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25/03/2010

Dark tiger – William G. Tapply

Je suis fidèle ! Je suis constante ! Je reste la même ! Après les billets de Cuné, Cathulu (merci pour le prêt !) ou Brize sur Dark tiger, dernier volet des tapply.jpgaventures de Stoney Calhoun, j'avais un peu peur que cette fois ci mon enthousiasme s'émousse et que tout ce qui fait le charme des romans de Tapply soit quelque peu éventé.

 

Eh bien non. Encore une fois, j’ai plongé.

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23/03/2010

Au malheur des dames – Lalie Walker

Prenez un quartier parisien largement fréquenté et symbolique de notre bonne vieille capitale, plantez y le décor de votre prochain polar : XVIIIème arrondissement, donc, marché Saint Pierre, Chez Reine, place des Abbesses, place du Tertre… Dans le temple du tissu à la découpe, imaginez des vendeuses qui disparaissent mystérieusement, des patrons endettés, des employés soupçonneux, des poupées vaudou accrochées aux portes, une jeune sociologue venue discrètement enquêter et qui se retrouve mêlée à cette sombre histoire.

 

walker.jpgCuriosité quand tu nous tiens… Je me suis procuré le roman de Lalie Walker après avoir entendu parler de cette polémique. Pour rappel, les propriétaires du Marché Saint Pierre ont demandé le retrait des exemplaires de « Au malheur des dames » et 2 millions d’euros de dommages et intérêts à l’auteur et son éditeur pour diffamation.

 

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19/03/2010

DOCTEUR A TUER – JOSH BAZELL

Lui, c’est Peter Brown, né Pietro  Brnwa, nom de code Griffe d’Ours. Parce que Peter, ou Pietro, ou Griffe d’Ours fut, dans bazell.jpgun passé pas si lointain, tueur à gages pour le compte de la mafia. Mais le passé est le passé : à présent Peter bénéficie du programme WITSEC, s’est libéré de ses liens avec la Cosa Nostra (qui aimerait bien le retrouver), et se consacre à son activité de médecin au sein du Manhattan Catholic Hospital (yep, Peter a repris ses études quand il s’est repenti). Il se drogue au Moxfane, insulte confrères et malades (ça vous rappelle quelqu’un ?), est un bon médecin (ça ne vous rappelle vraiment personne ?). Mais un jour, un patient le reconnaît, un patient qui sait quel tueur se cache derrière le Docteur Peter Brown. Et ça, ça risque de causer des problèmes et ficher en l'air le beau programme de protection des témoins qui abrite Peter.

 

 

Premier roman du Docteur Josh Bazell, Docteur à tuer se passe en milieu hospitalier (Josh Bazell est médecin, tous les passages médicaux sont crédibles, souvent drôles et bien vus*)(bon, après ça, on n'a plus du tout envie de se faire opérer par un chirurgien pressé d'aller jouer au golf), l’intrigue se déroule sur une journée (mais les chapitres alternent cette fameuse journée riche en adrénaline et le récit du passé de Peter / Griffe d’ours) ; il y a des tueurs à gages, la mafia, une atmosphère à la "Urgences" et l’histoire d’amour entre Pietro et Magdalena la jolie violoncelliste (pour qui Pietro voudra renoncer à son métier) (de tueur, pas de médecin) apporte (un peu) de fraîcheur à l’ensemble.

 

Beaucoup de choses, donc, beaucoup d’ingrédients jetés un peu pêle-mêle, un peu en vrac dans un style certes coloré, certes tonique (mais pas suffisamment travaillé et parfois inutilement vulgaire) mais le tout manque de liant.

 

Un peu comme quand on fait une soupe prenant tous les légumes au bas de son frigo, qu’on les jette dans le robot après les avoir fait cuire, mais pas assez, et sans les mixer correctement. Ca fait un potage mangeable, mais qui pourrait être bien meilleur.

 

Et c’est dommage, car il a du potentiel, ce personnage. Son passé lui donne une aura bien sombre, sa profession et son évolution dans un hôpital peuvent certainement conduire à des intrigues bien troussées, mais, dans cet opus (je ne sais s’il y a aura d’autres romans avec Peter Brown), j’ai eu surtout l’impression d’un livre écrit à la va-vite et qui n'exploite pas suffisamment les possibilités offertes et par les personnages et par les situations (ou au contraire qui ne sait pas s'arrêter). (pas la peine de mettre de la crème fraîche si la soupe est bien veloutée).

 

Josh Bazell a également rajouté de nombreuses notes de bas de pages : un peu c’est drôle, trop ça gâche le goût (c’est pareil pour la soupe : on rajoute du sel mais… il faut savoir doser).

 

Pour finir, la quatrième de couverture mentionne USA Today : « Lorsque Dr House rencontre les Sopranos » ou Harlan Coben « Rapide, drôle, effréné ». N’exagérons rien ! Il paraît aussi que Leonardo DiCaprio interprètera prochainement Peter Brown à l’écran…il était tellement bon dans Les infiltrés, Les noces rebelles ou Shutter Island que j’espère qu’il fera quelque chose de bien avec ce rôle là…et que le scénario sera intelligemment remanié. Quant au trailer réalisé pour le livre (je vous laisse chercher sur le net),… j’ai beaucoup de mal avec ce marketing (sur ce livre ou un autre d’ailleurs).. pour moi, un livre, ce sont des pages, des mots, et des images qui me viendront à l’esprit pendant la lecture. Pas des images pré mâchées et racoleuses que je vais ingurgiter avant de lire le roman. Je préfère garder mon temps de cerveau disponible.

 

 

Docteur à tuer, Josh Bazell

JC Lattes, mars 2010, 304 pages

 

 

L’avis de Audrey, que je rejoins totalement.

 

 

* j'ai appris comment faire une auto-péronectomie. Je ne sais pas si j'expérimenterai, ceci-dit.

 

26/02/2010

SHIBUMI – TREVANIAN

Il y a six figures dans le jeu de Go chinois, six figures correspondant à une étape différente du jeu. Et c’est en six chapitres que se déroule l’intrigue de Shibumi, le Shibumi reflétant en quelque sorte l’accession ultime au Beau, à la pureté, à l’excellence même.shibumi.jpg

 

L’excellence même, ce n’est pas à vrai dire ce qu’atteignent quelques terroristes israéliens qui embarquent de Rome pour Londres dans le but de commettre un attentat de représailles sur le sol anglais. Repérés par la CIA, ils sont exécutés avant même d’avoir quitté l’Italie dans un bain de sang aéroportuaire. Tous, sauf Hanna Stern, la jeune terroriste qui va réussir à s’envoler pour Pau et se réfugier chez Niccholaï Hel, ancien tueur « à main nues », spécialisé dans l’élimination de terroristes, qui savoure une retraite méritée dans son château du Pays Basque, accompagné de sa concubine et de son ami Benat Le Cagot, amateur de spéléologie comme lui. Mais la CIA, et surtout la Mother Company, qui regroupe secrètement une sorte de consortium des grandes compagnies pétrolières et gouverne le monde économique et financier, envoient leurs sbires au Pays Basque, afin de d’éliminer Hel.

 

Je dois reconnaître que Shibumi porte bien son nom. Vraiment.

 

Après La sanction et L’expert, ma découverte des romans de Trevanian continue à me surprendre, à m’enchanter, à me ravir. Encore plus qu’avec les deux opus précédemment cités. Il serait difficile de résumer ce roman, aussi dense que passionnant. Après le prologue aéroportuaire et sanglant, donc, nous allons plonger dans une alternance de chapitres qui décrivent l’enfance de Niccholaï Hel, homme mystérieux, tueur hors normes et pourtant totalement captivant. L’homme, polyglotte, raffiné, élevé par un Colonel de l’Armée Impériale Japonaise, est devenu interprète pour les Forces Américaines après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, puis tueur, et enfin paisible retraité réfugié au Pays Basque (il a appris le Basque pendant une longue période de détention et de tortures). J'ai adoré ces passages, cette vie hors normes et passionnante, ce long emprisonnement, les séances de torture, les efforts de Hel pour ne pas sombrer dans la folie, tout autant que les parties de Go avec le colonel Ishigawa. La vie de Hel nous plonge dans Shangaï, au Japon, avant et après la deuxième guerre mondiale. C'est érudit et totalement passionnant.

 

En alternance, nous suivons les réunions organisées par la Cia, et notamment ses sbires Diamond (dont le frère a été assassiné par Hel), Starr, un texan bourru et Haman, un palestinien. Ne seront épargnés par Trevanian ni les économiques américaines, les modes de vie et les mentalités, voilà une bande d’agents secrets forts en gueule et totalement inaptes. S’appuyant sur l’ordinateur Fat Boy et sa gigantesque base de données, sorte de Big Brother avant l’heure, les agents américains sont fortement tancés par Trevanian : stupides dans leurs acharnements, têtus et peu scrupuleux, voilà une brochette d’agents secrets savamment écorchée par la plume aiguisée de l’auteur, et ces chapitres proposent une alternative plus amusante, plus cynique, aux passages consacrés à la vie de Hel.

 

Au fil de pages et des chapitres, l’intrigue se dénoue peu à peu, sans jamais lasser le lecteur, happé par la qualité du roman d’espionnage, bien ficelé et fichtrement captivant. Mais au-delà, et bien plus passionnant que le reste, c’est la qualité des personnages que j’ai apprécié : autant Niccholaï, esthète raffiné et détaché, que les sbires imbéciles de la Cia, sont extrêmement bien dessinés, ainsi qu’une galerie de personnages hautement attachants : Benat le Cagot, avec qui Hel pratique la spéléologie, figure haute en couleur et en jurons, indépendantiste basque convaincu, Hana la concubine de Hel, Pierre, son jardinier météorologue qui s’inspire de proverbes et de… vin rouge.

 

Des personnages, et surtout ce style, cet humour détaché, ces piques distillées au fil des pages, ces remarques lâchées l’air de rien sur les Etats-Unis et leur consumérisme, la CIA, les anglais, les français, les italiens, les Basques, aussi (mais sans doute avec beaucoup de tendresse pour ceux là, dont les ragots et la curiosité sont croqués avec énormément d’humour), oui, c’est cet humour que j’aime chez Trevanian, cette façon impeccable de nous happer dans ces histoires, de nous faire aimer (ou mépriser) intensément tous ses personnages, de nous faire rire et sourire plus d’une fois.

 

Il y a dans ses romans tout ce que j’aime : humour, dérision, action remarquablement menée qui ne se lâche pas tant qu’on n'en connaît pas la fin ; tous les éléments sont savamment dosés et distillés, le style est impeccable, les personnages truculents, drôles ou raffinés, tous bien dessinés, le tout proposant en plus quelques remarquables réflexions sur le monde et le consumérisme. Bref, vous l’aurez compris, ce Shibumi est pour moi une grande réussite.

 

 

 

Shibumi, Trevanian

Gallmeister, 443 pages, septembre 2008

 

 

 

Les avis, tout aussi convaincus, de Fashion, Emeraude, Serial Lecteur.

 

24/02/2010

LES AILES AILES DU SPHINX – ANDREA CAMILLERI

Le voilà donc, ce fameux commissaire Montalbano dont j’entends parler depuis longtemps. Une soixantaine d’années, plutôt camilleri.jpgvieux loup solitaire quoique plus ou moins fiancé avec Livia, un peu bougon et pas très loquace. Ici, Montalbano enquête sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée assassinée, la tête emportée par un tir à bout portant. Seul moyen d’identification, un tatouage sur l’épaule représentant un papillon. Ses recherches le conduisent à une organisation – pardon : association – catholique venant en aide aux immigrées des pays de l’Est.

 

 

C’est donc un roman policier plutôt classique, on recherche le meurtrier, on pénètre dans les secrets d’une organisation catholique qui se révèlera pas si catholique que ça. Rien de très original pourrait-on dire, si ce n’est en premier lieu la langue si pittoresque de Camilleri : le tout, truffé d’expressions siciliennes et de parlé régional, est admirablement traduit par Serge Quadruppani. On pourrait au début se méprendre et se lasser de ce phrasé étrange (« La première pirsonne » « il s’était depuis longtemps fourré dans la coucourde qu’il était marié avec enfants » « il s’était fait tard et il avait un ‘pétit qui le mangeait vivant » les e remplacés par des i (« Rin à faire », « ou bien quelque chose qu’il avait pinsé pendant que Fazio téléphonait au notaire » ou bien les a en début de verbe « Picarella on aretrouva » « il adécida de s’allumer ‘ne cigarette »)) puis on s’habitue très facilement pour finir par se laisser bercer par ce langage coloré.

 

 

Le tout est souvent drôle, quelques remarques lancées par Montalbano, des piques ici et là sur la faillite du système italien, des apartés culinaires qui vous mettent souvent l’eau à la bouche, et surtout un commissaire fichtrement attachant : en bref, même si l’intrigue purement policière ne brille pas par son originalité et sa complexité, le roman est avant tout et surtout agréable pour la langue, le personnage et cette ambiance sicilienne, truculente et savoureuse.

 

 

Jolie rencontre, donc.

 

 

 

Les ailes du sphinx, Andrea Camilleri

Fleuve noir, 261 pages, janvier 2010

 

 

L’avis de Claude Le Nocher

 

 

 

Ps : j’avais en tête d’utiliser ce roman pour réaliser le challenge de Chiffonnette « A lire et à manger ». Or, il se trouve que la seule recette entièrement détaillée est celle du ‘mpanata de cochon » avec chou-fleur, saucisses, pommes de terre, huile de friture, saindoux, pâte à pain…. Pas tentée ! Je trouverai autre chose ailleurs !

 

16/02/2010

CADRES NOIRS – PIERRE LEMAITRE

Les RH, c’est son métier, à Alain Delambre.

 

Enfin c’était. Parce que depuis quatre ans, il est au chômage, grappille quelques petites centaines d’euros ici et là avec des petits jobs (petits jobs = manutention avec coups de pieds au fesses, pas de consulting ou de missions ici et là ; ça, c’est fini aussi depuis belle lurette). A cinquante-sept ans, ses illusions se sont envolées depuis longtemps. Le Cadre qui montait a repris l’ascenseur social, mais dans l’autre sens.

 

Pourtant, les RH, c’est son truc, à Alain. Ressources Humaines. Relations Humaines. Aussi, quand il apprend qu’il est sélectionné lemaitre.jpgpar une grande entreprise pour un test grandeur nature, où il lui faudra évaluer certains cadres de ladite entreprise et en sélectionner le meilleur, c'est à dire le plus à même de virer 2600 personnes, de les mener à la même mort que lui, celui qui saura conduire cette mission en résistant au stress, en se montrant inflexible ET loyal, efficace dans la tuerie, Alain décide de tenter le tout pour le tout. Au risque de perdre l’estime de sa femme et de ses filles. A bon entendeur salut, Alain prépare le terrain en bon spécialiste des ressources humaines. Jusqu’au jour où il apprend qu’en fait de recrutement, il s’est fait b….. comme les autres. Les jeux sont faits depuis longtemps. Les illusions, pourtant, disparaissent vite quand on bosse dans les RH. IL faut croire qu'il avait perdu la main, en quatre années de chômage... Où que le monde de l'entreprise est encore plus pourri et vérolé que du temps où il exerçait.

 

Sacrément efficace, le roman de Pierre Lemaître ne se lâche pas. On entre dans la vie de ce quinqua obsolète, qui se fait botter les fesses par un contremaître bas du plafond, lui rend un coup de boule sur un coup de tête et tout bascule. Chômage, pressurisation des cadres (et des non cadres), simulation de prise d’otage par une multinationale prête à tous les simulacres pour trouver le meilleur killer de ses troupes, on rencontrera au fil des pages des salariés consciencieux et aveuglés, des dents longues prêtes à tout, des frustrés enragés et des patrons pourris. On pourrait dire « rien de neuf » sous le soleil, ou plutôt sous les néons des salles de réunion, on pourrait dire que parfois ça manque un poil de crédibilité, et pourtant Pierre Lemaître maîtrise son intrigue, réussit à nous enfermer dans ce simulacre infernal qui va tourner au massacre humain. Ce même massacre humain que l’Entreprise programme en se disant que cela ne sera qu’une ligne à renseigner dans son compte de résultats. Et coté bilan, passif humain égale actif financier, tout le monde le sait. Sauf que Alain saura aller chercher dans les comptes de la Société de quoi la faire tourner en bourrique et lui faire frôler le scandale, à défaut de la faillite.

 

Oscillant entre thriller psychologique et financier, Cadres noirs est un très bon roman, ni très moral (Alain Delambre n’est pas exempt de toute noirceur, et ne donne pas particulièrement envie de le serrer dans ses bras non plus, hein, on se dit même qu’il l’a bien cherché, la m……… dans laquelle il s’est fichu), ni très optimiste, mais bon, là n’est pas la question : en ces temps difficiles, il exprime parfaitement le malaise des salariés, des chômeurs et surtout des seniors.

 

Cadres noirs, Pierre Lemaître

Calmann-Levy, février 2010, 350 pages

 

 

 

Les avis de :

 

Pimprenelle :

 

"Des Alain Delambre, il en existe, et si ce roman fait si froid dans le dos, c'est qu'on se dit que tout ceci est terriblement réel."

 

Cuné, qui a aimé la première partie " Ce roman m'a collé aux doigts dès les premières pages : C'est retors et très prenant" et un peu moins la fin : " parfois la règle du "plus c'est gros et plus ça passe", justement, ça coince un peu. L'épilogue est un poil longuet, et à mon sens décevant."

  

 

Celui de Lasardine :

"Je garderais de ce roman, au delà du moment passé à sa lecture, qui m'a fait frissonner, tourner chaque page avec de plus en plus de curiosité, les notions d'espoir, de courage et d'entraide que j'ai ressenties très présentes ainsi qu'un vrai coup de coeur pour un personnage en particulier, celui de Charles!!"

 

 

Celui de Moisson noire :

"On est véritablement happé dans la machine mise au point par Lemaitre, qui décidément s'y entend en intrigues bien ficelées."

 

L'avis de Stephie