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23/11/2009

VILLE NOIRE VILLE BLANCHE – RICHARD PRICE

Nous sommes à Amstrong, Dempsy, une banlieue de New York où vit une grande communauté noire. Brenda Martin erre dans la cité et se price.jpgrend à l’hôpital. Brenda vient de Gannon, la cité « blanche » d’à coté. On a volé sa voiture dans laquelle dormait son fils Cody, quatre ans. C’est l’inspecteur  Lorenzo Council, un flic noir habitué à la cité, connu et apprécié de la communauté qui va enquêter. D’un autre coté, une jeune journaliste blanche, Jesse, tente de couvrir l’affaire, décidée à faire ici ses preuves et récolter le scoop qui lancera sa carrière, tandis la tension monte entre les deux communautés.

 

Richard Price est un peintre du concret, un peintre qui balaie de coups de pinceaux précis, nets et tranchants les stigmatisations raciales, les haines communautaires et les violences sourdes de la grande banlieue New Yorkaise. Au-delà de l’affaire elle-même, de la disparition du petit garçon, de la personnalité trouble de cette mère assommée qui semble vivre la disparition de son fils de façon trop détachée, engourdie par la souffrance ou l’indifférence, c’est toute la violence latente qui rampe entre les deux communautés qu’il met en exergue. D’un coté, la communauté blanche à l’abri dans sa cité, de l’autre, un ghetto noir. Au milieu, un parc, ligne de séparation entre les deux clans, une limite infranchissable qui sera bafouée et piétinée. Au loin, Manhattan et la richesse qui semblent narguer la cité.

 

Deux populations qui ne se mélangent pas mais qui semblent attendre le détonateur qui déclenchera l’affrontement. La disparition de Cody, l’acharnement de la presse à accuser la communauté noire (Brenda dit que son agresseur était un noir), l’empressement de la police blanche de Gannon à envahir Armstrong et harceler la population, tout se met peu à  peu en place pour que l’implosion survienne, dans une atmosphère étouffante de canicule. Lorenzo le flic aguerri sent que l’inévitable se produira mais ne peut que tout faire pour le retarder. Jesse, la journaliste, observe, infiltre et devient la confidente de Brenda, femme complexe, perdue, victime autant que coupable d’une société sans pitié. D’un coté l’expérience du sage, de l’autre l’impulsivité de la jeunesse, tous deux entourés de personnages complexes (jeunes désoeuvrés, laissés pour compte des cités, pasteurs haranguant la foule, associations d'aide aux démunis, associations de mères), forment un portrait étouffant des communautés, des ghettos de banlieue, de cette société qui étouffe et ne laisse que la haine pour monnaie d’échange, haine qui ne demande qu’à exploser, surgir et libérer enfin les rancoeurs et les frustrations.

 

On n’est pas dans un thriller où l’essentiel est de retrouver l’enfant, que l’on retrouvera d’ailleurs aux trois quarts du roman mais dont la « résolution » ne servira qu’à enclencher la suite des événements, on est dans une spirale à la fois glauque et hypnotisante, absorbés dans ce tableau âcre et amer où le noir et le blanc forment un mélange trouble et envoûtant, le tableau d'une société en péril qui ne peut s'exprimer autrement que par la violence.

 

Envoûtant, c’est le mot. Edifiant, aussi. Passionnant, en tous cas.

 

 

 

Ville noire, ville blanche, Richard Price

10/18, septembre 2009, 620 pages

 

 

L‘avis de Papillon : « C’est le genre de gros roman qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne et nous laisse hébété face à ce monde bicolore et à ce constat forcément décevant : tout le monde a plus ou moins tort dans cette histoire, autant ceux qui pensent que les Noirs sont tous coupables que ceux qui sont convaincus qu’ils sont tous victimes ».

 

Celui de Polar Noir : « Ville Noire Ville Blanche est un de ces romans dont on sait dès les premières lignes qu'il vous en restera quelque chose ».

Commentaires

Les grands thèmes chers à Richard Price semblent être développés dans ce titre, que je n'ai pas encore lu mais que je suis impatiente de découvrir. Je suis tombée par hasard cette semaine sur "Les seigneurs", le premier roman de RP. La 4ème de couverture est très alléchante !

Écrit par : virginie | 23/11/2009

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Je ne connaissais pas du tout cet auteur, je le note ;)

Écrit par : Stephie | 23/11/2009

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Inscrit sur ma LAL depuis le billet de Papillon, je n'ai plus d'autre choix désormais de me le procurer au plus vite !

