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15/02/2008

JIMMY THE KID – DONALD WESTLAKE

528f1aafe5ba0e024f09ffdc9392100c.jpgDortmunder est un truand à la p’tite semaine. Les coups foireux, c’est sa spécialité. Oh, c’est pas qu’il prépare mal ses coups, non, c’est plutôt qu’à chaque fois, y’a un truc qui cloche : un doberman qui surgit là où il devait y avoir un caniche nain, une cargaison qui est au troisième étage alors qu’on lui avait dit deuxième... Alors, quand son copain Kelt vient lui parler d’un roman de Richard Stark dans lequel le parfait kidnapping est décrit point par point et qu'il n'y a qu'à faire pareil, il se dit que, peut-être, cette fois la chance a tourné et qu’il va enfin pouvoir se faire un bon p’tit magot. Et profiter de la vie, bien pépère à l'abri du besoin.

Le souci, c’est que Kelt, il ne vaut pas mieux que lui, mais bon, après tout, si les ravisseurs du bouquin ont réussi leur coup, pourquoi pas eux, puisque tous les détails sont donnés et qu'il suffit de les suivre à la lettre ?

Avec leurs complices Murch, M’man Murch et May ils réfléchissent aussi intensément que leurs petits neurones le leur permettent et décident d’enlever Jimmy Harrington, le fils d’un très riche avocat new-yorkais.

On suit le bouquin à la ligne et hop ! On se tire avec 30 sacs chacun…

 

Ah si tout pouvait être aussi simple que dans les bouquins….

C’est qu’il est délicieux, ce petit polar qui n’a de polar que le nom ! Voilà une bande de Pieds Nickelés bien bêtes et bien naïfs qui se piquent de jouer les Clint Eastwood !

C’est bourré d’humour, ce scénario à la Groucho Marx  ! Une bande de gros bêtas imagine monter le coup du siècle et se tirer comme ça, la gloire en plus ?! Le problème c’est que les gosses de riches, à New York, ils sont plutôt malins ! Surtout après 4 ans d’analyse pendant lesquels ils ont roulé leur psychiatre dans la farine ! Rira bien qui rira le dernier !

Et puis, il y a plein d’autres personnages tout aussi truculents : du père qui ne peut s’empêcher de négocier la rançon parce qu’après tout, un gosse ou un procès, ça se négocie pareil, réflexe pavlovien. Les flics du FBI prêts à tout pour jouer les gros bras, le psychiatre éminemment perspicace qui voit tout sauf que son patient se fout de lui, et ces truands… ah, ce qu’on aimerait qu’ils s’en sortent, ces gentils méchants qui n’ont pas inventé la poudre !

Il y a des passages mémorables. Celui du rapt en premier lieu, parce que dans les livres il semblerait que les limousines pèsent moins lourd que dans la vraie vie ; celui par exemple où la conversation entre truands et flics se mue en discussion enflammée sur les soucis des chauffeurs de taxi exploités par les méchants syndicats new-yorkais ; la demande de rançon (je vous l’ai déjà dit, je sais, mais elle est vraiment comique !) ; l’intervention des policiers de la route qui ne supportent pas les grosse berlines de luxe, question de principe, les richards, y'a pas d'raison qu'ils échappent aux PV… bref,… c’est un roman drôle et croustillant comme un bon p’tit film de Bourvil.

Pour la petite histoire, Donald Westlake écrit également des romans sous le pseudonyme de Richard Stark… l’idée est excellente, de s’auto-plagier tout en l’avouant…et vous verrez à la fin que plagier n’est pas plagier, si on plagie la vraie vie…

Merci Kali, pour ce savoureux roman que tu m’as envoyé avec mon colis du Swap Noir c’est noir ! Je me suis régalée!

03/02/2008

LE LEZARD LUBRIQUE DE MELANCHOLY COVE – CHRISTOPHER MOORE

2eb732845d509dfd85774b97d3e9abad.jpgSteve se réveille après un long sommeil.

Steve a les yeux verts.

Steve est très grand.

Steve est un coquin.

Steve est amoureux.

Steve a une libido… disons... développée.

D’ailleurs Steve sait faire des choses avec sa langue... rien que d'y penser...mmm…

On dit de lui qu’il est lubrique.

 

Steve est un lézard. Un très très gros lézard, vieux d’au moins 40 000 ans.

 

Il me fallait d’urgence une lecture légère et gaie pour contrebalancer les livres sombres  quoique magnifiques que j’ai lus ces derniers jours. Christopher Moore était donc tout indiqué pour insuffler un peu de gaîté dans ce monde de brutes.

Parce que de la gaîté, il y en a à la pelle, dans ce livre là ! De l’humour noir, de l’humour second degré, de l’humour bête, de l'humour tout court, voilà de quoi rire, sourire, éclater de rire, s’esclaffer pendant un petit moment.

L’histoire est loufoque, tellement loufoque qu’on se demande où Christopher Moore est allé chercher tout ça. Ca part un peu dans tous les sens : il y a des chiens qui pensent (et qui pensent bien), une propriétaire de bar bionique, un flic paresseux marijuané la plupart de temps.

Il y a Kendra, l’Amazone des Terres Inconnues toujours accompagnée de sa voix-off (quoi ? Vous ne vous souvenez pas de Kendra, l’Amazone des Terres Inconnues ??? révisez vos classiques enfin!), il y a l’homme araignée qui ne mange que des imitations de Bounty, un chanteur de blues qui ne veut surtout, mais alors surtout pas, être heureux, une psychiatre frustrée débordée, un pharmacien qui a des drôles de fantasmes… et j’en passe!

C’est décalé, c’est ahurissant, c’est jouissif, ce qu'il se passe dans cette paisible station balnéaire de la Cote Ouest  !

Un bel endormi se réveille et tout part en vrille ! L’intrigue tient la route et le rythme, on se laisse aller à ne plus penser au reste ; on se prend d’amitié pour Steve, ce brave lézard qui n’a rien demandé, après tout ! On l'adopterait presque, l'animal !

Faut-il trouver un bémol ? Bon, je dirais que, les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, on finit peut-être par se lasser : sur 434 pages, on aurait pu réduire un peu. Une blague notamment ne m’a pas du tout fait rire («Winston jetait un œil sur l’arrière boutique où se cachaient ses employées qui, aussi mortes de trouille qu’Anne Frank et ses parents, zieutaient la scène dans l’entrebaillement de la porte »).

Mais je chipote, là, parce que j’ai ri, ri, et que, tout simplement, ça fait du bien.

Les avis de Clarabel, Cathulu, Karine, Stéphanie (j'en oublie surement...)

24/01/2008

PETITS ARRANGEMENTS AVEC L’INFAME – PATRICIA PARRY

ddd5d0d91f29b635719db79631cdf519.jpgPrenez :

-                   -  un psychiatre divorcé, plein de charme, roulant en Porche

-                    - une ex-femme très belle, psychiatre également,

-                    - une députée extrémiste et médiatique

-                    - un jeune homme hanté par des rêves aussi incompréhensibles qu’effroyables

-                    - une jeune fille égorgée dans l’appartement familial

 

Ajoutez y trois morts mystérieuses survenues 250 ans auparavant, une histoire d’amour en ayant découlé, un philosophe du siècle des Lumières.

 

Saupoudrez le tout d’une pincée d’extrémisme religieux, arrosez de déchaînement médiatique, portez lentement à ébullition  et vous obtiendrez un polar corsé, bien serré qui vous tiendra en haleine et vous ôtera toute velléité de dormir pendant quelques heures.

 

Après les Brûleurs de temps dans « L’ombre de Monfort », Patricia Parry revient ici avec un deuxième roman particulièrement réussi qui, je n’en doute pas, la fera entrer dans la cour des grandes auteures de romans policiers.

 

Dans « Petits arrangements avec l’infâme », elle utilise une affaire qui a mis en émoi le XVIIIème siècle : l’Affaire Callas, encore enseignée aux collégiens toulousains, dont Voltaire s'inspira pour écrire le Traité sur la Tolérance.

 

En la faisant habilement et contre toute attente resurgir au XXIème siècle, Patricia Parry imbrique judicieusement passé et présent qui se rejoignent dans un polar extrêmement bien ficelé, une intrigue captivante dont les fils se dénouent lentement et laissent leur poison se distiller au fil des pages jusqu’à un dénouement totalement inattendu.

