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11/02/2009

IMPARDONNABLES – PHILIPPE DJIAN

Quand on a vu sa femme et sa fille aînée brûler vives sous ses yeux, alors qu’on tentait de protéger sa fille puînée de ce djian.jpgspectacle, il est difficile de continuer de vivre. Veuf, père effondré, Francis, l’écrivain idolâtré, se réfugie au Pays Basque et épouse, quelques années plus tard, Judith, l’agent immobilier qui l’aide à se reconstruire. Ou plutôt à tenter de se reconstruire : Francis n’écrit plus, Alice, sa fille rescapée sombre dans l’autodestruction. Peu à peu, l’un et l’autre parviennent à retrouver un fragile équilibre. Francis produit quelques nouvelles, Alice, libérée de la drogue, devient comédienne, et, qui plus est, comédienne à succès. La disparition d’Alice (enlèvement, décès, fuite ?), quelques années plus tard, vient scier les piliers sur lesquels Francis avait cru baser sa nouvelle vie.

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09/02/2009

AU BON ROMAN – LAURENCE COSSÉ

« Au bon roman », c’est un projet utopique, une librairie idéale rêvée par deux fous de littérature, Yvan et Francesca. Yvan le au bon roman.jpglibraire et Francesca la mécène vont tout faire pour voir naître leur bébé : réunir un comité (secret) d’auteurs contemporains qui établiront chacun une liste de 600 romans indispensables (les romans de la rentrée ? Point d’affaire. Les romans « grand public » ? Surtout pas.), trouver le local (à Paris), faire une campagne publicitaire ad hoc et voilà, le succès est rapide, les lecteurs enthousiastes, les ventes décollent. Or, une librairie où ne sont proposés que des « bons » romans attise vite les jalousies, les rancoeurs, l’hostilité de ce petit monde de l’édition. Trois des membres du comité de sélection sont agressés.

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07:27 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : grands lecteurs, romans, classiques, librairies | |  Facebook

03/02/2009

Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada

 

Découvrir la plume de Philippe Jaenada sur une plage italienne cernée d’un coté par des flammes menaçantes, de l’autre coté par une mer écrasée sous une chape de fumée toxique, avec pour compagnon un touriste nommé Voltaire qui, entre deux quintes jaenada.jpgde toux, et devant quelques mollusques agrippés à leur rochers se souvient des larmes de sa femme devant un plateau de fruits de mer et de la discussion qui en a suivi, n’est pas une mince affaire.

 

Disons le tout de suite, pendant les 50 premières pages, je me suis demandée si j’irais au bout de ce roman. Et puis, lentement, insidieusement, presque à l’insu de mon plein grè, je me suis laissée happée par cette plume finalement beaucoup plus fine qu’il ne m’y paraissait au début.

 

L’histoire, donc, se déroule sur une journée. Voltaire, écrivain et scribouillard dans un journal de fillettes, passe ses vacances en Italie, avec sa femme Oum et son fils Geo. Un incendie vient bouleverser la journée qui s’annonçait paresseuse. Cernés par les flammes, menacés d’asphyxie par la fumée, Voltaire et sa famille fuient, accompagnés d’une galerie de touristes et de locaux. Où qu’ils aillent, le feu semble les rejoindre et les narguer (hé hé, je vous aurai, de toute façon, inutile de courir, il faut rôtir à point)… Et c’est fou tout ce qui peut vous passer par la tête quand vous êtes poursuivis par la Faucheuse…

 

C’est un récit mitonné avec plaisir, farci de parenthèses (il semble que les parenthèses soient une marque de reconnaissance du style « jaenadien ») et de digressions savoureuses que nous offre Philippe Jaenada. A travers les péripéties de cette petite famille qui essaie d’échapper à une mort certaine, nous suivons une troupe de personnages picaresques et, finalement, banalement humains. Point de héros ni de veules imbéciles, seulement quelques touristes face au danger ; le narrateur, Voltaire, observe leur comportement, ne peut s’empêcher de penser à sa vie, de se remémorer une quantité d’anecdotes et de réflexions sur sa vie et sa famille.

 

Le style est à la fois simple, haletant (même si nous savons dès le départ que la fin sera heureuse (pour certains en tous cas)), et bourré de petites phrases qui font mouche (bon, avec une zeste d’honnêteté je dirais qu’au départ j’y suis restée insensible avant de m’abandonner au plaisir). Et puis, sous le récit, les anecdotes, les digressions, sous la simplicité de la structure du roman (on commence le matin, on passe la journée à fuir le feu, le soir on fera la synthèse de cette journée), se cachent quelques réflexions bien plus profondes qu’elles en ont l’air sur les comportements humains face à la mort, sur notre rapport au danger, nos petits courages et nos grandes lâchetés.

 

Du coup, je reprendrais bien un deuxième Jaenada, moi.

 

 

Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada, Grasset

02/02/2009

ECRIVAIN EN DIX LECONS – PHILIPPE SEGUR

 

Phil Dechine est un auteur. Après moult mois et années passées à gonfler tout le monde avec son ŒUVRE en cours, il finit enfin par être publié. Publié, vendu, critiqué (même si les premières critiques sont mitigées voire vitriolées pour certaines), il se voit segur.jpgmême attribuer le Prix Mirabeau des Vétérinaires pour son premier roman « Métaphysique du dog »…. Son parcours d’écrivain débutant au sein de la sacro sainte famille de l’édition nous est révélé, à coups de situations et événement rocambolesques.

 

Si l’humour des situations, les répliques et pensées tordantes du début font sourire à maintes reprises, peu à peu le tout devient ennuyeux. C’est drôle à plusieurs reprises, la vanité boursouflée de Phil Dechine fait largement sourire et cette autodérision de la part de Philippe Segur est finalement, quelque part, touchante. En revanche, l’humour devient répétitif, on devine presque les chutes des phrases avant même de les avoir terminées. Amusant, donc, mais sans plus. J’en retiens quand même quelques perles d’humour, et c’est déjà pas mal.

 

 

 

Ecrivain en dix leçons, Philippe Segur – Points, 190 pages

 

 

Les avis de Laurent, Sylire, Papillon, Caro[line] , Clarabel

 

 

27/01/2009

LE VRAI CUL DU DIABLE – PERCY KEMP

Anna Bravo travaille en étroite collaboration avec Noël, le ministre de l’intérieur. Elle est son plus fidèle collaborateur, son chien de garde, son oreille. Sa vie se résume à son travail, les statistiques, les chiffres. Entièrement dédiée à Noël, à sa réussite, à sa future élection aux Présidentielles, Anna est une machine. Un soir, alors qu’elle se rend à un vernissage, elle remarque un miroir vénitien qui reflète une autre Anna, une Anna différente, moins lisse, moins parfaite, moins symétrique. Anna achète le miroir, fascinée par cette autre femme qu’elle ne connaît pas.kemp.jpg

 

Je ne connaissais pas Percy Kemp jusqu’à cette lecture et je reste épatée, à la fois admirative sur le style et intriguée. Une chose est sure, il ne m’a pas laissée indifférente.

 

La plume, d’abord, est délicieuse. Percy Kemp joue avec la langue, offre un florilège d’expressions, de mots, de phrases savoureuses. Le tout n’est pas dénué d’humour et le sourire affleure régulièrement, l’air de rien, au détour d’une phrase.

 

Le fond, ensuite, m’a laissée perplexe. Anna et son miroir, Anna et ses miroirs, on est dans un univers centré sur Anna et son reflet. C’est singulier. Cette fascination pour son image, cette obsession qui va dévorer Anna est somme toute… assez fascinante. On plonge dans un univers feutré ou le reflet de soi prend la première place, vient supplanter la réalité, la déformer, la dissoudre.

 

« Un roman étrange et pénétrant », dit Cuné. Je suis entièrement d’accord. Sans être non plus aussi enthousiaste, je dirais que c’est un roman vraiment étonnant, peu commun, avec une fin…mum… délicieuse.

 

Comment les autres nous voient-ils ? Il vaut peut-être mieux ne pas le savoir, parfois…

 

 

 Le vrai cul du diable, Percy Kemp - Cherche Midi, collection Styles, 168 pages

 

06:29 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : miroir, vanité, narcisse, percy kemp | |  Facebook

22/01/2009

ZEN CITY – GREGOIRE HERVIER

Zen city, vous rêvez d’y vivre ? Allez donc voir sur le site de la ville ! Pour postuler, un test vous permettra de savoir si vous correspondez aux critères zen. Pour moi, c’est fichu.

Dominique Dubois, lui, a réussi les tests. C'est un homme tout ce qu’il y a de plus standard. Cadre moyen physique moyen, salaire moyen, rien ne le zencity.jpgdistingue particulièrement de ces congénères. Lorsqu’il répond à une offre d’emploi, après quelques mois de chômage, pour un poste de statisticien dans la ville modèle de Zen City, au cœur des Pyrénées, il ne se doute pas que ce poste et ces conditions alléchantes cachent bien autre chose.

 

Dominique arrive dans la ville et découvre une cité où tout est organisé pour faciliter la vie de ses habitants par le biais du contrat Global Life®. Choix de la décoration intérieure de son appartement avant même d’y arriver, implantation d’une puce dans sa main, et vogue la galère : Dominique n’a plus qu’à parcourir les allées du Zen Market et son réfrigérateur se remplira selon ses désirs, son Smartphone lui indiquera les célibataires frayant dans un rayon proche de lui, sa porte s’ouvrira à son approche… tout est conçu pour anticiper les désirs et offrir aux habitants de Zen City confort, satisfaction et bien-être. Dominique consume, achète, profite, s’endette, mais son conseiller Global Life ® est là pour l’épauler et le guider. L’assassinat d’une jeune collègue de Dominique met le feu aux poudres, des hackers contactent Dominique…

 

Entre roman d’anticipation et policier, Grégoire Hervier propose ici un roman agréable. Ou comment les dérives de la communication et publicité à outrance, des nouvelles technologies, peuvent peu à peu grignoter les libertés individuelles et nous transformer en simples moutons.  Le roman débute sous la forme d’un blog, celui de Dominique, qu’il a commencé avant même d’intégrer Zen City, puis se poursuit par son journal, parsemé des notes de l’éditeur qui trouvera tous ces documents après un incident.

 

Je ne crierai pas au chef d’œuvre mais ai bien aimé cette satire acide d’une société publicitaire où la manipulation des masses est la clef de voûte d’un consumérisme effréné. La forme vivante et alternée (blog / journal / récit) rend la lecture aisée et facile, il y a un certain suspens et la critique acerbe de nos mode de consommation est assez bien faite.

 

 

 

Zen city, Grégoire Hervier – Au diable vauvert, 364 pages

 

Les avis de Lily et de Cuné