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25/10/2010

La France et les Français – The New Yorker

Si New York fascine encore et toujours beaucoup de Français, Paris attire encore plus lesnew yorker.jpg New-Yorkais et ce depuis toujours.

 

A coup de « Je t’aime moi non plus », les cartoonistes du New York s’en donnent à cœur joie : au fil des années et de l’évolution des relations franco-américaines, ils traquent, croquent, raillent et s’amusent des travers so frenchy de leurs meilleurs ennemis d’outre-manche.

 

 

Mais ne pensez pas que ces 200 dessins réunis par les éditions Points vont se préoccuper uniquement de ridiculiser avec humour Paris et ses français. Non, ce serait trop facile et si peu subtil. Ici, les français sont croqués certes avec malice, mais les concitoyens américains passent eux aussi à la moulinette pleine d’acuité de ces dessinateurs de talent.

 

 

Des petits snobismes new-yorkais où parler, manger et s’habiller français est du dernier chic, de l’ignorance et du comportement si peu classe des touristes américains en goguette parisienne, de l’hospitalité hostile des français vis-à-vis des touristes américains, de la baguette, du coût de la vie, des grévistes…. Les relations parisianno-new-yorkaises sont croquées en trois parties (1925-1939 « French Kiss », 1940-1966 « La Fayette nous revoilà ! » et 1967-2006 « Je t’aime moi non plus ») qui résument avec un humour un peu narquois, un peu coquin, presque 100 ans de relations d’amour et de haine entre les deux capitales.

 

 

A consommer sans modération et beaucoup d’humour.

 

 

 

 

La France et les Français – The New Yorker

200 dessins traduits et adaptés par Jean-Loup Chiflet

Editions Points, 217 pages, Octobre 2010

 

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Dessin © Christopher Weyant / Les Arènes / New Yorker (source : L'internaute)

  

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Dessin © Barney Tobey / Les Arènes / New Yorker (Source : L'internaute)

 

06:00 Publié dans *Beaux livres* | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : new yorker, cartoons, humour | |  Facebook

18/10/2010

Indignation – Philip Roth

roth.jpgD’une boucherie kasher du New Jersey à la guerre de Corée en passant par une université du Middle West, tel sera le court destin de Marcus Messner. L’enfant unique et choyé d’un couple d’américains moyens, qui fuit l’ire paternelle, ou plutôt la surprotection de son père en choisissant une lointaine université où il pourra grandir loin des inquiétudes parentales.

 

Mais que veut dire grandir ? S’intégrer ? Devenir un jeune homme en observant les conventions sociales en vigueur : intégrer une fraternité, suivre les rites religieux, fréquenter une jeune fille et perdre son pucelage sur la banquette d’une voiture le samedi soir ?

 

Marcus ne veut qu’étudier et devenir avocat. Le reste, il n’en veut pas, ou du moins n’en veut pas tel que les mœurs de l’époque semblent le définir. Tout comme il refuse de changer, d’accepter le moindre compromis avec ses propres convictions ou de faire le moindre effort d’intégration ou d’assimilation. Tout comme il ne veut pas finir transpercé par une baïonnette dans les tranchées de la guerre de Corée. Ce qui finira par advenir, on l’apprend très rapidement.

 

Le parcours initiatique d’un jeune homme qui s’indigne et ne veut pas plier. On n’est pas dans l’Amérique riche ou de classe supérieure : on est dans le Middle West, dans une université lambda, pas de l‘Ivy League supérieure et  arrogante. Ses étudiants, ses professeurs, ne sont ni riches, ni pauvres. Ni spécialement doués, ni spécialement mauvais, tout comme son personnage principal. Une Amérique de classe moyenne où le jeune Marcus refusera de « s’intégrer », changera deux fois de chambre et de coturne, refusera les relations rapides et inconsistantes que les autres étudiants ont avec les filles, refusera de soulager ses parents en menant une vie normale telle qu’ils l’entendent. Eux par crainte de le voir s’isoler ou se fourvoyer, selon leurs peurs du moment, lui par obstination et entêtement.

 

Des refus qui, à l’époque, sont perçus comme une difficulté à s’intégrer, comme une impossibilité à se fondre dans la masse et devenir un membre à part entière de la communauté.

 

Épouser la communauté, se fondre dans le moule, ce refus des conventions, loin pourtant d’une attitude révolutionnaire et provocante, mènera Marcus indirectement dans les tranchées qu’il veut fuir. Marcus personnage touchant et parfois obtus, farci de certitudes auxquelles il ne voudra jamais déroger.

 

Un roman profondément humain, que Philip Roth écrit avec son style toujours aussi fluide et agréable. Tout s’enchaîne, se suit et l’on accompagne Marcus avec empathie, en souriant parfois de ses indignations tellement légitimes bien que d’une candeur parfois touchante. Mais l’Amérique est vorace. Elle dévorera cet enfant qui n’était, quoiqu’en disent ses parents, amis ou doyens, ni rebelle ni coupable.

 

 

Indignation, Philip Roth

Gallimard du monde entier, septembre 2010, 195 pages

 

 

 

 

 

 

 

« Il y a, semble-t-il, un certain nombre de choses que vous n’avez jamais entendues dire de vous, répondit-il. Mais jusqu’ici, vous viviez chez vous, au sein de la famille de votre enfance. Maintenant vous êtes un jeune adule, indépendant, au milieu de mille deux cent autres jeunes adultes, et ce que vous devez apprendre, ici à Winesburg, à part les matières que vous étudiez, c’est à vous entendre avec les autres et à montrer de la tolérance à l’égard de gens qui ne sont pas une copie conforme de votre propre personne. »

 

11/10/2010

Les anonymes - RJ Ellory

ellory.jpgWashington. Quatre femmes assassinées, battues à mort : l’inspecteur Miller se charge du dossier et ses investigations le mènent petit à petit à poursuivre John Robey, qui semble connaître bien des choses sur les quatre meurtres.

 

Ce n’est plus la confession d’un tueur à gages de la mafia que nous rencontrons dans Les anonymes, mais celle d’un ancien agent de la CIA. Pourquoi cette confession ? Est-il toujours en activité ? Comme dans Vendetta, la construction du roman est faite d’une alternance de récits : l’enquête de Robert Miller, d’une part, racontée à la troisième personne du singulier et le récit de John Robey, raconté à la première personne.

Ces deux hommes vont s’affronter ; affrontement / fascination donc entre un flic et son « ennemi » qui sème sans arrêt le doute : Robey manipule Miller, mais pourquoi ? Que veut-il réellement ? Est-il l’assassin ?

 

Le lecteur l’apprendra petit à petit tout au long des 688 pages que compte le roman. La mafia n’est plus le cadre du roman : la CIA, ses agissements, ses zones d’ombres, ses guerres secrètes et financement occultes sont le cadre dans lequel Ellory enferme le lecteur jusqu’au final très page turner.  

Un final très page turner et une narration habile, qui visse le lecteur à l’histoire : Ellory peint ses personnages avec justesse et embarque le lecteur dans son roman sans difficulté. Pour autant, un gros bémol apparaît rapidement : le thème manque cruellement d’originalité (la CIA est totalement corrompue, les guerres en Amérique du Sud couvrent le trafic de drogue, Kennedy assassiné par la CIA, l’attentat raté contre Reagan était une mise en scène, ce n’est pas le Président qui gouverne mais la CIA …). Tout cela a déjà été largement exploité et ne surprend personne. De même, le récit de Robey, s’il est bien écrit, tombe parfois dans le cliché attendu et inutile (pourquoi l’affubler d’une histoire parentale lourde qui n’apporte rien tout comme le cancer de Catherine Sheridan ?). 

Au final, Les anonymes, s’il ne m’a pas déplu, loin de là, me laisse quand même légèrement frustrée et désapointée. Un cru correct qui plaira sans aucun doute aux amateurs de thriller politique, mais qui est en deça de Seul le silence et surtout de Vendetta.

 

Les anonymes, RJ Ellory

Sonatine, Octobre 2010, 688 pages

06/10/2010

Petite sœur, mon amour – Joyce Carol Oates

oates.jpg« Sous-estimer le goût des américains ne vous mettra jamais sur la paille. »

 

 

Au commencement il y avait JonBenet R., célèbre mini miss assassinée un soir de Noël 1996. Une affaire réelle dont Joyce Carol Oates s’est inspirée pour écrire Petite sœur mon amour.

 

Un fait divers, un meurtre sordide jamais élucidé, un mini miss América assassinée devenue martyre culte d’une populace américaine avide de tabloïds et de sensationnalisme.

 

Petite sœur, mon amour, ou l’histoire de Edna Louise Rampike, patineuse hors pair devenue dès sa première compétition, à 4 ans, Miss Bout de chou sur Glace 1994. Edna Louise poussée par sa mère, managée par sa mère, coachée par sa mère, vampirisée par sa mère. Edna Louise mise sur des patins parce que Skyler, son frère aîné, n’avait pas su patiner ni faire de la gymnastique sans se casser une jambe. Edna Louise mise sur des patins parce que Betsey, sa mère, avait vu sa carrière de patineuse avortée dans sa jeunesse. Edna Louise rebaptisée Bliss, parce que Edna Louise n’est pas un prénom de star. Bliss / félicité convenait tellement mieux. Bliss / félicité sonnait tellement mieux dans cette société de miroirs et de fantasmes refoulés et vécus au travers elle par une mère à la fois frustrée et vorace.

 

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