 

Ce deuxième roman est encore plus abouti que le précédent, plus maîtrisé, plus pénétrant encore. Le style s’est affiné, aiguisé pour mieux maintenir le lecteur en haleine, lui offrir un héros plein de charme, un suspens obsédant et une intrigue moderne et palpitante.

 

Je ne doute pas que nous retrouverons bientôt le professeur Le Tellier, dont je vais attendre les prochaines aventures avec fébrilité et impatience!

 

 

L'avis de Stéphanie, qui, les grands esprits se rencontrant, fait son billet aujourd'hui-même!

 

L’avis de Fashion

 

Le blog de Patricia Parry

18/01/2008

LA CITE DES JARRES – ARNALDUR INDRIASON

926ead377d6daacc1b2f54963c4ea291.jpgUn vieil homme est assassiné à Reykjavik. A priori un meurtre banal. L’inspecteur Erlendur est chargé de l’affaire.

 

Erlendur est un bon vieux flic, un bon vieux flic comme on aime les voir au cinéma : il est bourru, fume trop, ne sait pas cuisiner, n’est pas fichu de communiquer avec ses deux enfants. D’ailleurs l’un des deux a filé Dieu sait où, quant à l’autre elle essaie de décrocher de la drogue, et c’est pas facile. Quant à son ex-femme… n’en parlons pas. Bref un bon vieux flic comme on les aime.

 

De fil en aiguille, de découverte en découverte, Arnaldur Indriason ballade ses lecteurs de questions en questions. Une collection de photos pornographiques dans l’ordinateur du mort : ne serait on pas plongés dans une sombre histoire de pédophilie ? Un viol commis il y a de longues années : histoire de détraqués sexuels ? Au fil des événements, on découvre peu à peu une histoire à la fois triste, moche, glauque mais aussi touchante.

 

Le meurtre n’est pas aussi anodin, gratuit, simple qu’il parait. Le mobile, petit à petit se dessine. Erlendur s’interroge et le lecteur aussi. Voici une tragédie familiale, une histoire douloureuse, des personnages complexes, des coupables éventuels, des victimes innocentes, tout s’implique, tout s’embrique dans un style concis, net, sans circonvolutions inutiles jusqu’au dénouement.

 

On aura compris bien avant la fin qui est le coupable, mais ce n’est pas pour autant qu’on arrêtera la lecture, car Indriasson ajoute à son intrigue des sentiments bien plus complexes, bien plus singuliers qui nous pousseront à finir coûte que coûte le roman.

 

Famille, héritage génétique, historique, psychologique, transmission, mémoire, Indriasson propose ici un fort bon polar, mené tranquillement mais sans désintérêt aucun, bien au contraire. Le tout en nous faisant visiter l'Islande, ses moeurs, l'apparente placidité des habitants mais aussi leur droiture et leur honnêteté.

 

La cité des jarres - Arnaldur Indriason - Points 328 p

 

Les avis de Fashion Victim, Katell, Tamara

27/11/2007

LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR – STIEG LARSSON (Millenium 3)

 3d1de85b6f9779f23aa640fd20d86863.jpgVoici le préambule de la quatrième de couverture :

« Que les lecteurs des deux premiers tomes de la série Millenium ne lisent pas ces lignes s’ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d’une série rapidement devenue culte. »

Je vais donc rester vague sur le déroulement et l’intrigue de ce troisième et dernier volet de Millenium.

Nous y retrouvons la plupart des protagonistes de « Les hommes qui n’aimaient pas le femmes » et « La petite fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ».

Contrairement au tome 2 qui se déroule plus d’un an après le tome 1 et dont l’histoire est totalement différente (même s’il y a de nombreuses références au premier volume), ce dernier chapitre démarre immédiatement dans la foulée du tome 2 et nous retrouvons nos personnages préférés seulement quelques heures après les avoir quittés.

Plus question de trafic de prostituées ou de course poursuite effrénée dans ce troisième tome. Nous voici en plein roman d’espionnage : agents secrets, sections occultes au sein des services secrets suédois, écoutes illégales, filatures, fabrication de fausses preuves, une toile d’araignée opaque se tisse afin d’étouffer une bonne fois pour toute le scandale qui menace la démocratie suédoise.

La conspiration est telle qu’il faudra toute la résolution et l’opiniâtreté de Mikael Blomkvist pour démêler les fils d’une très sombre machination dont les imbrications sont souterraines et férocement protégées par les services secrets.

De nouveaux visages apparaissent au fil du roman : Rosa Figuerola, inspectrice body-buildée et fichtrement romantique, Evert Gullberg et Frederik Clinton, glaçants instigateurs et stratèges dénués de scrupules, Stylo Pourri, harceleur frustré… Qu’ils soient terriblement attachants, sadiques ou révoltants, ils contribuent à agrémenter la palette de personnages de la trilogie.

Quant au suspens, que dire….. Si j’avais oublié de nourrir ma fille avec le deuxième tome, là, j’ai failli oublier d’aller la chercher à l’école…. Au moment même du roman où certaines voitures fonçaient à toute allure dans les rues de Göteborg pour empêcher une tuerie, je fonçais à l’école en pensant non pas aux reproches de la maîtresse mais au restaurant dans lequel la tuerie en question était programmée…. J’ai finalement ralenti car je me voyais mal évoquer à des policiers ébahis que je dépassais la vitesse autorisée à cause d’espions suédois et de journalistes d’investigation traqués et menacés…

En bref, une fois de plus j’ai été happée par le style impeccable, l’intrigue savamment haletante, le suspens perfidement dosé.

Amateurs de sensations fortes mais intelligemment calculées, à vos livres…..

J’ai trouvé ici l’avis de Cuné sur la trilogie, … si d’autres ont mis leur avis en ligne, dites le moi…

19/11/2007

LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE – STIEG LARSSON

4cc7473bb917a68192c93347b4dc06a6.jpgTandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre
histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.

Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes
enquêtaient pour Millénium.

Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.

Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?

Et voici le second volet de la trilogie Millenium, dans lequel nous retrouvons Lisbeth Salander traquée par la police après trois meurtres sanglants. Tous les indices sont formels, Lisbeth est une psychopathe dangereuse.

Et bien oui.

Lisbeth Salander est dangereuse.

A éviter.

Absolument.

Elle est dangereuse parce qu’elle a failli provoquer la sous-nutrition d’une fillette.

Ma fille.

Parce que j’en ai oublié de préparer ses repas.

Elle est dangereuse parce je risque de me faire étrangler par mon professeur de théâtre.

Parce que je ne révise aucun de mes textes alors que j’étais sensée rester allongée pour cause de blessure, et en profiter pour les travailler.

Je suis restée au lit, mais avec pour seule compagnie Lisbeth Salander, ne me plongeant pas une seule seconde dans mes textes.

Elle est dangereuse parce que je me suis quasiment coupée de tout lien social via internet, négligeant volontairement d’allumer mon ordinateur, fait remarquable comme dirait mon cher et tendre…

Alors méfiez vous de ce second volume. J’avais apprécié le premier, tout en le trouvant long à démarrer. Mais celui-ci est diabolique.

Il démarre sur les chapeaux de roue, dans les Caraïbes par temps de cyclone. Péripétie qui n’a rien à voir avec l’enquête, mais qui n’est que le hors d’œuvre d’un roman scotchant, à l’intrigue haletante.

Le lecteur est ensuite immergé dans une sombre histoire de trafic de prostituées, de complicités et de protections haut placées. Rien de spectaculaire dans ce scénario, mais il permet de retrouver les protagonistes de Millenium 1 et de creuser leurs personnalités, notamment celle de Lisbeth Salander, de découvrir son passé trouble et les traumatismes qu’elle a vécus.

On y retrouve Mikael Blomkvist, star du journalisme d’investigation depuis l’affaire Wennerström, qui refuse de croire à la culpabilité de Lisbeth et se lance dans sa propre enquête pour la disculper.

On y retrouve l’infect Maître Burjman, toujours aussi abject et crapuleux.

Le tout dans un rythme effréné et palpitant, une intrigue complexe aux rebondissements inattendus et hallucinants.

Alors, comme dirait la pub : Vous avez aimé le tome 1 ? Vous allez adorer le tome 2 !

Les avis de Fashion Victim, de Cathulu, de Gachucha