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04/01/2008

LE JOURNAL DE YAEL KOPPMAN - MARIANNE RUBINSTEIN

532f4432ebd0f3221729dafbed70e6a5.jpg«Si Yael Koppman n'avait pas croisé, à la faveur de ses travaux universitaires, la figure de John Maynard Keynes, sa vie serait probablement restée ce qu'avec un brin de complaisance et beaucoup de dérision elle dépeint dans son journal intime : celle d'une trentenaire désoeuvrée, cultivant une relation conflictuelle avec sa mère, vivant en colocation avec son meilleur ami, collectionnant les hommes et s'en remettant en général à sa brillante cousine, Clara, éditrice de son métier. Quand cette dernière lui suggère de se désennuyer en écrivant de la Chick Lit, de la littérature de poulette - genre qui lui conviendrait parfaitement, glisse la perfide -, Yael est piquée au vif : elle écrira, oui, mais sur la filleule de Keynes, son économiste préféré, qui était aussi la nièce de Virginia Woolf, son écrivain préféré. »

Marianne Rubinstein nous conte les aventures de la jeune Yaël, célibataire juive parisienne plutôt paumée entre son célibat chronique, sa mère dévoreuse d’hommes, son colocataire homosexuel, son père inconnu et son job de professeur d’économie.

Suite à une proposition de sa cousine Clara, elle décide d’écrire la biographie d’Angelica Garnett, nièce de Virginia Woolf, jeune fille issue d’une triangulaire amoureuse pour le moins inhabituelle entre sa mère et ses amants, dont l’un d’eux deviendra plus tard son mari.

Yaël consigne dans son journal ses recherches sur Angelica en même temps que ses propres interrogations sur sa vie, ses doutes et ses aventures amoureuses.

Mélange de réflexions cyniques et désabusées sur la vie, de retours en arrière sur l’enfance d’Angelica Garnett (qui sont parfois fastidieuses à suivre, voire ennuyeuses), de réflexions philosophico-économiques souvent hilarantes, c’est un roman plutôt attirant, dont l’attrait se dévoile petit à petit.

Journal d’une jeune femme écrasée par une mère trop extraordinaire pour qu’elle puisse lui faire face, d’une jeune femme en attente d’un prince charmant qui ne vient pas, d’une jeune femme pleine de questions quant à sa judaïcité et de l’héritage qu’elle lui procure, le roman de Marianne Rubinstein se déguste rapidement (200 pages à peine), et, même si parfois l’auteur égare le lecteur dans les conjectures historitico-familiales sur la famille de Virginia Woolf, il n’en reste pas moins un bel instantané d’une trentenaire désabusée, tiraillée entre amours et solitude, amitiés et profession.

Un seul regret, l’épilogue qui, à mon sens, est tout à fait superflue.

Extraits :

« En y réfléchissant, Clara aurait eu 25 ans, je lui aurai peut-être dit de l’envoyer paître, son Jean. Ce qui je lui ai suggéré sentait le compromis à plein nez. Du genre : tu as 36 ans, tu n’es pas mariée et tu es sans enfants, une proposition comme cela ne se refuse pas à la légère. Et c’était exactement ce que je pensais. Même si elle n’était pas folle de son Jean, et qu’elle divorçait dans les deux ans, ne valait-il pas mieux tenter l’aventure et avoir un enfant avec un « vrai » père, quitte à divorcer ensuite ? »

« Le marché de la séduction est un marché en information imparfaite : lorsque vous rencontrez une personne susceptible de vous plaire, vous en savez très peu sur elle. Et ce qu’elle put vous dévoiler d’elle-même n’est pas forcément entaché de la plus grande sincérité, chacun essayant de se représenter sous son meilleur jour…Ainsi, sur un tel marché,où l’opinion manque pour se faire une opinion, les signaux prennent une importante cruciale. Un exemple de signal négatif :être une femme célibataire de plus de trente ans. En information imparfaite, cela signifie que vous avez le pied tordu, et non que vous n’avez pas encore trouvé chaussure à votre pied. En d’autres termes, ça signifie que vous êtes un chieuse, une difficile à vivre et contenter, et qu’en plus vous risquez de sauter sur votre proie pour qu’il cous fasse un gosse dare dare… »

Les avis de Cathulu, Clarabel, Cuné, Florinette.

07:20 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

Commentaires

rhooo, je crois avoir zappé l'épilogue car je m'en rappelle vaguement !?!
sans quoi, lecture très sympathique !!!

Écrit par : Clarabel | 04/01/2008

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J'avais bien aimé ces digressions sur Bloomsbury :)

Écrit par : cathulu | 04/01/2008

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J'avais noté ce titre il y a quelques jours, chez Cuné, je crois! J'ai bien envie de le lire... au pire, je skipperai l'épilogue!!! :)

Écrit par : Karine | 04/01/2008

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Il est dans ma PAL... reste à le mettre au dessus

Écrit par : Michel | 04/01/2008

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@clarabel : oui, très sympathique!
@cathulu : au début je n'ai pas aimé, ensuite, le parallèle entre Angleica et Yael était passionant...
@ karine : non, l'épilogue ne fait deux deux ou trois pages, ne t'en prive pas, elle est superflue à mon sens mais peut te plaire!
@michel : j'ai hâte de voir ton avis!

Écrit par : amanda | 04/01/2008

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Eh... au fait... :
BONNE ANNEE !!
(oui, je sais : je suis hors-sujet, et aussi un peu à la bourre... rhôôôô ! pfff...!!)

Écrit par : Zag | 04/01/2008

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Je suis bien contente que l'écharpe ne te quitte pas !
En tout cas, ta critique de ce journal me donne bien envie mais je vais déjà m'atteler à ceux que j'ai dans mon programme :)

Écrit par : Celsmoon | 04/01/2008

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c'est noté, c'est noté :)

Écrit par : Stéphanie | 05/01/2008

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@zag : bonne année à toi aussi!
@ celsmoon : chaque chose en son temps!
@stéphanie : quand tu voudras le lire, dis le moi je te le prète

Écrit par : amanda | 05/01/2008

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@amanda : merci Amanda, je vais déjà lire Malavida pour te le rendre :)

Écrit par : Stéphanie | 05/01/2008

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Je m'en souviens vaguement de l'épilogue...mais dans l'ensemble ce fut une lecture plaisante !

Je te réitère mes voeux de très bonne année avec beaucoup de bonheur et de santé, car je viens de voir que les cartes de voeux que j'avais envoyées par mail n'ont pas toutes été reçues ! :-(

Écrit par : Florinette | 07/01/2008

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Hello Amanda, j'arrive en RETARD (et je rajoute le lien chez moi :))
Assez et même très d'accord avec toi pour l'épilogue.. Mais je m'étais dit que finalement c'était tout à fait dans la droite ligne de la chick lit qu'elle voulait en quelque sorte parodier...

Écrit par : Lily | 22/01/2008

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