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24/03/2009

UN MEURTRE EST IL FACILE ? AGATHA CHRISTIE

Une petite pause ? Un petit moment teinté de charme suranné et de suspens à l’anglaise ? Voilà une petite douceur qui ne peut faire de mal. Luke Fitzwilliam vient de prendre sa retraite de policier dans le détroit de Mayang. Dans le train qui le ramène à christie.jpgLondres, il rencontre une vieille dame, Mrs Pinkerton. Mrs Pinkerton, en digne vieille dame anglaise, ne peut se retenir de lui expliquer les raisons de son voyage à Londres : elle soupçonne un des villageois de Wichwood-under-Ashe d’être le coupable d’une série de meurtres. Et de s’apprêter à commettre un nouveau crime. Luke Fitzwilliam l’écoute diligemment, poliment, sans attacher d’importance à ses propos. Or, quelques jours plus tard, il découvre dans le journal que la vieille dame a été renversée par une voiture devant Scotland Yard. Quelques jours après, il apprend qu’un médecin est brutalement décédé dans le petit village en question.

 

Luke décide d’aller enquêter sur place.

 

 

On retrouve le charme suranné de l’Angleterre, l’atmosphère et les personnages savoureux habituels aux romans d’Agatha Christie : un vieux roublard de la presse à scandale bête et égoncentrique, un antiquaire féru de sorcellerie, une vieille fille aigrie, un médecin envié : une galerie parfois truculente, croquée avec malice et habileté.  L’intrigue est un peu retorse, on ne découvre l’identité de l’assassin qu’à la fin (enfin, quelques soupçons bien placés viennent nous mettre la puce à l’oreille fort à propos). Un roman sympathique, mais qui pêche par la fadeur du personnage principal, Luke Fitzwilliam, bien palot comparé à une Miss Marple ou un couple Tuppence & Tommy Beresford par exemple.

 

A lire pour une parenthèse, sans rien en attendre de plus.

 

 

Un crime est-il facile ? Agatha Christie - Editions du Masque 224 pages

 

 

17/03/2009

CLAIR DE LUNE, JEFFERY DEAVER

Un tueur en série écume Manhattan en laissant ses victimes agoniser. Une pendule ancienne, placée à coté d'elles, égrène les secondes qui les séparent de la mort.clairdelune.jpg

 

Lincoln Rhyme, criminologue de renom, est chargé de l'enquête. Il est tétraplégique et travaille de son appartement, transformé en laboratoire de recherche criminelle.

 

A ses cotés, Amélia Banks, une jeune policière qui lui est farouchement attachée (et on se demande quels sont les liens exacts qui les unissent : complicité professionnelle ? Amour ? Amitié ?). Amélia est en quelque sorte les jambes de Rhyme : elle se déplace, examine les scènes de crime, renifle, observe, étudie et rapporte photos, vidéos et appréciations à Myron. D'autres flics viennent compléter l'équipe : des inspecteurs, débutants ou confirmés, une spécialiste de kinésie (étude du comportement gestuel et corporel des témoins et suspects).

 

La fine équipe, de l'appartement de Rhyme, ressemble un peu à un groupe d'experts-Manhatthan : tout est passé au scalpel, au microscope, sous la férule de Rhyme, qui compense son immobilité forcée par une intelligence hors pair et, au final, une sacrée intuition.

 

Une enquête serrée, nous connaissons dés le début l'identité du tueur, le suivons en parallèle dans la conception et la préparation de ses meurtres (ritualisés et soigneusement élaborés).

 

En parallèle, une seconde enquête dans l'enquête : Amélia a accepté de prendre en charge une autre affaire qui la mène à découvrir un trafic impliquant des policiers véreux.

 

La première partie du roman est assez classique et je me suis laissée entraîner dans cette sordide affaire. Sans trouver le thriller exceptionnel, je trouvais plaisir à suivre le tueur dans ses préparations et les policiers dans leurs investigations et études des scènes de crime. A ce stade là, un polar qui se lit vite, occupe quelques heures et remplit son contrat.

 

Mais, (et quelle déception alors), alors que l’enquête se poursuit, que les deux affaires se rejoignent, les nombreux rebondissements et retournements ont fini par me lasser, et me faire rire presque à d’autres moments. D’incohérence en incohérence, on avance en se disant que le tout est finalement très peu plausible. C’est alors que l’auteur brandit un retournement de situation, sensé éclairer le tout d’un jour nouveau et justifier par là même ces faits qui nous laissaient fort dubitatifs. Malheureusement, il était pour moi trop tard, j’avais décroché et me gaussait de ces facilités hasardeuses et trop incongrues.

 

J’aurais aimé que la personnalité du tueur soit mieux explorée (même s’il change souvent de visage au cours du livre), j’aurais aimé que les gens finissent pas mourir un peu (il y a un peu trop de facteur chance (même si, une fois encore, cela fait partie de la trame qu’a voulu tisser l’auteur)).

 

Trop de retournements, trop de gentils qui deviennent méchants et méchants qui se révèlent innocents, une affaire qui se transforme plusieurs fois, trop de fois pour rester crédible.

 

Bref, j’ai bien aimé le début. Pas la fin. Du tout.

 

 

Clair de lune, Jeffery  DEAVER – Editions des deux terres, 555 pages.

Lu dans le cadre du prix des lectrices ELLE 2009

14/01/2009

VOLEURS A LA DOUZAINE – DONALD WESTLAKE

Un personnage de roman peut il devenir l’ami de l’écrivain qui l’a créé, inventé, fait naître et vivre sous sa plume ? En tous cas, voleursaladouzaine.jpgDonald Westlake aime John Dortmunder. Ils se sont connus en 1967, alors que Donald Westlake sévissait sous le pseudonyme de Richard Stark. Et frayait souvent en compagnie d’un dénommé Parker, héros récurrent de ses romans. Parker « refusa le rôle que [Stark/Westlake] lui avait trouvé »… Westlake lui trouva donc un remplaçant et ainsi naquit John Archibald Dortmunder.

 

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07/01/2009

JE T’AI VUE – JULIE PARSONS

Michael Loughlin vient de prendre sa retraite après de bons et loyaux services au sein de la police dublinoise. Il est encore hanté par le meurtre de Mary, sur lequel il a enquêté, dix ans auparavant. Et surtout par la mère de Mary, Margaret, qui a assassiné le meurtrier de sa fille. Quand un ami lui demande d’enquêter, en privé, sur le supposé suicide d’une jeune fille, Marina, il hésite, puis, devant l’insistance de la mère de Marina, il se plonge dans le passé de Marina.parsons.jpg

 

Même si tous les protagonistes de ce roman sont attachants, ou intéressants (un vieux flic désabusé meurtri, une mère vengeresse dévorée voulant en finir avec sa culpabilité, une jeunesse dorée hantée par un passé peu glorieux), le roman manque de rythme, de puissance, de frissons.

 

L’intrigue se laisse lire sans qu’à aucun moment le cœur ne palpite, la curiosité ne soit aiguisée (j’ai failli lâcher en me disant que je me contrefichais de connaître l’épilogue).

 

Et, quand survient la fin, les dernières pages, alors que l’intrigue est sur le point d’être résolue, on se dit que, mouais, tout ça pour ça.

 

Bof, bof, bof, au final. Au prochain.

 

 

Je t'ai vue, Julie Parsons - Calmann-Levy, 326 pages

 

 

Antigone a apprécié la lecture, Enna a moins aimé.

 

 

Lu dans le cadre du Prix des lectrices ELLE 2009, catégorie Policier

 

06/01/2009

SHUTTER ISLAND – DENNIS LEHANNE

Il n’y a pas de lecteur dans ce livre de Dennis Lehanne. Il y a seulement des fétus de paille ballottés de page en page avec Shutter_Island_-_Dennis_Lehane.jpgl’impression lancinante de se noyer dans les méandres d’une histoire asphyxiante, de se mouvoir dans un marécage opaque et vaseux et d’être frôlés des personnages qui évoluent sans cesse, tels des fantômes tantôt hypnotiques tantôt sarcastiques, qui les encerclent et leur susurrent « traverse mon miroir, enfonce toi dans ma folie, à moins que ce ne soit la tienne ? ».

 

Tout commence comme un roman à suspens « normal » : en 1952 le marshal Teddy Daniels embarque dans un ferry en direction de Shutter Island pour y enquêter sur la disparition d’une patiente du Ashecliffe Hospital, où sont soignés des schizophrènes et autres patients atteints de troubles mentaux. Accompagné du marshal Chuck Aule, il découvre rapidement que la patiente, Rachel Solando, n’a pas pu s’enfuir sans une complicité interne. La direction de l’hôpital semble prête à tout pour étouffer l’affaire.

