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30/11/2007

Mini-Perette sur le divan….

1791c7d69421378352ed2b1581d999cc.jpgJe ne sais pas vous, mais Perette n’est pas grande. Je dirais même que Perette est petite. Toute petite diraient certains, naine pour les mauvaises langues.

Ca n’a pas toujours été le cas. Perette a grandi normalement, jusqu’à ses 12 ans. Ensuite, plus rien. Juste quelques centimètres glanés durant son adolescence, puis stop. Plus rien. Niente.

Pour sûr, Perette en a entendu des belles paroles : « tout ce qui est petit est mignon », « une petite femme c’est craquant et rassurant pour les hommes » « tu fais femme-enfant, c’est adorable ! »…

Ouais. Sauf que, être petite, c’est pas toujours marrant.

D’abord c’est pas pratique :

-          Pour s’habiller. Quand Perette essaye un pantalon, elle doit retrousser le bas d’au moins 15 cm pour imaginer l’effet final. Pareil pour les manches des vestes. Et pour toutes les longueurs en général… Au final, Perette double le prix du vêtement en retouches (alors que franchement, elle préfèrerait mettre de l’argent dans l’élaboration d’un PAL encore plus haute qu’elle !)

-          Au cinéma, au théâtre ou au cirque, si Perette est derrière un plus grand, elle ne voit rien. Sauf à prendre un réhausseur enfant, mais ça, sa fierté le lui interdit. Du coup Perette se contorsionne jusqu’à ce qu’elle arrive péniblement à distinguer, en penchant la tête sur le coté telle le Cerveau, un petit morceau d’écran ou de scène. Au final, elle a généralement entendu le son mais quasiment rien vu. Au moins elle développe son imaginaire. Et son anglais puisqu’elle va souvent voir les films en VO, et n’arrive pas à lire les sous titrages. Quand elle craque elle se met dans les trois premiers rangs histoire d’avoir la paix.

-          Dans la queue à la boulangerie : près de son ancien bureau, Perette et ses collèges pouvaient acheter de délicieux sandwiches qui attiraient toute la clientèle des nombreux bureaux alentours. Cette boulangerie préparait des dizaines d’en-cas qui s’empilaient tout le long du comptoir. Perette ne compte plus le nombre de fois où les vendeuses ne la voyaient pas et demandaient au client derrière elle ce qu’il désirait. Il fallait que Perette se mette sur la pointe des pieds et lève le bras pour qu’elles la repèrent… Où alors les vendeuses entendaient une voix crier « un poulet-curry » sans savoir d’où ça venait, et devaient pencher la tête par-dessus la pile d’en-cas pour apercevoir une cliente énervée jusque là ignorée, juchée sur la pointe des pieds et l’air hagard à force de hisser la tête.

-          Dans le métro : Perette serait incapable de sentir une eau de toilette ou un parfum. En revanche, elle peut vous garantir qu’en fin de journée, en général, la plupart des déodorants ne sont plus efficaces. Parfois, en cas d’affluence, elle se retrouve coincée derrière un géant (un type normal) qui ne l’a pas vue et qui recule contre les portes. Perette crie presque « eh, je suis là !!! », et le géant de se retourner, de regarder autour de lui puis de se pencher pour s’excuser en souriant « oh je ne vous avais pas vue ».  Pff. Dans ces moments là Perette se sent l’âme d’un pitbull.

Il y a quelque mois, Perette raccompagnait la fille d’une amie chez elle.

-          Tu as eu une maladie quand t’étais enfant ? lui demande la petite (7 ans)

-          Non, pourquoi ? répond Perette abasourdie par la question

-          Parce que tu as arrêté de grandir !

Un jour, au bureau, Perette étudiait en réunion des vêtements qui étaient proposés par des licenciés japonais. Perette passe une veste pour voir l’effet. La Directrice de la Communication s’exclame « Mais c’est pour les naines ! Personne en France n’achètera ça » Elle lui allait pourtant super bien, cette veste, à Perette ! La Directrice de la Comm lui dit en s’esclaffant « c’est vrai que tu es vraiment petite, Perette !! » Perette rétorqua que, au moins, la valeur de son QI était supérieure à la valeur de sa taille et que visiblement ce n’était pas le cas de cette femme là. Perette et elle ne sont plus copines.

Pour les souliers, Perette chausse du 35 fillette. Inutile de dire que Perette n’attend pas les soldes quand elle trouve chaussure à sa taille. Perette achète. Ca coûte cher, surtout quand on est dingue de chaussures comme Perette. C’est le seul point commun qu’elle a avec Céline Dion.

Perette a porté très souvent des talons (on triche comme on peut). Elle est même la reine de l’escarpin. Porter 9 cm de talons ne lui fait pas peur. Sauf qu’elle s’est abîmé la colonne vertébrale et la plante des pieds, à force. Et qu’elle a souvent eu l’air endimanchée le soir, à la sortie de l’école, quand toutes les autres mamans étaient en Converse ou en mocassins. Mais au moins elle n’avait pas l’air de chercher sa maman au milieu des écoliers.

N’allez pas croire que Perette n’assume pas. Elle a eu le temps de s’habituer, mais parfois les réflexions l’agacent. Du coup, Perette ment toujours sur sa taille, se rajoutant quelques centimètres, parce que personne ne va vérifier.  Même sur ses papiers d’identité. Son passeport indique généreusement 5 cm de plus. Sa carte d’identité aussi. C’est stupide mais Perette n’a pas pu s’empêcher de mentir à l’officier d’état civil…

Un jour, Perette et ses amies parlaient de ça lors d’un dîner. Une amie de Perette, lectrice de voici et autres magazines publics hautement culturels, lui dit que plein de stars sont petites. Et de lui citer illico Britney Spears, les sœurs Olsen, Mimi Mathy ( ah ah !!), Geri Halliwel, Tom Cruise.

Mouais. Perette préfèrerait d’autres comparaisons. Norah Jones, Lucy Liu, Edith Piaf par exemple (non ! pas Eva Longoria ! Rappelez vous, Perette ne veut pas être Gabrielle !)

C’est son seul “complexe” (le mot est fort, mais vous remarquerez que Perette n’a pas indiqué sa taille réelle, est-ce significatif, Monsieur le psy ??), pour le reste, elle se trouve à peu près normale.  Et vous, quels sont vos complexes ? Si vous en avez, bien sûr !

Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !

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29/11/2007

THALASSO – AMANDA STHERS

856882f5ed9ea46b63d27e50eb947e23.jpgUn centre de Thalasso, une salle d’attente, des personnages qui se croisent et se racontent.

Jean est un auteur psychanalyste. Incapable de choisir sa vie et d’assumer ses responsabilités, il vit au jour le jour et se laisse porter par la vie, ballotté entre cynisme et indifférence.

Aristide souffre d’un cancer du poumon et attend la fin de sa vie, il est sardonique, désabusé et amer.

Alexa, l’ex-fiancée de Jean, se repose en thalasso avant son mariage.

Gérard et Josiane ont gagné cette cure en participant à un concours. C’est la première fois qu’ils vont en thalassothérapie.

Ces cinq personnages vont se rencontrer dans la salle d’attente.

Jean est venu secrètement pour reconquérir Alexa qu’il a quittée six ans auparavant. Elle a refait sa vie et projette de se marier. Aristide erre dans le centre et propose à Jean d’épouser sa femme une fois qu’il sera parti d’ici-bas. Quant à Gérard et Josiane, naïfs et provinciaux, ils découvrent avec stupeur un milieu qu’ils ne fréquentent pas et s'offrent le temps d'un week end une vie à laquelle ils ne peuvent prétendre.

Les dialogues sont mordants (« Vous êtes suivi par qui ?.. Par ma femme, comme un clebs depuis vingt ans » « Et vous trouvez que les imbéciles sont toujours heureux ? Vous me trouvez bête, c’est ça ? Non, je vous trouve heureuse » « Votre mari, il est dans quoi ? Essentiellement dans la merde »), mais sous les piques et l’acidité des répliques se cachent le désabusement, l’errance de personnages en quête d’une vie différente et d’apaisement. Ils sont tous fatigués de vivre en faisant semblant d’être heureux, las de courir après un bonheur qu’ils jugent inaccessible (« Je suis forte au début, en coups de foudre… Même pour la cuisine, je ne sais faire que des entrées. Je voudrais bien prendre du dessert. Même une fois, juste une fois. Un goût présent mais jamais pesant. Un dessert caressant, aimant, passionné… qui ne me laisserait pas le quitter.. ».

Chacun oublie sa vie le temps d'une cure ; l’intimité d’une salle d’attente, leur mise à nu (ils ne portent qu’un peignoir) les incitent à la réflexion et aux confidences nonobstant les statuts sociaux et les différences. Certaines répliques sont d’une grâce subtile et pudique (« Et viendra même un jour où elle se réveillera sans penser à moi. Et puis une journée tout entière sans avoir de la peine, sans prononcer mon nom dans sa mémoire. Et le chagrin passera, je resterai des souvenirs en photo dans les albums. Parfois elles parleront de moi avec ma fille ; elles se souviendront de mes manies, de mon dégoût pour les sardines ; ça les fera rigoler comme on rit d’un vieil oncle asexué ») et révèlent derrière les dialogues acerbes une réflexion plus profonde sur la mort et le sens que l’on veut donner à sa vie.

Ce qui est surprenant, au théâtre, c’est que le spectateur (ou lecteur) est l’observateur invisible et silencieux d’un pan de vie, d’un moment de grâce où les personnages se mettent à nu et dévoilent leurs peines, leurs nostalgies, leurs désirs… Et puis la pièce se termine et chacun repart de son coté. Le spectateur/lecteur retourne à sa vie tandis que les personnages continuent leur errance, tout en restant un peu dans l’esprit du spectateur, comme un ami imperceptible qui les a fait rêver, ou réfléchir, mais en tous cas continue à les accompagner secrètement.

Thalasso se termine ainsi. Aristide, Jean, Alexa, Gérard et Josiane continuent leur chemin, et laissent le spectateur/lecteur imaginer leur vie, après leur avoir dévoilé un peu de leur intimité.

J'ai acheté la pièce dimanche lors de notre visite à la Fête du Livre du Figaro. Caro[line] et moi avons abordé Amanda Sthers est une jeune femme belle, abordable et d'une grande simplicité. La pièce est jouée en ce moment même au théâtre Hébertot à Paris.

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27/11/2007

LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR – STIEG LARSSON (Millenium 3)

 3d1de85b6f9779f23aa640fd20d86863.jpgVoici le préambule de la quatrième de couverture :

« Que les lecteurs des deux premiers tomes de la série Millenium ne lisent pas ces lignes s’ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d’une série rapidement devenue culte. »

Je vais donc rester vague sur le déroulement et l’intrigue de ce troisième et dernier volet de Millenium.

Nous y retrouvons la plupart des protagonistes de « Les hommes qui n’aimaient pas le femmes » et « La petite fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ».

Contrairement au tome 2 qui se déroule plus d’un an après le tome 1 et dont l’histoire est totalement différente (même s’il y a de nombreuses références au premier volume), ce dernier chapitre démarre immédiatement dans la foulée du tome 2 et nous retrouvons nos personnages préférés seulement quelques heures après les avoir quittés.

Plus question de trafic de prostituées ou de course poursuite effrénée dans ce troisième tome. Nous voici en plein roman d’espionnage : agents secrets, sections occultes au sein des services secrets suédois, écoutes illégales, filatures, fabrication de fausses preuves, une toile d’araignée opaque se tisse afin d’étouffer une bonne fois pour toute le scandale qui menace la démocratie suédoise.

La conspiration est telle qu’il faudra toute la résolution et l’opiniâtreté de Mikael Blomkvist pour démêler les fils d’une très sombre machination dont les imbrications sont souterraines et férocement protégées par les services secrets.

De nouveaux visages apparaissent au fil du roman : Rosa Figuerola, inspectrice body-buildée et fichtrement romantique, Evert Gullberg et Frederik Clinton, glaçants instigateurs et stratèges dénués de scrupules, Stylo Pourri, harceleur frustré… Qu’ils soient terriblement attachants, sadiques ou révoltants, ils contribuent à agrémenter la palette de personnages de la trilogie.

Quant au suspens, que dire….. Si j’avais oublié de nourrir ma fille avec le deuxième tome, là, j’ai failli oublier d’aller la chercher à l’école…. Au moment même du roman où certaines voitures fonçaient à toute allure dans les rues de Göteborg pour empêcher une tuerie, je fonçais à l’école en pensant non pas aux reproches de la maîtresse mais au restaurant dans lequel la tuerie en question était programmée…. J’ai finalement ralenti car je me voyais mal évoquer à des policiers ébahis que je dépassais la vitesse autorisée à cause d’espions suédois et de journalistes d’investigation traqués et menacés…

En bref, une fois de plus j’ai été happée par le style impeccable, l’intrigue savamment haletante, le suspens perfidement dosé.

Amateurs de sensations fortes mais intelligemment calculées, à vos livres…..

J’ai trouvé ici l’avis de Cuné sur la trilogie, … si d’autres ont mis leur avis en ligne, dites le moi…

24/11/2007

LE POUSSE POUSSE – LAO SHE

680d62d97fbf256f02033fdf31442f4a.jpgSiang-tse est tireur de pousse-pousse. Paysan naïf et honnête fraîchement arrivé à la capitale, il ambitionne de devenir tireur indépendant et de posséder son propre pousse-pousse. Il économise consciencieusement afin de réaliser son rêve et de garder sa dignité.

Mais sa naïveté et sa crédulité lui joueront bien des tours.

Voilà un bien joli roman qui m’a fait découvrir un auteur jusqu’alors inconnu. Lao She a été mondialement connu grâce à ce livre, mais « Quatre générations sous un même toit » ou « Monsieur Ma père et fils » sont aussi des romans très connus.

Nous voilà dans le Pekin des années 20-30.

Mais pas de Cité Impériale, de palanquins luxueux ni d’Impératrice ou de riches vêtements brodés dans ce roman, non, plutôt des tireurs brisés par le temps et les conditions de travail, des épiciers ambulants, des mendiants, des vendeurs de thé pour qui l’essentiel est de subsister en gagnant de quoi manger son bol de riz quotidien.

Le ton est à la fois plein d’humour et de tendresse, mais aussi de résignation. Siang-tse est un personnage attachant, qui peu à peu perd son innocence, sa naïveté pour devenir amer et indifférent. Il est entouré d’une poignée de personnages tout aussi savoureux : Quatrième Seigneur, propriétaire d’un garage de pousses, qui cache derrière vanité et mépris la tristesse, au crépuscule de sa vie, d’être entouré de personnages qui ne l’aiment que pour son argent, et ne reconnaît dans les sourires qui l’entourent pour son anniversaire, que l’hypocrisie qu’il mérite pourtant, puisqu’il se cantonne dans une attitude fière et arrogante.

Tigresse, sa fille, devenue mégère à force de manipulations et d’intrigues, qui cherche malgré sa laideur un peu de chaleur et d’amour mais ne réussit qu’à se faire détester.

Petite Fou-Tse, vendue par son père ivrogne, qui vend son corps pour subsister tant bien que mal et rêve d’une vie meilleure.

C’est une immersion non pas dans les bas-fonds de Pékin, mais plutôt dans les rues obscures, les logements insalubres et miséreux, peuplés d’êtres désabusés, qui malgré leurs efforts perdent souvent leur dignité et leur fierté mais n’en restent pas moins attachants et attendrissants.

En bref un joli roman qui m’a fait découvrir un Pékin inconnu, celui des petites gens, des pauvres méritants qui ne sont pas nés du bon coté de la fortune, le tout avec une écriture simple et parfois très poétique.

En prime, et parce que je vous aime bien (!), voici un extrait que je trouve particulièrement savoureux (si c'est pas une belle description ça !!) :

« Les joues en feu, il ne pouvait s’empêcher de lancer à Tigresse quelques coups d’œil furtifs. Plus il la regardait, plus il se sentait troublé.  Il émanait d’elle une force mystérieuse et envoûtante…. « Allons, un peu d’audace »… Tigresse se tenait devant lui, totalement inoffensive….. La lampe une fois éteinte, la chambre se trouva plongée dans l’obscurité. Par la fenêtre, on distinguait un ciel d’encre. De temps en temps, des étoiles se fondaient dans la voie lactée ou traçaient des sillons blancs et rouges dans l’espace obscur, avec des mouvements divers, tantôt puissants, tantôt verticaux et tantôt obliques. D’autres dardaient une lumière incandescente ou explosaient, s’épanouissaient comme des fleurs. Parfois plusieurs étoiles volaient ensemble, en faisant vibrer l’espace et en semant le désordre dans un champ céleste. Une comète surgit d’un coin du ciel. Dans sa trajectoire rapide, elle sembla percer les ténèbres, laissant derrière elle une longue traînée lumineuse. Soudain, comme débordante de joie, elle illumina tout un pan de ciel d’un dernier éclat, d’une blancheur céleste. Un instant ébranlé, l’univers se referma. Les étoiles regagnèrent leurs places initiales, souriantes dans le souffle de l’automne. »

L’avis de Papillon.

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21/11/2007

Perette et la pantoufle de vair

cd7c9cdd317dd664a6d106f8c3667551.jpgParfois, au détour d’une conversation que l’on croyait anodine, au cours d’une ballade tout à fait ordinaire, il nous arrive de faire une gaffe monumentale, ou de trébucher lamentablement dans la rue, et de nous retrouver soit les quatre fers en l’air, jupe retroussée pile poil sous le nez d’ouvriers de chantier éberlués mais totalement hilares, soit cramoisie de honte et de remords après avoir proféré l’Enormité du siècle, celle que l’on aimerait pouvoir ravaler immédiatement et qui nous donne envie de disparaître, là, tout de suite, maintenant, six pieds sous terre et ceci pour l'éternité.

On appelle ça la Honte-de -notre-vie. Celle que l’on n’oubliera jamais et que l’on ressortira, bien, bien plus tard, en riant (jaune) à nos amis, histoire de se désacraliser encore un peu plus, ou à nos petits enfants pliés de rire « Nâan, mamie, t’a pas fait/dit ça ? hahaha ! maman, tu savais que mamie etc… !!! ».

Perette se souvient de la sienne comme si c’était hier.

Perette venait d’intégrer une société de prêt-à-porter branchée et dynamique, où tous les employés semblaient sortir directement d’un magazine de mode, magazine qui bien évidemment arrivait toutes les semaines sur les bureaux et que Perette devait consciencieusement décortiquer. Vous conviendrez que Perette, à  ce stade, avait dégoté là le job le plus abominablement stressant de sa carrière.

