Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/11/2007

Perette et la pantoufle de vair

cd7c9cdd317dd664a6d106f8c3667551.jpgParfois, au détour d’une conversation que l’on croyait anodine, au cours d’une ballade tout à fait ordinaire, il nous arrive de faire une gaffe monumentale, ou de trébucher lamentablement dans la rue, et de nous retrouver soit les quatre fers en l’air, jupe retroussée pile poil sous le nez d’ouvriers de chantier éberlués mais totalement hilares, soit cramoisie de honte et de remords après avoir proféré l’Enormité du siècle, celle que l’on aimerait pouvoir ravaler immédiatement et qui nous donne envie de disparaître, là, tout de suite, maintenant, six pieds sous terre et ceci pour l'éternité.

On appelle ça la Honte-de -notre-vie. Celle que l’on n’oubliera jamais et que l’on ressortira, bien, bien plus tard, en riant (jaune) à nos amis, histoire de se désacraliser encore un peu plus, ou à nos petits enfants pliés de rire « Nâan, mamie, t’a pas fait/dit ça ? hahaha ! maman, tu savais que mamie etc… !!! ».

Perette se souvient de la sienne comme si c’était hier.

Perette venait d’intégrer une société de prêt-à-porter branchée et dynamique, où tous les employés semblaient sortir directement d’un magazine de mode, magazine qui bien évidemment arrivait toutes les semaines sur les bureaux et que Perette devait consciencieusement décortiquer. Vous conviendrez que Perette, à  ce stade, avait dégoté là le job le plus abominablement stressant de sa carrière.

Pendant la pause déjeuner, Perette rejoignait ses collègues pour avaler une soupe de légumes, éventuellement accompagnée, en cas de grande faim, d'un morceau de pain. Voire d'un fromage blanc à 0% en cas de famine extrême, ou de marge bénéficiaire calculée le matin même dans l'IMC du jour.

Après ces agapes traumatisantes, Perette et ses nouvelles copines décidaient souvent d’aller éliminer le pain, le yaourt et - ne soyons pas chiches - la soupe aussi, en faisant du lèche-vitrine.

Un beau jour, elles entrèrent chez Patrick Cox, chausseur plutôt branché de la rue Tiquetonne.

Perette avait repéré une sublime paire de sandales à brides dans la vitrine.

Elle demanda sa pointure de liliputienne, comme il se doit quand on mesure 1 mètre et quelques (vous vous imaginez que je vais donner le chiffre exact ? Vous rêvez !)

Le vendeur, beau mec en Tshirt moulant sur torse bombé et plaquettes de chocolat, déposa à ses pieds impatients l’objet du délice. Perette se jucha sans difficulté sur les talons vertigineux.

Elle marcha puis très vite déambula, gambada, sautilla, calculant en son for intérieur combien d'argent il restait sur son compte en banque (la réponse était zéro, mais tant pis, elles étaient juste trop fabuleuses) faisant virevolter sa jupe et ses jambes idéalement mises en valeur par ces merveilles.

Perette les voulait, même s’il y avait juste un petit détail qui la gènait. Le vendeur lui demanda si elle se sentait bien dedans. Et Perette de répondre :

« Je les adore, mais la bride me serre un peu la poitrine ».

Stupéfaction du beau mec, regards hébétés des collègues. Perette s'irradia immédiatement tel un piment rouge incandescent, bafouilla, murmura, bégaya « heu, je veux dire … la... pff, la cheville ».

Le vendeur réussit à rester stoïque, avec un petit sourire ironique voire condescendant, les deux collègues semblaient se demander quelle était cette détraquée qui venait tout juste d’intégrer la boite, et Perette eu juste envie de mourir, là, sur le champ.

Finalement, Perette n’acheta pas les sandales. Et n’osa jamais retourner dans la boutique.

Perette aurait dû peut-être demander à un psy la signification de ce lapsus…

Aujourd’hui, quelques années plus tard, elle regrette seulement de ne pas avoir acheté les sandales, au moins elle aurait un souvenir, une preuve, à montrer plus tard à ses petits enfants...

Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !

18:33 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

25/10/2007

Perette, ça KARToon

9db30318ce26e094aada497a278445a6.jpg Lors d’un séminaire commercial organisé haut la main par Perette, les participants se virent conviés à participer à une activité Team Building, activité consacrée à une compétition de kart.

Les 50 participants étaient séparés en trois groupes de niveaux différents : les très bons, les juste en dessous et pour finir les moins habitués (bel euphémisme pour qualifier les pros, les bof et les nuls, mais, séminaire commercial incentive oblige, Perette s’était sentit obligée d’user de qualificatifs plus diplomates).

Une fois les groupes constitués, Perette s’aperçut non sans déplaisir que le groupe 3 ne regroupait que des filles, les deux autres groupes trustant la gente masculine surreprésentée dans cette société purement industrielle.

Inutile de préciser les railleries, les sarcasmes et les quolibets dont furent affligées les 15 jeunes et jolies damoiselles qui décidèrent illico de prouver à ces coqs arrogants que fille ne rime pas forcément avec bille et qu’il faut vraiment se méfier des femmes au volant.c0ea531858fff67a9eff8511ce08b8df.jpg

Perette, en organisatrice modèle, se dévoua la première et chercha une combinaison à sa taille. Elle fouilla, essaya, enleva, réenfila, malheureusement aucune de ces adorables combinaisons rouge fraise ne lui allait, faute de taille enfant.

Tant pis, elle courrait comme elle était, et tant mieux si elle ne ressemblait pas à un nain déguisé en bonhomme Michelin trempé dans une marmite de grenadine. Les filles se mirent donc en ligne, attendant qu’on leur attribue un kart.

Perette discuta avec sa voisine, qui lui  avoua être probablement la seule personne en France, voire dans le monde et peut-être même dans l’univers, a avoir réussi à retourner sa voiture et terminer sur le toit alors qu’elle roulait à 30 km/heure en sortant de chez elle. Et que son voisin s’en souvenait encore, surtout puisqu’elle portait une jupe ce jour là.

Perette, n’ayant jamais subi telle mésaventure et se sentit rassurée quant à ses propres facultés.

Le gentil directeur de circuit (qui par ailleurs était tout à fait charmant) étudia Perette et lui tendit un objet en polystyrène noir, de forme concave, objet que fixa Perette d’un air perplexe.

Le gentil directeur de circuit lui expliqua que l’objet en question lui serait fort utile, voire indispensable, puisqu’il s’agissait d’un réhausseur, et que sans cela elle avait peu de chances d’atteindre les pédales.

Perette prit l’objet, les joues aussi rouges que les combinaisons de ses compagnes, enfila son casque et se promit de gagner cette course, foi de petite, ou tout au moins d’y obtenir un résultat acceptable.

Une fois le signal donné, Perette se lança dans l’aventure, et accéléra gaiement dès la première ligne droite. Le premier tour se déroula sans difficulté majeure. Puis, après le deuxième virage compliqué, elle essaya de doubler une concurrente. Elle déporta son kart à gauche mais l’adversaire lutta et la serra de près. Perette appuya sur le frein.

Perette avait oublié la règle n°1 : ne jamais appuyer sur le frein sans avoir lâché l’accélérateur. Perette fit donc son premier tête à queue. Elle tourna sur elle-même, sa tête et son petit cerveau tournaient aussi d'ailleurs. Enfin elle stoppa, reprit son souffle et repartit, décidée à rattraper son retard.

Pour s’apercevoir très vite qu’elle roulait à contresens.

Elle s’arrêta (en ayant pris soin de lâcher l’autre pédale cette fois ci), fit demi tour et repartit.

Elle découvrit alors une multitude de sensations aussi fébriles que fiévreuses dans les lignes droites où elle gagnait de la vitesse, aussi tournoyantes qu’étourdissantes quand elle faisait des têtes à queue virevoltants, aussi glaçantes que pétrifiantes quand elle doublait ses comparses ou se faisait dépasser à son tour (ce qui arriva plus souvent que le contraire, en fait).