Écrit par : In Cold Blog | 23/11/2009

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Voilà encore un roman noir sur New York qui a l'air bien intéressant.

Écrit par : Titine | 23/11/2009

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ça fait un moment que je tourne autour des romans de Richard Price sans franchir le pas... Ton avis me confirme qu'il faut que je le lise, pas toutes affaires cessantes, quand même, mais bientôt !

Écrit par : kathel | 23/11/2009

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Depuis que je l'ai lu, j'ai vraiment envie de lire tous ses livres... Un grand auteur, pas assez connu, à mon sens...

Écrit par : Papillon | 23/11/2009

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@ virginie : c'est la première fois que je lis cet auteur, j'ai le dernier ds ma pal, mais tjrs pas entamé :)
@ stephie : je le trouve très bon, à noter donc:)
@ ICB : je l'envoie à solène, mais il peut ensuite partir chez toi si tu veux;)
@ titine : un autre coté de NY ;)
@ kathel : n'hésite pas à le découvrir :)
@ papillon : il me semble que "le samaritain" (de mémoire) est qualifié de "grand" roman, je pense me le procurer (et merci, puisque c'est grâce à ton billet que je l'ai découvert:)

Écrit par : amanda | 23/11/2009

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Je viens de lire Souvenez-vous de moi de ce même auteur et j'ai beaucoup aimé alors ce titre fait d'ores et déjà partie de ma LAL !

Écrit par : Restling | 25/11/2009

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Comme l'auteur, tu sais nous attirer dans tes filets ! Je le note bien évidemment !

Écrit par : Theoma | 26/11/2009

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C'est vraiment un grand écrivain américain qui sous couvert de roman noir peint très bien une certaine réalité nord américaine. Il a l'avantage ( ou l'inconvénient) c'est selon d'être moins ambitieux sur le style mais cela donne une accessibilité de lecture bien meilleure...De romans qui pourraient être basique, il amène une subtilité de réflexion

Écrit par : bartllebooth | 26/11/2009

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@ restling : ai lu ton billet sur SOuvenez vous... tu devrai saimer celui-ci je pense:)
@ theoma : j'espère qu'il te plaira !
@ bartllebooth : tout à fait d'accord :)

Écrit par : amanda | 27/11/2009

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Ca ne t'étonnera pas mais j'ai justement acheté "Le samaritain" il y a deux semaines :-D

Écrit par : Manu | 27/11/2009

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@ manu : je l'ai emprunté cette semaine, pas encore commencé... ça m'interesse d'avoir ton avis (une lecture commune ?!)

Écrit par : amanda | 27/11/2009

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Je l'ai chez moi et je ne l'ai toujours pas lu! Je me le garde pour les vacances de Noel. Merci pour ton billet qui donne envie de se plonger dans cette atmosphère!

Écrit par : bab's | 01/12/2009

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Je l'ai chez moi et je ne l'ai toujours pas lu! Je me le garde pour les vacances de Noel. Merci pour ton billet qui donne envie de se plonger dans cette atmosphère!

Écrit par : bab's | 01/12/2009

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@ bab's : bonne lecture de Noël alors :)

Écrit par : amanda | 03/12/2009

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J'avoue que j'ai un peu de mal à exprimer ce que j'ai ressenti une fois ce roman refermé. Je l'ai terminé en début de semaine et il m'a fallu un peu de recul avant de reprendre un autre livre, aujourd'hui seulement. C'es indéniablement un beau texte qui m'a envoûtée. J'ai pourtant eu un peu de mal au début et puis une fois l'épisode de l'hôpital passé, ça y était, j'étais prise au piège. Je garde aussi une certaine réserve concernant la fin que j'ai trouvée un peu rapide, un peu lasse comme les personnages. Un très bon livre en tous cas pour finir 2009. Merci Amanda.

Écrit par : Solène | 01/01/2010

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@ solène : je t'en prie !! (ce n'est pas une lecture aisée, j'ai été déroutée aussi, parfois, mais au final une vraiment belle impression, pour un livre que je relirai sans aucun doute)

Écrit par : amanda | 03/01/2010

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fini et chroniqué pour ma part, merci d'avoir lancé l'hameçon qui m'a permis de lire un Price que j'avais raté

Écrit par : bartllebooth | 05/01/2010

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@ bartlleboth : je vs en prie !

Écrit par : amanda | 06/01/2010

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