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02/04/2008

GRACE ET DENUEMENT – ALICE FERNEY

1237614174.jpgSincèrement, je ne vois pas que rajouter au titre qu’a choisi Alice Ferney. Tout est dit. Deux mots qui résument simplement, lumineusement son roman.

C’est une vie, des vies que raconte Alice Ferney. Celle d’Angeline, la tsigane, la matriarche qui mène sa famille, ses fils, Angelo, Simon, Moustique, Lulu, Antonio, ses belles-filles, Nadia, Helena, Milena, Misia et leurs enfants. Ils sont tsigane, romanichels, manouches, gitans, gens du voyage. Mais quel que soit le nom qu’on leur donne ils n’en restent pas moins des êtres humains, pauvres et riches à la fois.

Ils vivent dans leurs caravanes misérables. Ils vivent de peu, de rien, et pourtant n’ont pas besoin de plus.

Esther est une « gadjé », une fille de la ville, une étrangère. Et pourtant elle va les apprivoiser, s’imposer et venir tous les mercredis lire des histoires aux petits. Elle croit au pouvoir des mots, à la richesse des histoires, et il n’y a pas de raison pour que ces petits gitans en soient privés.

Le style d’Alice Ferney n’est que grâce. Ses mots simples, lumineux, nous transposent dans près de ces familles démunies, nous enveloppent de cette atmosphère faite de dignité, de fierté, de tendresse. Ses phrases nous découvrent ces traditions ancestrales, et essentielles.

Elle raconte, dessine, le poids de l’honneur, la fierté d’Angéline devant sa famille unie, même si Antonio est volage, même si Simon est violent, l’attachement des femmes à leurs hommes, le devoir des épouses et des mères, l’indolence des maris, l’innocence des enfants. Elle raconte le deuil insoutenable et la vie qui redémarre parce que « on ne fait pas comme on veut la grève de vivre ».

Elle raconte aussi les préjugés, le rejet des municipalités d’accueillir ces nomades. Leurs méfiances. Leurs a-priori, leurs refus, leurs « je vous l’avais bien dit » (« Mais la mairie ne voulait pas connaître les gitans. Et les gitans n’attendaient rien de la mairie. Il y avait en eux une inertie magnifique, une façon absolue d’accepter le sort et la vie comme ils viennent. ».)

C’est un voyage immobile, un voyage vers les gens qui voyagent. Raconté avec douceur, tendresse, respect et humanité.

« Leurs camions ne roulaient presque jamais, mais c’était la dernière chose pour rester des hommes, des être autonomes et non des rampants. Il avait cette conscience des limites jusqu’où peut aller le dénuement sans vous détruire, sans broyer le noyau central qu’on appelle l’âme, le sentiment de soi, l’estime qu’il faut bien se porter pour vivre et pour, disait-il, accepter toute cette merde (il désignait la ville) sans se sentir sale. Les hommes disaient : On a même pas de quoi bosser. Et tout de même, malgré une nonchalance devenue habituelle, c’était un outrage de ne pas pouvoir partir le matin, s’éloigner des femmes, faire la tournée des décharges et revenir les mains noires. Lorsqu’ils étaient parti avec leur camion, Esther à dessein demandait aux femmes : Ils sont pas là les hommes ? Non répondaient les épouses, ils travaillent quand même ! Elles étaient fières ».

Les avis de Papillon, Magda.

06:44 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook

Commentaires

mon commentaire d'hier n'est pas passé !!! zut, zut. Je tenterai bien celui-là même si je n'avais pas beaucoup aimé "les autres". Le sujet m'intéresse alors peut-être que ça peut me faire apprécier Alice Ferney. Elle mérite bien une seconde chance, non ?

Écrit par : goelen | 02/04/2008

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Ce roman fait partie de ceux que j'ai préféré dans ma vie de lectrice ;-)
J'avais été d'autant plus chamboulée que dans mon boulot je suis très souvent en relation avec "les gens du voyage" (le chapitre de l'hôpital est vraisembable, hélas!); après ce livre je n'ai plus eu le même regard sur eux. J'ai beaucoup appris...sans pouvoir malheureusement le communiquer à certaines de mes collègues très dédaigneuses...

Écrit par : Anne | 02/04/2008

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J'ai lu ton billet en diagonale car ce beau roman m'attends sagement in my PAL... Mais je pense qu'il va me plaire !!

Écrit par : Tamara | 02/04/2008

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Ton billet donne envie, et je ne sais pas pourquoi mais le nom de l'auteur aussi! J'ai envie de lire quelque chose d'elle... vraiment curieux! Enfin je note! :)

Écrit par : Lucile | 02/04/2008

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Comme Tamara, ça fait un petit moment que j'ai envie de découvrir cet auteur et ce livre-là me semble parfait pour commencer ! ;-)

Écrit par : Florinette | 02/04/2008

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C'est un sujet qui m'attire, j'aimerai connaître ce peuple autrement que par les préjugés que j'entend.....je note donc ce livre.

Écrit par : Jumy | 02/04/2008

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J'avais beaucoup aimé ce livre moi aussi. D'alice Ferney, c'est pour l'instant mon préféré.

Écrit par : sylire | 02/04/2008

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@ goelen : mon H&F a fait des siennes hier. En repoussant le billet les commentaires ont disparu... Quant à AF, je n'ai pas trop aimé Les autres non plus (trop redondant) mais celui ci est bien, comme "L'élégance des veuves"
@ anne : j'imagine que ce n'est pas évident.. tu devrais leur conseiller de le lire ?
@ Tamara, Florinette : bonne lecture!
@Lucile : ah! choisir un livre pour le nom de l'auteur... intéressant ! Quel autre auteur te tente encore juste pour son nom ??
@ Jumy : si le sujet t'attire, tu vas aimer je pense (et bienvenue, non ?)
@ sylire : je crois que c'est aussi mon préféré... mais je ne les ai pas tous lus. en tout cas je place celui ci et "L'élégance des veuves" avant La conversation amoureuse et Les autres.

Écrit par : amanda | 02/04/2008

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Ce qui me gêne dans ce genre de livre, c'est que je me demande toujours si l'auteur sait de quoi il parle exactement... S'il connait ce "monde" suffisament pour le comprendre, le saisir, le ressentir... pour ne pas l'idéaliser ou, pire, en donner une vision par trop sombre emprunt de pathos facile. Bref, j'évite.

Écrit par : LVE | 03/04/2008

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@LVE : je ne connais pas personnellement Alice Ferney, mais elle ne me parait pas être du genre à broder sur quelque chose qu'elle ne connait pas. Son roman est vraiment juste (du moins j'ai trouvé), ni trop pathos ni trop idéalisé. AU contraire, il dit bien la misère, le dénuement, justement, et insiste sur l'humanité des personnages. Ah, tu me donnes envie de l'interroger là-dessus.

Écrit par : amanda | 03/04/2008

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Un roman qui ne m'avait pas touchée tant que ça. J'ai préféré la conversation amoureuse de cet auteur.

Écrit par : praline | 04/04/2008

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@praline : ah, tu vois, j'avais aimé La conversation amoureuse, tout en y trouvant trop de longeurs parfois... comme quoi, on peut aimer un auteur et apprécier ses livres de façon très personnelle, intime et donc différente!

Écrit par : amanda | 05/04/2008

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Pour répondre à ta question (y'a-t-il d'autres auteurs qui ne me font envie qu'à cause de leur nom) là comme ça je pense à Lynda Lê que j'ai dans ma LAL (mais j'avais aussi entendu une critique radio qui m'avait donné envie de lire un de ses bouquins, enfin, j'aime bien son nom de toutes façons. Pour d'Ormesson c'est dur à dire, il est tellement connu! Mais enfin c'est aussi un nom qui sonne bien (en revanche j'ai été assez déçue par le seul livre que j'ai lu de lui, "La Douane de Mer"). La consonnance des noms japonais me plait beaucoup aussi...
^_^

Écrit par : Lucile | 07/04/2008

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@lucile : pareil pour Jean d'Ormesson. J'aime son nom qui est beau.. et je n'ai pas aimé son avant dernier livre (une fête en larmes)

Écrit par : amanda | 07/04/2008

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décidément, ce titre me poursuit, et c'est sans doute le prochain livre que je lis. c'est d'abord Magda qui m'a donné envie de le lire avec un très beau billet, puis, voilà que je me décide à l'acheter samedi à l'escale du livre à bordeaux. Et, quand je rentre chez moi, le soir même, j'ouvre le paquet de livres cerfs-volants que vanessa m'a envoyé, et je découvre ce livre, en bonus surprise de sa part! aujourd'hui, je passe sur ton blog, et bien sûr je m'arrête encore sur ce titre! très beau billet amanda, il me tarde de le commencer!

Écrit par : sylvie | 08/04/2008

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@sylvie : c'est donc que c'est le moment de le rencontrer, ce livre ! J'espère que tu aimeras

Écrit par : amanda | 08/04/2008

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Ben j'avais pas vu que tu l'avais lu! Chouette. Contente que tu aies aimé le style. Quelle beauté!

Écrit par : Magda | 10/04/2008

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et bien ça y est je l'ai lu et je l'ai bien aimé, c'est le premier titre de cette auteur que je découvre et je pense que j'en lirai d'autres.

Écrit par : sylvie | 10/05/2008

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@magda : oui j'ai aimé !
@sylvie : je vais aller voir ton avis !

Écrit par : amanda | 12/05/2008

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Ci vous pourrai m aider a réponde juste a sa :


3)a travers les yeux de quel personnage le lecteur decouvre-t-il l'autre ??(justifie ta reponse)

4)l'importance et les enjeux de cette scene en precisant en quoi elle oriente la suite de l'oeuvre ??

Écrit par : nico | 18/12/2011

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