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30/01/2009

RENDEZ VOUS A SAMARRA – JOHN O’HARA

Dans l’Amérique des années 30, Julian English est parfaitement intégré dans la bourgeoisie locale de Gibbsville, Pennsylvannie : classe sociale aisée, épouse brillante, soirées mondaines passablement alcoolisées et golf le dimanche. Un soir, sans véritable samara.jpgraison, sans bagarre et sans provocation, mu par on ne sait quelle impulsion, Julian envoie à la figure de Harry Reilly son verre de whisky. Mais même si Reilly est fat, imbu et silencieusement méprisé par la quasi-totalité de cette petite ville, le geste de Julian déchaîne les réactions. De fil en aiguille, et de verre en verre Julian, en quarante huit heures, sombre dans la déchéance.

 

Comment un geste quelque part anodin, que l’on pourrait considérer comme une réaction « alcoolisée » va conduire un jeune homme à s’autodétruire.

 

John O’Hara, scénariste (Gloria, La blonde ou la rousse, A corps perdu) et novelliste pour le New Yorker, a écrit ce premier roman en 1934. Et c’est dans l’Amérique puritaine de la Prohibition, gorgée de conventions étriquées et hypocrites, qu’il plante le décor : une petite ville de province où les codes de la bonne société sont respectés, où les faits et gestes de chacun sont étudiés à la loupe et commentés dans les dîners, soirées ou virées dans le club de jazz local. Les habitants de Gibbsville se plient aux règles de la bourgeoisie et l’on découvrira que l’amitié n’est qu’apparence et disparaît dès que l’un des leurs transgresse les lois et brise les tabous. Même si de tabou, Julian n’aura brisé que celui de céder à une impulsion et fait ce que, en silence, chacun rêve de faire. Mais dans cette bonne société, défiez les règles et les portes se refermeront.

 

Pourtant, d’un « simple » verre jeté à la figure, c’est la débâcle sociale d’un jeune homme que nous observons, au travers une succession de bourdes et de provocations qui feront boule de neige.

 

Une tragédie sur fond de jazz et de whisky frelaté, le portrait d’une société étriquée où les codes sont souvent non-dits mais implacables, un jeune homme plus touchant qu’antipathique, voici un portait subtil dressé implacablement, où rien n’est dit mais tout est suggéré à coups de dialogues ciselés. Autopsie d’une autodestruction fort bien faite, donc.

 

 

Rendez-vous à Samara, John  O’Hara – Bernard Pascuito Editeur, 370 pages (postface : presse et correspondance entre J. O’Hara et F. S. Fitzgerald)

27/01/2009

LE VRAI CUL DU DIABLE – PERCY KEMP

Anna Bravo travaille en étroite collaboration avec Noël, le ministre de l’intérieur. Elle est son plus fidèle collaborateur, son chien de garde, son oreille. Sa vie se résume à son travail, les statistiques, les chiffres. Entièrement dédiée à Noël, à sa réussite, à sa future élection aux Présidentielles, Anna est une machine. Un soir, alors qu’elle se rend à un vernissage, elle remarque un miroir vénitien qui reflète une autre Anna, une Anna différente, moins lisse, moins parfaite, moins symétrique. Anna achète le miroir, fascinée par cette autre femme qu’elle ne connaît pas.kemp.jpg

 

Je ne connaissais pas Percy Kemp jusqu’à cette lecture et je reste épatée, à la fois admirative sur le style et intriguée. Une chose est sure, il ne m’a pas laissée indifférente.

 

La plume, d’abord, est délicieuse. Percy Kemp joue avec la langue, offre un florilège d’expressions, de mots, de phrases savoureuses. Le tout n’est pas dénué d’humour et le sourire affleure régulièrement, l’air de rien, au détour d’une phrase.

 

Le fond, ensuite, m’a laissée perplexe. Anna et son miroir, Anna et ses miroirs, on est dans un univers centré sur Anna et son reflet. C’est singulier. Cette fascination pour son image, cette obsession qui va dévorer Anna est somme toute… assez fascinante. On plonge dans un univers feutré ou le reflet de soi prend la première place, vient supplanter la réalité, la déformer, la dissoudre.

 

« Un roman étrange et pénétrant », dit Cuné. Je suis entièrement d’accord. Sans être non plus aussi enthousiaste, je dirais que c’est un roman vraiment étonnant, peu commun, avec une fin…mum… délicieuse.

