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28/03/2010

LE LIVRE DES MORTS – GLENN COOPER

Si un jour vous recevez une carte postale blanche, portant juste la mention d’une date et un dessin de cercueil, ne cherchez cooper.jpgpas : cette carte est le faire-part de votre mort.

 

A New-York, six personnes reçoivent une carte de ce genre. Elles meurent toutes au jour indiqué, de façons totalement différentes : overdose, agression, accident ou suicide, la tâche est dure pour Will Piper, le profiler du FBI chargé de l’affaire. Le tueur, puisqu’il s’agit d’un tueur, semble échapper à toute identification, son modus operandi varie d’une victime à l’autre, chaque suspect identifié pour un mort ayant un alibi pour les autres. Will persévère et son enquête le mène à Las Vegas, près de la zone 51 dans le désert du Nevada où sont cachés les secrets les plus protégés du gouvernement américain…

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25/03/2010

Dark tiger – William G. Tapply

Je suis fidèle ! Je suis constante ! Je reste la même ! Après les billets de Cuné, Cathulu (merci pour le prêt !) ou Brize sur Dark tiger, dernier volet des tapply.jpgaventures de Stoney Calhoun, j'avais un peu peur que cette fois ci mon enthousiasme s'émousse et que tout ce qui fait le charme des romans de Tapply soit quelque peu éventé.

 

Eh bien non. Encore une fois, j’ai plongé.

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19/03/2010

DOCTEUR A TUER – JOSH BAZELL

Lui, c’est Peter Brown, né Pietro  Brnwa, nom de code Griffe d’Ours. Parce que Peter, ou Pietro, ou Griffe d’Ours fut, dans bazell.jpgun passé pas si lointain, tueur à gages pour le compte de la mafia. Mais le passé est le passé : à présent Peter bénéficie du programme WITSEC, s’est libéré de ses liens avec la Cosa Nostra (qui aimerait bien le retrouver), et se consacre à son activité de médecin au sein du Manhattan Catholic Hospital (yep, Peter a repris ses études quand il s’est repenti). Il se drogue au Moxfane, insulte confrères et malades (ça vous rappelle quelqu’un ?), est un bon médecin (ça ne vous rappelle vraiment personne ?). Mais un jour, un patient le reconnaît, un patient qui sait quel tueur se cache derrière le Docteur Peter Brown. Et ça, ça risque de causer des problèmes et ficher en l'air le beau programme de protection des témoins qui abrite Peter.

 

 

Premier roman du Docteur Josh Bazell, Docteur à tuer se passe en milieu hospitalier (Josh Bazell est médecin, tous les passages médicaux sont crédibles, souvent drôles et bien vus*)(bon, après ça, on n'a plus du tout envie de se faire opérer par un chirurgien pressé d'aller jouer au golf), l’intrigue se déroule sur une journée (mais les chapitres alternent cette fameuse journée riche en adrénaline et le récit du passé de Peter / Griffe d’ours) ; il y a des tueurs à gages, la mafia, une atmosphère à la "Urgences" et l’histoire d’amour entre Pietro et Magdalena la jolie violoncelliste (pour qui Pietro voudra renoncer à son métier) (de tueur, pas de médecin) apporte (un peu) de fraîcheur à l’ensemble.

 

Beaucoup de choses, donc, beaucoup d’ingrédients jetés un peu pêle-mêle, un peu en vrac dans un style certes coloré, certes tonique (mais pas suffisamment travaillé et parfois inutilement vulgaire) mais le tout manque de liant.

 

Un peu comme quand on fait une soupe prenant tous les légumes au bas de son frigo, qu’on les jette dans le robot après les avoir fait cuire, mais pas assez, et sans les mixer correctement. Ca fait un potage mangeable, mais qui pourrait être bien meilleur.

 

Et c’est dommage, car il a du potentiel, ce personnage. Son passé lui donne une aura bien sombre, sa profession et son évolution dans un hôpital peuvent certainement conduire à des intrigues bien troussées, mais, dans cet opus (je ne sais s’il y a aura d’autres romans avec Peter Brown), j’ai eu surtout l’impression d’un livre écrit à la va-vite et qui n'exploite pas suffisamment les possibilités offertes et par les personnages et par les situations (ou au contraire qui ne sait pas s'arrêter). (pas la peine de mettre de la crème fraîche si la soupe est bien veloutée).