Pendant la pause déjeuner, Perette rejoignait ses collègues pour avaler une soupe de légumes, éventuellement accompagnée, en cas de grande faim, d'un morceau de pain. Voire d'un fromage blanc à 0% en cas de famine extrême, ou de marge bénéficiaire calculée le matin même dans l'IMC du jour.

Après ces agapes traumatisantes, Perette et ses nouvelles copines décidaient souvent d’aller éliminer le pain, le yaourt et - ne soyons pas chiches - la soupe aussi, en faisant du lèche-vitrine.

Un beau jour, elles entrèrent chez Patrick Cox, chausseur plutôt branché de la rue Tiquetonne.

Perette avait repéré une sublime paire de sandales à brides dans la vitrine.

Elle demanda sa pointure de liliputienne, comme il se doit quand on mesure 1 mètre et quelques (vous vous imaginez que je vais donner le chiffre exact ? Vous rêvez !)

Le vendeur, beau mec en Tshirt moulant sur torse bombé et plaquettes de chocolat, déposa à ses pieds impatients l’objet du délice. Perette se jucha sans difficulté sur les talons vertigineux.

Elle marcha puis très vite déambula, gambada, sautilla, calculant en son for intérieur combien d'argent il restait sur son compte en banque (la réponse était zéro, mais tant pis, elles étaient juste trop fabuleuses) faisant virevolter sa jupe et ses jambes idéalement mises en valeur par ces merveilles.

Perette les voulait, même s’il y avait juste un petit détail qui la gènait. Le vendeur lui demanda si elle se sentait bien dedans. Et Perette de répondre :

« Je les adore, mais la bride me serre un peu la poitrine ».

Stupéfaction du beau mec, regards hébétés des collègues. Perette s'irradia immédiatement tel un piment rouge incandescent, bafouilla, murmura, bégaya « heu, je veux dire … la... pff, la cheville ».

Le vendeur réussit à rester stoïque, avec un petit sourire ironique voire condescendant, les deux collègues semblaient se demander quelle était cette détraquée qui venait tout juste d’intégrer la boite, et Perette eu juste envie de mourir, là, sur le champ.

Finalement, Perette n’acheta pas les sandales. Et n’osa jamais retourner dans la boutique.

Perette aurait dû peut-être demander à un psy la signification de ce lapsus…

Aujourd’hui, quelques années plus tard, elle regrette seulement de ne pas avoir acheté les sandales, au moins elle aurait un souvenir, une preuve, à montrer plus tard à ses petits enfants...

Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !

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19/11/2007

LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE – STIEG LARSSON

4cc7473bb917a68192c93347b4dc06a6.jpgTandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre
histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.

Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes
enquêtaient pour Millénium.

Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.

Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?

Et voici le second volet de la trilogie Millenium, dans lequel nous retrouvons Lisbeth Salander traquée par la police après trois meurtres sanglants. Tous les indices sont formels, Lisbeth est une psychopathe dangereuse.

Et bien oui.

Lisbeth Salander est dangereuse.

A éviter.

Absolument.

Elle est dangereuse parce qu’elle a failli provoquer la sous-nutrition d’une fillette.

Ma fille.

Parce que j’en ai oublié de préparer ses repas.

Elle est dangereuse parce je risque de me faire étrangler par mon professeur de théâtre.

Parce que je ne révise aucun de mes textes alors que j’étais sensée rester allongée pour cause de blessure, et en profiter pour les travailler.

Je suis restée au lit, mais avec pour seule compagnie Lisbeth Salander, ne me plongeant pas une seule seconde dans mes textes.

Elle est dangereuse parce que je me suis quasiment coupée de tout lien social via internet, négligeant volontairement d’allumer mon ordinateur, fait remarquable comme dirait mon cher et tendre…

Alors méfiez vous de ce second volume. J’avais apprécié le premier, tout en le trouvant long à démarrer. Mais celui-ci est diabolique.

Il démarre sur les chapeaux de roue, dans les Caraïbes par temps de cyclone. Péripétie qui n’a rien à voir avec l’enquête, mais qui n’est que le hors d’œuvre d’un roman scotchant, à l’intrigue haletante.

Le lecteur est ensuite immergé dans une sombre histoire de trafic de prostituées, de complicités et de protections haut placées. Rien de spectaculaire dans ce scénario, mais il permet de retrouver les protagonistes de Millenium 1 et de creuser leurs personnalités, notamment celle de Lisbeth Salander, de découvrir son passé trouble et les traumatismes qu’elle a vécus.

On y retrouve Mikael Blomkvist, star du journalisme d’investigation depuis l’affaire Wennerström, qui refuse de croire à la culpabilité de Lisbeth et se lance dans sa propre enquête pour la disculper.

On y retrouve l’infect Maître Burjman, toujours aussi abject et crapuleux.

Le tout dans un rythme effréné et palpitant, une intrigue complexe aux rebondissements inattendus et hallucinants.

Alors, comme dirait la pub : Vous avez aimé le tome 1 ? Vous allez adorer le tome 2 !

Les avis de Fashion Victim, de Cathulu, de Gachucha

16/11/2007

CEUX QUI VONT MOURIR TE SALUENT – FRED VARGAS

7a6ea90ac93015a4d307fdbffe55af16.jpg« Claude, Tibère, Néron, les trois étudiants, les trois « empereurs » promènent leur nonchalance inquiète dans les rues de Rome.

Des dessins de Michel Ange ont été volés à la Bibliothèque Vaticane  !

Henri Valhubert, le grand expert parisien, et père de Claude,  est assassiné un soir de fête devant le palais Farnèse.

Que venait-il faire à Rome et comment a-t-il pu boire de la cigüe ? »

Voilà un polar bien ficelé, qui réunit des personnages baroques. Un expert en vieux manuscrits qui va se faire assassiner avec un poison hors d’âge, une épouse admirablement belle qui fascine et hypnotise tous ceux qui l’approchent, trois jeunes étudiants décadents et cyniques qui se complaisent dans une parodie des Empereurs Romains, un évêque obligeant et protecteur des 3 étudiants, une fille secrète, un inspecteur italien bêtement obéissant et un flic/privé/détective pétri de nostalgie, associal et introverti qui va enquêter pour le compte d’un ministre français (le frère de la victime) soucieux d’étouffer l’affaire.

C’est bien fait.

Rien à dire sur le déroulé de l’enquête, qui démarre sur un meurtre à la cigüe et va lentement évoluer vers un autre assassinat plus violent.

Rien à dire sur le style épuré, les dialogues caustiques, sur le dénouement inattendu qui m’a surprise.

Mais c’est tout.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, qu’ils fassent partie des gentils ou des méchants.  J’ai lu ce livre avec curiosité, pour connaître l’identité de l’assassin, mais sans le moindre battement de cœur qui fait tourner les pages d’un thriller, qui captive et empêche de s’arrêter, qui kidnappe le lecteur et le fait trembler pour la peau d’un personnage.

Peut-être étais-je encore sous la coupe de Terre des Oublis ? Peut-être étais-je ailleurs ? En tout cas pas à Rome, que ce soit la Rome d'aujourd'hui ou la Rome antique.

Je lirais d’autres Fred Vargas, parce que j’avais aimé « Pars vite et reviens tard ». Mais celui-ci m’a laissé un goût d’inachevé.

L’avis de Clarabel, plus enthousiaste, que j’ai trouvé sur le site amazon, mais pas sur son blog. Je mets donc le lien sur Amazon. Clarabel, si tu me lis et si tu as un lien sur ton blog, dis le moi !! Si d’autres ont mis des critiques en ligne, dites le moi dans les commentaires..

14/11/2007

TERRE DES OUBLIS – DUONG THU HUONG

97e8e0c79ad173214df11c4ddaca6b73.jpgAlors qu'elle rentre d'une journée en forêt, Miên, une jeune femme vietnamienne, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant, et qu’on croyait mort en héros est revenu. Entre-temps, Miên s’est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu'elle aime et avec qui elle a un enfant. Mais Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên retourne vivre avec son premier mari.

Ce roman m’a été vivement conseillé par mon libraire préféré. Je suis allée le trouver en lui demandant de choisir pour moi, avec pour seule condition le format du livre qui devait être de poche. Ce libraire m’ayant déjà conseillé le dernier Claudel, le roman de Rosamund Haden, celui de Elif Shafak, comme il m’avait vendu l’an dernier le dernier Muriel Barbery ou le roman de Nancy Huston, Ligne de failles, je suis maintenant ses conseils les yeux fermés.

Une fois de plus, merci Monsieur mon libraire ! Ce roman est d’une richesse absolue et ces 700 pages sont superbement bien écrites.

Miên choisit donc d’obéir à la pression de l’opinion publique et cède au poids des traditions en retournant auprès de Bôn, son premier mari bien que légalement elle puisse rester auprès de Hoan qu’elle aime. Poids des traditions, respect pour son premier mari qu’elle avait aimé sincèrement jusqu’à son départ pour la guerre et dont elle a porté le deuil longtemps, valeurs culturelles d’un pays où la femme doit prendre soin de son mari, mélange de compassion et de dégoût pour un homme physiquement et moralement brisé par la guerre, Miên abandonne sa vie confortable pour rejoindre Bôn dans sa masure alors qu’il a tout perdu et doit vivre de charité publique.

Miên se soumet aux traditions mais c’est aussi une femme orgueilleuse, qui refuse de se voir accuser de lâcheté en préférant le confort à la misère. C’est une femme fière, qui renonce à celui qu’elle aime, Hoan, en préférant les valeurs morales qui l’obligent à retourner auprès de Bôn.

Bôn quant à lui est une homme brisé, ruiné, qui n’a survécu que porté par la force de son amour pour Miên. Il réclame sa femme car c’est la seule chose qui lui permettra de se reconstruire. Hoan, quant à lui, se résigne à laisser partir Miên alors qu’il est pétri de jalousie et de désespoir.

Dans ce roman Duong Thu Huong nous parle d’amour.

De l’amour désespéré d’un homme brisé qui se raccroche au passé pour ne pas sombrer dans la folie, qui s’agrippe aux souvenirs de son amour passé comme à une bouée de sauvetage et dont il espère faire renaître les cendres.

De l’amour étouffé d’un autre homme qui voit sa femme le quitter pour un fantôme surgi du passé. De la jalousie qui l’asphyxie et du désespoir qui le pousse à partir le plus loin possible mais qui ne peut oublier la quiétude des jours heureux ; de la honte qui le submerge parce que son corps réclame le plaisir qu’il ne connaît plus.

Elle nous parle aussi de l’amour écartelé de Miên : celui qu’elle éprouve pour Hoan et la vie qu’il ont bâti ensemble, et celui, oublié, fané, flétri, qu’elle a jadis ressenti pour Bôn. Cet amour qu’elle se souvient d’avoir vécu et qui devient torture en ressuscitant trop longtemps après.

Mais elle nous parle aussi du Vietnam. De ses villages et ses vallées, de ses forêts, de sa cuisine et de la vie paisible de ses paysans. Elle nous parle des cicatrices trop mal fermées de la guerre et de ses atrocités, de ses traditions séculaires et de sa lente ouverture au modernisme.

Au final, c’est une histoire d’amour et d’honneur, écrite dans une langue fluide et poétique (la traduction est très bien écrite), que je vous conseille d’inscrire dans votre liste au Père Noël !

L’avis de Florinette, qui a elle aussi aimé.

 Extraits

« Effaré, il vit les trois seuls êtres qu’il aimait au monde se dresser comme trois ombres de l’autre coté du fleuve, sans pont, sans barque, sans vagues. Ils ne lui répondaient pas, n’agitaient pas la main, ne faisaient pas le plus petit geste pour lui montrer qu’ils avaient entendu son appel. Ils se dressaient comme trois ombres, indifférents, insensibles, les yeux vides. Ô maman, papa, ô Miên… je vais mourir…  Dans son âme, des larmes coulèrent lentement. Elles ressemblaient aux gouttelettes de rosée dans la vallée, à l’aube. Pourquoi les larmes ressemblent-elles à de la rosée quand l’homme pleure sur lui-même ? Il ne le comprenait pas. Cette question lancinante flottait, l’accompagnait comme des graines de pissenlit pendant qu’il rassemblait ses dernières forces pour aller de l’avant. » « Voila sa terre natale, la terre qu’il a polit de ses pas. Et pourtant c’est la première fois qu’il remarque ces fleurs étranges. Avaient elles germé pendant ses années d’absence ? … Il sait seulement que ces fleurs fragiles ressemblent à un nuage vert qui s’abat sur la vallée, tournoie entre les herbes argentées, les lilas sauvages desséchés, chancelle sous la lumière mate de l’automne. Leur beauté l’étourdit. Il se laisse choir sur l’herbe, regarde le soleil glisser sur les fleurs, éprouve soudain l’envie de pleurer, de se dissoudre, les membres épars, l’envie qu’on lui transperce le cœur avec une baïonnette pour mettre un terme à son existence misérable et solitaire en ce monde, l’envie d’être emporté comme un poulet par un aigle, loin, très loin dans une île sauvage ou un désert coupés du monde des hommes, où il referait sa vie parmi la végétation, les bêtes sauvages. Cette vie serait peut-être plus dure mais elle ne serait pas humiliante, écrasante comme celle qu’il mène ici. »

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12/11/2007

COUSINE K - YASMINA KHADRA

c95dca3407c8bcfd03d548228e32e252.jpg« Hanté par la mort de son père, oublié par sa mère, blessé par l’absence de son frère adoré, un jeune Algérien de l’après guerre se laisse peu à peu envahir par ses sentiments pour sa belle cousine. Très vite cet amour devient obsession et névrose…. Entre les deux adolescents une relation de victime à bourreau s‘installe…. Dans le silence du douar étouffant et torride, une tragédie se prépare. »

Ce jeune homme entame lorsqu’il découvre son père assassiné un lent voyage dans la folie qui le mènera au meurtre. Dépossédé de toute identité (il na pas de nom, sa mère ne s’occupe pas de lui, son frère reçoit tous les honneurs, sa cousine le méprise), le jeune homme s’enferme dans sa folie, s’enlise dans son ressentiment et ses pensées tortueuses. Sa cousine K est belle, sa famille l’aime, l’écoute. Elle est tout ce que lui n’est pas ou plus, et la fascination qu’elle exerce sur son cousin se mue peu à peu en obsession, obsession dont il ne pourra se délivrer que par la mort, se précipitant lui-même dans la folie.

J’aime beaucoup Yasmina Khadra qui est un de mes auteurs préférés. Il écrit magnifiquement bien et ses phrases sont toujours d’une beauté fascinante : « La montagne, au loin, a l’altesse écorchée. La rivière qu’elle secrète ne rejoindra jamais la mer. C’est un pays aride, renfrogné et hostile, conçu uniquement pour subir. Les villageois ne l’aiment pas. Ils le maudissent jour et nuit. A Douar Yatim, tout malheur se silhouettant à l’horizon n’est que le précurseur de sa smala. Ni la suer ni le sang n’ont réussi à assagir un sol ingrat. Qu’il neige ou qu’il grêle,, la pierraille triomphe au fil des ans tandis que dans le regard recru des fellahs le fiel se nourrit du dépit. ».

Ceci dit j’ai trouvé ce roman trop court. J’aurais sans doute aimé que le processus de folie soit plus long, plus lent, que Yasmina Khadra distille plus lentement le poison, que la vénénosité de ses phrases se répande mot à mot dans la tête de son lecteur, jusqu’à l’écoeurement final.  Il n’en reste pas moins que, comme dans la plupart de ses romans, son écriture est fluide, magnifique, et comme toujours poignante.

Merci à Stéphanie de me l’avoir prêté ! Les avis de Bellesahi et Emeraude.

« Si le jour et la nuit avaient choisi d’être l’éclipse qui vient de voiler mon regard, si la foudre s’était inspirée de mon geste sublime pour m’anéantir, si ma mère avait choisi cet instant précis pour rentrer,je crois que j’aurai tout pardonné ».

« La colère m’inonde. Je la rejoins, je la saisis par les cheveux, la renverse, la piétine. Elle crie, supplie, se débat, embrasse mes mains, mes pieds, se couvre de ridicule… L’ingrate ! Je m’acharne sur elle en riant. Mon rire m’effraie. Je ne me souviens pas d’avoir lu une seule foi dans ma vie. »

08:05 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

10/11/2007

Les promesses de l’ombre – David Cronenberg

1febe54571c63dd42ee680a261856401.jpgBouleversée par la mort d'une jeune fille qu'elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l'ouvrage qu'elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu'elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l'Est, c'est le début d'une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l'innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d'un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...

C’est un polar où la plupart des plans sont magnifiques : la lumière et les cadrages offrent des plans envoûtants et glaçants, d’une très grande beauté.

C’est un polar extrêmement bien joué. Vincent Cassel est le fils d’un parrain de la mafia russe installé à Londres. Il est décadent, cruel, cynique, dénoué de toute morale, sans jamais tomber dans la caricature. J’avoue avoir été soufflée par son jeu.2b37dd0f18aedd80aff79f79b193e14e.jpg

Viggo Mortensen est le chauffeur de Kyrill (V. Cassel) : tout en retenue, froideur, son interprétation est parfaite.

c392830a3b2867d3ddcdbfc90b4bef74.jpgNaomi Watts y est à la fois innocente et résolue, elle apporte le charme qui apaise la cruauté des images.

Mais c’est aussi un polar très noir, qui embarque le spectateur dans une atmosphère pesante et d’une noirceur presque gluante. Certaines scènes sont très gore, à la limite du soutenable, sauf si on aime le sang qui gicle et le bruit qui va avec…

Dans une scène, qui se déroule au hamman, Viggo Mortensen est nu. J’ai essayé de voir, de regarder, malheureusement c’est une scène tellement barbare que j’ai dû fermer les yeux. Parfois j’entrouvrais mes doigts pour tenter ce capter un plan, un petit morceau de son corps…. rien à faire, mon voyeurisme n’a pas pu affronter la violence de la scène !296fa79c5f5e6884f67f581697d3555b.jpg

Au final je ne sais que penser de ce film : les images et les plans sont magnifiques, l’interprétation est excellente de même que la mise en scène, le scénario est somme toute relativement classique, mais l’atmosphère est tellement pesante, noire, qu’il m’a été difficile d’être totalement enthousiaste en sortant de la salle.

07:50 Publié dans *Séance pop corn* | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook