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24/09/2008

Là où les tigres sont chez eux – Jean Marie Blas de Robles

 

 

blasderobles.jpgPRIX FNAC 2008

 

Eléazard von Wogau est correspondant de presse dans une bourgade perdue du Nordeste Brésilien. Il reçoit un jour un manuscrit d’un jeune jésuite allemand, écrit au XVII ème siècle. Il s’agit d’une biographie inconnue de Athanase Kircher, jésuite, professeur et scientifique. Eleazard se lance dans l’étude du manuscrit.

 

Le premier réflexe en ouvrant ce roman est la surprise : 766 pages, écrites en corps 8. Va falloir du temps pour s’y consacrer…. On commence le récit, en se demandant si l’on aura le courage d’aller jusqu’au bout, puis rapidement, on se laisse emporter dans ce récit à la fois fluide et extrêmement dense. Une succession de personnages aussi truculents que répugnants se croisent au fil des histoires. Car des histoires, il y en a plusieurs : Athanase Kircher, d’abord, dont nous suivons la biographie avec beaucoup d’intérêt. Savant fou, visionnaire mythomane et convaincu, ses pérégrinations sont souvent drôles, décalées, et se lisent comme un roman d’aventure.

 

Eleazard, fraîchement séparé de sa femme Elaine et personnage désabusé, va s’immerger dans la biographie d’Athanase, se fondre dans la vie du personnage. Elaine de son coté s’enfonce dans la jungle amazonienne à la recherche d’une peuplade oubliée, Moema leur fille, ne pense qu’à sa dose quotidienne de cocaïne, tandis que Nelson, jeune infirme des favelas, décide de se venger de la mort de son père.

 

Une succession de personnages, donc, des situations cocasses, parfois violentes (cf. les souvenirs de Herman Petersen p. 157), un voyage aux confins du Brésil, le tout dans un style très agréable, qui se lit en s’abandonnant et en se laissant aller au plaisir de la narration : pour tout cela, le roman est bon, le souffle romanesque bien présent et souvent captivant. La jungle, les bêtes, la moiteur, la luxuriance de la forêt semblent là, tout à coté, on se promène dans les bleds paumés et les bars sombres, on sent le regard des hommes le soir à la tombée de la nuit, on y est presque, là, à coté d’Elaine et des autres.

 

En revanche, et, il faut être sincère, le tout est également très érudit, foisonnant de savoir, de références et d’allers retours entre les différents personnages ; les récits se croisent, ne se rejoignent pas avant longtemps et la densité de l’objet rendent parfois la lecture fastidieuse, épuisante puisque nécessitant une attention constante.

 

Les procédés narratifs se bousculent un peu : entre la langue du biographe que Kircher, les carnets d’Eléazard dans lesquels il consigne ses commentaires de lecture, les récits plus aventuriers du voyage d’Elaine ou de Moreira, il y a une multitude de récits qui s’enchevêtrent. Le tout est à la fois foisonnant, passionnant, jamais rébarbatif mais parfois gênant, on se perd dans une histoire pour mieux bondir dans une autre.

 

Un roman agréable, donc, surprenant et certainement remarquable par le travail qu’il a nécessité et sa forme, mais dont la touffeur et la densité exigent une lecture au calme, sans téléphone, sans enfant, sans Natzbag, sans facteur… pour ne pas perdre le fil et se décourager. Ce ne fut pas mon cas, j’ai souvent eu du mal à m’y replonger et en garde donc un souvenir à la fois agréable et amer.

 

 

Un grand merci à Alexandra Rigaud du Blog Haut & Fort de me l’avoir fait parvenir.

 

 

Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Robles, chez ZULMA, 766 pages

 

Commentaires

Aussi touffu que la jungle donc ? :) Il me tentait mais comme toi je craignais de n'avoir pas la disponibilité d'esprit nécessaire pour m'y tenir.

Écrit par : cathulu | 24/09/2008

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Très chouette billet, qui me confirme sans appel que ce livre n'est pas pour moi. Le cadre brésilien ne m'attire absolument pas, l'intrigue non plus. Ca me fait plaisir d'être aussi rapidement fixée. Mais c'est intéressant que les lecteurs/libraires aient choisi ce livre-là... ils font preuve d'une certaine exigence littéraire.

Écrit par : erzébeth | 24/09/2008

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je ne lis pas ton billet, j'espère pouvoir le finir d'ici vendredi !! (j'en suis quelque part dans les pages 400)

Écrit par : Emeraude | 24/09/2008

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Comme Cathulu... je pense que je n'ai pas la tête assez dispo pour lire un tel roman ces temps-ci et surtout pour m'y concentrer suffisamment!

Écrit par : Karine :) | 24/09/2008

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Moi je n'en suis qu'à la page 250... soit à peine un tiers (pour cause de bébé !) donc je n'aurai pas fini avant la Remise du Prix Fnac de vendredi soir : j'ai donc lu ton billet et suis entièrement d'accord avec toi !

Écrit par : Tamara | 24/09/2008

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Je me demandais justement si je devais m'armer de patience pour lire ce livre. Après ton billet, la balance penche vers le oui. :)

Écrit par : Leiloona | 24/09/2008

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Je pense que je vais attendre avant de me lancer dans une "lecture fastidieuse"...!!

Écrit par : antigone | 24/09/2008

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Je suis très attirée, je l'avais d'ailleurs déjà noté, mais il me faudra pour cela une période moins chargée !

Écrit par : kathel | 24/09/2008

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@erzebeth : pas attirée par le Brésil ? moi si :) pour le prix, je pense que JMBDR méritait un titre, oui, pour tout le travail qu'a nécessité ce livre, pour son originalité, sa forme, sa narration, parce qu'il sort du lot, qu'il y a, oui, un petit truc (même un gros) en plus par rapport à certains romans français de cette rentrée (du moins, ceux que j'ai lu). Et, à ce titre, il mérite récompense.
Maintenant, un prix "grand public" comme le prix Fnac, j'avoue être surprise du choix. Mais bon, je ne connais pas les critères des décideurs finaux

@ cathulu, karine, leiloona, antigone, kathel : je me dis que c'est un livre qu'il faut emporter en vacances. Pas des petits livres de plage, mais un bon pavé que l'on dégustera aussi bien la tête reposée (sauf si vos enfants vous interrompent sans arrêt pour cause de crème solaire à étaler, paté de sable à contempler etc). Je suis presque sure que, en vacances, on le lira avec encore plus de plaisir

@ tamara, emeraude : bonne lecture alors :)

Écrit par : amanda | 24/09/2008

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Mais merci à vous, surtout !

Écrit par : Alexandra, du blog Hautetfort | 24/09/2008

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Ton billet est formidable mais s'embarquer dans une lecture fastidieuse voire épuisante, pour tout dire je le sens pas trop ! Par contre, en livre de vacances, pourquoi pas ?

Écrit par : Emma | 24/09/2008

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Pour sûr vu la description ça a l'air de voler plus haut que D.F. (j'écris pas le nom en entier pour pas me fâcher avec tes copines ;-) ). As-tu mis le nez dans les bouquins de Jorge Amado qui raconte le Brésil et ses légendes dont celle de la Iemanja, déesse de la mer... Bahia de tous les saints, Mar Morto en écoutant Chico Buarque ou Milton Nascimento ?
Ca m'a l'air bien ! Kenavo. Spencer

Écrit par : Spencer | 24/09/2008

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@emma : en vacances alors,)
@spencer : tu sais, ces initiales sont universaleblogosphériquement connues par ici :))) et "elle" ne t'en voudra pas, je peux le dire je pense :)) quand à Jorge Amado, je ne connais pas (et je ne connais aucune légende de toute façon, si ce n'est celle qui raconte que je suis quelqu'un de bien)

Écrit par : amanda | 25/09/2008

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je n'ai toujours pas fini, mais ça avance (encore 150 pages) et je suis venu lire ton billet jusqu'au bout.
Je suis à 100% d'accord avec toi. Même si ni facteur, ni téléphone, ni enfant ne m'empêchent de me concentrer, la lecture est fastidieuse...
et au bout de 630 pages commence à être un peu longue...

Écrit par : Emeraude | 25/09/2008

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Estou esperando uma amiga chegar de Paris com o livro pra eu ler.
Amo o autor desse livro.

Écrit par : Conceição Vasconcelos | 29/10/2008

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@ conceiição Vasconcelos : Este livro e muito bom. Espero que você pode lero em breve.
(merci Lou :)

Écrit par : amanda | 31/10/2008

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