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13/03/2009

SANS BLESSURES APPARENTES - JEAN-PAUL MARI

Des milliers de soldats quittent les pays en guerre sans blessures apparentes. Officiellement, ils n’ont pas été blessés, n’ont mari.jpgaucune séquelle physique et peuvent reprendre le cours d’une vie « normale ». Jean-Paul Mari s’intéresse à ces soldats (ou journalistes, ou civils) qui, bien que considérés comme «épargnés » sont incapables de survivre et d’échapper au souvenir des atrocités qu’ils ont vécues.

 

L’enquête est longue, la liste des exemples implacable, et, bien que parfois le récit soit parfois décousu (JPM passe d’un souvenir à l’autre, d’une guerre à l’autre : Bosnie, Irak, Afghanistan, Rwanda,…), le témoignage de l’auteur se déroule comme une longue énumération, souvent éprouvante, qui révèle les traumatisme indicibles qui étouffent ces victimes pourtant non officielles.

 

Des soldats américains qui réintègrent leur pays, éprouvent une grande difficulté à retrouver leur vie « normale » voire une impossibilité totale à affronter le quotidien, des Casques Bleus hantés par des images insoutenables, des civils ou journalistes qui ont été témoins de morts, qui « ont vu la mort », beaucoup mettent fin à leurs jours ou ont besoin de puissants anxiolytiques pour vivre.

 

C’est un témoignage souvent difficile, un dossier dont on parle peut-être trop peu : Jean-Paul Mari raconte en observateur plein d’empathie ces névroses traumatiques qui font des victimes autrement plus importantes, plus silencieuses mais à tout jamais détruites de l’intérieur.

 

Émouvant. Parfois difficile à lire, mais très bien fait.

 

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009

 

 

Sans blessures apparentes, Jean-Paul Mari - Robert Lafont, 306 p

 

 

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07:27 Publié dans *Essais, documents*, Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

Intéressant ce dossier, j'avais lu il y a qq mois un article disant que l'on s'arrange pour faire des statistiques limitées par ex en ne renouvelant pas les enquêtes afin de diminuer le nombre de soldats atteint, les conséquences n'étant pas toujours immédiates

Écrit par : Dominique | 13/03/2009

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sans doute un essai très intéressant, mais aurais-je le courage de m'y plonger ? Pas sûr...

Écrit par : Gambadou | 13/03/2009

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Je l'ai vraiment bien aimé et l'ai trouvé plutôt bien écris, très agréable...même si quelques descriptions sont dures.

Écrit par : antigone | 13/03/2009

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Comme Gambadou : trop réel et certainement trop dur pour que je m'y plonge...

Écrit par : Ys | 13/03/2009

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C'est certainement un essai très intéressant à lire et qui met le doigt où ça fait mal ! Le sort des victimes psychologiques des conflits, civils, militaires ou reporters est souvent caché, occulté, oublié. J'avais lu des enquêtes réalisées par des experts militaires sur cette situation il y a de nombreuses années et cela était plutôt inquiétant. Il faudrait que je trouve ce livre à la bibliothèque pour le lire et m'en faire une opinion ...

Écrit par : Nanne | 14/03/2009

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Indéniablement intéressant, mais je pense qu'il doit falloir bien choisir son moment de lecture...

Écrit par : choupynette | 16/03/2009

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@ dominique : le souci c'est que ce genre de "blessure" n'entre pas dans les statistiques officielles. Difficile d'évaluer le nombre de victimes, qui est très important
@ gambadou, ys : je l'ai trouvé vraiment intéressant, mais, oui, ce n'est pas facile
@ antigone : oui, il écrit bien, j'ai trouvé que le style glissait malgrè le sujet, et le document se lit facilement
@ nanne : je pense qu'il se trouve facilement
@ choupynette : sans doute, mais, en n'oubliant pas que c'est un document, en gardant un regard "spectateur objectif", on y arrive sans problème

Écrit par : amanda | 16/03/2009

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J'ai aimé ce livre. je connais un des reporters de guerres cité dans ce livre.Les souvenirs marqués à jamais restent toujours présents. Memes des années après, même quand la vie normale reprend le dessus.

Écrit par : véronique | 18/03/2009

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J'ai aimé ce livre. je connais un des reporters de guerres cité dans ce livre.Les souvenirs marqués à jamais restent toujours présents. Memes des années après, même quand la vie normale reprend le dessus.

Écrit par : véronique | 18/03/2009

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J'ai rencontré Jean-Paul Mari à Cognac en novembre. J'ai été heureuse de le croiser parce qu'il fait partie de ces reporters qui rendent ce métier vivable et digne. Et pour être allée une fois sur le terrain d'une guerre (une seule, et courte!) je peux confirmer (mais cela n'était pas nécessaire, car on a là un reporter d'une grande sincérité), que la confrontation avec les horreurs laisse des traces indélébiles. Et vous contraint à vous poser des questions essentielles sur vous même, avant tout.

Écrit par : Laure | 22/03/2009

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@ véronique : je trouve que JPM parle très bien de ces souvenirs qui hantent ceux qui ont vu la mort de près
@ laure : bienvenue ici d'une part. Je crois aussi que c'est un bon reporter (sans non plus avoir trop suivi ses travaux) mais il me semble qu'il a déjà obtenu le prix ALbert Londres il y a quelques années.

Écrit par : amanda | 23/03/2009

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