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15/08/2008

TRAILERPARK – RUSSELL BANKS

trailerpark.jpgRussell Banks écrit encore et toujours aussi bien les chroniques de la vie ordinaire. Dans un parc à caravanes, 12 mobile homes, neuf, branlants, rouillés ou fleuris. Des habitants, un guichetier de banque, un ancien militaire, un jeune hippie, une divorcée, une veuve…

Les vies se croisent, les gens se parlent. Chacun apporte son lot quotidien de faits et gestes qui abreuvent les commentaires, les histoires qui se raconteront, de caravane en caravane.

 

C’est l’Amérique du New Hampshire, celle des laissés pour compte, ceux qui survivent d’aides, ou d’une maigre retraite, ou de petits boulots. Une communauté faite de solitudes réunies qui partagent parfois un peu de tendresse et de chaleur, mais la plupart du temps vivent côte à côte, se parlant sans s’écouter. Ils sont unis par leurs solitudes, leurs hantises, leurs échecs ou leurs rêves brisés.

Résignation, pauvreté, échecs, violence, alcool, solitude, ces nouvelles se lisent comme un roman. Le ton est tendre, parfois ironique, parfois moqueur mais toujours lucide.

Russell Banks pose un œil averti sur une population oubliée, une communauté isolée. De belles tranches de vie.

Les avis de Laurence et Allie.

06:07 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, *Nouvelles* | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

13/08/2008

BROOKLYN FOLIES – PAUL AUSTER

auster.gifLa vie. Nos vies. Que représentent elles ? Que sommes nous dans ce vaste monde ? Pourquoi empruntons nous ce chemin et pas un autre ?

 

Nathan, le narrateur de Brooklyn folies, a soixante ans. Il souffre d’un cancer du poumon et, après un divorce difficile, part vivre à Brooklyn. Ses derniers mois seront consacrés à la vie. Déguster la vie, la savourer, sereinement. Ecrire un livre « Le livre de la folie humaine », recueil de souvenirs, d’anecdotes, de faits, de réflexions sur l’Homme. Un jour, Nathan rencontre son neveu Tom dans une librairie.  Tom qu’om qu’il pensait devenu professeur, Tom l’ancien amoureux des lettres, Tom devenu libraire après avoir été chauffeur de taxi.

 

Nathan et Thom parcourent la ville, parcourent Brooklyn et imaginent une vie meilleure, un lieu paisible, l’Hotel Existence, où les gens pourraient mener une existence paisible.

 

 

En tout premier lieu, l’écriture de Paul Auster est d’une fluidité, d’une limpidité exemplaires. Les phrases glissent, les mots s’enchaînent et l’histoire de déroule telle un sentier sur lequel on s'engage et que l'on suit avec bonheur.

 

Les personnages sont attachants : Nathan, le vieil homme sage et mature, qui contemple la vie et ses habitants avec lucidité et recul, Tom, qui a lâché ses rêves, ses ambitions et ne sait plus quel chemin prendre. Aurora, la sœur de Tom, ancienne paumée sous l’emprise d’un mari bigot et stupide, la petite Lucy, charmante enfant qui va amener les deux hommes à reconsidérer leur vie.

 

On y croise aussi Harry, le libraire ancien taulard/escroc reconverti dans la sagesse, mais qui ne pourra s’empêcher de rêver d’un dernier coup d’éclat, la Jeune Mère Sublime, brooklynienne en diable mais malheureuse, et tant d’autres.

 

L’histoire d’une poignée de gens, anonymes, dont le point commun est d’avoir envie de vivre simplement une vie heureuse, d’accepter de se tromper et de considérer l’échec comme un tremplin, l’envie comme un moteur, le bonheur comme une ambition.

 

L’histoire d’un quartier aussi, sans doute. L’histoire d’un petit morceau d’Amérique.

 

J’ai beaucoup aimé ce récit. Mon premier Auster.  Est-ce le meilleur ? A priori non, si j’en crois ce que j’ai lu ici ou là. Et j’y attendais un peu plus de profondeur, à vrai dire. Mais j’y retournerais, sans aucun doute.

 

 

Les avis de LaurenceLaure, Clarabel, Thom, Lisa, Flo, La conteuse, Papillon, Virginie, Mme Patch

07:05 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (23) | |  Facebook

06/08/2008

DERIVE SANGLANTE – WILLIAM G. TAPPLY

derive.jpgVous vous souvenez ? Je vous ai parlé de Stoney Calhoun récemment. Mais oui ! Le guide de pêche, celui qui vit dans le Maine, celui qui ne se rappelle de rien, l’amnésique ! Je vous en parlais à propos de « Casco Bay ».

Ici, Dérive sanglante est le premier roman où William G. Tapply met en scène Stoney Calhoun.

Amnésique, donc, le Stoney. Nous faisons sa connaissance dans ce premier volet de ses aventures et apprenons comment Stoney est sorti un beau jour de l’hôpital, mémoire en berne, avenir indécis et passé englouti par la foudre dix-huit mois plus tôt.

Aucun souvenir, donc, mais Stoney sort enfin. Il sait juste que son compte en banque sera désormais suffisamment pourvu pour qu’il n’aie pas à travailler, pourvu que le passé ne pointe pas son nez.

Alors Stoney écoute son instinct, ou les voix qui sommeillent en lui, ou son flair. Il s’installe au fin fond des bois du Maine et construit sa cabane. Il deviendra guide de pêche, aimera la belle Kate. Un jour, un client vient et demande un guide pour l’emmener dans les bois pêcher des truites sauvages. Stoney n’a pas envie, Stoney ne le sent pas, Stoney fait sa tête de pioche et envoie Lyle, son meilleur ami, à sa place.

Lyle ne reviendra pas. Inquiet, stressé, empli d’un mauvais pressentiment, Stoney part à sa recherche et retrouve son corps. Assassiné.

Par ce client bizarre ? Stoney s'en veut. Il aurait dû y aller, il aurait dû mourir, lui, et pas son copain Lyle.

Voici un roman ma foi fort passionnant. Avec Casco Bay, j’avais découvert ce genre de « polar nature ». Ici encore, nous nous baladons dans les bois du Maine, nous nous passionnons pour la pêche (oui oui), nous suivons avec empressement Stoney dans cette nature sauvage, prenante, absorbante et paisible.

Et, encore une fois, Stoney est passionnant. Qui est-il ? Comment expliquer ce flair, ce besoin d’enquêter, de fouiner, de comprendre ? Comment expliquer qu’il sait comment casser d’un revers de main le nez et les dents à la fois ?

William G Tapply nous embarque dans cette enquête en deux temps trois mouvements : deux promenades en forêt et trois tours de moulinet, quatre mouches-appats (que nous saurons presque monter nous-même). Et pourtant, aucune de ces scènes de pêche et détails techniques n’est barbant. Au contraire. On suit Stoney, on suit Kate, on suit le shérif Dickman, tous ces personnages attachants, authentiques, VRAIS, dans une enquête menée tambour battant, stressomètre au maximum, juqu’au dénouement final (dénouement final qui, encore une fois, aurait à mon sens supporté d’être un peu plus creusé, plus étoffé, mais bon, l’essentiel n’est pas là).

Nous avons ici un polar d’un genre nouveau, original, où la nature prend une place importante, capitale, et c’est franchement à la fois apaisant et rafraichissant.

Eh, Stoney, tu reviens quand, pour un troisième volet ? Je t’attends, moi !!!

Dérive sanglante, William G Tapply - Ed. Gallmeister, 268 pages

 

 

Laure a aimé aussi.

11/07/2008

LE JOURNAL D’UNE BABY SITTER – EMMA MCLAUGHLIN, NICOLA KRAUSS

babysitter.jpgLes enfants, c’est bien joli, c’est mignon quand c’est bien habillé, tout propre et que ça reste à sa place. C'est-à-dire avec sa baby-sitter. Les enfants, ça bousille les brushing, ça hurle, ça prend du temps, ça insupporte.

Franchement, vous vous occupez de vos gosses, vous ? Mme X, elle, elle s’en occupe super bien : son fils Grayer n’a pas le droit de faire la sieste – perte de temps – il prend des cours de français, de musique, de piano, de natation, de karaté, de patinage. Si jamais il a du temps libre, Nanny, sa nouvelle baby sitter peut éventuellement l’emmener au Met, au Guggenheim, à la Bourse de New York ou au Consulat Suédois.

Un univers new-yorkais friqué, très friqué. Une épouse riche et oisive. Un mari absent, débordé par les fusions acquisitions et les fusions corporelles avec son assistante. Un petit garçon de 5 ans déboussolé, livré à lui-même, privé d’amour. Il n’a été conçu que parce que son père se doit d’avoir une descendance et que sa mère voulait une assurance sur son train de vie en cas de d.i.v.o.r.c.e. Ses parents, M. et Mme X. engagent Nanny, qui a en plus d’être jeune, malléable et compétente celui d’être blanche et de bonne famille.

Bien sur, le roman est rempli de clichés, de situations très prévisibles. Mais il se lit avec plaisir, on a parfois le cœur (un peu) serré devant cet enfant trop mal aimé, à peine supporté et brandi de temps en temps à l’entourage tel un trophée de vie sociale. On sourit devant la vie à la fois oisive et stressée de sa mère, Mme X. Oisive parce qu’elle n’a rien à faire à part des séances de manucure, de pédicure, de coiffeur, de shiatsu, stressée parce qu’elle vit dans la terreur de devenir, à son tour, une ex-épouse abandonnée et raillée, supplantée par une plus jeune, plus coriace. Elle connaît le scénario, c’est celui qu’elle a appliqué pour piquer M. X à sa première femme.

C’est parfois drôle, parfois écoeurant, parfois touchant. On ingurgite le roman vite en se disant « pas mal », en se disant brrr….

Bon. Désolée, faut que j’aille chez le coiffeur, j’appelle Juanita et lui confie Fifille. Ces jeunes filles, faut tout leur expliquer, elles savent rien faire par elles-mêmes… D'ici là, j'aurais oublié ce roman, mais pas grave, le moment ne fut pas désagréable...

10/07/2008

CASCO BAY – WILLIAM G. TAPPLY

casco.jpgUn polar en pleine nature, ça vous tente ? Un polar où le personnage principal est une baie, Casco bay, dans le détroit du Maine. Casco bay et les Calendar Islands, nommées ainsi parce qu’elles sont nombreuses, sauvages, abruptes, désertes.

Stoney Calhoun est Guide de Pêche. Il embarque les touristes et les emmène pêcher dans la baie, accompagné de Ralph, son chien, son ami, son compagnon. Stoney est un brave type. Un peu bourru, un peu sauvage, pas très loquace. Sa vie, il se l’est construite depuis sept ans. D’avant, il n’a aucun souvenir. Il sait seulement qu’il a été frappé par la foudre et que sa mémoire a été gommée, effacée. Ctrl Alt Suppr, en quelque sorte. Profiter, pêcher, savourer, aimer la belle Kate, pêcher, parler à Ralph. Parfois quelques éclairs fugaces, une lueur floue dans sa tête, mais rien de plus.

En revanche, quand il découvre avec un touriste un cadavre calciné sur Quarantine Island, il sait qu’il ne doit toucher à rien, ses yeux cherchent automatiquement les traces, les indices. Et cette odeur, il la connaît aussi. Puis quand le touriste qui l’accompagnait est aussi assassiné, Stoney sait instinctivement étudier le corps avec le regard, chercher les douilles, étudier l’angle de tir.

Stoney accepte d’épauler le shérif Dickman, son ami.

Toute la beauté de ce polar réside d’une part dans la nature, cette Casco Bay sauvage et brumeuse. La brume, les sorties en mer, la vie plutôt aride et bourrue des habitants. On est loin des villes et des courses poursuites effrénées. D’autre part, le personnage de Stoney est véritablement charismatique. On devine l’ancien… l’ancien quoi au fait ? un ancien flic ? un ancien terroriste ? un ancien agent spécial ? On n’en saura rien. Si ce n’est que quelqu’un vient s’assurer régulièrement que Stoney est toujours amnésique. Et que Stoney semble savoir instinctivement comment tuer à mains nues.

Et là réside le charme principal du roman : on s’attache à ce pêcheur, à son chien, à son bateau. Les cadavres se multiplient et on ne lâche plus le roman. Plus du tout (même si, soyons honnête, on se dira en le terminant que le dénouement n'est finalement pas très original).

Casco Bay est le deuxième roman mettant en scène Stoney Calhoun. Le premier, Dérive sanglante, va certainement rejoindre le haut de ma PAL rapidement.

Et Stoney Calhoun devenir un de mes personnages préférés.

 

Casco Bay, William G. Tapply – Gallmeister collection Noire, 291 p

04/07/2008

44 SCOTLAND STREET – ALEXANDER McCALL SMITH

mccall.jpgJe connaissais Alexander McCall Smith grâce à son héroïne Mme Ramotswe, détective privée du Botswana. Il y a beaucoup d’humour et de fraîcheur dans ces enquêtes africaines, et cette détective pleine de bon sens est devenue une copine que j’aime retrouver de temps en temps.

Ici, c’est avant tout la couverture qui m’a attirée. Et je ne le regrette pas.

Nous sommes dans un immeuble d’Edimbourg. Les habitants se croisent, se parlent, se rencontrent, sont colocataires ou voisins. Il y a Bruce, le bellâtre totalement narcissique persuadé d’être totalement irrésistible. Dés qu’une femme le regarde, il est persuadé d’être pour elle un fanstasme sexuel. Il y a Pat, sa colocataire, un peu paumée, un peu romantique, un peu naive. Elle travaille plus ou moins dans une galerie d’Art tenue par Matthiew, fils à papa oisif. Son père lui a acheté cette galerie quand il a comprit que son fils ne pourrait jamais prétendre à diriger les affaires familiales. Matthiew ne comprend rien à l’Art et confondrait Rembrandt avec Picasso, mais peu importe. Pat identifie un Peploe dans le catalogue et l’emporte chez elle en attendant une authentification.

On y rencontre aussi Domenica, qui malgrè son grand âge étudie ce petit monde au travers un regard cynique et lucide. Bertie, le petit garçon prétenduement surdoué, gavé par ses parents de cours de saxo, d’italien, de tout, qui n’en peut plus d’être anormal ; sa mère proprement insupportable et aveugle, Monsieur Todd, l’employeur de Bruce, et sa femme, conservateurs étriqués et perclus de d’idées reçues…

Le tableau disparaît : Bruce l’a offert à la tombola de Mrs Todd. De toute façon ça avait l’air d’être une croûte d’un vulgaire peintre du dimanche. La chasse au tableau est ouverte, tout ce petit monde va partir à la recherche du Peploe.

C’est amusant, vivant, frais, coloré. On sourit de leurs aventures et mésaventures. Et puis sous l’humour se cachent pas mal d’humour noir, des portraits plutôt acides de cette petite bourgeoisie édimbourgeoise.

Des petites chroniques (inspirées des Chroniques de San Francisco, l’auteur le dit dans la préface) qui se laissent lire avec plaisir.

Parfait pour la plage !

 

 

L’avis de Clochette

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