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21/09/2007

Perette jeune conductrice

7428d560f1f689493221020cc1b741a1.jpgIl y a une bonne dizaine d’année, Perette passait son permis de conduire. Une fois le diplôme obtenu, elle conduit avec bonheur sa petite voiture.

Un samedi soir, alors que Chèrettendre est en séminaire en Californie, elle accompagne un couple d’amis au restaurant. Ils dînent à Saint Cloud, chez un gentil restaurateur où Perette est une habituée (importante précision, vous le comprendrez bientôt).

Une fois le dîner terminé, chacun repart de son coté, les amis sur Paris et Perette sur Suresnes.

Perette démarre et prend la direction du centre ville. Feu rouge. Perette s’arrête. Feu vert. Elle lâche l’embrayage et cale. Zut.

Perette redémarre, tant bien que mal et plutôt mal que bien. Elle arrive à pousser le moteur, qui sursaute plus qu’il n’avance, mais dans la confusion continue tout droit. Elle se dirige vers le Pont de Saint Cloud en se disant qu’elle n’aura qu’à prendre à gauche au carrefour.

Feu rouge (purée de bazar de cacahuète NM!!).

Perette stoppe en priant le dieu des jeunes conductrices de lui accorder un sursis.

A priori le dieu des jeunes conductrices sort le samedi soir car il n’entend pas ses prières. Perette cale à nouveau.

Au niveau du Pont de Saint Cloud les autres conducteurs sont nettement plus anxiogènes.

Le Dieu des jeunes conductrices a dû laisser un intérimaire au bureau car Perette redémarre après plusieurs tentatives.

Elle prend la première à droite, elle ne raisonne plus. Elle lève les yeux sur le panneau devant elle. Autoroute A13, direction Versailles.

Perette ne réfléchit plus, elle panique.  Elle ne PEUT pas prendre l’autoroute de Versailles puisqu’elle habite à Suresnes. Elle envisage un instant de faire demi-tour, là, tout de suite, maintenant. Il lui reste un peu de bon sens et surtout  l’intérimaire est sympa : Perette aperçoit un embranchement sur la droite, direction Saint Cloud Centre.

Elle braque à droite, et tant pis pour le noctambule derrière elle qui n’a pas l’air d’apprécier.

La route monte et fait un virage en épingle à cheveux.

Perette se sent délivrée, elle a échappé à une longue nuit passée à errer sur les autoroutes de France.

Elle est tellement délivrée qu’elle prend son virage en troisième. Un reste de raison la fait rétrograder. Deuxième. Première.

Et là tout s’arrête. Définitivement. En plein virage. Sur une côte. En pleine nuit.

Perette est seule au monde.

Perette fait appel aux quelques neurones opérationnels qui lui restent et réfléchit. Appeler Chèrettendre au bout du monde ?  Inefficace. Appeler ses amis ? Ils ne sont sans doute pas encore arrivés. Appeler un garagiste ? Elle n’a pas d’annuaire et n’en connait aucun.

L’idée lumineuse surgit enfin. Perette appelle le restaurant et explique au gentil restaurateur ce qui lui arrive.

Il connait un garagiste et va lui passer un coup de fil. Promet à Perette de la rappeler tout de suite. Perette raccroche. Réalise qu’il n’a pas son numéro.

Une autre voiture arrive. Ne peut pas passer. Perette pense que l’intérimaire lui a envoyé un sauveur.

Le sauveur n’est autre qu’une jeune femme qui ne peut rien pour Perette.  Elle lui suggère de parquer sa voiture en marche arrière- roue libre pour libérer le passage.

Au point où Perette en est...

Elle fait une espèce de créneau à gauche, en pente, en marche arrière, en pleine nuit, sans moteur et juste au frein. Elle libère le passage et la jeune femme lui souhaite bon courage.

Soudain une autre voiture arrive. C’est le gentil restaurateur qui n’a pas réussi à la joindre et est donc venu directement. Son copain garagiste ne peut pas venir tout de suite mais il sera là demain à 9:00. Le gentil restaurateur ramène Perette chez elle, à Suresnes.

Dimanche matin, 8 :45, Perette est sur place et attend le garagiste.

Elle ouvre la portière, se glisse au volant et met la clef dans la serrure, au cas où.

La voiture démarre immédiatement, instantanément, fraiche comme une rose.

Le garagiste arrive. Perette explique, penaude, que sa voiture vient de démarrer alors qu’hier encore elle agonisait.

Il jette un œil sur le moteur, ne trouve rien qui cloche et explique qu’elle vraisemblablement noyé le moteur et qu’il aurait suffi quelle patiente pour redémarrer. Il lui fait juste payer le déplacement.

Lundi matin Perette a envoyé un énorme bouquet de fleurs au gentil restaurateur.

Moralité : Perette conduit à présent un diesel. Mais il lui a fallu longtemps pour ne plus avoir peur au premier feu rouge. Et pour ne plus avoir honte en racontant cette histoire.

08:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

Commentaires

Est ce qu'en plus le restaurateur tient un bon restaurant? :)

En tous cas merci de partager cette histoire :
- cela réchauffe de savoir qu'il y a des gens aussi serviables
- c'est un bon cours de mécanique : j'aurais pensé au fait d'avoir noyé le moteur, mais je ne savais pas qu'il suffisait d'attendre pour redémarrer :)

Écrit par : Stéphanie | 22/09/2007

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je bosse avec des mécanos mais je n'y connais rien ,merci donc pour l'astuce, en tout cas, Perrette aplus que deux neurones quand tout part en eau de boudin !

Écrit par : cathulu | 22/09/2007

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Stéphanie : le restaurateur n'est plus à Saint Cloud mais à Rueil Malmaison. Je n'y suis pas allée depuis quelque temps, mais à l'époque, c'était vraiment très bien et abordable.

Cathulu : j'essaie de réfléchir, mais parfois ça coince !

Écrit par : amanda | 22/09/2007

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Bon, moi je n'ai même pas le permis, donc ce genre d'histoire ne risque pas de m'arriver. Tu as de la chance d'être tombée sur des gens aussi serviables !

Écrit par : Caroline | 23/09/2007

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C'est souvent la même histoire : être serviable donne envie d'être serviable.
J'ai toujours adoré ce restaurant, et nous y allions presque deux fois par mois voire davantage (c'est trés abordable : le chef avait travaillé dans de grands restaurants avant d'ouvrir sa propre enseigne, style belle et bonne cuisine avec prix de bistrot : du coup il est souvent complet).
Donc c'est vrai que je n'ai pas hésité une seule seconde avant de les appeler au secours ! Il y a des gens, comme ça, dont tu sais qu'ils ne te laisseront pas tomber, juste parce que la gentillesse est lisible sur leur visage.

Écrit par : amanda | 24/09/2007

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et il est où ce restaurant ??

Écrit par : annej | 25/09/2007

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ils ont déménagé à Rueil Malmaison : la Terrasse, rue de la libération

Écrit par : amanda | 27/09/2007

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