A la fin de la course, Perette sortit du kart, les jambes en coton et les bras engourdis.

Elle marchait avec difficulté, ne sentant plus ses orteils. La température avoisinait les 5°, la nuit tombait, le vent soufflait, et Perette avait froid.

Le gentil directeur de circuit fit remarquer à Perette que ses ballerines ne la protégeaient en rien du froid, surtout pendant une course en extérieur.

Perette rétorqua que ses ballerines étaient des Repetto, donc des chaussures de sport puisque la danse est un sport et que d’ailleurs elles chaussaient joliment ses petits petons et c'était là l'essentiel, non ? Et que de toute façon, elle n’avait que ça ou une paire de bottes à talons hauts et qu’entre deux maux il faut choisir le moindre.

Au final, Perette termina 9ème, classement fort honorable pour une novice, vous en conviendrez.

Les commerciaux des équipes précédentes ironisaient sur les temps de leurs collègues féminines, comptant le nombre de sorties de pistes et de têtes à queue, calculant les trajectoires bizarroïdes voire totalement loufoques dont ils avaient été les témoins enjoués, bombant tous le torse et totalement hilares.

Perette demanda alors au gentil directeur de circuit, un ancien champion de course, de faire une démonstration à ces messieurs. Le très charmant jeune homme sortit son kart et s’apprêtât à démarrer quand Perette constata avec surprise qu’il avait discrètement glissé le bel objet noir et concave derrière son dos ! 

Lorsque Perette regagna son hôtel, pressée d’enfiler des chaussettes et de boire un bon thé chaud, elle se dit que, même petit, on peut faire des grandes choses, et rien ne sert de courir, il faut partir à point !

10:20 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

12/10/2007

Perette chez le coiffeur

0dfd82cba8c206b350af9a96876824ed.jpgPerette adore aller chez le coiffeur. Rien de tel qu’un massage du cuir chevelu, un bon livre et vogue le bonheur, Perette s’abandonne aux mains expertes, se plonge dans sa lecture et repart les cheveux au vent et le sourire aux lèvres.

Il  y a fort longtemps, Perette, submergée par l’organisation d’un séminaire éminemment crucial pour son employeur, décida d’aller se faire papouiller la tête afin d’oublier le temps d’un déjeuner les empêcheurs de tourner en rond, les râleurs, les mesquins, les querelleurs, bref, tous ces gens qui l’empêchaient de s’effectuer sa noble tâche et de mériter haut la main son augmentation annuelle.

Fermement résolue à oublier ces importuns, Perette fila tout droit au centre commercial voisin et pénétra dans l’alcôve de béatitude et de volupté, j’ai nommé le coiffeur du coin.

Force est de constater que Perette n’était pas la seule à souffrir d’intense dépression professionnelle. Le salon bruissait du ronronnement des sèche-cheveux, du papotage des ouvriers du cuir chevelu, de la sonnerie stridente du téléphone, le tout dans une ambiance qui tenait plus du backstage d’un défilé de haute-couture chez Galliano que du havre de paix auquel Perette aspirait.

Perette expliqua à une hôtesse essoufflée qu’elle ne désirait qu’un shampoing -brushing, un moment de paix, un peu de douceur dans un monde de  brutes et passa illico au shampoing.

Après moult ajustements thermiques et le shampoing réalisé, la shampouineuse abandonna Perette, tête et épaules trempées.

Perette prit livre et attendit patiemment que l’on s’occupe d’elle, s'abandonnant aux mots de l'écrivain.

Au bout de deux chapitres elle releva la tête ; point de capillicultrice à l’horizon.

Perette se sentait totalement transparente. Elle héla une jeune dame qui semblait être une salariée de l’endroit, arguant du temps qui passait et de ses cheveux qui séchaient.

Pire : qui commençaient à friser.

La jouvencelle saisit un séchoir et se mit à l’ouvrage.

Une  première mèche fut raidie, puis une deuxième, quant un employé visiblement plus aguerri vint réclamer le sèche-cheveu.

La néophyte s’excusa auprès de Perette : son propre appareil avait rendu l’âme le matin même, et elle se voyait  forcée d’emprunter ceux de ses alter ego : elle courut en prendre un autre, qui lui fut vertement refusé par un collègue énervé. La pauvre stagiaire profita de la pause d’un autre compagnon et s’empara sournoisement de son instrument.

Elle revint, le sourire aux lèvres et l’outil à la main.

Elle reprit son ouvrage et constata que la chevelure de Perette commençait à retrouver son état normal, c'est-à-dire une masse informe de frisottis rebelles et mousseux.

Elle suggéra à Perette de repasser au bac, l’état actuel de l’amas le rendant impropre à toute tentative de sculpture harmonieuse.

Perette, toujours décidée à passer un moment agréable, obtempéra bien que sa patience fut à bout.

Une fois la chevelure à nouveau prête à recevoir le sacrement du brushing, la jeune femme se remit à l’ouvrage.

Le sèche cheveu, probablement complice, s’alluma pour rendre aussitôt l'âme.

L’ingénue courut en prendre un autre.

Qui lui fut trés vite arraché par un collègue visiblement agacé de se voir dérober son outil de travail.

La friponne se confondit en excuses inaudibles et disparut dans l’arrière-boutique. Ses larmes de désespoirs auraient pu se mêler à celles de rage de sa cliente.

Perette chercha des yeux la caméra cachée. Elle se demanda si l’émission de télévision qu’elle regardait dans son enfance était toujours diffusée et si Jacques Rouland la filmait, dissimulé derrière un rideau, voire – pire - derrière le miroir sans tain dans lequel Perette observait avec déconfiture l’aspect pitoyable de sa chevelure.

Au bout d’un moment qui lui sembla interminable, Perette se leva, exigea d'un calme olypien qu’on termine son brushing et qu’on la laisse partir, seule alternative à la crise de nerf en public qu'elle promettait de faire si on s'occupait pas d'elle sur le champ.

La responsable du salon présenta diligemment des excuses et termina le travail entamé.

Une fois le brushing enfin terminé, la direction du salon informa Perette que la piteuse prestation lui serait offerte et lui remit en dédommagement un bon cadeau pour un prochain passage.

Perette accepta la gratuité et déchira le bon cadeau, puis retourna à son labeur, le cœur en berne, le moral à zéro et les nerfs en boule.

Perette s’est longtemps demandé si tout cela était véritablement arrivé, si elle n’avait pas été filmée à l’insu de son plein gré, ou si, tout simplement, son état de fatigue ne lui avait pas joué des tours et elle n’avait pas rêvé cet épisode.

Il lui suffit de voir une photo prise le lendemain pour constater que sa coiffure, elle, s’en souvenait encore…

 

15:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

28/09/2007

Perette et le cierge pascal

959568f63badcaa61406ded62e385425.jpgDimanche dernier, Perette, légère et court vêtue, se rendit à un baptême.

Perette était heureuse d’assister au baptême de son filleul âgé de 3 ans.

Quand Perette arriva chez les parents du petit garçon, elle voulut embrasser son filleul. Le rejeton poussa un hurlement strident, parce qu’il ne voulait pas aller au baptême, ne voulait pas qu’on lui mouille les cheveux, ne voulait pas mettre sa chemise blanche beurkebeurk. Le garçonnet menaçait en criant de crier pendant toute la cérémonie, et même avant et même après et même toute la journée, na.

Perette eu, un court instant, envie de le plonger immédiatement non pas dans les fonds baptismaux mais dans la baignoire qu’elle aurait préalablement remplie d’eau glacée. Elle pensa même à la soude caustique ou l’huile bouillante mais renonça pour cause de sentiments fort peu chrétiens. Peu fière de ses pensées indignes d’une marraine aimante, elle laissa le garnement aux bons soins de sa mère et se rendit à l’église.

Une fois l’assemblée en place et les récipiendaires du sacrement sagement assis (Perette soupçonna la mère du petit gars  de lui avoir fait ingérer deux valiums en douce avant de partir), le prêtre commença la cérémonie, qui fut par ailleurs fort jolie.

Quand l’heure fut arrivée de procéder au sacrement, le prêtre demanda à l’un des parrains ou marraines d’allumer le cierge baptismal au flambeau pascal, flambeau d’une hauteur toute cathédralistique. L’honneur en revint à Perette qui prit le cierge et leva le bras pour atteindre le feu divin.

C’était oublier que Perette est à peine plus haute que son filleul (là, je concède une légère exagération toute marseillaise).

Perette se hissa sur la pointe des pieds.

Rien à faire.

Perette leva le bras encore plus haut, plongeant la mèche et tatonnant à l’aveugle à la recherche de la flamme qu’elle apercevait à travers le cierge translucide.

Elle avait beau remuer et tourner son cierge à la recherche de l’étincelle libératrice, rien ne vint. Pourtant, Perette avait atteint le taux d’étirement maximum qu'une marraine en escarpins, jupe et chemisier peut espérer. Elle pensa à son ostéopathe, se demandant si, finalement, il méritait l’argent qu’elle lui laissait puisque qu’elle arrivait au même résultat, sans bourse délier et bénédiction en sus.

Au bout d’un moment qui sembla à Perette aussi long que son oral de mathématiques, quand, jeune lycéenne, elle considérait les mathématiques comme une insulte personnelle, le prêtre suggéra au parrain d’aider la marraine.

Notons que parrain et marraine avaient fait connaissance le matin même, devant l’église.

Le parrain se glissa derrière Perette et lui demanda à l’oreille combien elle pesait.

Prise d’une terreur sans nom, Perette imagina immédiatement l’inconnu la soulevant telle une poupée de cire.

Elle s’imaginait happée par une force non plus divine mais animale, ses pieds joliment chaussés battant l’air et sa jupe raccourcie par une force d’attraction qui n’aurait de divin que le but ultime de la manœuvre.

Perette se demanda pourquoi, 3 ans auparavant, elle avait accepté la lourde responsabilité d’être marraine et envisagea même de renoncer publiquement à la chose,  là, sur le fait.

Finalement le parrain, fier de sa plaisanterie, fut chevaleresque et lui prit gentiment le cierge des mains et l’alluma lui-même,  gratifiant Perette au passage d’un clin d’œil amusé.

Au cours du repas qui suivit, Perette sympathisa avec le parrain de son filleul. Ledit filleul, en ouvrant ses cadeaux et découvrant les livres que sa marraine lui avait achetés les jeta sur le canapé en demandant à quoi ça servirait.

Perette se consola en se gavant de choux à la crème et de dragées.

Moralité : mieux vaut offrir une voiture télécommandée que courir le risque de s’empâter. Et mettre des talons hauts pour se rendre à un baptême.

07:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

21/09/2007

Perette jeune conductrice

7428d560f1f689493221020cc1b741a1.jpgIl y a une bonne dizaine d’année, Perette passait son permis de conduire. Une fois le diplôme obtenu, elle conduit avec bonheur sa petite voiture.

Un samedi soir, alors que Chèrettendre est en séminaire en Californie, elle accompagne un couple d’amis au restaurant. Ils dînent à Saint Cloud, chez un gentil restaurateur où Perette est une habituée (importante précision, vous le comprendrez bientôt).

Une fois le dîner terminé, chacun repart de son coté, les amis sur Paris et Perette sur Suresnes.

Perette démarre et prend la direction du centre ville. Feu rouge. Perette s’arrête. Feu vert. Elle lâche l’embrayage et cale. Zut.

Perette redémarre, tant bien que mal et plutôt mal que bien. Elle arrive à pousser le moteur, qui sursaute plus qu’il n’avance, mais dans la confusion continue tout droit. Elle se dirige vers le Pont de Saint Cloud en se disant qu’elle n’aura qu’à prendre à gauche au carrefour.

Feu rouge (purée de bazar de cacahuète NM!!).

Perette stoppe en priant le dieu des jeunes conductrices de lui accorder un sursis.

A priori le dieu des jeunes conductrices sort le samedi soir car il n’entend pas ses prières. Perette cale à nouveau.

Au niveau du Pont de Saint Cloud les autres conducteurs sont nettement plus anxiogènes.

Le Dieu des jeunes conductrices a dû laisser un intérimaire au bureau car Perette redémarre après plusieurs tentatives.

Elle prend la première à droite, elle ne raisonne plus. Elle lève les yeux sur le panneau devant elle. Autoroute A13, direction Versailles.

Perette ne réfléchit plus, elle panique.  Elle ne PEUT pas prendre l’autoroute de Versailles puisqu’elle habite à Suresnes. Elle envisage un instant de faire demi-tour, là, tout de suite, maintenant. Il lui reste un peu de bon sens et surtout  l’intérimaire est sympa : Perette aperçoit un embranchement sur la droite, direction Saint Cloud Centre.

Elle braque à droite, et tant pis pour le noctambule derrière elle qui n’a pas l’air d’apprécier.

La route monte et fait un virage en épingle à cheveux.

Perette se sent délivrée, elle a échappé à une longue nuit passée à errer sur les autoroutes de France.

Elle est tellement délivrée qu’elle prend son virage en troisième. Un reste de raison la fait rétrograder. Deuxième. Première.

Et là tout s’arrête. Définitivement. En plein virage. Sur une côte. En pleine nuit.

Perette est seule au monde.

Perette fait appel aux quelques neurones opérationnels qui lui restent et réfléchit. Appeler Chèrettendre au bout du monde ?  Inefficace. Appeler ses amis ? Ils ne sont sans doute pas encore arrivés. Appeler un garagiste ? Elle n’a pas d’annuaire et n’en connait aucun.

L’idée lumineuse surgit enfin. Perette appelle le restaurant et explique au gentil restaurateur ce qui lui arrive.

Il connait un garagiste et va lui passer un coup de fil. Promet à Perette de la rappeler tout de suite. Perette raccroche. Réalise qu’il n’a pas son numéro.

Une autre voiture arrive. Ne peut pas passer. Perette pense que l’intérimaire lui a envoyé un sauveur.

Le sauveur n’est autre qu’une jeune femme qui ne peut rien pour Perette.  Elle lui suggère de parquer sa voiture en marche arrière- roue libre pour libérer le passage.

Au point où Perette en est...

Elle fait une espèce de créneau à gauche, en pente, en marche arrière, en pleine nuit, sans moteur et juste au frein. Elle libère le passage et la jeune femme lui souhaite bon courage.

Soudain une autre voiture arrive. C’est le gentil restaurateur qui n’a pas réussi à la joindre et est donc venu directement. Son copain garagiste ne peut pas venir tout de suite mais il sera là demain à 9:00. Le gentil restaurateur ramène Perette chez elle, à Suresnes.

Dimanche matin, 8 :45, Perette est sur place et attend le garagiste.

Elle ouvre la portière, se glisse au volant et met la clef dans la serrure, au cas où.

La voiture démarre immédiatement, instantanément, fraiche comme une rose.

Le garagiste arrive. Perette explique, penaude, que sa voiture vient de démarrer alors qu’hier encore elle agonisait.

Il jette un œil sur le moteur, ne trouve rien qui cloche et explique qu’elle vraisemblablement noyé le moteur et qu’il aurait suffi quelle patiente pour redémarrer. Il lui fait juste payer le déplacement.

Lundi matin Perette a envoyé un énorme bouquet de fleurs au gentil restaurateur.

Moralité : Perette conduit à présent un diesel. Mais il lui a fallu longtemps pour ne plus avoir peur au premier feu rouge. Et pour ne plus avoir honte en racontant cette histoire.

08:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

01/09/2007

Perette et le monoprix.

Il était une fois une jeune et jolie femme ( !) qui se rendait à Paris pour diner chez une amie.

Elle part du bureau à Rueil et s’interroge sur le Monoprix dans lequel elle compte acheter quelques bricoles : Saint Cloud, Puteaux ou Paris ?

 

 Elle opte pour Paris, s’engage sur l’A86.

Arrivée à Neuilly, elle se dit : pourquoi pas le Monoprix de Neuilly ?

 

Elle décide d’aller tout droit jusqu’à Paris : après tout les Monop sont ouverts jusqu’à 21h et :

 

Foi de banlieusarde, elle ira à Paris, comme toutes les vraies parisiennes !

 

 Elle continue son chemin, écoutant Mika dans sa petite voiture et rêvant à ses prochaines vacances.

Elle suit tranquillement les autres voitures dans les brumeux embouteillages de fin de jour, sans prêter attention à la signalisation.

 

Elle ne se rend pas compte que les autres voitures, devant elle, passent à l’orange. Elle conduit toute à sa rêverie, la tête non pas dans les étoiles mais dans les dentelles et les cotons blancs des dessous Dim qu’elle projette d’acheter au Monop de l’avenue de Clichy.

 

100 m plus loin, place de la porte Maillot , un gentil policier l’arrête. Lui demande si elle a une idée de la raison de son arrestation.

 

Elle ignore ce qu’elle a bien pu faire, persuadée d’avoir affaire à un contrôle de routine.

 

Le gentil policier l’informe qu’un agent en civil est posté devant le feu de l’avenue Charles de Gaulle et qu’elle a commis une grave infraction en passant  au rouge.

 

Elle répond qu’elle n’a pas fait attention et admet que, si elle est effectivement passée au rouge, elle mérite une amende et qu'elle est désolée.

Le gentil policier lui demande ses papiers. Elle présente volontiers son permis, sa carte grise et son attestation d’assurance.

Le gentil policier lui demande de lire quelle est la date limite du contrôle technique.

 

Force est d’admettre que la date limite est passée depuis 2 mois. Elle regarde le gentil policier, l’air plus blonde  que jamais, en assurant qu’elle n’avait pas fait attention et qu’elle est décidément tête en l’air (tout en pensant au pense-bête « contrôle technique » qu’elle a sur son réfrigérateur depuis 3 mois…).

 

Le gentil  policier soupire. La verbalise pour le feu rouge grillé. Elle devra payer 90 euros sous trois jours et perd 4 points de permis.

 

La jeune (et jolie) femme se résigne et avoue humblement qu’elle mérite sa punition. Elle fait amende honorable, ce qui est le cas de le dire.

 

Le gentil policier l’informe qu’elle a oublié sa carte grise.

 

Elle proteste car il la tient précisément dans la main.

 

Il insiste : elle a oublié sa carte grise.

 

Elle proteste encore, il l’a dans la main, sa carte grise.

 

Il soutient qu’elle l’a oubliée, en la fixant intensément, un petit sourire au bord des lèvres.

 

Elle comprend enfin qu’il lui fait grâce de la contravention de 90 euros pour non respect du calendrier de contrôle technique. Elle doit en revanche se présenter sous 5 jours dans un commissariat, présenter sa carte grise (avec contrôle technique à jour), et ne paiera que 11 euros d’amende pour oubli de carte grise (sans oublier bien sur les 90 euros du feu rouge).

 

Comme la jeune et (jolie) femme part en vacances samedi, elle doit en urgence faire faire son contrôle technique, se rendre dans un commissariat, payer ses deux amendes.

 

Elle n’est pas allée au Monoprix de l’avenue de Clichy.

 

Moralité : tous les Monop se ressemblent, alors autant prendre le plus proche !

18:25 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook