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29/01/2008

ET MON CŒUR TRANSPARENT – VERONIQUE OVALDE

0f3637194cfc1b0064ef899073346ea6.jpgIrina, la femme de Lancelot est morte. Sa voiture a percuté la rambarde d’un fleuve ; Irina est morte noyée.

 

Le problème c’est qu’Irina était sensée être dans un avion.

Le problème c’est qu’Irina semble ne pas avoir été ce qu’elle prétendait être.

Le problème c’est que la voiture qu’elle conduisait n’était pas la sienne.

Le problème c’est que les objets disparaissent. Les maisons aussi.

Le problème, c’est que Lancelot n’y comprend rien.

 

Alors il farfouille, cherche, remue, et se lance à la poursuite du passé de sa femme.

 

Çà vous est déjà arrivé d'avoir l'impression d'être une petite fourmi, une sorte de minuscule parasite qui s’est subrepticement glissé dans la tête de quelqu’un, a furtivement cheminé jusqu’à son cerveau, chuuut, pas de bruit, vous vous posez doucement, précautionneusement juste à coté de la cellule « pensée » de l’individu et, là, vous observez, vous écoutez et assistez en spectateur invisible au cirque de ses pensées, aux allers-retours incongrus de ses idées, aux oui aux non aux je-sais-pas aux pourquoi-pas ?

 

Avec Véronique Ovaldé vous êtes cette petite fourmi-parasite. C’est parfois très compliqué, ce déroulé de pensées qu’elle tricote et détricote inlassablement, on y perd son latin. Mais on se prend d’empathie pour ce héros désabusé abusé par sa propre femme, pauvre Lancelot dindon de la farce qu’on aime bien parce, terré au fond de sa petite tête, on voit bien qu’il est largué, le pauvre, qu’il n’y comprend rien.

 

C’est vrai que nous aussi, parfois on a du mal à comprendre, que nous aussi on est largué au milieu de ces phrases longues, empêtrés dans la sinuosité des pensées de Lancelot, il pense à ça on suit et hop il fait une embardée pense à autre chose on ne suit plus on perd le fil ah ça y est on le retrouve. Mieux vaut avoir du souffle pour suivre sans risque d’asphyxie les kilomètres de phrases ou de dialogues sans tiret  sans virgule sans point.

 

Mais au final, cette juxtaposition de pensées, ces dialogues à la fois mitraillés et placides, lâchés comme ça, tiens c’est un échange, cette histoire un peu ubuesque se laissent lire sans déplaisir. Sans extase non plus, mais avec une vraie curiosité, pas mal de gaieté parce que c’est parfois très drôle, et l’exercice finalement mérite qu’on s’y arrête.

 

Les avis de Cuné qui me l'a envoyé après l'avoir reçu de Clarabel.

07:30 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

Commentaires

Ca y est, je l'ai reçu hier. Dès que j'ai un moment, je m'y plonge.

Écrit par : In Cold Blog | 29/01/2008

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je ne me laisse toujours pas tenté

Écrit par : goelen | 29/01/2008

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oh la faute que j'ai faite, je ne me laisse toujours pas tenter !!

Écrit par : goelen | 29/01/2008

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(C'est parce qu'il faut que tu te laisses tenter, les fautes de frappe sont souvent révélatrices, Goelen ! ;o))

Écrit par : Cuné | 29/01/2008

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J'aimerais bien me transformer en fourmi pour quelques heures (à condition de ne pas me faire écrabouiller par un gros soulier) et vos billets m'intriguent... mais j'hésite, j'hésite!!! Je ne fais que ça, hésiter, depuis quelque temps, pour tout, tout, tout!!!

Écrit par : Karine | 29/01/2008

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Je passe mon tour pour celui-ci...

Écrit par : Caro[line] | 29/01/2008

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Je passe aussi...

Écrit par : Anne | 29/01/2008

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@ ICB : j'espère que tu aimeras
@goelen :cuné a raison : il faut se laisser tenter, la surprise est de taille
@karine, caro[line] anne : ça a l'air compliqué (peut-être que mon billet n'a rien arrangé...) mais au final tout est limpide... et très bien!

Écrit par : amanda | 29/01/2008

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Je ne sais pas... Je vais commencer par celui qui gît sur ma PAL!!

Écrit par : chiffonnette | 29/01/2008

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Effectivement cela à l'air un peu compliqué, mais je trouve que tu le racontes bien
je note :)

Écrit par : Stéphanie | 30/01/2008

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Le livre est bien rentré au bercail ! Contente de savoir que tu y as trouvé du bon, aussi !!! :))

Écrit par : Clarabel | 30/01/2008

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@chifonnette : fais comme il ta plait !
@stéphanie : ;-)

@clarabel : déjà ?! je crois que j'apprécie de plus en plus les styles de narrations différents, originaux, plus subtils... et celui en est un

Écrit par : amanda | 30/01/2008

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En tout cas je trouve le titre somptueux...
Mais le style sans ponctuation me gonfle un peu. C'est fait et refait depuis un bail et seuls quelques génies ont tiré leur épingle de cette pelote de mots.
Bises Amanda

PS : Je recherche toujours Gisèle... ;)

Écrit par : bon_sens | 30/01/2008

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Je suis en train de l'achever au sens propre comme au figuré. Ce style tordu m'ennuie et les pensés de Lancelot me passent au dessus.
Qu'on m'explique comment Télérama et fc ont pu récompenser ça. Sur quels critères ? Parce que Véronique a un joli minois, pour le titre (très beau, lui) ?

Écrit par : Loïc | 05/04/2008

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@loic : d'une part bienvenue. Véronique Ovaldé a un style qui lui est propre (ceci dit c'est le seul roman que j'ai lu d'elle). J'ai trouvé sa façon de nous faire rentrer dans la petite tête et les pensées perdues de Lancelot tout à fait amusante et fort bien écrite. Il y a quelque chose de neuf, dans sa façon d'écrire, c'est à la fois tout simple et complexe, léger et profond, structuré et décalé. Moi, ça m'a plu.
Quant à Télérama et FC, eh bien, ne sachant pas comment ils choisissent et sur quels critères, je ne peux t'éclairer là dessus. Et il est vrai que c'est une très jolie femme, et que le titre est somptueux.

Écrit par : amanda | 05/04/2008

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Justement, ce sont les pensées de Lancelot qui me laissent perplexes (ou de marbre) . Le style, après tout, certains peuvent y trouver leur compte.

Je te mets dans mes liens, Amanda...alors, à bientôt !

Écrit par : Loïc | 05/04/2008

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Les pensées le Lancelot m'ennuient , il refuse toute vérité et autour de lui aucun personnage n'a de personnalité

Écrit par : Michel | 05/07/2008

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