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« LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE – STIEG LARSSON | Page d'accueil | LE POUSSE POUSSE – LAO SHE »

21/11/2007

Perette et la pantoufle de vair

cd7c9cdd317dd664a6d106f8c3667551.jpgParfois, au détour d’une conversation que l’on croyait anodine, au cours d’une ballade tout à fait ordinaire, il nous arrive de faire une gaffe monumentale, ou de trébucher lamentablement dans la rue, et de nous retrouver soit les quatre fers en l’air, jupe retroussée pile poil sous le nez d’ouvriers de chantier éberlués mais totalement hilares, soit cramoisie de honte et de remords après avoir proféré l’Enormité du siècle, celle que l’on aimerait pouvoir ravaler immédiatement et qui nous donne envie de disparaître, là, tout de suite, maintenant, six pieds sous terre et ceci pour l'éternité.

On appelle ça la Honte-de -notre-vie. Celle que l’on n’oubliera jamais et que l’on ressortira, bien, bien plus tard, en riant (jaune) à nos amis, histoire de se désacraliser encore un peu plus, ou à nos petits enfants pliés de rire « Nâan, mamie, t’a pas fait/dit ça ? hahaha ! maman, tu savais que mamie etc… !!! ».

Perette se souvient de la sienne comme si c’était hier.

Perette venait d’intégrer une société de prêt-à-porter branchée et dynamique, où tous les employés semblaient sortir directement d’un magazine de mode, magazine qui bien évidemment arrivait toutes les semaines sur les bureaux et que Perette devait consciencieusement décortiquer. Vous conviendrez que Perette, à  ce stade, avait dégoté là le job le plus abominablement stressant de sa carrière.

Pendant la pause déjeuner, Perette rejoignait ses collègues pour avaler une soupe de légumes, éventuellement accompagnée, en cas de grande faim, d'un morceau de pain. Voire d'un fromage blanc à 0% en cas de famine extrême, ou de marge bénéficiaire calculée le matin même dans l'IMC du jour.

Après ces agapes traumatisantes, Perette et ses nouvelles copines décidaient souvent d’aller éliminer le pain, le yaourt et - ne soyons pas chiches - la soupe aussi, en faisant du lèche-vitrine.

Un beau jour, elles entrèrent chez Patrick Cox, chausseur plutôt branché de la rue Tiquetonne.

Perette avait repéré une sublime paire de sandales à brides dans la vitrine.

Elle demanda sa pointure de liliputienne, comme il se doit quand on mesure 1 mètre et quelques (vous vous imaginez que je vais donner le chiffre exact ? Vous rêvez !)

Le vendeur, beau mec en Tshirt moulant sur torse bombé et plaquettes de chocolat, déposa à ses pieds impatients l’objet du délice. Perette se jucha sans difficulté sur les talons vertigineux.

Elle marcha puis très vite déambula, gambada, sautilla, calculant en son for intérieur combien d'argent il restait sur son compte en banque (la réponse était zéro, mais tant pis, elles étaient juste trop fabuleuses) faisant virevolter sa jupe et ses jambes idéalement mises en valeur par ces merveilles.

Perette les voulait, même s’il y avait juste un petit détail qui la gènait. Le vendeur lui demanda si elle se sentait bien dedans. Et Perette de répondre :

« Je les adore, mais la bride me serre un peu la poitrine ».

Stupéfaction du beau mec, regards hébétés des collègues. Perette s'irradia immédiatement tel un piment rouge incandescent, bafouilla, murmura, bégaya « heu, je veux dire … la... pff, la cheville ».

Le vendeur réussit à rester stoïque, avec un petit sourire ironique voire condescendant, les deux collègues semblaient se demander quelle était cette détraquée qui venait tout juste d’intégrer la boite, et Perette eu juste envie de mourir, là, sur le champ.

Finalement, Perette n’acheta pas les sandales. Et n’osa jamais retourner dans la boutique.

Perette aurait dû peut-être demander à un psy la signification de ce lapsus…

Aujourd’hui, quelques années plus tard, elle regrette seulement de ne pas avoir acheté les sandales, au moins elle aurait un souvenir, une preuve, à montrer plus tard à ses petits enfants...

Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !

18:33 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

Commentaires

Excellent Amanda :)
J'adore Perette !
"Un diable s'habille en Prada" a dû te rappeler de "bons" souvenirs :)

Écrit par : lily | 21/11/2007

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Lily : tu ne crois pas si bien dire (d'ailleurs j'ai adoré le livre et le film parce qu'ils m'ont rappelé plein de souvenirs)

Écrit par : amanda | 21/11/2007

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Et maintenant, tu ne portes plus que des mocassins ?? :)))

Écrit par : Flo | 21/11/2007

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Trop drôle Amanda! Des histoires comme ça, j'en prendrais encore et encore! Ca me fait me sentir moins seule avec mon talent inné pour les gaffes! :)

Écrit par : Karine | 21/11/2007

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J'avais ri jadis en lisant cette histoire sur ton ancien blog, j'ai re-ri aujourd'hui! :D

Écrit par : fashion victim | 21/11/2007

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:D ! Encore !

Écrit par : cathulu | 22/11/2007

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Flo : pas de mocassins, non, plutôt des bottes, ou des ballerines.. mais, dès que je "sors", je remets mes talons...

Karine, Fashion, Cathulu : ce matin, en mettant ma "chevillère" pour protéger mon entorse, j'ai dit à mon mari que mon pied était maintenu mais que ça me serrait la poitrine.... soupir consterné et fatigué du mari... "décidément ton blog t'obsède"...

Écrit par : amanda | 22/11/2007

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Excellent !!!! Mais j'ai connu des lapsus encore pires que cela ... mais apparemment pas suffisants pour me filer la honte de ma vie car je ne me rappelle pas vraiment des conditions réunies :) Par contre, je suis spécialiste des fous rires au mauvais moment !

Écrit par : Joelle | 22/11/2007

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Trop marrant ;-)))))
Lapsus, gaffes, étourderies sont aussi mon lot quotidien, et là je trouve ça nettement moins marrant ;-(

Écrit par : Anne | 22/11/2007

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Tu m'as bien fait rire Amanda, surtout que j'imaginais très bien la scène, dommage effectivement que ce lapsus t'ait fait fuir sans partir avec ces sandales, mais sur le coup, j'aurais fait pareil !! ;-))

Écrit par : Florinette | 22/11/2007

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Excellent !!! tu m'as vraiment fait rire sur ce coup là !
Tu devrais faire un concours de "la honte de ma vie" avec Karine!!! ;-)

Écrit par : Emeraude | 22/11/2007

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Merci, c'est trop bon !
Kenavo

Écrit par : Spencer | 22/11/2007

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Tous : merci, et oui, Karine on pourrait faire un concours !
Spencer : tu vois, je l'ai fait !!! pour la pile de sandwiches, on va attendre que ma réputation s'arrange un peu...

Écrit par : amanda | 23/11/2007

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MDR comme dirait ma fille :) Sans faire la psy, peut-être avais-tu un souci de soutifs ce jour là ?

Écrit par : anjelica | 24/11/2007

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Anjelica : si ce n'est que ce genre de soucis, je préfère à une autre analyse psychanalytique et freudienne concernant mon rapport aux chaussures !!

Écrit par : amanda | 25/11/2007

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Excellent ! Et je remarque en même temps le nom de la catégorie dans laquelle le billet est classé ;)
C'est vrai que pour une fois que ce n'est pas Karine qui nous honore de sa dernière gaffe ;p

Écrit par : Flo | 26/11/2007

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