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27/02/2008

SUR MA MERE – TAHAR BEN JELLOUN

6fb3da69a8276385b72f6f155394a234.jpg« La mémoire défaillante de ma mère l’a replongée pendant les derniers mois de sa vie, dans son enfance. Redevenue soudain une petite fille, puis une très jeune fille tôt mariée, elle s’est mise à me parler, à se confier, convoquant les morts et les vivants. »

Tahar Ben Jelloun écrit la vie de Lalla Fatma, sa mère. A travers les derniers mois de sa vie, il raconte la vie de cette femme, rythmée par les traditions, les coutumes marocaines.

Une femme qui s’est toujours pliée aux usages, mariée à 15 ans, veuve et mère à 16 ans. Remariée, veuve à nouveau. Remariée une troisième fois et veuve une nouvelle fois.

C’est un hommage touchant qui nous entraîne dans le Maroc d’hier et d’aujourd’hui. Celui des femmes qui se doivent d’obéir à leur mari, celui des jeunes mariées qui découvrent leur mari le soir des noces, celui des femmes à la fois soumises et souveraines. Des traditions qui peuvent choquer les occidentaux, Tahar Ben Jelloun dit aussi la poésie, le respect et la tolérance qu’elles expriment. Les femmes sont les piliers du foyer, infaillibles, solides, elles règnent silencieusement en maîtresses et leur soumission n’est qu’apparence.

Il raconte avec pudeur et simplicité la maladie, l’oubli, l’effacement de la mémoire, la solitude, la dépendance qu’elle entraîne. Le dévouement de Ketmoul, la dame de charge, dédiée au bien-être de Lalla Fatma, sa maîtresse, sa rage parfois d’être totalement consacrée, dévouée, sa fatigue, sa lassitude qui ne pointent que rarement au milieu d’un océan de tendresse et de dévouement, le désarroi des enfants, tiraillés entre le respect, le devoir et leurs vies à mener. Petit à petit, le corps lui aussi lâche Lalla Fatma. Elle s’éteint le 4 février 2002 et va rejoindre ses hommes, sa mère, son père, ses frères, venus l’accueillir. (« Alors voilà, nous sommes là. Le voyage n‘a pas été trop pénible. Le voyage ou la traversée. Tu arrives en plein hiver. Nous allons enfin dormir, dormir longtemps, toute l’éternité, viens, avance, assieds-toi, repose-toi. Tu verras, ici le temps tourne en rond, parfois il nous donne le vertige. Tu n’aimes pas ça, quand tu étais petite, tu es tombée d’un manège à Jnane Sbile, au jardin public. Tu avais vu des étoiles et tu es restée étourdie pendant quelques minutes. Là, il n’y a pas de manège. Mais tu verras on sent le temps au vent qu’il fait naître à son passage. Nous ne nous méfions ni du temps ni du vent. Plus rien ne peut nous atteindre. Tant qu’on se souvient de nous, nous existons. D’ailleurs c’est le vent qui nous informe. Il nous renseigne sur l’état des choses que nous avons laissées derrière nous. »)

Je n’ai pas lu tous les romans de Tahar Ben Jelloun. Celui-ci est touchant, émouvant, souvent poignant, j’avoue ceci dit avoir été plus sensible à « La nuit de l’erreur » et surtout à « L’enfant de sable » plus forts, sans doute moins imprégnés du devoir et du besoin d’hommage, mais dotés d’un pouvoir évocateur plus intense.

Sur ma mère - Tahar Ben Jelloun - Gallimard 270 pages

08:29 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

Commentaires

je n'ai jamais lu cet auteur (comme beaucoup trop d'autres auteurs je crois!) mais je crois qu'il faudrait, non ?

Écrit par : Emeraude | 27/02/2008

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Tiens, je vais peut-être l'offrir à ma mère ! Et j'en profiterai pour lui piquer. :-)

Écrit par : Caro[line] | 27/02/2008

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je me demande toujours par quel roman commencer pour découvrir cet auteur... Celui-ci m'a l'air très émouvant.

Écrit par : goelen | 27/02/2008

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@emeraude : j'ai bcp apprécié "l'enfant de sable" je te le passerais
@caro[line] c'est un beau roman d'amour filial, mais qui parle qd même d'un fin de vie difficile (alzheimer)...
@goelen : voir mon comm à emeraude..! ps veux tu que je t'envoie "la route" ?

Écrit par : amanda | 27/02/2008

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Je ne connais pas cet auteur (même jamais entendu parler!) Je vais noter "L'enfant de sable", vu que tu dis l'avoir préféré!!!

Écrit par : Karine | 27/02/2008

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Je n'ai lu aucun livre que tu cites, mais par contre j'ai bien aimé "Le dernier ami". Et ton billet me remet en mémoire que j'ai "Partir" dans ma PAL.

Écrit par : Anne | 27/02/2008

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oh oui !! avec plaisir si ça ne t'embête pas trop... Je crois que tu as déjà mon adresse postale

Écrit par : goelen | 27/02/2008

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j'ai ramené "la nuit de l'erreur" de chez mes parents pour une relecture :)
Comme toi c'est l'un de mes préféré :)
J'ai beaucoup de poche de cet auteur, donc n'hésite pas si à un moment tu veux en lire un autre

Écrit par : Stéphanie | 28/02/2008

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Voilà un auteur que j'aime beaucoup et les derniers titres que tu cites sont aussi mes meilleurs souvenirs. Son recueil de nouvelles, Amours sorcières, m'avait aussi touché récemment malgré une certaine inégalité...

Écrit par : praline | 29/02/2008

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J'avais vraiment beaucoup aimé l'enfant de sable aussi, mais je l'ai lu il y a fort longtemps. tout à l'heure, en faisant les courses, j'ai craqué pour sur ma mère, il me tente beaucoup, et ce que tu en dis me fait penser que j'ai bien eu raison de craquer.

Écrit par : sylvie | 21/04/2008

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