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« Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada | Page d'accueil | AU BON ROMAN – LAURENCE COSSÉ »

06/02/2009

LE PROSCRIT – SADIE JONES

Angleterre, 1945 : Lewis a seulement une dizaine d’années quand sa mère se noie sous ses yeux. Incapable de partager sa souffrance ni d’exprimer sa culpabilité, Lewis s’enferme dans le silence. Et ce n’est pas Gilbert, son père qui va l’aider à vivre proscrit.jpgavec cette douleur qui lui vrille le cœur et l’esprit. Gilbert se remarie peu de temps après, mais Alice, sa seconde épouse n’arrive pas à briser la glace : en quelques années Lewis sombre dans la violence : alcoolisme, automutilation, fugues, délinquance et prison. Après deux années passées sous les verrous, il revient à Waterford où personne ne semble heureux de le revoir.


Voilà un roman qui me laisse très partagée.

 

L’histoire de Lewis et sa souffrance sont assez touchantes. On assiste ici à une descente  aux enfers très intime : à partir d’un accident malheureux, cruel, stupide (la mère de Lewis était ivre quand elle s’est noyée), bouleversant, l’enfant va s’enfermer dans le silence et n’arrivera jamais à extérioriser son chagrin. La rigidité et la froideur de son père n’aideront en rien le jeune Lewis, ni son remariage avec une femme plus jeune. Au contraire, celle-ci, intimidée par ce beau-fils mutique et effrayant, sera incapable de lui donner la tendresse qu’il attend. Chacun se réfugie derrière un masque de froideur. De discussions avortées en gestes de tendresses retenus, Gilbert, Alice et Lewis laissent un mur d’incompréhension de dresser entre eux.

 

D’autre part, la vision de cette bourgeoisie d’après guerre est glaçante : sous des apparences trompeuses se cachent des souffrances qui se soignent à coup de whisky bus en cachette, des pères violents qui battent femme et enfants et conduisent tout ce beau monde à l’église le dimanche, des voisins et amis qui  se détournent dès que l’un ou l’autre déroge au sacro-saint conformisme social.

 

Je regrette en revanche l’agaçante tendance de Sadie Frost à détailler tous les sentiments, donner trop d’explications et de justifications : « Elle distinguait L et A par la porte ouverte mais ce n’est qu’en prenant pied sur la pelouse qu’elle les aperçut plus clairement. Avant même  d’examiner da façon rationnelle tout ce qui clochait dans leur attitude, la première intuition de Kit fut qu’elle dérangeait. A était agenouillée aux pieds de L, une main derrière sa tête, et c’était ça qui choquait -….puis ils se tournèrent et ils la remarquèrent et elle sut que quelque chose n’allait pas. Ils avaient honte et ils étaient confondus d’être pris sur le fait, ils ne pouvaient le camoufler. Le regard de L se posa sur A et elle cessa de voir L, trop occupée à le dévisager et à digérer qu’il avait une liaison avec… »  ou quelques formules que je trouve inélégantes « Tandis qu’elle dormait, il avait fait l’expérience d’un profond sentiment de solitude » ou « comme il était impératif que nul ne le découvre,  Lewis se hâta d’aller fermer la porte, ce qui restitua à Dicky la faculté de parler » ou encore « Il la serra contre lui et l’embrassa longuement – un authentique baiser, chargé de désir et de passion ». Je préfère pour ma part deviner, supposer, apercevoir, frémir sans que l’on explique trop en détail les sentiments, raisons, pulsions… des personnages.

 

Les droits d’adaptation ont été achetés : Sadie Jone est avant tout scénariste, et ce premier roman fera sans doute un bon scénario. Mais, pour ma part, même si l’histoire et le contexte sont attachants et intéressants, son traitement ici ne m’a pas convaincue.

 

Clarabel et Laurence ont aimé. Je vous encourage à aller lire leurs avis et ne pas rester sur mon impression trop mitigée.

 

 

Le proscrit, Sadie Jones – Buchet Castel, 377 pages

 

 

07:28 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

Commentaires

Oh la la, que ça a l'air triste... pas le livre du moment je crois...

Écrit par : Ys | 06/02/2009

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L'histoire parait effectivement glaçante, je viens de voir Noces Rebelles et j'ai envie de changer de tonalité :-))

Écrit par : Dominique | 06/02/2009

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"A"et "L" , c'est vraiment écrit comme ça ? ! je passe!

Écrit par : cathulu | 06/02/2009

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Moi je suis très intéressée, et ce que tu cites ne me choque pas, donc... :)))

Écrit par : fashion | 06/02/2009

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vu les extraits que tu as cités, je passe mon tour

Écrit par : goelen | 06/02/2009

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J'avais déjà lu les avis de Clarabel et Laurence, mais je suis intriguée par ce roman étrange. Je le note pour le prendre à la bibliothèque et me faire mon opinion !

Écrit par : Nanne | 06/02/2009

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Tu as réussi à m'intriguer avec ce livre malgré ton avis mitigé. Par contre, je te rejoins complètement avec les longues descriptions. c'est pénible à la fin.

Écrit par : Laetitia la liseuse | 06/02/2009

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@ ys : triste, oui :)
@ dominique : j'ai préféré La fenêtre panoramique, bien mieux à mon avis :)
@ cathulu : ah mais non, je n'ai mis que les initiales pour ne pas "spoiler" !
@ fashion : si tu ne l'as pas reçu je peux te le passer demain si tu veux
@ goelen : as you want:)
@ nanne : je le dis et le redis : mon avis n'est pas parole d'évangile.. et tu as raison de vouloir te faire ta propre opinion

Écrit par : amanda | 06/02/2009

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Je devrais le recevoir incessamment sous peu. Thanx.

Écrit par : fashion | 06/02/2009

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Ce type d'histoires me déprime trop. Tes extraits confirment mon absence d'avis, pour le coup !

Écrit par : Anne la provinciale | 06/02/2009

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Bizarrement, je n'étais pas vraiment tentée avant et là, je ne le suis toujours pas... mais juste curieuse. À savoir comment ça va finir, tout ça. Par contre, cette façon de détailler les sentiments et motivations, ça me fait un peu peur... parce que souvent, ça m'énerve... Bon, rien ne presse, de toute façon!! :))

Écrit par : Karine :) | 06/02/2009

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je survole ton billet parce que je lis ce livre très bientôt, mais j'y reviendrai (juste vu que tu avais été un peu déçue. aïe, aïe...)

Écrit par : lily | 06/02/2009

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Bon j'attends le film alors...

Écrit par : Anne | 07/02/2009

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Bonjour,
Je soumets mon roman à votre critique.
https://www.zizole.blogs.psychologies.com/EUPHRASIUM
"Emma ou la rage de vivre"
Editions Amalthée.

Référencement en cours. Pour ceux qui le désirent: commande possible déjà à la FNAC.
Voir lien ci-dessous.
http://livre.fnac.com/a2620536/E-Calmont-Emma-ou-la-rage-de-vivre?OriginClick=yes
http://www.fnac.com/redir/emailing.asp?PRID=2620536

« Ils disposaient d’eau et d’une étendue de terre. De quoi avaient-ils besoin d’autre pour vivre ? Mais rien, absolument rien pour le moment. »
Emma à neuf ans. Avec ses joies et ses questionnements sur la vie, elle mène une existence au cœur d’une rizerie, en compagnie de ses camarades. De l’école à l’église, sans oublier les fêtes au village, camaraderie, amitié, solidarité, combativité dans le respect sont peintes comme des armes inoffensives et indispensables au bonheur ! Emma ou la rage de vivre s’ouvre sur un hommage aux ancêtres. Dans cet ouvrage, humanisme et optimisme sont mis en valeur , il s’agit d’une véritable philosophie de la vie.

Résumé:
Le passé dessine les contours du futur. Ainsi l’histoire ici racontée dans Emma ou la rage de vivre s’ouvre-t-elle sur un hommage aux ancêtres. En 1624, un groupe d’hommes, fuyant des guerres, s’élance à la recherche de terre pour construire un village de paix et d’unité.
De ces ancêtres audacieux et acteurs de leur vie, naît Emma dix-sept générations plus tard. Héritière de ce passé de braves hommes, dotée d’une curiosité à toute épreuve, Emma nous est présentée dans sa relation à la vie. Emma et ses camarades s’approprient le monde des adultes et évoluent à leur aise. A la rizerie, aux fêtes du village, au bal des collégiens, au marché, à l’école, dans les grands événements de la vie telles la maladie, la mort, Emma et ses amis sont sous nos yeux, toujours comme des acteurs selon leur degré de compréhension. Rien ne les freine. Dans leur monde, on peut parler même aux oiseaux. Oui, tout devient possible avec Emma et ses camarades. Les pluies diluviennes qui les gardent à l’école pour une nuit sans crier garde, donnent lieu à des mises en scène de joie. Et tous sont entraînés dans de tels élans quelles que soient les circonstances.
Des enfants, mais des enfants tout à fait raisonnables comme des adultes, on dirait. Emma nous mène dans un monde d’éveil et émerveillement en toute chose. Et la curiosité, l’amitié, l’émulation, la joie, le respect de l’autre … donnent accès au bonheur immédiat. L’émerveillement et la curiosité qui animent ces enfants semblent prolonger ce bonheur dans le futur. En cela, Emma ou la rage de vivre est un ouvrage axé sur l’humanisme et l’optimisme. Les aptitudes à ces valeurs se retrouvent ou en tout cas, sont accessibles aux enfants de tous les pays. Aussi pouvons-nous dire que Emma ou la rage de vivre est un ouvrage résolument tourné vers le futur et sur le monde.

Écrit par : EUPHRASIUM | 08/02/2009

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@ anne la provinciale : il n'est pas déprimant je trouve (mais j'aime les histoires tristes aussi :)
@ karine : j'ai été gênée par toutes ces explications... et je sais que tu as une multitude de livres à lire !
@ anne : en revanche je ne sais quand il sera tourné et diffusé !
@ euphrasium : bonne chance pour votre roman alors :)

Écrit par : amanda | 09/02/2009

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Hihi, le précédent commentaire fait bien écho à l'article de Laurence & mon avis sur les auteurs qui tentent de "copiner": j'ai eu le même message sur mon blog.

C'est la première fois que je passe ici -si je n'abuse-. je note l'adresse!

Je suis actuellement en travaux pour ouvrir un tout nouveau, tout beau blog, mais l'actuel reste dispo :)

a bientot et belles lectures!

Écrit par : sebastien L | 12/03/2009

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@ sébastien l : pour moi ce n'est pas ça du copinage, c'est tout autre chose (des mails mielleux qui vous disent que vs êtes parfaite etc etc écrits uniquement pour vous influencer et écrire une bonne appréciation ou édulcorer une mauvaise)... Ici, c'est seulement un auteur qui cherche à faire connaître son roman. Et c'est compréhensible, au vu de la "jungle" des parutions qui passent inaperçues. Le procédé n'est peut-être pas le plus efficace, mais il ne relève pas du "copinage". Ah, et bienvenue ici, aussi :)

Écrit par : amanda | 13/03/2009

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