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27/02/2009

LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR – YOKO OGAWA

Nous sommes dans les années 90. La narratrice, une aide ménagère qui élève seule son fils est embauchée chez un ogawa.jpgmathématicien. A 64 ans, le professeur souffre d’amnésie récurrente : suite un accident, sa mémoire s’est figée. Autant tout ce qui précède l’accident est solidement ancré dans sa tête, autant tous les événements qui suivent s’effacent au fur et à mesure : toutes les 80 minutes, il faut recommencer : l’aide ménagère doit se présenter à nouveau, Root aussi. Lorsque le professeur rencontre Root, le fils de l’aide ménagère, une relation commence à se tisser lentement entre ces trois-là.

 

Des nombres premiers au no hit no run du base ball, voici un roman tout en délicatesse, dont l’histoire nous entraîne dans une atmosphère à la fois ouatée (tendresse, amitié, respect entre les trois protagonistes) et légère (discussions entre le professeur et le jeune garçon, fans de base ball). Un roman dont l’histoire se déroule comme un ruban de mathématiques, une ligne de nombres qui s’étire : le professeur, renfermé dans un univers fait de formules et d’équations, initie la jeune femme à la magie des nombres et lui ouvre des portes inconnues, l’éclaire et la guide sur un chemin inédit pour elle, et partage avec Root la passion du Base-ball, même si sa mémoire est suspendue sur les joueurs d’il y a trente ans.

 

N’allons pas imaginer une histoire abracadabrante où la jeune femme deviendra une mathématicienne performante, non, nous sommes seulement en présence d’un lien qui se tisse peu à peu entre des êtres un peu exclus, des solitaires qui (re)découvrent le partage, l’amitié et le respect. Un enfant, source de joie et d’innocence et de promesses ; un vieil homme isolé dans sa propre tête, coupé de l’évolution du monde par son infirmité ; une jeune femme qui sera la cheville constructrice d’une amitié profonde, sincère et indéfectible.

 

Un très joli moment passé parmi ces trois là, tout en douceur, servi par une plume fluide et très agréable à lire.

 

 

La formule préférée du professeur, Yoko Ogawa - Babel, 245 pages

 

 

Les avis de In Cold Blog, Papillon, Chiffonette, Brize, chez lesquels vous trouverez sans doute d’autres liens encore.

 

 

ps : voilà, j’aurai tenu peu de temps en mode « pause »… mais ce joli roman m’a donné envie de parler de lui. Dont acte. Pour la suite, eh bien… on verra bien, je me laisserai porter par mes lectures et mes envies J

11/02/2009

IMPARDONNABLES – PHILIPPE DJIAN

Quand on a vu sa femme et sa fille aînée brûler vives sous ses yeux, alors qu’on tentait de protéger sa fille puînée de ce djian.jpgspectacle, il est difficile de continuer de vivre. Veuf, père effondré, Francis, l’écrivain idolâtré, se réfugie au Pays Basque et épouse, quelques années plus tard, Judith, l’agent immobilier qui l’aide à se reconstruire. Ou plutôt à tenter de se reconstruire : Francis n’écrit plus, Alice, sa fille rescapée sombre dans l’autodestruction. Peu à peu, l’un et l’autre parviennent à retrouver un fragile équilibre. Francis produit quelques nouvelles, Alice, libérée de la drogue, devient comédienne, et, qui plus est, comédienne à succès. La disparition d’Alice (enlèvement, décès, fuite ?), quelques années plus tard, vient scier les piliers sur lesquels Francis avait cru baser sa nouvelle vie.

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09/02/2009

AU BON ROMAN – LAURENCE COSSÉ

« Au bon roman », c’est un projet utopique, une librairie idéale rêvée par deux fous de littérature, Yvan et Francesca. Yvan le au bon roman.jpglibraire et Francesca la mécène vont tout faire pour voir naître leur bébé : réunir un comité (secret) d’auteurs contemporains qui établiront chacun une liste de 600 romans indispensables (les romans de la rentrée ? Point d’affaire. Les romans « grand public » ? Surtout pas.), trouver le local (à Paris), faire une campagne publicitaire ad hoc et voilà, le succès est rapide, les lecteurs enthousiastes, les ventes décollent. Or, une librairie où ne sont proposés que des « bons » romans attise vite les jalousies, les rancoeurs, l’hostilité de ce petit monde de l’édition. Trois des membres du comité de sélection sont agressés.

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07:27 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : grands lecteurs, romans, classiques, librairies | |  Facebook

06/02/2009

LE PROSCRIT – SADIE JONES

Angleterre, 1945 : Lewis a seulement une dizaine d’années quand sa mère se noie sous ses yeux. Incapable de partager sa souffrance ni d’exprimer sa culpabilité, Lewis s’enferme dans le silence. Et ce n’est pas Gilbert, son père qui va l’aider à vivre proscrit.jpgavec cette douleur qui lui vrille le cœur et l’esprit. Gilbert se remarie peu de temps après, mais Alice, sa seconde épouse n’arrive pas à briser la glace : en quelques années Lewis sombre dans la violence : alcoolisme, automutilation, fugues, délinquance et prison. Après deux années passées sous les verrous, il revient à Waterford où personne ne semble heureux de le revoir.

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07:28 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

03/02/2009

Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada

 

Découvrir la plume de Philippe Jaenada sur une plage italienne cernée d’un coté par des flammes menaçantes, de l’autre coté par une mer écrasée sous une chape de fumée toxique, avec pour compagnon un touriste nommé Voltaire qui, entre deux quintes jaenada.jpgde toux, et devant quelques mollusques agrippés à leur rochers se souvient des larmes de sa femme devant un plateau de fruits de mer et de la discussion qui en a suivi, n’est pas une mince affaire.

 

Disons le tout de suite, pendant les 50 premières pages, je me suis demandée si j’irais au bout de ce roman. Et puis, lentement, insidieusement, presque à l’insu de mon plein grè, je me suis laissée happée par cette plume finalement beaucoup plus fine qu’il ne m’y paraissait au début.

 

L’histoire, donc, se déroule sur une journée. Voltaire, écrivain et scribouillard dans un journal de fillettes, passe ses vacances en Italie, avec sa femme Oum et son fils Geo. Un incendie vient bouleverser la journée qui s’annonçait paresseuse. Cernés par les flammes, menacés d’asphyxie par la fumée, Voltaire et sa famille fuient, accompagnés d’une galerie de touristes et de locaux. Où qu’ils aillent, le feu semble les rejoindre et les narguer (hé hé, je vous aurai, de toute façon, inutile de courir, il faut rôtir à point)… Et c’est fou tout ce qui peut vous passer par la tête quand vous êtes poursuivis par la Faucheuse…

 

C’est un récit mitonné avec plaisir, farci de parenthèses (il semble que les parenthèses soient une marque de reconnaissance du style « jaenadien ») et de digressions savoureuses que nous offre Philippe Jaenada. A travers les péripéties de cette petite famille qui essaie d’échapper à une mort certaine, nous suivons une troupe de personnages picaresques et, finalement, banalement humains. Point de héros ni de veules imbéciles, seulement quelques touristes face au danger ; le narrateur, Voltaire, observe leur comportement, ne peut s’empêcher de penser à sa vie, de se remémorer une quantité d’anecdotes et de réflexions sur sa vie et sa famille.

 

Le style est à la fois simple, haletant (même si nous savons dès le départ que la fin sera heureuse (pour certains en tous cas)), et bourré de petites phrases qui font mouche (bon, avec une zeste d’honnêteté je dirais qu’au départ j’y suis restée insensible avant de m’abandonner au plaisir). Et puis, sous le récit, les anecdotes, les digressions, sous la simplicité de la structure du roman (on commence le matin, on passe la journée à fuir le feu, le soir on fera la synthèse de cette journée), se cachent quelques réflexions bien plus profondes qu’elles en ont l’air sur les comportements humains face à la mort, sur notre rapport au danger, nos petits courages et nos grandes lâchetés.

 

Du coup, je reprendrais bien un deuxième Jaenada, moi.

 

 

Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada, Grasset

02/02/2009

ECRIVAIN EN DIX LECONS – PHILIPPE SEGUR

 

Phil Dechine est un auteur. Après moult mois et années passées à gonfler tout le monde avec son ŒUVRE en cours, il finit enfin par être publié. Publié, vendu, critiqué (même si les premières critiques sont mitigées voire vitriolées pour certaines), il se voit segur.jpgmême attribuer le Prix Mirabeau des Vétérinaires pour son premier roman « Métaphysique du dog »…. Son parcours d’écrivain débutant au sein de la sacro sainte famille de l’édition nous est révélé, à coups de situations et événement rocambolesques.

 

Si l’humour des situations, les répliques et pensées tordantes du début font sourire à maintes reprises, peu à peu le tout devient ennuyeux. C’est drôle à plusieurs reprises, la vanité boursouflée de Phil Dechine fait largement sourire et cette autodérision de la part de Philippe Segur est finalement, quelque part, touchante. En revanche, l’humour devient répétitif, on devine presque les chutes des phrases avant même de les avoir terminées. Amusant, donc, mais sans plus. J’en retiens quand même quelques perles d’humour, et c’est déjà pas mal.

 

 

 

Ecrivain en dix leçons, Philippe Segur – Points, 190 pages

 

 

Les avis de Laurent, Sylire, Papillon, Caro[line] , Clarabel