Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Les privilèges – Jonathan Dee | Page d'accueil | D'acier - Sylvia Avallone »

13/05/2011

La vie financière des poètes – Jess Walter

« En fait, il s'avère que tout à un fond. A part les problèmes dans lesquels jewalter.jpg m'enfonce. »

 

 

Il est loin, le temps où Matt rêvait d'un monde meilleur, en tous cas plus poétique, en tous cas plus idéal, un monde dans lequel il pourrait quitter son boulot de journaliste et créer un site de conseils boursiers en ligne... des conseils en vers, en rimes, en strophes, en alexandrins ou en prose, des conseils différents de la prose indigeste et impersonnelle des journalistes financiers. Ce qu'il a fait en créant poesiness.com, avant de se rendre compte que ce monde meilleur n'existe que dans les rêves des poètes silencieux. Et les rêves se sont transformés en cauchemar. Matt doit trouver 30000 dollars dans la semaine s'il ne veut pas être exproprié, sous les yeux de sa femme, de leurs deux fils et de son père sénile revenu vivre auprès d'eux.

Exproprié ou... dealer d'herbe, finalement, car le hasard le met sur la route de Skeet et Jamie, deux vendeurs de beuh avec lesquels Matt va travailler. Au point où il en est, tout est bon à prendre, même les risques insensés que son statut de chef de famille devraient lui interdire de courir.

 

Autant critique sociale que farce désabusée sur les rêves désenchantés des jeunes cadres, "La vie financière des poètes" recèle quelques trésors d'humour et de dérision. Les aventures de ce jeune quadra déboussolé autant par la menace d'expulsion que par celle d'être trompé par sa femme ou de perdre l'admiration de ses enfants révèlent au delà de l'aspect tragi-comique (et Dieu sait qu'elles le sont, comiques) un satire corrosive de nos sociétés de consommations (« Avec les tapis de sol pour l'hiver, les taxe et le contrat d'entretien de deux ans superflu, cette voiture m'a coûté 31 256 dollars. Et à cause de plusieurs imprévus récents – mensualités oubliées, pénalités de retard, refinancement de la maison, consolidation de prêt, diverses crises familiales et mon licenciement malvenu – après deux ans de versement, je dois encore 31 000 dollars. Pour une voiture qui en vaut 18 000. Telle est ma vie maintenant : endettement maximum. »).

 

Et la consommation n'est pas la seule cible de Jess Walter : y passent aussi et surtout les rêves et idéaux de réussite (sociale tout au tant que financière) des quadra désabusés et laissés sur le carreau par la vie et ses aléas. Alors que sa femme se cherche une vie qu'elle croit meilleure à travers les réseaux sociaux, Matt fonce tête la première dans ce qui lui semble la seule et unique chance de s'en sortir. Il achète, il vend. Et pourquoi pas aux riches ou aux méchants qui l'ont plumé ? C'est vif, drôle, alerte, on rit plus souvent qu'à notre tour et même si, pour ma part, l'effet de style « listes » et énonciations m'a parfois un chouya fatiguée, je n'en garde pas moins le sourire aux lèvres au souvenir de l'ironie mordante bourrée d'auto-dérision et de lucidité de ce poète malheureux, un sourire plein de tendresse et d'empathie.

 

Que demander de plus ?

 

 

La vie financière des poètes – Jess Walter

10/18, avril 2011, 306 pages

 

 

L'avis de Cuné, in love with it.

 

"Amber dirigeait les ressources humaines du journal à l'époque où je travaillais ici. Maintenant, quatre vagues de licenciements plus tard, Amber est quasiment le service des ressources humaines. Ça aussi, ça doit craindre, la chef des RH qui vire presque tout le monde aux RH. On se serre la main. Sans être très belle, Amber possède un look business woman un peu pute, légèrement déplacé, avec ses tailleurs un peu courts, un peu moulants, et ses chaussures un peu radicales dans un environnement de bureau. (Si Amber doit se licencier un jour, elle pourra toujours se suicider en se jetant du haut de ses escarpins)."

06:09 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook

Commentaires

J'adore ta citation :))

Écrit par : Cuné | 13/05/2011

Répondre à ce commentaire

Je renchéris la citation est vraiment très bonne mais non je ne craquerai pas!:))

Écrit par : cathulu | 13/05/2011

Répondre à ce commentaire

je me sens obligée de le norer et de le surligner !!!!

Écrit par : clara | 13/05/2011

Répondre à ce commentaire

Que demander de plus ? Ben, que ma biblio l'achète ;) mdr !!!!

Écrit par : Joelle | 13/05/2011

Répondre à ce commentaire

Je l'ai lu il y a peu et moi aussi fort apprécié : c'est à la fois déprimant et revitalisant !

Écrit par : Neph | 13/05/2011

Répondre à ce commentaire

repéré chez Cuné, la citation confirme !

Écrit par : Theoma | 14/05/2011

Répondre à ce commentaire

je l'avais déjà repéré celui-là tss tss, je vais finir par craquer et ce sera mal !

Écrit par : yueyin | 15/05/2011

Répondre à ce commentaire

@ cuné, cathulu : moi aussi
@ clara : note :))
@ joelle : :))
@ neph : c'est un peu ça oui :)
@ theoma : bonne lecture
@ yueyin : ce n'est jamais mal, yue :)

Écrit par : amanda | 16/05/2011

Répondre à ce commentaire

J'espère qu'après on ne devient pas lecteur assidu de Boursorama ?? :))

Écrit par : LVE | 17/05/2011

Répondre à ce commentaire

Hello!
J’ai eu envie de lancer une revue virtuelle sur mon blog où tous les blogueurs pourraient mettre leur grain de sel! Pour plus d’infos : http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=773843&pid=21189325
N’hésite pas à participer et toutes mes excuses pour ce commentaire-pub!

Écrit par : Eloo | 24/05/2011

Répondre à ce commentaire

Bonjour Amanda, en lisant l'extrait du roman, je constate que l'auteur (ou le traducteur) emploie pas mal de fois le terme "un peu" (pauvreté du style?) Sinon, les sujets abordés sont dans l'air du temps: le surrendettement et les relations sociales par l'argent. Tout cela est terrible. Bonne journée.

Écrit par : dasola | 31/05/2011

Répondre à ce commentaire

Les rêves se heurtent souvent aux barreaux de la vie...

Écrit par : Virginie | 01/06/2011

Répondre à ce commentaire

@ LVE : ça n'a pas été mon cas:)
@ eloo : ok
@ dasola : je crois que le "un peu", ici, est volontaire, au contraire.
@ virginie : heu.. oui, effectivement.

Écrit par : amanda | 09/06/2011

Répondre à ce commentaire