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08/09/2008

L’INAPERÇU – SYLVIE GERMAIN

inapercu.jpg

 

Que se passe-t-il en province, dans une famille ordinaire, française, à peu près normale ? A peu près normale parce que le fils, Georges Bérynx , est mort. Il s’est tué dans un stupide accident de voiture. Laissant Sabine, sa femme, gérer seule leurs quatre enfants, Charlam, son père, régner en despote sur ce qu’il veut préserver comme une dynastie, Edith sa tante se consumer de chagrin et Solange, sa mère, protéger et lustrer les convenances sociales jusqu’à effacement de toutes disparités ou anfractuosités gênantes ?

 

Que se passe-t-il quand un homme surgi de nulle part, ramassé dans la rue par Sabine vient s’immiscer dans la famille, devenir un proche, un ami, un pilier et que s’effritent peu à peu les remparts que chacun a soigneusement érigés pour se protéger ?

 

Sylvie Germain dresse ici un portrait doux amer sur cette famille provinciale d'après guerre. Chacun s’abrite dans son silence, dissimule ses blessures et ses rancoeurs dans un simulacre de vie paisible.

 

Lentement, avec dextérité, elle dévoile les amertumes, les aigreurs de ces femmes dont les âmes sont rongées par l'effacement de soi, les nons-dits. Sabine dévastée par la mort de son mari, ravale ses larmes et se bat pour survivre ; Marie, la petite, qui dormait dans la voiture quand son père est parti en trombe,  s’invente une amie, une ombre, une autre elle, qui seule peut l’écouter. Charlam trop avare de bonté et de tolérance qui manie le mépris comme on manie le bonjour, sa femme qui s’enferme dans un paraître étriqué et vénal.

 

Quant à Edith, c’est un personnage à la fois troublant et nauséabond. Une vieille fille oubliée par la vie, enferrée dans un fantasme aussi poisseux que poignant.

 

Pierre, parmi eux, ranimera petit à petit une flamme consciencieusement éteinte et recouverte, jusqu’au jour où Charlam l’humiliera.

 

Ceci étant dit, l'écriture de Sylvie Germain est certes lumineuse mais je l'ai trouvée parfois trop appliquée. Le récit, alternant les époques et les personnages, en est un peu poussif par moments et j'ai trouvé que le tout était un peu trop ampoulé, un peu trop empêtré dans un effort de narration stylée. Un peu plus de simplicité aurait été préférable, à mon sens. Un roman plutôt agréable, donc, mais pas au niveau de Magnus.

 

 

 

 

§ § §

 

06:06 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

Commentaires

Ce sera ma prochaine lecture, je reviendrai lire attentivement ta critique quand j'aurai terminé.

Écrit par : Françoise | 08/09/2008

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Je copie sur Françoise !:)

Écrit par : cathulu | 08/09/2008

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J'avais justement l'impression que l'écriture trop soignée était un point inhérent aux romans de S. Germain, non ? C'est bête, ça part d'un a priori, puisque je n'en ai lu qu'un (lequel ? "Jours de colère", je crois), qui m'avait plu mais qui se perdait déjà trop, à mon sens, dans un style méticuleux, exigeant.
Ce n'est pas une mauvaise chose d'écrire dans un beau français, mais ce qui est dommage, c'est qu'on voit un peu les efforts nécessaires à cela.
Je reviendrai plutôt vers elle en lisant "Magnus", alors !

Écrit par : erzébeth | 08/09/2008

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P'tetre bien qu'oui, pt'etre bien qu'non!! Je ne sais pas si j'ai très envie d'une écriture aussi appliquée!

Écrit par : chiffonnette | 08/09/2008

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Cette remarque sur son écriture est souvent faite. Moi, c'est justement ce qui me plait.

Écrit par : Anne | 08/09/2008

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@ françoise, cathulu : je serais curieuse d'avoir votre avis :)
@ erzebeth : c'est effectivement un point récurrent chez elle, il me semble, mais, autant celà ne m'a pas gênée dans Magnus ou La chanson des mal aimants, autant ici, parfois, j'y ai vu un effort d'écriture
@ chiffonette : as tu lu Magnus ?
@ anne : je sais que tu aimes SG :)

Écrit par : amanda | 08/09/2008

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Je vais commencer par "Magnus"... je ne suis pas encore certaine pour celui-ci.

Écrit par : Karine | 08/09/2008

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"La chanson des mal-aimants" est un de mes titres préférés. Je pense que je lirai aussi celui-là.

Écrit par : Flo | 08/09/2008

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Il ne me tentait pas trop non plus... Je ne saurais expliquer vraiment pourquoi . Quoique... l'histoire ne me passionnait pas, je dois l'avouer...

Écrit par : Anne-Sophie | 08/09/2008

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De Sylvie Germain, je ne connais que "Le livre des nuits" qui m'avait donné du fil à retordre... mais j'avais trouvé qu'elle avait vraiment un univers à elle.

Écrit par : Laëtitia | 09/09/2008

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@ karine : oui, lis Magnus !
@ flo : tu nous diras ?
@ anne-sophie : ne te force pas, donc :)
@ laetitia : c'est assez particulier, oui. ici, j'ai trouvé parfois des ressemblances avec certaines descriptions d'Alice Ferney, surtout dans l'instrospection

Écrit par : amanda | 09/09/2008

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Il y a les livres agréables et qui s'oublient sans un pli
Il y a des livres dont on se souvient parce que l'histoire nous a touchés et que le style était fluide, léger, parfois bateau.
Et il y a les livres dont on se souvient parce que dedans il y a de l'Humain, du Langage, de la difficulté d'être, de la beauté.
Pour moi, S.Germain fait partie de la troisième catégorie, bien qu'elle m'agace régulièrement rapport aux souffrances sans cesse renouvelées que doivent subir ses personnages pour parvenir à "Etre".
On sent les strates du langage, les couches rarement linéaires qui composent l'univers de l'auteur, qui écrit en se laissant porter par les résurgences de son inconscient. Il y a de l'épopée chez S.G., de la maille à tisser autour de symboles qui n'arrêtent pas de nous parler de nous-mêmes. Du religieux, du merveilleux, en gros des thématiques assez peu quotidiennes et qui peuvent rebuter ceux qui vivent et lisent à la lisière du Normal ou de la vie courante.
Je n'ai pas lu le dernier et je vais attendre un peu mais même si l'adhésion ne sera pas totale, j'y reconnaîtrai assurément l'odeur, l'ambiance, la poésie qui sont la marque de l'univers très personnel de cet auteur. :-)

Écrit par : Exuvie | 09/09/2008

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Enfin un livre écrit avec finesse et rigueur. Les personnages sont aussi imprévisibles qu'attachants (voir la tante Edith). Bravo et merci pour cette lecture raffinée à la hauteur de Magnus.

Écrit par : Le Berre | 14/09/2008

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@exuvie : bienvenue ici. je suis d'accord avec vous quand vous dîtes que SG effleure l'Humain, propose un portrait touchant et émouvant. Magnus et La chanson des mal aimants m'avaient pour ces raisons pariculièrement touchée. ici, on retrouve la même grâce qui fait son écriture, mais je maintiens que, au final, j'ai trouvé ce récit moins parfait que Magnus. Avez vous lu le Gaudé ? Il me semble, à vous lire, que vous aimeriez
@ Le Berre : bienvenue aussi ! je ne les ai pas trouvés aussi imprévisibles que ça. Quant à Tante Edith, ou tante Chut, oui, elle est bouleversante, c'et vrai. Mais j'avoue que toute cette passion refoulée qui la ménera au suicide m'a paru surfaite ou trop "gonflée". Peut-être mon coté conformiste n'a pas apprécié:)

Écrit par : amanda | 15/09/2008

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