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14/09/2007

Extrêmement fort et incroyablement près - Jonathan Safran Foer

ee6bb03284de2d5caadf9c24cf32fc0d.jpgOskar est un petit garçon de 9 ans. Son père se trouvait au World Trade Center le 11 septembre 2001. Avant que les tours ne s’effondrent, il a laissé 5 messages sur le répondeur de sa famille.

Rentré plus tôt à la maison ce jour-là, Oskar a écoutés les messages et scrupuleusement caché le répondeur sans jamais en parler à sa mère.

Un an après, il découvre dans le dressing de son père une clé dans une enveloppe, où seul le mot « black » est écrit. Muni de cet unique indice, il décide de partir à la recherche de la serrure qu’ouvre cette clef.

Jonathan Safran Foer écrit joliment sur le parcours d’un enfant traumatisé qui croit pouvoir trouver les raisons d’une mort absurde.

Amusant, émouvant, il surprend le lecteur en déstructurant les codes classiques de l’édition. Variations de typographie, dessins insérés, gribouillages et annotations glissés dans le texte sont autant d’éléments aussi étonnants et réjouissants que contrariants quand ils deviennent répétitifs.

Le deuil d’un jeune garçon doit faire après la mort de son père, l’indifférence, le refus, le déni, la colère, la douleur qu’il éprouve tour à tour sont autant de thèmes abordés ici avec pudeur. Derrière l’humour se cachent beaucoup de tendresse et de sensibilité.

A travers les errances d’un petit garçon aussi intelligent que marginal, l’auteur nous promène dans un New York trépident et angoissant, où Oskar croisera des personnages singuliers qui lui ouvriront leurs portes : un chauffeur de taxi tendre et généreux, une veuve qui vit sur le toit de l’Empire State Building depuis la mort de son mari dans une éternelle et troublante nostalgie, son voisin qui vit un étage au dessus et n’est pas sorti de chez lui depuis 24 ans.

On y rencontre aussi sa grand-mère avec laquelle Oskar communique avec un talkie walkie depuis sa fenêtre et qui héberge secrètement son mari, revenu depuis les attentats, et qui avait quitté sa femme alors enceinte. L’homme est muet et ne communique qu’en écrivant sur un cahier ou en montrant ses mains tatouées de OUI et NON. Au travers l’histoire de ce couple hors normes, la guerre, l’immigration et les difficultés que rencontre une famille en arrivant dans cette métropole sont sobrement évoquées.

En résumé, j’ai bien aimé ce roman. Parfois le style agace et les longueurs s’installent, mais, dans l’ensemble, j’ai apprécié ce récit à la fois pudique et émouvant sur la quête d’absolu et de vérité d’un enfant après la mort de son père.

Si je devais émettre des réserves, elles concerneraient sans doute le personnage de la mère d’Oskar, que l’on ne voit finalement que trop peu dans le roman et dont ne sait pas grand-chose sur son propre travail de deuil. L’ensemble est aussi parfois un peu long.

10:05 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Ah, il me dit bien ce roman! Je le note in ze carnet rose...

Écrit par : fashion victim | 14/09/2007

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Tu es moins enthousiaste que moi, on dirait! :)

Écrit par : Lucile | 23/02/2010

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D'accord avec toi. Un bon livre mais un peu longuet par moments

Écrit par : Lilali | 21/01/2012

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