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09/05/2010

Le Fleuve secret – Kate Grenville

William Thornville est gabarier sur la Tamise. Nous sommes à la fin du 18ème siècle et William doit se battre pour gagner de quoi grenville.jpgfaire vivre sa jeune famille (Sal, sa femme et leurs deux enfants).  Will, ambitieux, raisonnable autant que malin, devient rapidement un gabarier fiable sur qui les marchands ou passants peuvent compter. Il faudra le décès de ses beaux-parents (et les frais médicaux et d'obsèques qui en découlent) pour faire fondre le rêve de Will et Sal, les pousser au vol, aux petits délits qui permettent de s'en sortir. Pris sur le fait, William purge une peine de prison et se voit condamné à mort. La seule alternative à la pendaison est l'exil dans une colonie pénitentiaire du Commonwealth : Sydney, Australie. Will et sa femme prennent le bateau pour s'installer en Nouvelles Galles du Sud. Chaleur, promesse d'une nouvelle vie (via l'émancipation des anciens bagnards possible au bout de quelques mois), la vie change du tout au tout pour Will et sa famille.

 

Emancipé au bout de quelques mois comme peuvent l’être les anciens forçats, Will part s'installer au bord du fleuve Hawkesbury. Il suffit à l'époque de se déclarer propriétaire et de commencer à planter pour devenir cultivateur de ses propres terres. Mais, sur cette terre vivent encore les indigènes.  Will apprendra à vivre auprès d'eux, en regardant de loin ces êtres primitifs, nus, qui semblent inoffensifs mais n'en restent pas moins menaçants.

 

 

Agréable surprise que le roman de Kate Grenville (qui a remporté le prix de Littérature du Commonwealth ainsi que de nombreux autres prix) !

 

Il débute en pleine Angleterre géorgienne et immerge le lecteur au sein des gabariers, des ruelles sombres qui bordent la Tamise et leurs logis insalubres. Le roman débute avec l'enfance de Will, le fatalisme des petites gens qui n'ont que peu d'espoir de survivre aux maladies ou n'ont pour tout moyen de subsister que les petits métiers, quand ils en ont. Puis nous suivons Will dans sa nouvelle vie et c’est une immersion dans ce second empire colonial du début du 19ème : possibilité de recommencer à zéro, effacement des dettes, foi en un avenir meilleur.

 

Tout au long de sa vie, Will sera confronté à des choix, à chaque carrefour de sa vie (voler pour survivre ou rester honnête, être banni ou pendu, rester pauvre à Sydney ou tout quitter pour s’installer loin de la ville et avoir une chance de bâtir quelque chose, accepter les indigènes ou les anéantir). Le roman géorgien devient le roman des nouveaux choix, des nouveaux chemins, des portes qui s'ouvrent pour enfin redevenir un homme respecté. Mais tout n'est pas facile quand on lit dans les yeux des colons que l'on est, et reste, pour eux, un ancien bagnard, même émancipé, même honnête.

 

Roman sur la colonisation britannique aussi, qui nous entraîne auprès des colons qui supportent – ou pas – les indigènes, certains apprenant à les connaître et les apprécier (et même à fonder une famille avec eux) ou au contraire auprès des colons remplis de haine et de colère. Will devra faire des choix (participer au massacre d'un village de noirs ou pas), partir ou rester, tenter coûte que coûte de reconstruire une nouvelle existence ou revenir en arrière, retourner dans ce pays qui l'a banni et rejeté.

 

Tout au long du roman, Will sera épaulé par sa femme, entouré de leurs enfants, d'autres colons (anciens bagnards ou jeunes militaires), cerné dans son nouveau domaine par des indigènes qu'il apprend peu à peu à connaître mais dont il se méfie... Le style est agréable, ne se perd jamais en longues descriptions mais ne reflète pas moins bien les émotions, les difficultés, les hésitations et les rêves qui hantent Will et sa famille.

 

 

Un très bon roman, qui se lit avec plaisir, et nous enchaîne à ce héros très attachant tout au long de sa vie, et servi par des caractères très bien dessinés, tout aussi bien troussés, qu’ils soient attachants ou pas.

 

 

 

Le fleuve secret, Kate Grenville,

Metailié, Avril 2010, 301 pages

Commentaires

je l'avais noté chez les nouveautés Métailié mais en ai reçu un autre, intéressant aussi!(Sauver le monde)

Écrit par : keisha | 09/05/2010

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La thématique m'intéresse, de même que l'époque. Je le mets dans ma réserve, avec les autres noisettes...

Écrit par : Gwenaelle | 09/05/2010

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En lisant ton billet je me disais : ça, c'est encore un pavé de 600 pages. Et puis non. Il s'en passe des choses en seulement 300 pages : pas trop étroit comme format ?