 

Roman d’atmosphère, où les personnages évoluent dans une île isolée en pleine mer par tempête, Shutter Island nous promène aux confins de paysages chaotiques, où les falaises menacent et les vents soufflent avec une telle violence que l’on les entend presque hurler entre les mots. Et cette atmosphère imprègne le roman, enveloppe le lecteur et le rend fébrile, claustrophobe, paralysé, mais envoûté, prisonnier de ces pages, enferré dans une toile d’araignée tissée avec brio.

 

Roman intimiste où les personnages dérivent lentement vers la folie, où les sains d’esprits semblent perdre la raison et les désaxés retrouver brutalement leur santé mentale, ces 287 pages révèlent autant de portes qui s’ouvrent et se referment en claquant brutalement. On y suit les deux marshal, en leur découvrant peu à peu des passés qui les hantent et reviennent les réveiller, les rappeler à eux. Qui est qui ? Qui est quoi ? Pourquoi Chuck est il là ? Pourquoi Teddy a été appelé dans cette île ? A quelles manipulations se livrent les médecins, quelles sont les expérimentations qui y sont faites dans le plus grand secret ?

 

C’est un roman à plusieurs clefs, que j’ai refermé en état d’hypothermie. Mais décidée à le relire pour en saisir à nouveau d’autres nuances, d’autres éclairs.

 

Un roman que je recommande chaleureusement aux amateurs de frissons et de nuits blanches. Aux amateurs d’atmosphères envoûtantes et ambiances hypnotiques.

 

Merci Fashion pour le prêt !

 

Shutter Island, Dennis Lehanne – Ed. Rivages thriller, 287 pages

 

 

Les avis de La Liseuse, Fanyoun, Argantel, Ys, So, Karine, Majinissa, Milou, Thom, Gaëlle.

 

05/01/2009

RENDEZ-VOUS A BAGDAD – AGATHA CHRISTIE

Victoria Jones est une jeune stenodactylo qui fait dix fautes d’orthographe par ligne. Jeune, enthousiaste et volontiers mythomane, elle rencontre dans un parc une jeune homme, Edward, dont elle tombe immédiatement amoureuse. Ne sachant d’Edward que son départ imminent christie.jpgpour Bagdad, elle décide de se faire engager comme dame de compagnie et accompagne une vieille dame dans la capitale irakienne, où elle arrive sans le sou, avec son seul toupet pour bagage. Il lui arrivera bien des mésaventures.

 

 

On est loin dans ce roman des aventures d’Hercule Poirot ou de Miss Marple. Agatha Christie nous embarque dans les aventures rocambolesques de Victoria, personnage ô combien sympathique. Volubile, menteuse avérée, parfois tête à claques, la jeune fille va mettre le nez dans un imbroglio mêlant espionnage et complot mondial.

 

L’atmosphère garde ce coté désuet qui fait le charme des romans d’Agatha Christie, un peu moins surannée peut-être (mais le roman, écrit en 1952, est déjà assez « moderne » par rapport à d’autres romans plus connus comme L’heure zéro ou dix petits nègres). J’ai beaucoup pensé au film de Alfred Hitchcock « L’homme qui en savait trop » (version remake de 1956) : dans le film d’Hitchcock, un couple sans histoire se retrouve mêlé par hasard à un complot. Ici, la jeune Victoria se retrouve espionne presque malgré elle. Le tout dans un pays du Moyen-Orient, avec pour seul arme son ingéniosité et son bagout.

 

On y retrouve aussi des diplomates véreux, ambitieux et retors, des occidentaux colonialistes et paresseux, des archéologues rêveurs et têtes en l’air, un hôtelier accueillant et volubile, bref, une palanquée de personnages attachants, une histoire à rebondissements, le tout lié avec verve et dynamisme. Une histoire un peu abracadabrante mais qui ne manque pas de piquant et une héroïne attachante.

 

Que du bonheur, donc. Mais peut-il en être autrement avec Agatha Christie ?

Rendez-vous à Bagdad, Agatha Christie - Le livre de poche, 283 pages

Merci Fashion, pour le cadeau ;)