenades en forêt et trois tours de moulinet, quatre mouches-appats (que nous saurons presque monter nous-même). Et pourtant, aucune de ces scènes de pêche et détails techniques n’est barbant. Au contraire. On suit Stoney, on suit Kate, on suit le shérif Dickman, tous ces personnages attachants, authentiques, VRAIS, dans une enquête menée tambour battant, stressomètre au maximum, juqu’au dénouement final (dénouement final qui, encore une fois, aurait à mon sens supporté d’être un peu plus creusé, plus étoffé, mais bon, l’essentiel n’est pas là).
Nous avons ici un polar d’un genre nouveau, original, où la nature prend une place importante, capitale, et c’est franchement à la fois apaisant et rafraichissant.
Eh, Stoney, tu reviens quand, pour un troisième volet ? Je t’attends, moi !!!
Dérive sanglante, William G Tapply - Ed. Gallmeister, 268 pages
Laure a aimé aussi.
07:22 Publié dans J'ai aimé, Litterature Anglo-saxonne, Polars, thrillers... | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
04.08.2008
LA MORT DU ROI TSONGOR – LAURENT GAUDE
Le royaume de Tsongor s’étend aux confins d’un pays imaginaire. Bâti après des années de batailles, de luttes, de guerres et de conquêtes. Après des années de guerres et de victoires sanglantes.
C’est un jour de gloire et de fête, car demain le Roi Tsongor marie sa fille, Samilia, à Kouame, le Prince des terres du Sel. Mais Sango Kerim, l’ancien serviteur, vient réclamer son dû et la main de Samilia. La guerre devra éclater.
La plume est magnifique, le récit est une barque qui nous emmène dans ce conte à la fois initiatique et philosophique.
La guerre, la vengeance, la folie des hommes qui prend le pied sur la raison, Laurent Gaudé nous entraîne dans un récit rempli d’humanité. Les fils de Tsongor vont se déchirer, s’entretuer en en oubliant la cause, les prétendants s’enfoncer dans une guerre de plus en plus cruelle et acharnée. Les hommes se déchirent et détruisent ce qu’ils ont bâti, aveuglés par la haine et l’obstination. Personne ne veut s’avouer vaincu alors que tous ont déjà tout perdu.
Tandis que Souba, le plus jeune fils de Tsongor, erre à travers le royaume afin de trouver une sépulture digne d’accueillir son père, Samilia sera divisée entre les deux hommes et s’enfuira, seule, effarée d’avoir provoqué ce carnage. Katabolonga, le fidèle serviteur, veillera sur son maître. Lui qui avait des raisons de haïr a pardonné.
Vengeance, assouvissement de la haine ou pardon, honneur, orgueil, sagesse et volonté de pouvoir, Laurent Gaudé esquisse tout cela à travers ce très beau conte, superbement écrit. C’est une mélopée qui entraîne le lecteur et le tient en haleine, et se repose avec un soupir de plaisir.
Merci à Fashion pour le prêt !
07:26 Publié dans Challenge ABC 2008, J'ai aimé, Litterature Française | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
29.07.2008
SOS bloggueuse en détresse
Amis de la blogosphère !
Un grand cri de détresse m'a forcée à sortir de ma torpeur estivale.
Oui.
Un énorme cri.
Désespéré, malheureux, acculé.
Le cri d'une femme, anéantie par la chute de ses statistiques.
Foudroyée par la fuite de son lectorat, parti vers d'autres horizons.
Et, quand on n'a plus rien à perdre, on ose.
On est prêt à tout.
Absolument tout.
Donc, cette femme a décidé de réveiller les ardeurs de ses lecteurs, de réveiller la bombe qui est en elle.
Elle a décidé de poser nue.
Oui.
Pour vous.
C'est ici.
Il faut l'aider, chers amis, avant qu'elle ne nous montre encore plus, avant que sa famille la renie publiquement, avant que ses élèves se passent cette photo en douce sur leurs téléphones portables pendant les cours, l'an prochain à la rentrée, avant que son Ernesto meure d'un surcharge électrique, que ses amis exigent plus la prochaine fois...
12:10 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
18.07.2008
Pause
Inspirer.
Expirer.
Souffler.
Respirer.
Air.
Mer.
Terre.
Eau.
Lire.
Livres.
Lectures.
Loisirs.
Liberté.
Plage.
Sable.
Chaleur.
Moiteur.
Couleurs.
Ciel.
Soleil.
Profiter.
Jouer.
Nager.
Dormir.
Lire.
Vacances.
Pause.
07:41 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note


