Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Les promesses de l’ombre – David Cronenberg | Page d'accueil | TERRE DES OUBLIS – DUONG THU HUONG »

12/11/2007

COUSINE K - YASMINA KHADRA

c95dca3407c8bcfd03d548228e32e252.jpg« Hanté par la mort de son père, oublié par sa mère, blessé par l’absence de son frère adoré, un jeune Algérien de l’après guerre se laisse peu à peu envahir par ses sentiments pour sa belle cousine. Très vite cet amour devient obsession et névrose…. Entre les deux adolescents une relation de victime à bourreau s‘installe…. Dans le silence du douar étouffant et torride, une tragédie se prépare. »

Ce jeune homme entame lorsqu’il découvre son père assassiné un lent voyage dans la folie qui le mènera au meurtre. Dépossédé de toute identité (il na pas de nom, sa mère ne s’occupe pas de lui, son frère reçoit tous les honneurs, sa cousine le méprise), le jeune homme s’enferme dans sa folie, s’enlise dans son ressentiment et ses pensées tortueuses. Sa cousine K est belle, sa famille l’aime, l’écoute. Elle est tout ce que lui n’est pas ou plus, et la fascination qu’elle exerce sur son cousin se mue peu à peu en obsession, obsession dont il ne pourra se délivrer que par la mort, se précipitant lui-même dans la folie.

J’aime beaucoup Yasmina Khadra qui est un de mes auteurs préférés. Il écrit magnifiquement bien et ses phrases sont toujours d’une beauté fascinante : « La montagne, au loin, a l’altesse écorchée. La rivière qu’elle secrète ne rejoindra jamais la mer. C’est un pays aride, renfrogné et hostile, conçu uniquement pour subir. Les villageois ne l’aiment pas. Ils le maudissent jour et nuit. A Douar Yatim, tout malheur se silhouettant à l’horizon n’est que le précurseur de sa smala. Ni la suer ni le sang n’ont réussi à assagir un sol ingrat. Qu’il neige ou qu’il grêle,, la pierraille triomphe au fil des ans tandis que dans le regard recru des fellahs le fiel se nourrit du dépit. ».

Ceci dit j’ai trouvé ce roman trop court. J’aurais sans doute aimé que le processus de folie soit plus long, plus lent, que Yasmina Khadra distille plus lentement le poison, que la vénénosité de ses phrases se répande mot à mot dans la tête de son lecteur, jusqu’à l’écoeurement final.  Il n’en reste pas moins que, comme dans la plupart de ses romans, son écriture est fluide, magnifique, et comme toujours poignante.

Merci à Stéphanie de me l’avoir prêté ! Les avis de Bellesahi et Emeraude.

« Si le jour et la nuit avaient choisi d’être l’éclipse qui vient de voiler mon regard, si la foudre s’était inspirée de mon geste sublime pour m’anéantir, si ma mère avait choisi cet instant précis pour rentrer,je crois que j’aurai tout pardonné ».

« La colère m’inonde. Je la rejoins, je la saisis par les cheveux, la renverse, la piétine. Elle crie, supplie, se débat, embrasse mes mains, mes pieds, se couvre de ridicule… L’ingrate ! Je m’acharne sur elle en riant. Mon rire m’effraie. Je ne me souviens pas d’avoir lu une seule foi dans ma vie. »

08:05 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

Cette critique semble tentante et me décidera peut-être à relire Khadra un jour. J'ai bien aimé "Les hirondelles de Kaboul" mais j'ai trouvé ça tellement dur que je ne sais pas si j'ai le goût de récidiver!

Écrit par : Karine | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

J'avais bien aimé "Les hirondelles de Kaboul" et j'ai "L'attentat dans ma PAL.

Écrit par : Anne | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

C'et vrai que "le hirondelles..." est un livre dur, mais très beau... puis "l'attentat" est très très bien, et enfin le dernier de cette trilogie "les sirènes de Bagdad" est encore meilleur, bien que lui aussi très dur.

Écrit par : amanda | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

Comme toi j'aime beaucoup cet auteur, après "Les hirondelles de Kaboul", "L'attentat" qui m'avait marquée et "Les sirènes de Bagdad", je compte bien ne pas en rester là et prendre note de celui que tu présentes !!

Écrit par : Florinette | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

j'ai toujours les sirènes de Bagdad dans ma PAL... je suis entièrement d'accord avec ta critique!
Khadra écrit sur des sujets très durs, avec une plume poétique... et cousine K est trop court, tu as tout à fait raison !

Écrit par : Emeraude | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

Bonjour et merci pour cette critique ... à sa lecture, j'étais prête à dégainer ma LAL, encensée par tes mots (malgré le "mais trop court") mais les mots "sombre" et "pesant' de Bellesahi m'ont freinée dans mon élan ... alors je doute .. ?!

Écrit par : Maylany | 12/11/2007

Répondre à ce commentaire

Florinette et Emeraude : nous avons les mêmes goûts!

Maylany : bienvenue ! je ne sais que te dire.... Cousine K est un livre sombre et pesant c'est vrai.. mais j'aime énormément le style de Khadra, poétique, fluide... et je le trouve très talentueux, il fait peser une atmosphère terrible par la seule force de son évocation, sa prose embarque le lecteur dans un voyage douloureux et c'est une des forces de Khadra.

Écrit par : amanda | 13/11/2007

Répondre à ce commentaire

Merci pour ta réponse Amanda.

Tantpis, à regret, je passe mon chemin pour ce livre ..

Écrit par : Maylany | 13/11/2007

Répondre à ce commentaire

moi je n'ai pas aimé du tout. Trop dur ! Il m'a mis très mal à l'aise. Je n'étais pas bien après sa lecture.

Écrit par : Bellesahi | 14/11/2007

Répondre à ce commentaire

Je n'ai jamais rien lu de cet auteur et je pensais commencer avec "L'attentat" mais ce titre-là me tente bien aussi !

Écrit par : Joelle | 19/11/2007

Répondre à ce commentaire

Joelle, l'Attentat est très bien, vraiment très bien. c'est grâce à ce titre que j'ai découvert Khadra.

Écrit par : amanda | 19/11/2007

Répondre à ce commentaire