Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/03/2008

DANS LES BOIS – HARLAN COBEN

293210663.jpgPaul Copeland est procureur. Un homme est retrouvé assassiné, plusieurs coupures de presse dans sa poche attestent qu’il connaissait Copeland. Quand Copeland identifie le corps, il reconnaît Gil Perez.

Mais Gil Perez est considéré comme mort depuis vingt ans. Comme la sœur de Paul. Ils ont disparu même temps que Margot et Doug, dont les corps ont été retrouvés peu après dans les bois. Ils avaient été égorgés, alors qu’ils étaient en colonie de vacances. Alors que Paul était chargé de veiller sur le camp. Mais il avait déserté son poste pour retrouver sa petite amie Lucie. Un tueur en série a été arrêté, mais sa culpabilité n'a jamais été formellement démontrée.

Le dernier roman d’Harlan Coben ne déroge pas à la règle. Véritable whodunitqui ne se lâche pas, chaque chapitre se termine en entrouvrant la porte d’un nouveau rebondissement. Le passé enterré resurgit et Paul Copeland, déjà empêtré dans une affaire de viol qu’il doit instruire, va se lancer dans une course après des fantômes. Fantôme de sa sœur, fantôme de sa propre culpabilité, fantôme de toutes les personnes dont les vie ont été laminées par ces meurtres : sa mère qui les a quittés, lui et son père, peu après cette histoire, la famille Perez, sa petite amie Lucie, qu'il n'a plus revue depuis, le père de Lucie, propriétaire de la colonie et apôtre des drogues douces. Tous ont tenté de rebâtir leur vie malgré leur culpabilité, leurs questions, leurs douleurs.

Autant de cicatrices grossièrement refermées qui vont s’ouvrir brutalement.

Encore une fois, c’est haletant, c’est rapide. Harlan Coben maîtrise brillamment les codes du suspens et l'on retrouve ses thèmes favoris : le passé, son poids, les non-dits soigneusement ensevelis qui vous sautent au visage alors que vous essayez de balayer ce passé qui vous ronge.

Néanmoins, j’ai aimé le tout sans réellement m’attacher aux personnages. Comme si la sauce manquait de liant. Ce petit truc en plus que j’avais aimé dans les autres romans d’Harlan Coben, comme "Une chance de trop", "Innocent" ou surtout, mon préféré « Disparu à jamais ».

Dans les bois – Harlan Coben. Belfond noir, 423 pages

07/03/2008

LE GARCON DANS LA LUNE – KATE O’RIORDAN

293352657.jpg

Livre voyageur de Cathulu

Après la mort accidentelle et terrible de leur fils Sam, Julia quitte Brian et va se réfugier chez Jeremiah, son beau-père. Taciturne, rigide, brutal, l’homme accepte la présence de sa bru sans un mot. Julia ne trouvera aucun réconfort dans cette maison perchée sur les côtes irlandaises, mais elle découvrira que le passé d’une famille peut marquer indélébilement tous ses membres…

Kate O’Riordan aborde ici un thème a priori difficile mais simple : un couple marié depuis 10 ans qui commence à s’ennuyer, la mort de l’enfant unique, la séparation, la vie qui continue, branlante, dépossédée, mutilée. Mais au-delà de l’affectation que ce récit pourrait entraîner, elle utilise l'événement pour rebondir sur une histoire bien plus complexe et tragique.

De l’ennui et l’habitude qui érodent le couple que forment Julia et Brian, de la vacuité de leurs échanges, les rapports bâclés (« Pas même un petit grognement pour agrémenter le bruit solitaire de deux corps se rentrant dedans avec lassitude au milieu de la nuit. Elle se demandait si tous les mariages puaient autant sous le parfum répandu pour les amis et la famille »), ce roman dépasse rapidement ce qui pourrait devenir un cliché et va basculer encore plus loin.

La mort de Sam va bien sûr atomiser l’existence de ce couple. Julia, incapable d’assister à l’enterrement de son fils, se réfugie quelques semaines plus tard chez son beau-père. En Irlande, là où est justement enterré le petit garçon. Elle se rapproche de son fils, mais pas à pas, lentement, ramassant petit à petit ses forces pour affronter la réalité, affronter le tombeau et faire enfin face à la mort de son enfant. Elle découvre par hasard le journal de la mère de Brian et se plonge dans l’histoire de cette famille, les drames, les abominations soigneusement enterrées qui ont pulvérisé l’avenir de ses membres.

Jeremiah le maussade, monstre incapable d’aimer, rempli de certitudes quant à l’éducation qu’il convient de donner (ou plutôt d’acquérir, « donner » étant trop synonyme de « don » pour pouvoir s’appliquer à l’homme), n’élève pas ses enfants. Il les dresse. Il est craint autant que désespérément aimé, désespérément haï.

La famille sera dévastée par un drame, interdite de chagrin par un père despote ; la mère confinée à ses fonctions de reproductrice et ménagère se tuera à la tâche ; la fratrie sera broyée à tout jamais par la toute puissance tyrannique du père : des personnalités disloquées, incapables de parler, de se parler qui auront survécu avec une immense chape sur les épaules, une haine, une rancœur, un peur tapie au fond du cœur. Et cette haine, cette peur, qui finissent par resurgir, un jour. Parce que le seul moyen de laver le passé est de le faire revivre. Pour s’en disculper, pour s’en défaire.

C’est saisissant. J’ai aimé ce roman. J’ai aimé cette femme qui essaye de survivre à la mort de son enfant (est-ce seulement possible ?) j’ai aimé ce père laminé par la culpabilité. J’ai haï cet autre père implacable, révoltant, glaçant. J’ai souffert pour cette autre femme écrasée telle un insecte par le regard et l'indifférence haineuse de son mari.

Le style est simple, sans chichis aucun, mais Kate O’Riordan s’y entend pour allumer des étincelles, provoquer des émotions, susciter des frissons et des petits picotements qui remontent des profondeurs de la mémoire et surgissent en vague.

Du poids de l’enfance et de l’importance de communiquer.

Merci Cathulu, son avis est ici.

Laure, pour sa part, a moins aimé.

Cuné l'a lu aussi.

08:21 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

26/02/2008

84 CHARRING CROSS ROAD – HELENE HANFF

136194605.jpgHélène Hanff, jeune dramaturge new-yorkaise férue de lire anciens, commande à une librairie londonienne Marks & Co, située 84 Charring Cross Raod quelques ouvrages. Frank Doel, libraire, lui envoie aussitôt les livres commandés.

S’ensuit alors une correspondance qui durera plus de vingt ans entre Hélène et Franck.

Ce roman est tout à fait délicieux. La correspondance qui s’installe entre Hélène et Franck évolue au fil des ans pour devenir de plus en plus amicale, chaleureuse et intime.

Les liens qui se tissent peu à peu entre ces deux amoureux des livres sont faits de respect, de tendresse, et l’affection profonde qui les unit devient de plus en plus sincère.

Hélène est vive, sarcastique, caustique. Ses lettres sont remplies d’humour et de plaisir à partager. On devine en face d’elle un Franck Doel plus réservé, plus secret, mais qui se laisse aller à s’ouvrir peu à peu à cette américaine qui le titille si souvent et si affectueusement.

Peu à peu Hélène devient un mythe au sein de Marks & Co. Les employés, la famille de Franck entament eux aussi un correspondance avec elle.

Ils ne se rencontreront jamais. Hélène aura toujours une bonne raison de repousser son voyage à Londres et Franck mourra en 1969. Mais en aurait il été autrement s’ils s’étaient rencontrés ? Je crois que cela fait justement partie du charme de ce roman ; l’idéalisation de l’autre est encore plus profonde quand on ne peut que se baser sur des lettres, qui révèlent plus intimement les personnes.

Au-delà du roman, j’avoue avoir été touchée par ces rapports épistolaires. Il est vrai que l’on peut nouer des relations fortes, sincères, avec des personnes que l’on ne connaît pas. La preuve en est chaque jour avec ces blogueurs qui échangent sur leur passion, qui partagent leur amour des livres sans forcément se connaître.

Une relation nouée uniquement sur l’amour des livres, qui peu à peu de vient une vraie relation, faite d’amitié, de complicité, de tendresse. Une relation virtuelle, qui devient vite essentielle, vitale, et qu’on ne peut arrêter. Voilà ce que j’ai aimé, ce que j’ai adoré et que j’ai envie de partager.

Les avis de Stéphanie, Yueyin, Chimère, Biblioblog, Sylire, Majinissa, Flo, Emeraude, Karine, Fashion

que je remercie pour le prêt... et j'en oublie sans doute ?

 

 

Lu dans le cadre du Challenge ABC 2008, lettre H.

06:03 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook

19/02/2008

SWAP – ANTHONY MOORE

a9e17f7256a51dd8a8650889344916e3.jpgHarvey Briscow a toujours vécu dans une bande dessinée. D’ailleurs, il est directement passé de l’âge enfant à l’âge enfant-qui-n’a-pas-voulu-grandir. La preuve, au lieu d’évoluer normalement, c'est-à-dire de choisir un vrai métier comme dit sa maman, de se marier et d’avoir des enfants comme dit son papa, il a ouvert une boutique de bandes dessinées à Londres. Où il végète depuis… soyons sympa, disons….depuis pas mal de temps.

De toute façon, il n’aime que ça, les comics. Et son fantasme, ce serait d’ouvrir un coffee shop à New York sur le thème des super héros : les 4 fantastiques, Superman, Wonder Woman. Ses idoles, quoi.

Mais, pour ouvrir ce coffee shop, il aurait fallu qu’il garde ce fichu « Superman numéro un », quand il était encore un gamin, au lieu de l’échanger contre vulgaire bout de plastique à Charles Odd, dit Bleeder. Voilà ce qui hante ses jours et ses nuits, à Harvey : cette saleté de BD qui aujourd’hui vaut près de deux cent mille livres et qu’il a stupidement donnée à un camarade persécuté, un pauv’type martyrisé par les gars du collège de son enfance. Harvey en rêve, Harvey en bouffe, du remords et des regrets : il construit sa vie autour du souvenir de cette relique. Alors il se rend à une réunion des anciens du collège afin de demander à Charles Odd de lui rendre cette BD. Qu’il la lui rende, ou qu’il lui avoue l’avoir brûlée, peu importe. En tout cas il faut qu’il en finisse avec les regrets et les « si ».

Le lendemain, il décide de cambrioler la maison de Charles Odd. Et tombe sur le cadavre la vieille Mrs Odd. Affolé il prend ses jambes à son cou…. Mais qui avait le meilleur mobile pour tuer une vieille femme chez qui se trouvait encore LA BD  ? Qui ressassait sans arrêt qu’il aurait mieux valu qu’il la garde, sa BD ? Qui a laissé ses empreintes partout ? Harvey, bien sûr. Il est mal barré, c’est certain. Vraiment mal barré.

Ce roman est assez divertissant. Les situations sont souvent amusantes, les personnages à la fois attachants et navrants par certains cotés. Des pauvres types qui n’ont pas réussi à bâtir leur vie, ou plutôt ont bâti un simulacre de vie.

Certes, on a très envie de savoir qui est réellement le (ou la) meurtrier(e). Parce que les coupables possibles, il y en a plusieurs : Charles Odd, le fils étouffé par une mère plus ou moins folle ? Jeff Cooper, la brute épaisse ? Maisie Cooper, le démon aux yeux d'ange ? La dessus, rien à dire, on est rivé au roman pour connaître la fin.

En revanche, le style ou plutôt l’absence de style gâchent un peu le plaisir. Il y a de l’humour, certes, mais il n’est pas aussi subtil que chez Nick Hornby. Il y a quelques perles (les parents d’Harvey sont hilarants) mais quelques réflexions plus « lourdaudes » qu’élégantes abiment le tout.

Ce sera mon bémol. Celui qui a suffit à ne pas m’emballer.

Quant à Cuné et Bellesahi, elles ont réussi à passer outre et vraiment apprécié, les chanceuses !

Ps : Cuné évoquait John Cusak pour le rôle de Harvey. Je penche plutôt pour Kevin Spacey, même s’il est plus âgé que le personnage!!

Swap - Anthony Moore - Editions Liana Levi, 350 pages

06:20 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

15/02/2008

JIMMY THE KID – DONALD WESTLAKE

528f1aafe5ba0e024f09ffdc9392100c.jpgDortmunder est un truand à la p’tite semaine. Les coups foireux, c’est sa spécialité. Oh, c’est pas qu’il prépare mal ses coups, non, c’est plutôt qu’à chaque fois, y’a un truc qui cloche : un doberman qui surgit là où il devait y avoir un caniche nain, une cargaison qui est au troisième étage alors qu’on lui avait dit deuxième... Alors, quand son copain Kelt vient lui parler d’un roman de Richard Stark dans lequel le parfait kidnapping est décrit point par point et qu'il n'y a qu'à faire pareil, il se dit que, peut-être, cette fois la chance a tourné et qu’il va enfin pouvoir se faire un bon p’tit magot. Et profiter de la vie, bien pépère à l'abri du besoin.

Le souci, c’est que Kelt, il ne vaut pas mieux que lui, mais bon, après tout, si les ravisseurs du bouquin ont réussi leur coup, pourquoi pas eux, puisque tous les détails sont donnés et qu'il suffit de les suivre à la lettre ?

Avec leurs complices Murch, M’man Murch et May ils réfléchissent aussi intensément que leurs petits neurones le leur permettent et décident d’enlever Jimmy Harrington, le fils d’un très riche avocat new-yorkais.

On suit le bouquin à la ligne et hop ! On se tire avec 30 sacs chacun…

 

Ah si tout pouvait être aussi simple que dans les bouquins….

C’est qu’il est délicieux, ce petit polar qui n’a de polar que le nom ! Voilà une bande de Pieds Nickelés bien bêtes et bien naïfs qui se piquent de jouer les Clint Eastwood !

C’est bourré d’humour, ce scénario à la Groucho Marx  ! Une bande de gros bêtas imagine monter le coup du siècle et se tirer comme ça, la gloire en plus ?! Le problème c’est que les gosses de riches, à New York, ils sont plutôt malins ! Surtout après 4 ans d’analyse pendant lesquels ils ont roulé leur psychiatre dans la farine ! Rira bien qui rira le dernier !

Et puis, il y a plein d’autres personnages tout aussi truculents : du père qui ne peut s’empêcher de négocier la rançon parce qu’après tout, un gosse ou un procès, ça se négocie pareil, réflexe pavlovien. Les flics du FBI prêts à tout pour jouer les gros bras, le psychiatre éminemment perspicace qui voit tout sauf que son patient se fout de lui, et ces truands… ah, ce qu’on aimerait qu’ils s’en sortent, ces gentils méchants qui n’ont pas inventé la poudre !

Il y a des passages mémorables. Celui du rapt en premier lieu, parce que dans les livres il semblerait que les limousines pèsent moins lourd que dans la vraie vie ; celui par exemple où la conversation entre truands et flics se mue en discussion enflammée sur les soucis des chauffeurs de taxi exploités par les méchants syndicats new-yorkais ; la demande de rançon (je vous l’ai déjà dit, je sais, mais elle est vraiment comique !) ; l’intervention des policiers de la route qui ne supportent pas les grosse berlines de luxe, question de principe, les richards, y'a pas d'raison qu'ils échappent aux PV… bref,… c’est un roman drôle et croustillant comme un bon p’tit film de Bourvil.

Pour la petite histoire, Donald Westlake écrit également des romans sous le pseudonyme de Richard Stark… l’idée est excellente, de s’auto-plagier tout en l’avouant…et vous verrez à la fin que plagier n’est pas plagier, si on plagie la vraie vie…

Merci Kali, pour ce savoureux roman que tu m’as envoyé avec mon colis du Swap Noir c’est noir ! Je me suis régalée!

04/02/2008

LA ROUTE – CORMAC Mc CARTHY

80b0916cbfd56861e3cc18262550dc0a.jpg

 Un homme et son fils marchent sur une route, poussant devant eux un caddie rempli de tout ce qui peut leur servir : nourriture (quand ils en trouvent) couvertures, briquet, vêtements… Le revolver est dans la poche de l’homme. Objet essentiel.  Ils marchent vers le Sud, en respirant les poussières de cendres qui petit à petit consument leurs poumons.

Pourquoi, comment ? On n’en saura rien. Cormac Mc Carthy ne donne pas d’explication, mais on n’a pas de mal à imaginer que l’apocalypse a eu lieu. Le monde est détruit. L’humanité n’existe plus. Tout a été brûlé, calciné, aspiré.  Seuls restent quelques survivants erratiques, rares silhouettes fantomatiques qui se croisent et s’évitent soigneusement.

L’homme et son fils n’ont pas de noms. Ils pourraient être chacun d’entre nous. Ils traversent un pays qui pourrait être le notre, sur une route qui pourrait être la nôtre et qui devient leur chemin de croix.

Que reste-t-il quand l’humanité a disparu ? Quand la seule chose qui compte est de survivre, trouver quelques restes de nourritures moisies et échapper à une mort qui reste certaine, tapie à chaque détour, derrière chaque virage ? Il reste la nécessité de marcher, d’allers vers un futur incertain, inutile en fait, on le sait bien. La nécessité de se protéger, de lutter contre la mort, le froid, la faim. Marcher et ne pas dormir trop longtemps, sinon on ne se réveillera pas.

La nécessité de rester seuls et de se protéger des autres. La nécessité pour cet homme d’accompagner son fils, de lui éviter le sort réservé aux quelques survivants qui s’entretuent, question de survie. Quand il ne reste rien, la barbarie devient vitale.

L’homme, lui, n’y croit plus. Mais il y a la foi de son fils qui croit que, peut-être, un autre homme et un autre enfant font comme eux, ont survécu aussi. L’espoir innocent d’un enfant, que son père ne veut pas réduire en poussière, et entretient parce que, sans foi, sans espoir, l’humanité se sert à rien.

C’est impressionnant, cette façon qu’a Cormac Mc Carthy de dessiner une humanité qui n’a plus d’humanité que le nom. Tout est dans la puissance évocatrice de son récit. Apocalypse, cendres, poussières, froid, faim, terreur, avec un minimum de mots et de descriptions il nous propulse dans ce monde dévasté, ravagé, anéanti. Il n’y a rien d’autre à faire que d’avancer, de marcher vers une chaleur qu’on n’est pas sûr de trouver.

C’est à la fois glacial et oppressant, cette plume épurée à l’extrême. Mais l’effet n’en est que plus fort, plus poignant. Que feriez vous, vous ? Si vous saviez que marcher ne sert à rien, que de toute façon la mort vous rattrapera ? Que vous gardez ce revolver non pas pour vous défendre, mais pour vous soulager d’une vie revenue au stade animal ? Le hic, c’est que vous n’êtes pas seul. Votre fils est avec vous. Alors il faut lui insuffler l’espoir qui vous a quitté, et tirer de lui la force que vous n’avez plus.

C’est un roman apocalyptique. Un roman de fin du monde. Un roman empli de pessimisme mais aussi de mélancolie, et d’espoir, de foi en l'espèce humaine. Un roman foudroyant, qui ne laisse pas d’échappatoire, mais qui émeut terriblement.

Merci Emeraude !

La route - Cormac Mc Carthy - Editions de l'Olivier - 245 p - Prix Pulitzer 2007

07:00 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook