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06/11/2009

LA LUMIERE ET L’OUBLI – SERGE MESTRE

C’est à travers les vies de Esther et Julia que nous plongeons dans une page sombre de l’histoire de l’Espagne, période  dont les mestre.jpgravages ont marqué aussi bien physiquement que psychiquement les personnages principaux de « La lumière et l’oubli ». En août 1953, Esther et Julia parviennent à s’échapper d’un convoi ferroviaire et aux religieuses qui les escortent pour un autre couvent. Quelques années plus tard, Julia est journaliste à Paris, et va replonger dans son passé, découvrant au fil des jours et des souvenirs qui resurgissent des pans entiers de son histoire.

 

Alternant les récits et les époques, Serge Mestre propose une fresque historique foisonnante : exactions, sévices, résistants, tortures et mise en place d’une Nouvelle Inquisition par le Clergé Franquiste. C’est souvent édifiant (« Sans prêter attention à son disciple occasionnel qu’il considère devoir se tenir à la disposition de l’Eglise, un point c’est tout, le curé reprend : Je parlais d’une Inquisition différente ; je disais différente ; je pensais aussi im-pi-toy-able, in-flexible ; à la fois savante, prudente ; une Inquisition capable de faire obstacle à l’empoisonnement littéraire des masses, à la diffusion des idées antipatriotiques, à la ruine définitive de l’esprit de notre Hispanité. »), c’est parfois difficile et certaines scènes sont difficiles.


 

Néanmoins, les sauts dans le temps, les personnages qui surgissent, les événements qui se dévoilent petit à petit pour reformer au final le puzzle fragmenté de l’histoire de Julia m’ont souvent désorientée. A tel point que j’ai reposé le roman à mi-lecture, pour le reprendre plus tard en tentant à nouveau d’y trouver du souffle. Ce souffle peut-être un peu romanesque qui me manquait : est-ce dû à la narration hachée dans le temps, alternant le passé pour les passages des années 90 et le présent pour les années 36 ou 53, est-ce dû au manque de force que je regrettais dans les personnages (dont les souffrances sont trop sourdes, trop intérieures à mon sens, des personnages au final peu attachants, qui, malgré leurs douleurs m’ont semblé presque lisses en surface ?). Difficile à dire, mais, en le finissant cette fois-ci, je continue à regretter qu’il m’ait manqué quelque chose, un je ne sais quoi qui m’emporte au-delà de l’intérêt historique du roman. Et ce jusqu’aux révélations finales qui relient les personnages et m’ont laissée de glace. Dommage.

 

 

La lumière et l’oubli, Serge Mestre

Denoël, Septembre 2009, 374 pages

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L’avis du Livraire

 

Lu dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens

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15:36 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Tiens, c'est "amusant", j'ai été pour ma part très sensible à la poésie de l'écriture et à la force évocatrice de ce roman. Loin de me gêner, la narration alternée m'a séduite par les changements de rythme qu'elle propose. Je lui ferai tout de même un reproche : je pense que le personnage de Manuel n'est pas assez étoffé et les mémoires de son père tombent un peu comme un cheveu sur la soupe.
Pour le reste, j'en garderai un très bon souvenir, mêlé de poésie et de violence.

Écrit par : Laurence | 06/11/2009

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Hum, intéressant de comparer ton billet avec le commentaire de Laurence. Je regarderai ce livre chez le libraire, histoire de savoir si la première page me plaît ! :)

Écrit par : Leiloona | 06/11/2009

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Encore les horreurs de la guerre ? A croire que c'était le thème imposé pour faire partie de la pré-sélection... :))

Écrit par : fashion | 06/11/2009

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@ laurence : je n'ai pas vu de billet de ta part (ou alors je l'ai raté). Le premier chapître m'a plu (la fuite de Esther et Julia) puis c'est la période "Julia" adulte qui m'a moins plus, j'avais du mal à recouper les histoires, à "lier" le tout en une seule et belle histoire... quant à la fin, oui, la découverte du lien entre Julia / Gloria + Emmanuel m'a paru inutile. En revanche j'ai appris bcp de choses sur cette période.
@ Leiloona : comme quoi les avis et perceptions peuvent être très différents selon les personnes. Ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé qu'il n'est pas bon :)
@ fashion : pour beaucoup des romans de la sélection, oui... et mes préférences ne vont pas à ceux là (même s'ils ne sont pas gais non plus :)) vivement lundi !

Écrit par : amanda | 06/11/2009

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Pour l'instant, je vais passer mon tour pour ce livre ! Sauf si je le rencontre dans une bibliothèqu... :-)

Écrit par : Marie | 06/11/2009

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Je rejoins Fashion dans son commentaire autour du thème de la guerre au 20ème Siècle ! A croire que la rentrée littéraire 2009 a été touchée par un drôle de syndrome ... Généralement, cela ne me gêne pas trop. Mais, là, c'est un peu l'overdose, quand même !
P.S. : bonne grasse mat' demain ...

Écrit par : Nanne | 07/11/2009

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Je t'ai taguée !

Écrit par : Lou | 08/11/2009

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@ marie : tu en liras surement d'autres qui te raviront:)
@ nanne : ma grasse mat fut encore trop courte, et la nuit qui a suivi aussi, donc rien n'est arrangé;)
@ lou : j'ai vu :)

Écrit par : amanda | 08/11/2009

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Un peu trop de guerre pour moi ces derniers temps! Mais pourquoi pas à l'occasion!

Écrit par : chiffonnette | 13/11/2009

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