 

Comment les autres nous voient-ils ? Il vaut peut-être mieux ne pas le savoir, parfois…

 

 

 Le vrai cul du diable, Percy Kemp - Cherche Midi, collection Styles, 168 pages

 

06:29 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : miroir, vanité, narcisse, percy kemp | |  Facebook

23/01/2009

LA FENETRE PANORAMIQUE – RICHARD YATES

 

April et Frank Wheeler forment un couple américain typique dans les années 50 : joli pavillon en banlieue new-yorkaise (doté

d’une fenêtre panoramique), madame élève ses deux enfants (un garçon une fille) et monsieur prend le train tous les jours pour s’ennuyer à son travail à New-York. April s’est engagée dans une troupe de théâtre amateur, et c’est une représentation ratée yates.jpgqui mettra le feu aux poudres : las de ce conformisme qu’ils détestent intérieurement, April et Frank décident de tout plaquer pour partir en Europe.

 

J’ai eu envie de lire ce livre avant la sortie de son adaptation au cinéma (« Les noces rebelles ») et bien m’en a pris. Richard Yates décrit la soif de conformisme et d’intégration des classes moyennes américaines dans les années 50 : se fondre dans la masse, volonté de correspondre aux critères sociaux préétablis. Mais en se pliant aux règles, le couple, sans s’en rendre compte, laisse s’effilocher ses rêves, met de coté ses idéaux qui s’étiolent en même temps que s’installe la routine.

 

L'union d'une jeune femme idéaliste, se voulant libre, qui a épousé quelqu'un qu'elle croyait être comme elle, et d'un jeune homme plus faible, plus influençable, qui se voyait tel qu'il n'était pas.

 

 

En dressant le portrait d’un couple aux rêves oubliés, aux idéaux rangés aux placards, il peint un tableau vitriolé de cette classe moyenne américaine. Usé par le quotidien, ce jeune couple essaie de se situer au dessus des autres, méprise ses voisins et tente de résister à l’embourgeoisement. Mais la volonté tenace d’être au dessus des autres s’exprime de façon différente : April, écorchée, frustrée, réagit par la violence, elle sera le détonateur qui fait exploser le quotidien ; Frank se laisse convaincre, puis hésite, tergiverse. Voici un personnage lâche, dont les rêves de jeunesse se sont laissés grignoter, ronger peu à peu, mais qui refuse de reconnaître qu’il a cédé au conformisme.

 

 

Autour de Frank et April, une galerie de personnages bien croqués : des couples de banlieue, des cadres moyens envieux et frustrés qui se réunissent dans une parodie de vie sociale.

 

La psychologie des personnages est très bien dessinée, tous sont ambigus, cachent une violence sourde qui ne demande qu’à exploser, sous les apparences conformistes se cachent des frustrations, des désirs enfouis, des jalousies et des rancoeurs. On y voit aussi une réflexion sur le couple, les concessions, les idéaux, la communication et l’usure du quotidien, l’amour qui s’effiloche au jour le jour, insidieusement et laisse la place à l’amertume.

 

En bref un portrait acide du couple moyen américain, bien esquissé. Seule la traduction est parfois faiblarde et manque de relief. Mais une bonne introduction au film sorti en salle « Les noces rebelles » de Sam Mendes, avec Kate Winslet (April) et Leonardo Di Caprio (Frank).

 

La fenêtre panoramique, Richard Yates – Pavillons Poche, 529 pages

 

Edit : les avis de Chimère (qui n'a pas aimé du tout) et Emjy, qui s'est régalée. Keisha aussi a aimé.

 

nocesrebelles.jpg

 

 

Le film donc respecte parfaitement le roman de Richard Yates. Les deux acteurs principaux sont excellents (même si je trouve que Leonardo Di Caprio fait beaucoup plus jeune que Kate Winslet, magnifique). Les plans sont très beaux (une scène d’amour dans une voiture notamment est superbe) la musique l’accompagne judicieusement. Néanmoins, le livre est beaucoup plus détaillé, fouillé, les sentiments y sont bien plus forts et détaillés, les ressorts de Frank et April plus intenses. A voir donc, parce que réussi, mais... préférer le livre.

22/01/2009

ZEN CITY – GREGOIRE HERVIER

Zen city, vous rêvez d’y vivre ? Allez donc voir sur le site de la ville ! Pour postuler, un test vous permettra de savoir si vous correspondez aux critères zen. Pour moi, c’est fichu.

Dominique Dubois, lui, a réussi les tests. C'est un homme tout ce qu’il y a de plus standard. Cadre moyen physique moyen, salaire moyen, rien ne le zencity.jpgdistingue particulièrement de ces congénères. Lorsqu’il répond à une offre d’emploi, après quelques mois de chômage, pour un poste de statisticien dans la ville modèle de Zen City, au cœur des Pyrénées, il ne se doute pas que ce poste et ces conditions alléchantes cachent bien autre chose.

 

Dominique arrive dans la ville et découvre une cité où tout est organisé pour faciliter la vie de ses habitants par le biais du contrat Global Life®. Choix de la décoration intérieure de son appartement avant même d’y arriver, implantation d’une puce dans sa main, et vogue la galère : Dominique n’a plus qu’à parcourir les allées du Zen Market et son réfrigérateur se remplira selon ses désirs, son Smartphone lui indiquera les célibataires frayant dans un rayon proche de lui, sa porte s’ouvrira à son approche… tout est conçu pour anticiper les désirs et offrir aux habitants de Zen City confort, satisfaction et bien-être. Dominique consume, achète, profite, s’endette, mais son conseiller Global Life ® est là pour l’épauler et le guider. L’assassinat d’une jeune collègue de Dominique met le feu aux poudres, des hackers contactent Dominique…

 

Entre roman d’anticipation et policier, Grégoire Hervier propose ici un roman agréable. Ou comment les dérives de la communication et publicité à outrance, des nouvelles technologies, peuvent peu à peu grignoter les libertés individuelles et nous transformer en simples moutons.  Le roman débute sous la forme d’un blog, celui de Dominique, qu’il a commencé avant même d’intégrer Zen City, puis se poursuit par son journal, parsemé des notes de l’éditeur qui trouvera tous ces documents après un incident.

 

Je ne crierai pas au chef d’œuvre mais ai bien aimé cette satire acide d’une société publicitaire où la manipulation des masses est la clef de voûte d’un consumérisme effréné. La forme vivante et alternée (blog / journal / récit) rend la lecture aisée et facile, il y a un certain suspens et la critique acerbe de nos mode de consommation est assez bien faite.

 

 

 

Zen city, Grégoire Hervier – Au diable vauvert, 364 pages

 

Les avis de Lily et de Cuné

21/01/2009

BOOKS & THE CITY, le retour…

Souvenez-vous l’année dernière :

 

 

 

 

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06:00 Publié dans Books & the city | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

20/01/2009

LA REINE DES LECTRICES – ALAN BENNETT

Il était une fois une Reine qui s’ennuyait un peu dans son beau château du Royaume d’Angleterre. Un jour, alors que son chien aboyait près d’un bibliobus, la Reine, n’écoutant que la bonne éducation qu’elle avait reçue et son sens du devoir et de l’exemple, entra dans ledit bibliobus et présenta ses excuses au chauffeur pour la gêne occasionnée. La politesse lui enjoignant d’emprunter un livre, la Reine choisit un ouvrage et retourna en son palais… et sa vie en fut toute chamboulée. Et, par extension, celle du Royaume…

reinelectrices.jpg

 

God bless the Queen, dit l’hymne national anglais, God bless the authors devrait-on dire. Voici un roman à aborder sans prétentions ni grosses attentes, qui vous met le sourire aux lèvres à plusieurs reprises. Evidemment, un(e) lecteur(trice) assidu(e) connaît déjà ce que la Reine éprouve en tombant en amour pour la lecture : ce sentiment d’urgence à retrouver son livre du moment, l’impression de s’isoler du quotidien et de découvrir d’autres mondes inexplorés qui nous tendent les bras, l’indifférence aux devoirs et au temps qui passe… et c’est justement le décalage entre la fonction royale de notre héroïne qui rend le roman attachant. La Reine descend de son piédestal et devient humaine : elle aime, préfère, s’interroge, critique. Tandis que son royal entourage s’interroge sur les méfaits d’une telle addiction, la Souveraine délaisse les sujets de conversation conventionnels et interroge ses interlocuteurs sur Proust, Austen, Dickens ou Thackeray…

 

Panique à Buckingham... On lui retire son tabellion, on cache ses livres (ou on les fait exploser en douce, comme un colis piégé (qui sait quelles honteuses idées ces livres peuvent-ils lui mettre en tête ?)) on complote en se demandant quelle est cette maladie qui la ronge : il FAUT qu’elle retrouve toute sa tête et redevienne la Reine altière et respectée que le royaume est en droit d’attendre. La Reine qui se plie à ses devoirs et tient son rang, pas cette lectrice qui "découvre" les différences de classes sociales avec Jane Austen, et ce qu'elles peuvent recéler comme frustrations, ambitions ou désirs. Mais la dame prend de l’assurance et s’accroche à ses livres.

 

Ce n’est pas une merveille, c’est juste un roman amusant, pourvu de quelques dialogues particulièrement hilarants (un dialogue de sourds avec son Duc de mari au début du livre est savoureux) et caustiques, de quelques réflexions très pertinentes, le tout avec un sens de l’humour décalé, même si, au fond, son seul intérêt tient finalement à la fonction de la lectrice. Par les temps qui courent, une heure trente de sourires, c'est toujours bon à prendre.

 

 

 

La reine des lectrices, Alan Bennett - Denoël, 174 pages

 

 

Les avis de Cathulu, Emeraude, Ys, Clarabel, et de Lou, publié aujourd'hui, les grands esprits se rencontrent (!)

L’avis des libraires de Mollat

19/01/2009

MEURTRES EN BLEU MARINE – C.J. BOX

Au début du roman, nous faisons la connaissance d’Annie et son frère William. Elevés par leur mère célibataire, Monica, ils meurtrebleumarine.jpgdécident d’aller à la pêche après l’école et, alors qu’ils traversent une forêt (le roman se passe dans l’Idaho), sont les témoins involontaires d’une scène de meurtre. Les assassins ? Un bande de flics à la retraite. Annie et William prennent la fuite, mais les meurtriers les ont vus et partent à leur poursuite. Les enfants trouvent abri chez un fermier solitaire, Jess Rawlins, qui croit leurs accusations et décide de les protéger tandis qu’à la ville, le shérif Carey, totalement dépassé par cette affaire, décide l’aide que les policiers-retraités lui proposent. Ce que veut le shérif : retrouver les enfants. Ce que veulent les retraités : la même chose. Mais pas pour les mêmes raisons.

 

Dans la famille polar bien-fait-quoique-peu-original je demande Meurtres en bleu marine. Peu original, parce que le situations et les personnages sont somme toute assez attendus voire prévisibles. Bien fait, eh bien parce que je ne l’ai pas lâché, il a monopolisé  quelques petites heures est à l’origine d’un magma de féculents affreusement gluants, il faut l’avouer totalement immangeables.

 

Bien sûr, on pourra dire que les ficelles du polar sont classiques. Les méchants sont des affreux flics véreux décidés coûte que coûte à protéger leurs anciennes exactions. Les enfants innocents, qui ne peuvent aller trouver la police, sont hébergés par un vieux cow boy qui décide de leur faire confiance. Jess est un vieux de la vieille, genre cow boy solitaire au cœur gros comme ça sous des dehors taciturnes et un peu ours. On y trouve aussi un autre flic décidé à éclaircir une vieille histoire jamais résolue, une factrice commère et avide de sensationnalisme qui se mêle de tout et surtout de ce qui ne la regarde pas, un banquier torturé par ce qu’il sait, un shérif incapable et manipulable. Le tout dans une petite bourgade perdue dans l’Idaho, où la nature est omniprésente et les centres d’intérêt réduits aux commérages, à la pêche et aux bars.

 

Voilà, c’est classique, de bonne facture, et surtout, prenant. A lire pour se laisser absorber, comme un page turner efficace, avec empathie et envie d’oublier le reste un moment. Loin, très loin de Shutter Island ou Zulu, par exemple, mais efficace.

 

 

Meurtres en bleu marine, C.J. Box – Seuil Policiers, 383 pages

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009, catégorie Policiers

16/01/2009

DES VENTS CONTRAIRES – OLIVIER ADAM

 

Des vents contraires, c’est l’histoire de Paul Anderen qui tente de survivre depuis que sa femme est partie sans un mot. adam.jpgPourquoi ? Comment ? Où ? Paul n’en sait rien et depuis son départ il flotte, ballotté sur les vagues d’une existence qui part à vau l’eau : enfants, boulot. Alors il quitte la région parisienne et s’installe à Saint Malo, où son frère qui gère l’auto-école familiale lui propose un emploi de moniteur.

 

Des vents contraires est un roman lumineux. Parce qu’à travers la tristesse insondable qui plombe les pages perce une lueur vacillante mais bien présente : l’amour désespéré de Paul pour ses enfants. Le ton oscille entre souffrance et joies. La souffrance devant l’absence, l’incompréhension, la douleur, et quelques moments de joie, de partage, des corps qui se serrent et s’étreignent pour s’insuffler un peu de chaleur ou d’amour.

