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02/10/2007

LE CHEMIN DES AMES – JOSEPH BOYDEN

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1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne Cree, attend sur un quai de gare le retour d'un soldat qui a survécu à la guerre. Pourtant, l'homme qui descend du train n'est pas Elijah, mais son neveu Xavier qu'elle croyait disparu, ou plutôt son ombre malade et méconnaissable. Trois jours durant, à bord du canoë qui les ramène chez eux, Xavier, entre la vie et la mort, replonge dans les eaux sombres de son passé. En 1914, Xavier et Elijah, son meilleur ami, s'étaient engagés dans l'armée canadienne, certains l'un et l'autre de vivre l'aventure de leur vie. Mais sur les champs de bataille français, l'enfer les attendait...

L’alternance des récits de Niska et Xavier transportent au gré des chapitres le lecteur de l’enfer des tranchées aux existences sauvages et rudes des Indiens du Canada.

Niska se remémore son passé, son enfance, et nous voici dans les sombres forêts du Canada. Les rituels indiens, les croyances et les traditions ancestrales  décrivent les vies âpres et primitives des tribus indiennes, l’arrivée des Hommes Blancs, la résistance qu’un peuple essaie en vain d’opposer mais qui finira par ployer. Niska observe les hommes de son peuple, raconte froidement, sans juger, la chute d’un peuple et le reniement de ses croyances.

Elijah et Xavier, de leur coté, se sont engagés dans la guerre comme on part en croisade. Soif d’aventure, de découvertes  les ont poussés à partir en Europe. Leurs illusions et espoirs se liquéfieront rapidement dans la barbarie des tranchées.  L’auteur décrit les conditions de survie pendant la première guerre. Le récit est souvent difficile, néanmoins je me suis prise à aimer ces soldats, leur tentatives désespérées de garder un peu d’humanité, de chaleur humaine, alors que tout autour d’eux n’était que boucherie. Elijah et Xavier, anciens chasseurs,  sont désignés comme tireurs d’élite. L’horreur, la mort qui arrache leurs compagnons vont les transformer, mais, alors que l’un tentera d’effacer sa peur de mourir en prenant cruellement plaisir à la donner, l’autre essaiera de résister et de conserver son âme intacte.

C’est un roman magnifique, particulièrement bien écrit. Il pose un regard plein de sagesse et de sensibilité sur  une époque pourtant effroyablement barbare.

L'avis de Chimère et celui de Joëlle

 

14:25 Publié dans *Litterature Canadienne* | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook