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30/10/2009

LA PETITE ÉCUYÈRE A CAFTÉ (LE POULPE) – JEAN BERNARD POUY

Gabriel, c'est le Poulpe. Mais il peut s'appeler Jérôme Le Prieur, ou Henri Wajman, selon les papiers qu'il utilise. Qui est-il ? On poulpe.jpgn'en sait pas plus, si ce n'est que l'individu travaille seul, qu'il maîtrise le maniement des armes, peut disposer d'un stock infini de faux papiers. Il flaire le mensonge, la saleté, la pourriture du monde et part alors semer son petit grain de sel dans des rouages apparemment bien huilés par des salauds qu'il déteste. Trois petits tours et puis s'en va.

 

Ici, tout commence par le suicide de deux gamins, 17 et 19 ans, la fille bien née, très bien née même, et le gamin, fils de prolos amoureux d'une princesse de la bourgeoisie locale. Suicide aux petits oignons : impossible de se rater quand on se menotte aux rails et qu'on avale la clef en attendant le Rouen-Dieppe de 22h04. Attablé dans un bistrot du 11ème, Gabriel lit la nouvelle dans le journal. Ça sent le souffre, se dit-il. Alors en bon curieux qu’il est, en bon renifleur d’affaires pas claires, il prend l'express Paris-Dieppe. Curieux, le bonhomme, curieux et pas con. Tu parles d'un suicide ! Un suicide à l'insu de leur plein gré, plutôt...

 

Miam. Je ne connaissais pas le Poulpe, et bien m'en a pris d'apaiser ma curiosité avec ce court roman de Jean-Bernard Pouy qui inaugure la série Le Poulpe, série qui poursuit son chemin depuis 1995, avec des épisodes qui seront signés par plusieurs autres auteurs, connus ou moins connus. Commencer par le premier me semblait la seule chose à faire.

 

L'écriture est nerveuse, l'action coule rapidement, sans circonvolutions ni blablas inutiles. Un polar nerveux, sec, avec aussi beaucoup d'humour noir et distancié, une intrigue rondement menée, toute en saletés bien véreuses soigneusement dissimulées sous un vernis glacé et glaçant de la haute bourgeoisie provinciale. On y croisera des punks gentiment révoltés, faut bien s'affirmer quand on grandit dans un bled pourrave (pardon, les dieppois, hein !), des journaleux locaux bien contents d'avoir enfin un truc intéressant à raconter, des flics tout acquis à la mafia bourgeoise et donc un peu oublieux de se poser les bonnes questions.

 

Et puis il y a Le Poulpe, ses bras longs comme ceux d'un singe, sa carcasse qu'il semble traîner derrière lui comme une charge, son opiniâtreté, sa façon d'enquêter, de fouiner, de soulever la poussière. Ce n'est pas un flic, pas un privé, pas un militaire, pas un malfrat (un ancien ? On ne sait pas, peut-être après tout), il n'a pas l'air commode mais on l'aime tout de suite, le bougre.

 

Que dire de plus ? C'est comme un café serré, ça se boit d'une gorgée et ça revigore.

Garçon ! La même chose !

 

 

 

La petite écuyère a cafté, Jean-Bernard Pouy

Editions Baleine, avril 2009, 159 pages

 

 

Polar noir en parle. 

Phil a moins accroché.

Commentaires

Pas de problème! J'aime beaucoup le café serré, je vais donc le réserver à la bibliothèque. J'espère seulement qu'il s'y trouve déjà!

Écrit par : Mango | 30/10/2009

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Mmmmmmmm, tu me donnes bien envie ! Et puis, commencer une nouvelle série, c'est que du bonheur !

Écrit par : Céline | 30/10/2009

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Aaaaah, je suis un grand fan du Poulpe. Je ne les ai pas encore tous lu, certes, mais un bon paquet. Le fait que ce soit chaque fois un auteur différent rend de temps en temps (très)inégale l'aventure racontée. Mais peu importe, on s'attache, on croise les mêmes endroits, les mêmes personnages, le tout répondant à un cahier des charges des aventures du Poulpe bien huilé. Puis on voyage le plus souvent en province, loin des enquêtes des grandes villes habituellement livrées. Tester, c'est presque l'adopter. Puis si tu veux aller plus loin, tu peux te procurer le dvd du film le Poulpe signé Guillaume Nicloux. C'est pour moi un film culte avec J.P. Daroussin en lymphatique et drôlissime Poulpe. Quoi mon commentaire est trop long ? Tsss tsss.

Écrit par : LVE | 30/10/2009

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J'avais découvert la série du Poulpe avec ce roman et j'avais également beaucoup aimé, tout comme les stagiaires à qui je l'avais donné à lire. Dans cette série, j'avais également apprécié Nazis dans le métro de Didier Daeninckx.

Écrit par : Laurence | 30/10/2009

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C'est une série forcément inégale mais il y a de petits bijoux comme ceux de Pouy, Daeninckx, Raynal, Reboux, Winckler... A signaler, Pouy a sorti cette année un deuxième Poulpe sous son nom !
Et j'avoue : je suis aussi une inconditionnelle de Pouy ;-)

Écrit par : cathe | 30/10/2009

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Bon, je suis quand-même affreusement déçue que tu n'aies pas commencé par celui écrit par Marcus Malte. ;-)

Écrit par : bladelor | 30/10/2009

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@ mango : on doit le trouver facilement :)
@ céline : exactement, d'autant que c'est purement une lecture plaisir, rapide, entre deux... parfaite donc.
@ LVE : j'aime bien quand tu es loquace !! On m'a dit du bien du film et j'aime bien Daroussin, dont acte :)
@ Laurence : noté donc !
@ cathe : en fait j'ai découvert Pouy juste avant avec 1275 âmes (ou 1280 ?).. et j'ai trouvé ça bizarre, je n'ai pas adhéré... mais je n'avais lu lu le roman de Thompson. Que j'ai acheté depuis. Mais celui-ci, oui, je l'ai aimé ;)
@ bladelor : ah bah oui mais je ne savais pas que Marcus Malte avait participé, tu me l'apprends. Comment résister, là ?! (tu as le titre en tête ?)

Écrit par : amanda | 30/10/2009

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J'adooooooooooooore Pouy !!

Écrit par : Léa | 31/10/2009

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Je n'ai pas encore lu ton article mais je réagit à ton post-it : je suis partante pour un swap New York!!! Je suis fascinée par cette ville et l'imaginaire qu'elle véhicule.

Écrit par : Titine | 31/10/2009

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Bonsoir Amanda, il n'y a pas à dire, il faut que je lise ce roman. J'avais vu une adaptation ciné "Le poulpe" avec Darroussin: pas mal (en 1998): pas si mal mais c'est passé inaperçu. Bonne soirée.

Écrit par : dasola | 31/10/2009

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J'en ai lu un paquet adolescente! Je les piquais à mon père!En fait, j'adorais les jeux de mots dans les titres et je trouvais les intrigues bien ficelées! Par contre, défaut de ce type de série, c'est très très inégal!
J'en relirais bien un ou deux!

Écrit par : chiffonnette | 01/11/2009

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En tout cas, ce Poulpe-là est excellent et le concept de faire vivre des aventures à un même héros sous des plumes différentes est original.

Écrit par : rose | 01/11/2009

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@ bladelor : thanxs:)
@ léa : je vois ça :) je vais en lire d'autres, sans aucun doute.
@ titine : rv début 2010 donc;)
@ dasola : et moi je n'ai plus qu'à voir ce film;)
@ chiffonnette : j'aime bien ces jeux de mots aussi ( même si je ne les comprends pas tous du premier coup.... ici je n'ai pas percuté tout de suite;)))
@ rose : exactement;)

Écrit par : amanda | 02/11/2009

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Je trouve parfois un peu facile la ficelle récurrente de ces romans: les fachos sont toujours les méchants, sans aucune nuance... mais cela ne m'empêche pas d'en lire un de temps à autre, avec des bonheurs divers.

A noter que la série a été interrompue quelque temps, avant de reprendre assez récemment, avec des critères de qualité revus à la hausse.

@Dasola: l'adaptation ciné du Poulpe n'a même pas été diffusée en Suisse; je me souviens qu'elle a été projetée dans un ciné-club de la ville où j'habitais alors, tenu par des responsables suffisamment curieux pour retrouver cette bobine.

Écrit par : Daniel Fattore | 02/11/2009

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