 

On y croisera des personnages recalés par la vie : la férocité de la vie les unit, ils se reconnaissent et ne se jugent pas : un autre père dévasté par un divorce, une vieille dame solitaire, un commissaire groggy qui regarde grandir sa fille sans oser l’approcher… Des écorchés qui tentent de s’accrocher au quotidien, en s’imbibant un peu et souvent beaucoup de gin ou de vodka, pour se réchauffer le cœur, en contournant les règles pour grappiller quelques minutes de bonheur.

 

Il y a aussi ces deux enfants ravagés par l’absence de leur mère, qui s’accrochent à leur père comme à une bouée, mais qui sont eux même la bouée de leur père. Unis, soudés, désespérés, roc ô combien fragile qui tente de survivre au désespoir.

 

Des existences fracassées, brisées, une météo tempétueuse, une ville sublimée par le récit, il y a dans ce roman une force incroyable, celle qui pousse à avancer, malgré les tempêtes, les vents, la douleur qui vrille le cœur et le broie toujours plus fort. Et puis, à travers les nuages, là-bas loin dans le brouillard, on aperçoit une toute petite lueur qui annonce l’apaisement, qui scintille tant bien que mal et promet qu’un jour, peut-être, la vie réussira à s’adoucir.

 

 

 

 

Des vents contraires, Olivier Adam - Editions de l'Olivier, 255 pages

 

 

Les avis de Cuné et Clarabel

06:25 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : olivier adam, douleur, absence, saint malo, tempête, alcool | |  Facebook

14/01/2009

VOLEURS A LA DOUZAINE – DONALD WESTLAKE

Un personnage de roman peut il devenir l’ami de l’écrivain qui l’a créé, inventé, fait naître et vivre sous sa plume ? En tous cas, voleursaladouzaine.jpgDonald Westlake aime John Dortmunder. Ils se sont connus en 1967, alors que Donald Westlake sévissait sous le pseudonyme de Richard Stark. Et frayait souvent en compagnie d’un dénommé Parker, héros récurrent de ses romans. Parker « refusa le rôle que [Stark/Westlake] lui avait trouvé »… Westlake lui trouva donc un remplaçant et ainsi naquit John Archibald Dortmunder.

 

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13/01/2009

A CONTRETEMPS – JEAN-PHILIPPE BLONDEL

Hugo est étudiant en lettres. Lorsqu’il s’installe à Paris, il loue une chambre chez Jean, personnage fantomatique qu’il croise blondel.jpgparfois, qu’il frôle entre une arrivée et un départ. Mais un jour, Jean trouve le roman que Hugo est en train de lire, ce roman que lui-même a écrit, il y a longtemps. Hugo le lecteur écoute Jean l’auteur, fasciné par  son récit. Jean, l’auteur oublié qui s’escrime à écrire, encore et encore.

 

Vivre à contretemps, se contenter paresseusement de laisser le temps filer sans prendre de risques, ou se cacher derrière des illusions, des rêves, des espoirs dont on refuse de voir qu’ils sont vains, voilà l’histoire que nous offre Jean-Philippe Blondel, dont on retrouve la plume délicate et la facilité avec laquelle il nous entraîne dans le sillage de ses personnages, l’envie que l’on a de les accompagner et les écouter.

 

Il y a l’amour de la littérature, l’amour d’un lecteur qui plonge dans un roman comme on plonge dans une autre vie, la vie d’autres qui n’existent pas, qui font oublier le quotidien, gomment l’imperfection d’une existence comme mise en attente. Il y a l’amertume de l’auteur oublié, qui s’acharne à écrire, qui s’accroche à ses histoires fissurées, bancales, et dont le temps s’est figé sur un vague succès d’estime. Barricadé dans sa fierté, il dénonce les périodes de promotions vécues comme une imposture, fustige le cirque commercial destiné à faire vendre ses mots. Il prétexte un retrait volontaire qui masque la fuite devant une réalité trop amère : absence de talent, écrits refusés.

 

Certains passages m’ont semblé moins touchants, notamment le récit de l’auteur soit disant « volontairement retiré » de ce monde vain qu’est l’édition, mais il y a des résonances personnelles dans ce roman (qu’elles touchent à la vie d’un(e) lecteur(trice) ou qu’elles évoquent les fausses routes que l’on peut prendre quand on entre dans la vie d’adulte, quand on se demande qu’y faire, dans cette vie, j’ai bien aimé ce roman. Sans doute pas le meilleur Blondel, mais un joli Blondel.

 

 

A contretemps, Jean-Philippe Blondel - Robert Laffont 240 pages

 

L’avis de Clarabel

06:52 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook