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17/12/2010

Quand blanchit le monde – Kamila Shamsie

shamsie.jpgHibakusha : victime des bombes nucléaires. Survivant.

 

Hiroko Tanaka est une hibakusha. Elle a survécu à la bombe. Hiroko vivait à Nagasaki. Elle était jeune et aimait Konrad, un allemand. Ils voulaient se marier après la guerre. Avoir des enfants et peut-être voyager, rendre visite à la demi-sœur de Konrad qui avait épousé un anglais et vivait en Inde.

 

Mais la bombe a détruit Nagasaki, leur amour, et Konrad. Quelques années plus tard, marquée à vie par deux immenses tâches noires sur son dos, traces des brûlures de la bombe, Hiroko se rend à Dehli pour rendre visite à Elizabeth Weiss Burton, la demi-sœur de Konrad. Elle restera en Inde et rencontrera Sajjad Ashraf l’employé de James Burton. Ces deux là vont se reconnaître, s’aimer, et s’enfuir pour se marier. Mais l’Inde est déchirée elle aussi, l’Indépendance arrive, les anglais s’en vont, les hindous et les musulmans se déchirent. La Partition se met en place et Hiroko et Sajjad, de retour de voyage de noces, ne peuvent revenir au pays. Un Indien qui a épousé une Japonaise. Des parias, donc. Ils s’installent au Pakistan tandis que, de son coté, Elizabeth Burton quitte son mari et s’envole pour New York.

 

Quand blanchit le monde est un roman dense, passionnant, qui nous entraîne de Nagasaki à New York en passant par Delhi, Karachi ou Islamabad. A travers plusieurs générations, nous suivons deux familles intimement liées par une tragédie (la famille Burton-Weiss et la famille Tanaka-Ashraf) qui survivent dans un monde toujours en guerre, deux familles multi-culturelles (Elisabeth née allemande, mariée à un anglais, divorcée aux Etats Unis, et Hiroko et Sajjad, la japonaise et l’indien qui ont refait leur vie au Pakistan) et marquées au fer par les deuils qui les ont rongées au fil des ans. Car si la seconde guerre mondiale est terminée, la menace nucléaire continue de peser : que ce soit la bombe indienne ou celle que le Pakistan projette d’acquérir, l’ombre d’une nouvelle tragédie continue de ravager les destins de ces deux familles. La menace nucléaire tout comme la folie et la rage des hommes et des nations qui se déchirent à travers les années et les pays.

 

A travers Harry, le fils d’Elizabeth émigré aux Etats Unis avec sa mère, qui s’engage dans la CIA, ou  Raza, le fils de Hiroko et Sajjad, jeune homme emporté dans les tourments qui déchirent le Pakistan et l’Afghanistan en pleine guerre contre l’URSS, on ne peut que se laisser porter par cette fresque familiale.  Une épopée sous laquelle se dessine aussi une l'histoire géo-politique, celle des guerres d’Afghanistan et du Pakistan, les guerres externes ou internes, la montée de l’intégrisme et des Talibans, aussi bien que l’ingérence des Etats-Unis prêts à tout pour assoir leur puissance. Une guerre qui est, depuis 1945, toujours aussi larvée et encore accrue depuis le 11 septembre.

 

On ne peut qu’aimer Hiroko, Sajjad, Harry, Raza, Elisabeth ou Kim. Ces deux familles, liées par une amitié indéfectible qui unira leurs enfants sans qu’ils se rencontrent (comme Raza et Kim, la fille d’Harry), traversent les épreuves et les guerres en se protégeant mutuellement, en s’appuyant, se haïssant parfois pour mieux se pardonner. Des actes anodins, des parcours, des chemins qui s’écartent et les vies sont bouleversées mais toujours intimement soudées les unes aux autres. Hiroko, personnage phare du roman, incarne à elle seule la force de la résilience et de la souffrance que l'on apprend à supporter.

 

De Nagasaki en 1945 à New-York en 2002, Kamila Shamsie nous offre là une toile étonnante, ou s’imbriquent émotions, douleurs et joies, parfaitement ancrées dans une réalité historique et géo-politique. L’ombre de ces oiseaux sur le dos d’Hiroko, symbole de la bêtise humaine et de l’horreur que peuvent commettre les nations, continue de détruire les destins à travers des actes parfois anodins dont les conséquences sont irréversibles. Jusqu’aux dernières lignes.

 

 

 

Quant blanchit le monde – Kamila Sahmsie

Buchet Chastel, septembre 2010, 492 pages

 

 

Les avis de Katell, Pimprenelle.

 

Commentaires

J’espère que je vais réussir à entrer dedans ! C’est assez impressionnant, à première vue.

Écrit par : Cuné | 17/12/2010

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@ cuné : bah oui tu vas rentrer dedans :)

Écrit par : amanda | 17/12/2010

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J'ai noté ce roman qui semble riche et passionnant, mais je crois que je vais devoir attendre la sortie en poche...

Écrit par : kathel | 17/12/2010

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J'ai ce livre dans ma PAL, mais comme Cuné il m'impressionne pour l'instant...

Écrit par : Noukette | 18/12/2010

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comment résister à ton billet? bah, et puis, j'ai pas envie de résister de toute façon!!

Écrit par : choupynette | 18/12/2010

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@ kathel : je ne sais pas quand il sortira en poche, mais garde le titre ds un coin de ta tete :)
@ noukette : il est franchement facile à lire :)
@ choupynette : :))

Écrit par : amanda | 19/12/2010

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J'aime les sagas familiales et celle-ci semble vraiment différer de ce que j'ai lu à date. Noté, donc, ne serait-ce que pour le dépaysement du début.

Écrit par : Karine:) | 19/12/2010

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J'ai bien envie de le noter, j'ai souvent de belles et heureuses surprises avec cet éditeur !! Et les thèmes évoqués me passionnent.

Écrit par : antigone | 19/12/2010

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je note le titre , mais je suis aussi impressionnée
je l'attendrai en poche

Écrit par : odilette | 20/12/2010

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Bonjour,
J'avais adoré un livre qui s'appelle "le jour où le soleil est tombé" de Hashizume Bun qui traite des Hibakusha. Le livre dont vous parlez a l'air d'être de la même veine bien que plus international. Je cours l'acheter !

Écrit par : Benjamin | 20/12/2010

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@ karine : le dépaysement est au début, au milieu, tout le temps :)
@ antigone : je pense qu'il te plaira !
@ odilette : ne sois pas impressionnée, il se lit vraiment facilement
@ benjamin : bienvenue ici :)

Écrit par : amanda | 22/12/2010

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Jusqu’aux dernières lignes, tu m'étonnes. Pfiouu, quelle fin. J'en frissonne.

Écrit par : Cuné | 01/01/2011

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@ cuné : je suis contente que tu aies aimé ! oui, la fin est terrible, terrible. Je ne veux pas spoiler ici, je t'envoie un mail :)

Écrit par : amanda | 01/01/2011

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