Écrit par : Ys | 09/05/2010

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Comme Ys, je m'imaginais un pavé avant de découvrir, avec surprise, qu'il ne faisait que 300 pages !

Écrit par : Caro[line] | 09/05/2010

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Ooooh que ca a l'air bien ! Tout a fait mon genre de lectures, merci !

Écrit par : L'Ogresse | 09/05/2010

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Que 300 pages ... voilà un argument supplémentaire :)

Écrit par : Kikine | 09/05/2010

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Comme les copines, je ne vois que du positif : autant de thèmes en 300 pages, ce doit être tout bon !

Écrit par : kathel | 09/05/2010

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C'est vrai que ça a l'air très bien mais bizarrement, ça ne me tente pas du tout... peut être plus tard

Écrit par : Emeraude | 09/05/2010

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@ keisha : et "sauver le monde", c'est bien ?
@ gwenaelle : tu fais bien :)

@ ys : non, le format n'est pas trop étroit, il est évident que l'auteur ne s'embarasse pas de longues descriptions de l'époque (des époques) et des paysages, mais l'essentiel y est. C'est d'ailleurs un des points essentiels du roman : il couvre beaucoup de choses, ne laisse rien de coté, tout y est dit ou suggéré (le voyage d'Angleterre en Australie, par exemple, qui dure 9 mois, et dans des conditions très difficiles pour un forçat), sans ajouts inutiles (peut-être la fin, l'épilogue, est elle un peu trop rapide, mais elle conclut seulement la vie de Will). Un roman de l'époque aurait certainement couvert cette histoire sur le double de pages, voire le triple (certainement de façon passionnante), mais ici KG parvient à transposer ses personnages dans des paysages et époques (Londres, Sydney, le fleuve) sans perdre en précision, en gardant une justesse psychologique affutée et ciselée.
@ caro[line], kikine, kathel : donc il est pour vous :) (dites donc ! vous ne seriez pas un peu feignasses, par hasard ??!!)
@ l'ogresse : alors il devrait te plaire !
@ emeraude : ne te force pas, ce n'est paut-être pas le moment :)

Écrit par : amanda | 09/05/2010

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Ma feignassitude est temporaire. D'habitude, j'aime les grosses briques mais en ce moment, n'ayant pas énormément de temps pour lire, je suis vite frustrée si je traine trop longtemps le même livre ... alors, je les choisis court en ce moment ;)

Écrit par : Kikine | 09/05/2010

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@ kikine : bah.. on est toutes pareilles en fait ;)

Écrit par : amanda | 09/05/2010

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Chuis pas une feignasse ! Non mais. Juste je m'interrogeais. :D

Écrit par : Caro[line] | 09/05/2010

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et bien voilà un livre qui pourrait me plaire moi qui aime les romans un tantinet historique

Écrit par : gambadou | 09/05/2010

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Mmmm, voilà un roman qui contient des choses bien intéressantes ! Au grand désespoir de ma LAL, je note (et je crois même que je vais le souligner).

Écrit par : Joelle | 10/05/2010

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Un petit passage pour confirmer ma venue le 27, YES !!! Merci pour la réservation si elle tient toujours ;-)

Écrit par : Theoma | 10/05/2010

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Tu me donnes l'eau à la bouche.

Écrit par : zarline | 10/05/2010

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Une amie passionnée comme moi par l'Australie l'a dans sa PAL, plus cet avis, je note et surligne!
Je reviendrai volontiers piocher d'autres idées lectures sur votre blog (qui figure déjà dans mes favoris). Au passage : le thème de fonds est superbe.
A bientôt
Amélie

Écrit par : Amélie | 10/05/2010

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A moitié bien! Il ne manquait pas grand chose pour le coup de coeur, mais...

Écrit par : keisha | 11/05/2010

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@ caro: ;))
@ gambadou : il faut essayer alors !
@ joelle : pauvre Lal !
@ theoma : oui, bien sûr ça tient toujours, j'ai déjà réservé. On fixe tous les détails par mail (c'est chouette !)
@ zarline : !!
@ amélie : merci et bienvenue ici !
@ keisha : mais... trop court ? pas asez poussé ? (j'attends ton billet :)

Écrit par : amanda | 11/05/2010

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J'étais déjà séduite à "angleterre georgienne" et je le suis davantage quand je vois Australie, colonisation... bref, un autre de noté! Serais-je en train de sortir de ma panne de lecture?

Écrit par : Karine:) | 12/05/2010

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@ karine : peut-être ? en tous cas tu es sur la bonne voie ;)

Écrit par : amanda | 13/05/2010

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