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07/10/2008

DES PAPILLONS SOUS LA PLUIE – MIRA MAGUEN

 

Eva, Hava, Havalé. La vendeuse de papillons. Celle-là.

Celle-là, c’est le nom que Mama Ruth donne à sa fille.

Celle-là est partie il y a vingt-cinq ans sans se retourner, en laissant derrière elle Mama Ruth et Adam, son petit garçon de 10 ans. Vingt-cinq ans de silence et un appel, un jour. « Allo, c’est Eva, ta mère. »magen.jpg

Cet appel va bouleverser Adam, devenu médecin. Adam qui a grandit le cœur rempli de l’absence de sa mère, rempli d’espoir au début, puis de désillusions, de rancœur, de rage, et enfin d’indifférence. Adam a construit sa vie. Tant bien que mal. Une vie brinquebalante entre ses consultations, Eliana qui l’aime et qu’il aime mais n’arrive pas à épouser, Mama Ruth devenu invalide suite à un accident vasculaire cérébral, et puis des souvenirs, des odeurs, des saveurs. Celle-là lui a seulement laissé un papillon en verre cassé. Et ce papillon reste dans sa poche. Il le frotte, le touche, toujours. Eva est partie mais toujours avec lui, Eva l’a abandonné, Eva a préféré partir.

Eva sera là dans deux jours, alors Adam ne sait pas. Aller la chercher ? Lui pardonner ? La faire souffrir autant qu’il a souffert ?

C’est un roman aussi doux et soyeux que l’amour filial. Aussi douloureux et râpeux que l’absence d’une mère. Aussi fragile et ténu que des bribes de souvenirs. Pendant deux jours, Adam va se rappeler. Celle-là lui saute à la figure, brutalement issue d’une boite à souvenirs soigneusement  cadenassée, verrouillée, cuirassée, surgissant quand on ne l’attend plus, quand on ne l’espère plus, quand on n’en veut plus. Les souvenirs s’égrènent et viennent écorcher le présent, éventrer la carapace d’un fils dépouillé d’amour, s’insérer et s’infiltrer sournoisement entre le lien solide et indéfectible tissé entre Adam et Mama Ruth.

Un bien joli roman, vraiment, à la fois doux-amer et brûlant, acide et sucré comme l’amour filial.

Des papillons sous la pluie, Mira Maguen - Mercure de France, 422 pages

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009

 

Les avis des autre jurés : Anna Blume, Antigone, Annie, Clochette

Commentaires

Un bien joli billet ! Je surligne dans ma LAL.

Écrit par : cathulu | 07/10/2008

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Je copie sur Cathulu. Tu donnes envie de le lire!

Écrit par : maijo | 07/10/2008

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Je vais "fluoter" aussi (verbe dérivé du terme "crayon fluo") dans ma liste. Ca semble très beau et ton billet donne vraiment le goût de se plonger dans cette atmosphère!

Écrit par : Karine :) | 07/10/2008

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On dit aussi "fluoter" en Belgique ;-)

En effet très beau billet, mais je ne note pas, je ne suis pas très sensible à ce thème. Et tu as déjà top fait augmenter ma PAL et ma LAL ces derniers temps, Amanda ! Je viens d'acheter "La bâtarde d'Istanbul" !

Écrit par : Manu | 07/10/2008

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@cathulu maijo : thanks ;) mais il faut le lire avant d'approuver !
@ karine : je me suis clairement régalée
@ manu : ah "la bâtarde d'Istanbul" :) j'espère que tu aimeras !

Écrit par : amanda | 07/10/2008

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Je l'ai aimé celui-ci !! Pour l'instant, mon préféré dans sa catégorie.

Écrit par : antigone | 07/10/2008

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Moi aussi! Il fait son chemin dans ma tête...

Écrit par : Annie | 08/10/2008

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Nous aussi ça nous a beaucoup plu : http://www.lamuseagitee.com/article-20292850.html.
Bravo pour le blog, et bonne continuation !

Écrit par : La Muse agitée | 08/10/2008

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@ antigone : moi aussi :) (quoique j'ai vraiment aimé "levillage de l'allemand", en lice le même mois, mais d'un genre très très différent
@ annie : bis :)
@ la muse agitée ; bienvenue et merci :)

Écrit par : amanda | 09/10/2008

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j'ai bien aimé ce livre, mais si au début le rythme me plaisait, j'ai fini par trouver ça long...Et pourtant, j'ai adoré le portrait fait de la grand mère, et même de cette mère un peu paumée. Par contre, ce qui m'a pesé c'est tout ce qui concernait la petite amie, qui est en grande partie responsable de mon ennui à un moment donné!

Écrit par : enna | 09/10/2008

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@enna : j'ai trouvé que ce sont les lenteurs qui font ressortir les hésitations et tergversations d'Adam. Il est incapable de s'engager parce qu'il se sent incapable de faire le deuil, de pardonner.

Écrit par : amanda | 10/10/2008

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