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31/12/2009

PRIX DU MEILLEUR POLAR DES LECTEURS DE POINTS

Une petite info en passant, concernant un nouveau Prix Littéraire…

 

polar.JPG

 

lancé par les éditions Points, qui récompensera le meilleur roman Noir, Thriller ou Policier des collections Points.

 

A compter du 3 janvier 2010, une sélection de neuf titres sera progressivement annoncée, sur le site Meilleurpolar.com ou dans toutes les bonnes librairies. La sélection s’étalera sur plusieurs mois et les neuf titres sélectionnés seront progressivement dévoilés.

 

Pour faire partie des trente membres du jury, présidé par Arnaldur Indridason, il suffit de poser sa candidature sur le site www.meilleurpolar.com avant le 31 mars 2010. La sélection sera finalisée et annoncée début avril. Le prix sera attribué en novembre 2010.

 

Voilà, c’est tout… amateurs de romans noirs, de thrillers, de policiers… à vos claviers ;)

 

Et, au fait.... bonne année bonne santé et tutti quanti :)

06:54 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : prix littéraire, éditions points, polar, roman noir, thriller.. | |  Facebook

29/12/2009

A BOUT DE COURSE – RICHARD STARK

Où nous découvrons (ou retrouvons, si on est un adepte de Stark alias Westlake) Parker le braqueur. Parker veut braquer une stark.jpgbanque, découvre que l'un des gars sur le coup est un flic, le réduit au silence, se demande comment il va faire, trouve quelques complices et le voilà qui prépare le braquage d'un convoi de fonds. A priori facile, l'affaire est dans le sac et vogue le Parker. Sauf que l'une des personnes sensées leur indiquer le bon fourgon est la femme du directeur de la banque, maîtresse d'un ancien employé lui même ancien taulard, qu'un chasseur de prime va s'en mêler, que le directeur de la banque n'est pas tout à fait idiot, qu'une jeune fliquette vient enquêter et tout ne se déroule pas aussi bien que Parker l'avait escompté. Damned, tout va mal et Parker tente de tenir la route, en bon cartésien qu'il est.

 

Il est pas mal, ce Richard Stark. Pas mal parce qu'on retrouve ce qu'on aime chez Westlake : une équipe un peu branlante, des situations cocasses et des retournements imprévus qui finissent pas partir en vrille. Pas mal parce que le style est concis, pas de circonvolutions inutiles, ça avance et Parker se retrouve évidemment dans le pétrin.

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21/12/2009

Billet à la va-vite avant les vacances

Bon, j'ai mes valises à faire, je pars direction le Sud où il fait meilleur (enfin, j'espère), direction je-me-fais-dorloter et je bulle un peu avant de ripailler.

Donc on va vite lister mes principaux coups de coeur de 2009.

Question romans parus en 2009 :

Que retenir ? Le mieux est de répondre sans trop réfléchir : réfléchir, dans ces cas là, est source de malentendus, changements d'avis, retours sur la sélection, annulations, rajouts... donc je prends ma liste de livres lus et je réponds spontanément, me fiant aux impressions qui me reviennent là, comme ça  :

Des vents contraires, Olivier Adam

Le remède et de poison, Dirk Wittenborn

Ce que je sais de Vera Candida, Véronique Ovaldé

Fille noire fille blanche, Joyce Carol Oates

Romans parus avant 2009 :

La fenêtre panoramique, Richard Yates

De sang froid, Truman Capote

C'est dur, de laisser de coté Pat Conroy et Le prince des marées, Richard Price et Ville noire ville blanche, d'oublier Les visages de Kellerman (d'ailleurs, dans une librairie ce matin, une cliente cherchait un polar à offrir à son beau-frère. Le vendeur ne savait que lui conseiller, il était seul et ne lit pas de polar. Je me suis mêlée à la conversation et ai proposé plusieurs livres à la cliente. Pour finir, elle est partie avec le Kellerman. Voilà, c'était mon quart d'heure ma vie mon oeuvre et ma façon de me mêler de tout. Pourvu que le beau-frère aime...:) (et le libraire ne m'a même pas remerciée, au fait).

 

Et coté vie du blog, encore de bons souvenirs cette année :

Books & the city, le retour, évidemment ! On pourra peut-être rebaptiser le jeu "Books & the ombrellas", qui sait ?

Ma participation (passive) au Goncourt des Lycéens et une belle journée en compagnie de Caro[line] avec les lycéens d'Ile de France.

La fin du Prix Elle 2009 et la soirée de remise des prix, l'occasion pour mes amies et moi de se rencontrer et d'échanger, de rire et de beaucoup s'amuser.

 

Et plein d'autres bon moment, avec les unes et les autres, autour d'un verre, d'un repas et de livres...

 

Sur ce, bonnes fêtes, je pars quelques jours au pays des santons, des olives et du pastis :)

15:19 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (41) | |  Facebook

18/12/2009

EXIT LE FANTÔME – PHILIP ROTH

Nathan Zuckerman vit reclus dans le Massachussetts depuis onze ans. Ecrivain à succès, il s’est réfugié loin de New York et vit roth.jpgprotégé du monde et de ses aléas, loin de tout, il vit libéré du monde, vit dans les livres, dans l’écriture et pour l’écriture. Des problèmes de prostate vont le conduire à New York où il va rencontrer un couple d’écrivains, une vieille dame mourante et un journaliste amateur de scoops et de biographies à scandale…

 

Comment parler de ce roman quand c’est celui qui nous a ouvert l’univers de cet auteur et que l’on est « vierge » de tous les autres ? Quand ce dernier opus semble être une suite logique dans la construction d’une œuvre à part entière ? Mais être "vierge" d’un auteur permet, peut-être, aussi, de le lire et le ressentir sans arrière pensée, en toute innocence. Allons y donc gaiement…

 

La première chose qui saute aux yeux, c’est la fluidité de lecture, le style impeccable, à la fois mordant et limpide, qui accompagne une histoire a priori simple (un écrivain impuissant va tomber amoureux d’une jeune femme, sera abordé par un journaliste désireux de révéler des secrets sur son ancien mentor, l’écrivain s’interroge sur son désir mort, sur la nécessité de révéler ces secrets). Mais derrière ces situations vont surgir des réflexions sur l’écriture, sur l’évolution du monde, sur la « santé » des Etats-Unis (le roman se passe au moment de la réélection de George W. Bush) et sur... la vie, tout court.

 

Nathan Zuckerman revient au monde (à New York), redécouvre une ville qui grouille, une ville où l’on ne se parle plus qu’à travers des téléphone portables, où la communication est devenue virtuelle, volage, futile. Redécouvre un pays envahi par la bêtise et gouverné par un imbécile adulé des réactionnaires. Lui qui s’excluait de la petitesse du monde revient à celui-ci par nécessité physique… mais cette nécessité est-elle vraiment ... nécessaire ? Que recherche-t-il ? Un simple confort « prostatique » ? La rencontre avec Jamie, de trente ans sa cadette, va réveiller des désirs endormis et faire renaître des velléités sexuelles que la maladie avait éloignées… L’homme revient parmi les vivants mais que rapporte de vivre à nouveau dans un monde devenu encore plus vain ? Ne vaut-il pas mieux rêver et se plonger dans la fiction, protégé des autres et de soi-même ? Sans cesse, Nathan oscille entre fiction et vie réelle, il rencontre Jamie, Amy, Billy et réécrit des dialogues imaginaires qui comblent ses fantasmes et ses envies. Réécrit le réel pour plonger dans une fiction où la vacuité du monde serait comblée. Et faut-il vraiment révéler les secrets cachés d'un écrivain ? Son oeuvre ne prime-t-elle pas sur l'homme ? 

 

Etait-il nécessaire que le fantôme sorte de l’ombre et retourne dans le monde ? Non, nous dit Philip Roth, mais pour la beauté du livre, oui…

 

Exit le fantôme, Philip Roth

Gallimard 327 pages, Octobre 2009

 

 

Bartllebooth a aimé aussi, tout comme Dominique et Cathe. Aussi lu par Lapinoursette et LVE.

 

Et en prime, un extrait (parmi de nombreux autres) que je livre à votre réflexion (à propos des critiques littéraires) :

 

« Si j’avais le pouvoir s’un Staline, je ne le gaspillerais pas à réduire au silence les romanciers. Je réduirais au silence ceux qui écrivent sur les romanciers. J’interdirais toute discussion publique sur la littérature dans les journaux, les magazines et les revues spécialisées. J’interdirais l’enseignement de la littérature dans tous les établissements scolaires, du primaire au supérieur en passant par le secondaire. Je prohiberais les groupes de lecture et les chats de discussion sur les livres sur Internet, et je mettrais sous surveillance les librairies pour vérifier qu’aucun vendeur ne parle de livres avec un client, et que les clients n’osent pas se parler entre eux. Je laisserais les lecteurs seuls avec les livres, pour qu’ils puissent en faire ce qu’ils veulent en toute liberté. »

 

 

06:00 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : écriture, fiction, new york | |  Facebook

15/12/2009

THIS IS NOT A LOVE SONG – JEAN-PHILIPPE BLONDEL

Partir pour ne pas revenir, c'est ce qu'a fait Vincent en quittant sa province française pour vivre avec Suzan, en Angleterre.blondel.jpg

 

Partir pour ne pas mourir, aussi, parce que Vincent « tournait mal » selon ses parents, entre petits boulots, galères, chômage... Vincent qui à 27 ans n'avait rien fait de sa vie, rien bâti, rien construit, commencé pas mal de choses mais jamais rien fini. Vincent qui errait dans sa vie avec son ami Etienne, lui aussi en galère, en vadrouille...

 

Vincent est parti, il a suivi Suzan et commencé enfin quelque chose là-bas. Commencé et réussi : mariage, enfants, carrière...

 

Partir pour réussir, donc...

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06:10 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : culpabilité, lâcheté, faiblesse, province, réussite, sdf | |  Facebook

11/12/2009

L’ARABE – ANTOINE AUDOUARD

Antoine Audouard dresse la chronique de la haine ordinaire, celle qui naît dans les préjugés, grossit lentement et en silence dans audouard.jpgl’esprit d’hommes ordinaires, effleure parfois à coup de petites piques et de réflexions amères jusqu’à enfler inexorablement et finir par exploser un triste jour. Un événement, un accident, une goutte d’eau qui va faire se renverser le vase de la colère et de la bêtise.

 

L’accident, c’est le viol et l’assassinat de Noémie, dans ce petit village du Sud où les habitants ont vu s’installer l’Arabe. Il est pourtant discret, cet Arabe. Logé dans une cave (c’est provisoire, hein, juste provisoire, faudra qu’il s’en aille !), employé dans une carrière, l’Arabe ne fait rien de mal sur cette Petite place des Hommes, beau nom pour une belle place, pourrait-on dire… Mais sur la Petite place des Hommes vit aussi Mamine, la grosse obèse qui ne peut plus bouger sa graisse autrement qu’en voiturette électrique. Mamine la mère de Noémie qui voit d’un sale œil cet Arabe envahir son paysage. Même s’il ne fait apparemment rien de mal, s’il se tient à carreau, elle le surveille, dès fois que… parce qu’on ne sait jamais, hein, avec ces gens là… Et dès lors que Noémie est tuée, dès lors que son meurtrier avoue, Mamine ne tient plus en place, même si c’est Robert l’ivrogne, l’ex-mari de Noémie, qui a fait le coup. Alors elle va voir les flics et dénonce. Robert a avoué mais l’Autre est forcément dans le coup. Forcément.

 

Chronique de la haine ordinaire, donc, esquissée sans fioriture aucune, avec des mots abrupts, des phrases sèches, des situations hachées, mais qui dessine sans concession la bêtise humaine, les haines viscérales nées de préjugés et nourries à l’ignorance, soigneusement entretenues et irriguées au fil des ans, chronique d’hommes et de femmes éructant de bêtise, engoncés dans une méchanceté crasse distribuée à tous et toutes («  Pour rire, Mamine dit aux garçons qu’ils allaient le suivre, ça lui ferait une promenade, elle en avait besoin. Ce qu’on appelait la route des Pierres était l’ancienne route des carrières. Elle menait aussi au camping municipal et à l’institut des débiles, qui avait une grande piscine ouverte, la seule du village, ce qui en disait long sur un village où on dépensait plus de sous pour des débiles irrécupérables, venus des quatre coins du pays, et peut-être même de l’étranger, que pour des gens nés au village dont les parents et les grands parents étaient enterrés au cimetière, et le maire avait beau dire que ce n’était pas de sa faute, le petit pédé, il n’avait qu’à pas être maire si es choses n’étaient pas de sa faute ».), l’Arabe esquisse un portrait noir et âcre d’une part d’humanité peu reluisante, solidement ancrée dans les mentalités, rampante et qui ne demande qu’à exploser au grand jour.

 

 

L’Arabe, Antoine Audouard

Editions de l’Olivier, 260 pages, septembre 2009

 

 

Les avis de :

 

In cold blog : “Sans ostentation, avec une certaine pudeur, Antoine Audouard livre un puissant réquisitoire contre la bêtise. Son récit, implacable, d’un réalisme cru, laisse peu de place à l’espoir et agit sur le lecteur comme un uppercut, le laissant le souffle coupé, nauséeux ».

 

Cuné : je n'ai jamais rien lu d'autre de cet auteur, mais "L'Arabe" est un Grand Roman. »

 

Valérie : « C'est un roman très pessimiste sur la peur de l'autre, mais aussi sur l'ennui qui pousse les jeunes à commettre des actes monstrueux.  Pas de place pour  l'amour ici, peu de place pour l'espoir même s'il se termine sur la venue au monde d'un enfant mais qui peut encore croire après avoir lu ce livre qu'enfance siginifie innocence? » 

A propos des livres :  « J'ai été révoltée par la bêtise et la méchanceté de ceux du village mais j'ai également été touchée par l'humanité de Juste, Bernard, Estevan et l'Indienne et par la gentillesse presque naïve de l'Arabe. »

 

La chronique d’ Hubert Artus sur Rue89 avec une video de l’auteur.

06:06 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : racisme, préjugés, ignorance crasse | |  Facebook

04/12/2009

LA SANCTION – TREVANIAN

trevanian.jpgQuand les grands espaces se marient à une intrigue ficelée serrée bien comme il faut, quand les pages nature grignotent sans lasser un écheveau corsé mêlant espionnage, tueur à gage et suspens, quand on se plonge dans un livre sans voir les heures passer, même s’il est deux heures du matin, que l’on rentre d’une soirée et que l’on y retourne quand même, parce que c’est ainsi, il le faut, on est en présence d’un bon, très bon roman.

 

J’ai découvert Jonathan Hemlock, alpiniste / amateur d’art / tueur à gages avec « L’expert », tout en regrettant de ne pas avoir lu d’abord le premier volume de ses aventures. C’est chose faite et autant dire tout de suite que l’expérience fut à la hauteur de mes attentes.

 

Jonathan, ancien alpiniste, sportif émérite et grand amateur d’art, travaille donc occasionnellement pour la section contre assassinat du CII, organisation qui ressemble plus ou moins à la CIA. Non que l’homme soit un tueur dans l’âme, mais il faut bien qu’il financer les toiles pour assouvir sa passion. Sa prochaine mission : assassiner un homme au cours de l’escalade du Mont Eiger, le mont infranchissable des Alpes Suisses. Le seul souci, c’est que le CII est incapable de désigner qui des trois hommes qui accompagneront Jonathan est l’agent à éliminer. A lui donc de découvrir lequel des trois est lui aussi un tueur à gages. Lequel des trois est l’homme à sanctionner.

 

Grands espaces, donc, avec de très belles pages sur les montagnes alpines qui ne sont jamais lourdes ni trop emphatiques, un personnage principal particulièrement piquant (l’homme est rempli de paradoxes, sans aucune morale, sans conscience, tout en ayant des principes bien arrêtés sur l’amitié, la fidélité et la vengeance, cultivé, raffiné et sportif, séducteur impénitent au cœur de glace), un style précis qui ne néglige jamais un humour à la fois détaché et corrosif (« La vague sensation de tension et d’impatience qu’éprouvait Jonathan se trouva exacerbée par le sentiment de dépression que lui inspirait toujours la Suisse. Il considérait la localisation géographique des Alpes dans ce pays sans âme comme un des caprices malveillants de la nature. En déambulant sans but autour de l’hôtel,  il tomba sur un groupe d’oiseaux de l’Eiger de bas étage, occupés à jouer au jeu de la fondue, du kirsch et du baiser en ricanant bêtement. Il regagna sa chambre, écoeuré. Personne n’aime vraiment la Suisse, sauf ceux qui préfèrent l’hygiène à la vie, songea-t-il. D’ailleurs quiconque voudrait vivre en Suisse voudrait vivre en Scandinavie »), c’est avec brio que Trevanian marie ces ingrédients dans une intrigue bien corsée.

 

L’humour rivalise avec la nature, les personnages sont bien croqués (que ce soient les agents du CII, souvent écorchés par des petites piques bien senties sur leur amateurisme, ou les curieux qui affluent au bas de l’Eiger pour assouvir leur voyeurisme et leur goût du sensationnel (tomberont ? tomberont pas ? réussiront ? mourront ?)), l’intrigue elle-même n’est pas le centre du roman et pourtant les pages finales ont été pour moi une surprise de taille.

 

Une réussite donc, qui me donne plus envie encore de découvrir Shibumi, un autre roman de l’auteur.

 

 

 

 

La sanction, Trevanian

Gallmeister, 342 pages

 

 

Les avis de Moisson Noire, Choco, et Jean-Marc Laherrère.