 

Josh Bazell a également rajouté de nombreuses notes de bas de pages : un peu c’est drôle, trop ça gâche le goût (c’est pareil pour la soupe : on rajoute du sel mais… il faut savoir doser).

 

Pour finir, la quatrième de couverture mentionne USA Today : « Lorsque Dr House rencontre les Sopranos » ou Harlan Coben « Rapide, drôle, effréné ». N’exagérons rien ! Il paraît aussi que Leonardo DiCaprio interprètera prochainement Peter Brown à l’écran…il était tellement bon dans Les infiltrés, Les noces rebelles ou Shutter Island que j’espère qu’il fera quelque chose de bien avec ce rôle là…et que le scénario sera intelligemment remanié. Quant au trailer réalisé pour le livre (je vous laisse chercher sur le net),… j’ai beaucoup de mal avec ce marketing (sur ce livre ou un autre d’ailleurs).. pour moi, un livre, ce sont des pages, des mots, et des images qui me viendront à l’esprit pendant la lecture. Pas des images pré mâchées et racoleuses que je vais ingurgiter avant de lire le roman. Je préfère garder mon temps de cerveau disponible.

 

 

Docteur à tuer, Josh Bazell

JC Lattes, mars 2010, 304 pages

 

 

L’avis de Audrey, que je rejoins totalement.

 

 

* j'ai appris comment faire une auto-péronectomie. Je ne sais pas si j'expérimenterai, ceci-dit.

 

04/03/2010

La vengeance du wombat et autres histoires du bush – Kenneth Cook

Les obsédés des rides d’expression en seront tout déconfits, ce n’est pas en lisant les nouvelles de Kenneth Cook que l’on pourra les cook.jpgéviter. Bien au contraire, et tant pis pour ces affreuses petites ridules qui pourraient venir nous balafrer, les quatorze histoires que nous narre cet écrivain en goguette dans le bush australien sont souvent désopilantes, un brin invraisemblables parfois, vous mettent le sourire aux lèvres, et plus souvent qu’à leur tour.

 

 

Notre écrivain, donc, est en goguette dans le bush australien : légèrement enrobé, plus poltron qu’il ne l’admet devant les chercheurs d’opales, les chasseurs de crocodiles ou de requin, pas intrépide pour deux sous, il a l’art de décrocher la timbale au fil de ses rencontres improbables. Des wombats vindicatifs et pas contents d’être dérangés dans leurs pierres tombales (on le serait à moins, ceci dit, non ? franchement...) un quokka intoxiqué au gorgonzola, un koala pour le moins explosif, voilà notre bonhomme agrippé au ventre d’un kangourou bondissant ou écoutant l’histoire de l’homme qui voulait castrer un cochon… (évitez de le faire, croyez moi, ça pourrait mettre la bête en colère et se retourner contre vous).

 

De l’humour, du n’importe quoi parfois, un style détaché, comme si ces aventures étaient somme toute normales, Kenneth Cook m’a parfois fait penser à  Bill Bryson : avec son air de ne pas y toucher, ses anecdotes aussi étonnantes qu’hilarantes, il arrache quelques gloussements, des éclats de rires aussi, et vous met de bonne humeur pour quelques heures.

 

Rien que ça, ça mérite le détour.

 

 

« Nous installâmes notre camps au crépuscule dans un coin de forêt morte, en lisière des marais, et nous préparâmes un repas typique du bush : huîtres (en conserve), filet de steak cuit à point, salade, fromage et caviar, accompagnés par une ou deux bouteilles de Jacob’s Creek. »

 

 

 

 

La vengeance du wombat et autres histoires du bush – Kenneth Cook

Littératures autrement, février 2010, 158 pages

 

 

Les avis de Cathulu, Cathe et Dasola, LVE, des libraires de Mollat, Michel, Dominique, tous sous le charme.

 

 

26/02/2010

SHIBUMI – TREVANIAN

Il y a six figures dans le jeu de Go chinois, six figures correspondant à une étape différente du jeu. Et c’est en six chapitres que se déroule l’intrigue de Shibumi, le Shibumi reflétant en quelque sorte l’accession ultime au Beau, à la pureté, à l’excellence même.shibumi.jpg

 

L’excellence même, ce n’est pas à vrai dire ce qu’atteignent quelques terroristes israéliens qui embarquent de Rome pour Londres dans le but de commettre un attentat de représailles sur le sol anglais. Repérés par la CIA, ils sont exécutés avant même d’avoir quitté l’Italie dans un bain de sang aéroportuaire. Tous, sauf Hanna Stern, la jeune terroriste qui va réussir à s’envoler pour Pau et se réfugier chez Niccholaï Hel, ancien tueur « à main nues », spécialisé dans l’élimination de terroristes, qui savoure une retraite méritée dans son château du Pays Basque, accompagné de sa concubine et de son ami Benat Le Cagot, amateur de spéléologie comme lui. Mais la CIA, et surtout la Mother Company, qui regroupe secrètement une sorte de consortium des grandes compagnies pétrolières et gouverne le monde économique et financier, envoient leurs sbires au Pays Basque, afin de d’éliminer Hel.

 

Je dois reconnaître que Shibumi porte bien son nom. Vraiment.

 

Après La sanction et L’expert, ma découverte des romans de Trevanian continue à me surprendre, à m’enchanter, à me ravir. Encore plus qu’avec les deux opus précédemment cités. Il serait difficile de résumer ce roman, aussi dense que passionnant. Après le prologue aéroportuaire et sanglant, donc, nous allons plonger dans une alternance de chapitres qui décrivent l’enfance de Niccholaï Hel, homme mystérieux, tueur hors normes et pourtant totalement captivant. L’homme, polyglotte, raffiné, élevé par un Colonel de l’Armée Impériale Japonaise, est devenu interprète pour les Forces Américaines après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, puis tueur, et enfin paisible retraité réfugié au Pays Basque (il a appris le Basque pendant une longue période de détention et de tortures). J'ai adoré ces passages, cette vie hors normes et passionnante, ce long emprisonnement, les séances de torture, les efforts de Hel pour ne pas sombrer dans la folie, tout autant que les parties de Go avec le colonel Ishigawa. La vie de Hel nous plonge dans Shangaï, au Japon, avant et après la deuxième guerre mondiale. C'est érudit et totalement passionnant.

 

En alternance, nous suivons les réunions organisées par la Cia, et notamment ses sbires Diamond (dont le frère a été assassiné par Hel), Starr, un texan bourru et Haman, un palestinien. Ne seront épargnés par Trevanian ni les économiques américaines, les modes de vie et les mentalités, voilà une bande d’agents secrets forts en gueule et totalement inaptes. S’appuyant sur l’ordinateur Fat Boy et sa gigantesque base de données, sorte de Big Brother avant l’heure, les agents américains sont fortement tancés par Trevanian : stupides dans leurs acharnements, têtus et peu scrupuleux, voilà une brochette d’agents secrets savamment écorchée par la plume aiguisée de l’auteur, et ces chapitres proposent une alternative plus amusante, plus cynique, aux passages consacrés à la vie de Hel.

 

Au fil de pages et des chapitres, l’intrigue se dénoue peu à peu, sans jamais lasser le lecteur, happé par la qualité du roman d’espionnage, bien ficelé et fichtrement captivant. Mais au-delà, et bien plus passionnant que le reste, c’est la qualité des personnages que j’ai apprécié : autant Niccholaï, esthète raffiné et détaché, que les sbires imbéciles de la Cia, sont extrêmement bien dessinés, ainsi qu’une galerie de personnages hautement attachants : Benat le Cagot, avec qui Hel pratique la spéléologie, figure haute en couleur et en jurons, indépendantiste basque convaincu, Hana la concubine de Hel, Pierre, son jardinier météorologue qui s’inspire de proverbes et de… vin rouge.

 

Des personnages, et surtout ce style, cet humour détaché, ces piques distillées au fil des pages, ces remarques lâchées l’air de rien sur les Etats-Unis et leur consumérisme, la CIA, les anglais, les français, les italiens, les Basques, aussi (mais sans doute avec beaucoup de tendresse pour ceux là, dont les ragots et la curiosité sont croqués avec énormément d’humour), oui, c’est cet humour que j’aime chez Trevanian, cette façon impeccable de nous happer dans ces histoires, de nous faire aimer (ou mépriser) intensément tous ses personnages, de nous faire rire et sourire plus d’une fois.

 

Il y a dans ses romans tout ce que j’aime : humour, dérision, action remarquablement menée qui ne se lâche pas tant qu’on n'en connaît pas la fin ; tous les éléments sont savamment dosés et distillés, le style est impeccable, les personnages truculents, drôles ou raffinés, tous bien dessinés, le tout proposant en plus quelques remarquables réflexions sur le monde et le consumérisme. Bref, vous l’aurez compris, ce Shibumi est pour moi une grande réussite.

 

 

 

Shibumi, Trevanian

Gallmeister, 443 pages, septembre 2008

 

 

 

Les avis, tout aussi convaincus, de Fashion, Emeraude, Serial Lecteur.

 

21/02/2010

LES AMOURS DE LOLA – AMANDA EYRE WARD

« J’ai presque oublié qui je voulais devenir. »

 

Ce sont des jeunes femmes qui sont au centre des douze nouvelles du recueil* d’Amanda Eyre Ward : des jeunes femmes américaines, plus ou moins trentenaires, blanches, toutes au seuil de la maternité : l’une refuse de procréer par peur d’une amours loca.jpgattaque chimique sur les Etats Unis (« Dois-je avoir peur ? »), l’autre vient de perdre son bébé (« Les étoiles brillent au Texas), une autre tente désespérément d’être enceinte (« Shakespeare.com »). Le ton d’Amanda Eyre Ward est juste, elle raconte simplement le quotidien de ces jeunes américaines en proie au doute, qui ont peur de s’engager, que ce soit dans l’amour ou la maternité. J'ai trouvé les six premières nouvelles  moins réussies que les six dernières, elles m’ont moins touchée (avec une exception pour la nouvelle « Sur le lac Messalonksee », où Lizzy, jeune ballerine, renonce à sa carrière pour se consacrer à son enfant : rêves brisés volontairement mais frustration certaine et impuissance de son mari à la rendre heureuse).

 

L’histoire de Lola, elle, nous est racontée à travers six autres nouvelles, toutes  saisissant une brève période de sa vie : du mariage de son petit ami avec Miss Montana, d’un aparté sur les parents de Lola (« Nan et Claude », émouvante et très juste), au mariage de Lola, sa vie d’expatriée en Arabie Saoudite, sa maternité, enfin, et son retour aux Etats-Unis. C’est à travers ces nouvelles là, ces instantannés esquissés avec finesse, que je retrouve avec plaisir la plume sincère et toujours juste d’Amanda Eyre Ward. En capturant des brefs moments d’intimité, en soulevant quelques pans de vie, Amanda Eyre Ward réussit à livrer tous les doutes, les interrogations lancinantes ou les regrets qui hantent l’esprit de ces jeunes femmes.

 

Quelle est l’importance des rêves d’enfances, comment se réaliser, comment ne pas devenir ce dont on a peur, comment ne pas renoncer à ses rêves ou à soi-même ? Avec des nouvelles elliptiques qui éclairent quelques tranches de vie pour les replonger dans l'anonymat d'une vie qui s'écoule, Amanda Eyre Ward trace le portrait de femmes ordinaires et universelles, des femmes qui doutent, qui hésitent, renoncent pour mieux revenir, plus tard, à leurs désirs. Ou pas.

 

 

 

* Je trouve que les titres tant français qu'originaux (Love stories in this little town) sont peu évocateurs de l'intérieur du recueil. L'éditeur français aurait hésité, d'après mon libraire, avec "Les incertitudes de Lola". Pas mieux, à mon avis.

 

 

 

Les amours de Loloa, Amanda Eyre Ward

Buchet Chastel, février 2010, 178 pages