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05/02/2010

L’ABSENCE D’OISEAUX D’EAU – EMMANUELLE PAGANO

Ça commence comme un jeu, un défi, ou un exercice littéraire tenté à deux. Deux écrivains décident d’écrire une histoire pagano.jpgd’amour à deux mains. Un roman épistolaire imaginé chacun de son coté, la femme écrivant les lettres de l’amante, l’homme celles de l’amant. Mais l’homme, l’écrivain, s’est retiré du jeu. Il est sorti sur la pointe des pieds et a laissé seule sa partenaire, devenue entre temps son amante.

 

Exercice purement littéraire ou auto-fiction, quelle que soit la vérité, restent ici les lettres envoyées par la Femme. Celle qui s’est prise au jeu, a aimé avec force et intensité et a jeté sur papier, avec douleur, violence et fébrilité ses émotions et ses sentiments. Une mise à nu souvent déchirante, une impudeur folle qui étonne, les lettres de cette femme sont autant de cris et de larmes versées.

 

L’échange commence par des lettres d’amour imaginées, un amour virtuel que deux écrivains inventent et s’amusent à voir éclore entre leurs deux personnages (« Je suis ta meilleure lectrice et tu le sais. Ces lettres sont un brouillon de nous. Là, nous sommes en plein dedans. Dans l’écriture, dans les nœuds. Si tous tes baisers sont faux, tes caresses, tes mains me serrant fort, ça me brisera peut-être, mais ce n’est pas grave, je te l’ai dit. »), et peu à peu le roman envahit et supplante le réel, les deux écrivains entament une liaison douloureuse, passionnelle, charnelle. Le ton devient plus sourd, la violence des sentiments contenue dans les lettres est sous jacente, mise en exergue par une écriture sensuelle, impudique mais jamais vulgaire. Mais l’homme partira et laissera une femme brisée, délaissée, seule avec ses mots, sa plume et quelques pages.

 

 

Reste l’exercice littéraire, ces lettres qui semblent rester sans réponse, comme des cris lancés dans le néant. Des réponses, il y en a eu, pourtant, mais leur absence ici résonne terriblement et donne encore plus de force et d'écho aux mots d’Emmanuelle Pagano. Des mots magnifiques, que j’ai souvent lus à haute voix pour mieux m’en imprégner.

 

 

 

L’absence d’oiseaux d’eau, Emmanuelle Pagano

Editions POL, 291 pages, janvier 2010

 

 

Merci à Abeline pour ce roman, lu dans le cadre des Chroniques de la Rentrée Littéraire. Les premières pages du roman sont en ligne ici.

 

 

L’avis de Antigone

 

Commentaires

Je finirai bien par aller plus loin que les quelques pages "entrelues" à la médiathèque mais il me faudra beaucoup de temps car cette violence des sentiments me dérange profondément. c'est grave , Docteur ? :)

Écrit par : cathulu | 05/02/2010

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Non, ça ne me tente pas vraiment ;)

Écrit par : Stephie | 05/02/2010

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L 'exercice littéraire parait bien tentant mais je suis un peu comme Cathulu réfractaire à l'amour violent

Écrit par : Dominique | 05/02/2010

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Tout à fait mon style de livre... Il faut que je le lise très vite... une de mes dernières acquisitions...

Écrit par : L'or des chambres | 05/02/2010

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Je passe mon tour, j'ai trop échangé de lettres avec mon homme quand il était parti pour son travail pour avoir envie de lire ce genre de livres ... au pire, je n'ai qu'à relire nos lettres (sûrement de moins bonnes qualités que le livre mais qui nous rappelleront des souvenirs ! mdr !)

Écrit par : Joelle | 05/02/2010

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Tu as l'air emballée, cependant, en ce qui me concerne, c'est le genre de bouquin qui me fait fuir...

Écrit par : La Plume et la Page | 05/02/2010

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j'aime le style de cette auteure. "les mains gamines"(aussi par son thème) m'a marquée. C'est sûr, je lirai celui-là.

Écrit par : Flo | 06/02/2010

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Ce que je suis contente de voir que ta lecture rejoint la mienne ! Quel talent a cette auteure ! Et ton billet est très beau.

Écrit par : antigone | 07/02/2010

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€@ cathulu, stephie, dominique, la plume et la page : j'ai lu ce roman un peu à l'aveugle, sans avoir rien lu sur lui, ni entendu quoi que ce soit. Peut-être aurais-je "fui" si j'avais su... mais une chose est sûre, je suis bien contente de l'avoir découvert... Ensuite, tout est question de moment, d'envie, etc etc
@ l'or de chambres, flo : j'espère qu'il vous plaira, donc !
@ antigone : merci :)

Écrit par : amanda | 07/02/2010

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malgrè l'extrême impudeur de certains passages, malgrè la gêne occasionnée, j'ai comme vous aimé ce livre et le style d'emmanuel pagano. Un bon livre, qui mérite d'être reconnu. merci à vous donc.

Écrit par : flora beauvoir | 07/02/2010

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Merci pour votre bel article - ce n'est pas le premier - car grâce à vous je l'ai lu, adoré, commenté ce dimanche. Je profite de vous ajouter à mes liens: Votre blog est superbe! Claude

Écrit par : Claude | 07/03/2010

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Merci pour votre bel article - ce n'est pas le premier - car grâce à vous je l'ai lu, adoré, commenté ce dimanche. Je profite de vous ajouter à mes liens: Votre blog est superbe! Claude

Écrit par : Claude | 07/03/2010

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@ flora beauvoir : je vs en prie :)
@ claude : merci :)

Écrit par : amanda | 08/03/2010

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Dans le cadre du 5ème rendez-vous "Une voix à traduire", le Collège International des Traducteurs Littéraires reçoit Emmanuelle Pagano le 30 juin 2009 à 18h00, à la médiathèque d'Arles (Espace Van Gogh).

Plus d'informations sur notre blog: http://collegedestraducteurs-arles.blogspot.com

Cordialement,

L'équipe du CITL

Écrit par : CITL | 27/04/2010

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