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11/08/2010

Autant en emportent les livres, 2

Voilà la deuxième partie de cette merveilleuse histoire qui vous tient en haleine, hein ? Petit rappel du premier épisode : Emma, mochement mariée, rencontre Rodolphe, libraire de son état. Emma se sent follement attirée par Rodolphe, mais s'est stupidement embourbée dans un mensonge aussi idiot qu'impulsif. Rodolphe la croit veuve...

 

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Autant en emportent les livres, 2

 

Emma rentra chez elle et se plongea à nouveau dans le roman.

 

Le lendemain, Emma n'attendit point que Charles fût parti pour se préparer.

 

-          Où vas tu ainsi ? lui demanda Charles ? C'est une nouvelle robe ?

-          Oui, je l'ai achetée hier. Tu l'aimes ? demanda Emma en priant pour que Charles ne lui servit pas, comme d'habitude, son couplet routinier sur leurs finances qui ne supportaient que difficilement tout nouvel accroc à leur budget.

-          Oui, elle est jolie, mais je te rappelle que nos finances ne supportent que difficilement tout nouvel accroc à notre budget.

 

 

Emma ne répondit pas et se réfugia dans la cuisine où elle mit en route la bouilloire et continua le merveilleux roman d'amour, de haine et de passion. Quel bonheur, se disait Emma, ça vaut quand même mieux que cette collection Harlequin... Mais qui peut avoir envie de lire ces romans stupides ? (tout en reconnaissant au fond d'elle et en rougissant qu'ils avaient bercé sa jeunesse mais ça, jamais elle ne l'aurait avoué, évidemment).

 

Quand Charles fut parti, Emma se précipita à Rouen.

 

Rodolphe était là, en train de ranger une caisse de nouveautés à paraître.

 

Emma le salua et lui proposa de l'aider. Sa nouvelle robe laissait entrevoir le début d'une poitrine jeune et fière, les seins pointant insolemment sous la popeline de coton. Sa taille fine était soulignée d'une ceinture large et négligemment nouée sur le coté. Quant à ses jambes, elles étaient révélées à chaque mouvement par un boutonnage innocemment négligé.

 

- Je peux vous aider ? proposa Emma. Proposition qu'elle regretta aussitôt, se fustigeant pour son audace.

 

Rodolphe posa sur Emma un long et pénétrant regard. Emma s’y perdait, une fois de plus.

 

-          Pourquoi pas ? J'ai plusieurs cartons dans la remise. Allons y. De toute façon, je devais fermer pour l'heure du déjeuner. Ça vous dit, si je commande des sushis ? Nous pourrions les déguster ensemble ?

-          J'adôôre les Sushis, répondit timidement Emma.

 

Rodolphe passa un rapide coup de fil, et, pendant que Emma jetait un oeil concupiscent sur les quatrièmes de couvertures de la rentrée littéraire, un livreur vint apporter la commande de Rodolphe.

 

Emma le suivit dans la remise.

 

La pièce n'était pas très grande mais rangée avec soin. Les cartons de livres alignés dans le fond de la pièce s'étiraient sagement tandis qu'une petite table trônait au milieu, flanquée d'une chaise et d'étagères qui croulaient sous le poids des livres.

 

Emma jeta un oeil sur les livres, et s'enquit des nouveautés à venir.

 

-          Je n'ai pas tout lu, répondit Rodolphe.  Certains sont excellents, d'autres moins bon. Comme tous les ans. Prenez celui-ci, par exemple. Il est bon, mais ce n'est pas le meilleur de l'auteur.

 

Emma prit l'ouvrage. Sa main frôla les doigts de Rodolphe, provoquant chez Emma un frémissement qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps. De son échine à ses pieds, un lent frisson la parcourut dans les deux sens (pardonnez le manque d'élégance de cette tournure mais le frisson est vraiment remonté, je ne savais pas comment le dire, je dois être fatiguée, aussi).

 

-          C'est peut-être normal, non ? Il a eu le Goncourt l'an dernier. Tout le monde l'attend, donc tout le monde sera déçu, répondit elle pour se ressaisir (même ceux qui ne l'attendent pas, se dit elle intérieurement).

 

 

Emma ne voulait surtout pas que Rodolphe perçoive son trouble. Elle avait toujours été fidèle à Charles et ne se sentait pas l'âme d'une femme adultère. Emma croyait encore dur comme fer que le mariage est une noble institution et n'envisageait pas de tromper son mari, surtout ainsi, au milieu des sushis et des cartons d'une librairie rouennaise et de plus sous l'oeil narquois de dizaines d'auteurs qu'elle vénérait (qui sait, l'un d'eux allait peut-être s'inspirer de l'histoire d'une jeune normande qui s'ennuie et trompe son mari ? Jamais elle ne survivrait à  pareil affront). Même si elle sentait bien que leur attirance mutuelle menaçait de céder d’un instant à l’autre, elle ne voulait pas passer pour une femme légère qui cède aux premières avances. Si ça se trouvait, Rodolphe était un séducteur impénitent qui draguait toutes les clientes en quête de romans d’amour. Jamais elle n'oserait, se promit-elle in petto alors qu'une petite voix lui susurrait "ose, ose.. il faut oser..."

 

-          Vous avez peut-être raison, murmura Rodolphe. Le souffle de sa bouche effleura Emma. La tête lui tournait, des vapeurs brumeuses envahissaient son esprit. Pour se redonner contenance, Emma s'assit devant la petite table et entama les sushis.

 

-          Depuis quand êtes vous libraire ? demanda-t-elle.

 

Rodolphe s'agenouilla devant elle.

 

-          Depuis 5 ans.

-          C'est un beau métier, mais difficile, je présume.

-          Oui, mais je m'accroche. Rien de tel que le sourire d'une cliente qui a aimé un livre que je lui ai conseillé pour me persuader de continuer. Comme, par exemple, ajouta-t-il avec un clin d'oeil, une ravissante jeune femme vient m'aider parce qu'elle a aimé un roman sudiste.

 

 

Emma rougit profondément. Malgré elle, elle soupira. Elle ne put s'empêcher de frémir quand elle sentit la main de Rodolphe effleurer doucement ses mollets.

 

 

à suivre...

(bande de petits canaillous,va..., je vous entends presque râler parce qu'il va falloir attendre LA scène).

06:00 Publié dans Rédac du mois | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

Commentaires

Les épisodes ne sont pas assez longs !
:)))

Écrit par : Cuné | 11/08/2010

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déjà fini ????? encore, encore !!!!!!

Écrit par : Sandrine(SD49) | 11/08/2010

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Nôôôôn!!! Déjà fini? Sur un cliffhanger?
Cruelle, va...

Écrit par : keisha | 11/08/2010

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Ce que j'apprécie dans ce texte, c'est qu'il y a des apostrophes. ;-)

Vivement la suite, bien sûr !

Écrit par : Caro[line] | 11/08/2010

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oooooooooh, c'est trop dur, faut attendre la suite ;)

Écrit par : niki | 11/08/2010

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C'est vrai qu'il est trop court cet épisode...on peut dire que tu sais ménager le suspens...et puis, oui ! on attend LA scène!!

Écrit par : lancellau | 11/08/2010

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La suite, la suite, la suite ! Je plussoie les commentaires précédents : qu'il est court cet épisode ... snif !

Mais ton histoire et ta façcon d'écrire sont à 10000 lieues au dessus du Harlequin que j'ai lu ... Alors, je te pardonne !

J'ai adoré la réplique "Oui, elle est jolie, mais je te rappelle que nos finances ne supportent que difficilement tout nouvel accroc à notre budget."

J'ai pouffé de rire avec "Mais qui peut avoir envie de lire ces romans stupides ?"

J'ai manqué de m'étouffer lorsque j'ai lu "J'adôôre les Sushis"

Et mon collègue de travail m'a demandé si j'allais bien lorsque j'ai gloussé lorsque mes yeux ont parcouru cette phrase : "(bande de petits canaillous,va..., je vous entends presque râler parce qu'il va falloir attendre LA scène)."

J'attends LA SCÈNE !!!!

Écrit par : Kikine | 11/08/2010

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Ah non, alors, c'est trop cruel !! Je vais devoir attendre 3 semaines pour lire le dernier épisode de vendredi ! :-(

Écrit par : Tamara | 11/08/2010

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Ce suspense est intolérable!

Écrit par : zorane | 11/08/2010

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Le mollet ? ! Ah tu ne risques pas de te faire publier chez "Passion intense", toi ! ah ah ah !

Écrit par : Stephie | 12/08/2010

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"ose, ose, il faut oser..." mais oui ose Emma, ose !!! parce que nous, on attend avec impatience !!! :-)

Écrit par : emeraude | 12/08/2010

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Cuné a raison: c'est beaucoup trop court! Quoi! On n' a le droit qu'à un petit frisson qui la parcourt dans les deux sens!...

Écrit par : mango | 13/08/2010

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thanxs girls :)

Écrit par : amanda | 15/08/2010

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oh oh, je ne savais pas les libraires si rapides en besogne ;-))

Écrit par : liliba | 15/08/2010

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Héhé, l'avantage d'avoir patienter jusqu'à auj. M'en vais lire la suite puis la fin ;-D

Écrit par : uncoindeblog | 17/08/2010

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Pas besoin d'attendre pour lire la suite... J'y fonces

Écrit par : L'or des chambres | 17/08/2010

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