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24/11/2010

Le Horla, Maupassant, Lu par Michaël Lonsdale

Ecouter. S’imprégner. Laisser pénétrer lentement la voix d’un lecteur et se laisser horla.jpgbercer par la mélodie des mots et des histoires.

 

Pas toujours facile, selon le moment. Si Cuné a tenté le repassage sur fond d'audio-livre, je sais que, pour ma part, je ne suis pas assez mordue de ce sport là pour le faire autrement qu’en râlant et espérant qu’un être invisible s’en charge à ma place.

 

Ecouter à la maison me semblait tout aussi exclu, mon attention s’en allant trop souvent au gré de mes rêveries et autres tâches à faire. J’ai quand même tenté l’audio-livre en cuisinant. Pas mal. D’ailleurs l’écoute de « Une cœur simple » de Flaubert, lu par Marie-Christine Barrault accompagne assez bien la confection d’une tarte aux pommes saupoudrée de cannelle.

 

Mais c’est au volant que je préfère écouter un audio-livre et j’ai tenté récemment l’écoute de « Le Horla » de Maupassant, lu par Michaël Lonsdale. Pourquoi celui-ci ? D’une part parce que j’aime beaucoup Maupassant et ma lecture du Horla remonte à quelques années. Mais aussi, et surtout, enfin, parce qu’il y a des voix qui m’ensorcellent, me happent et me laissent pantoise voire pantelante. Voire carrément frissonnante. Mais là n’est pas l’objet de ce billet, ne nous dispersons pas, hein…

 

D’ailleurs je ne me lancerai pas dans une description de l’état dans lequel me laisse la voix de Marielle. Ce serait indécent ici-même. Un audio-livre était même disponible : Le grand n’importe quoi, de Jean-Pierre Marielle lu par Jean-Pierre Marielle. J’aurais pu. Mais non. Parce que je n’aime pas quand un auteur lit son propre livre. Question de principe. Idiot peut-être, mais c’est ainsi.

 

Ca y est, je pense à Marielle et je me disperse. Revenons à nos moutons. Il vous fait ça aussi ? Weber aussi, m'arrache des frissons, surtout quand il s'esclaffe. Noiret, pareil. J'arrête.

 

Le Horla, donc, de Maupassant, lu par Michaël Lonsdale. C’est ici la forme du journal qui est lue, Maupassant ayant publié cette nouvelle sous trois formes différentes (Lettre d’un fou, 1885), Le Horla (nouvelle, 1886,  et Journal, 1887).

 

Ecouter le Horla en voiture est assez agréable : le texte est fluide, la voix de Lonsdale carrément hypnotique. Je me laisse aller, j’écoute, je fonds dans l’histoire. Je me surprends même à caresser le rêve d’un embouteillage qui retardera le moment d’interrompre l’écoute. Je ralentis, chose peu courante, avouons le tout de suite, et me voilà transformée en conductrice raisonnable. Une fois n'est pas coutume.

 

J’écoute, je réécoute, d’ailleurs, car le texte de Maupassant n’est pas un texte que l’on peut écouter de façon trop distraite. Plusieurs fois j’ai enclenché un retour un arrière. Des retours en arrière qui ne me lassent pas, tout comme la voix de Lonsdale. Sa lecture est à la fois blanche et vivante : les inflexions toujours parfaitement dosées  permettent de plonger dans l’histoire, de sentir la folie prendre peu à peu possession du personnage (la folie, ou le Horla ?!), tout en ne supplantant pas le texte de Maupassant. Une impeccable justesse de ton. Qui est cet homme, est-il malade, que sont ces rêves ? Petit à petit, l'homme sombre jusqu'à l'irréparable et la dernière phrase sonne comme un glas. Un glas qui m'a donné immédiatement envie de réécouter le tout.

 

 

Le comédien lecteur donne vie au texte et aux mots tout en s’oubliant derrière l’auteur. Voilà ce que j’aime dans les lectures à haute voix. Exercice plus difficile qu’il n’y parait et que Lonsdale, ici, et comme d’habitude d’ailleurs, réussit à merveille.

 

 

Un bilan somme toute positif, donc. Il faut sans doute accorder textes et occasions, certaines lectures ne se satisfaisant sans doute pas d’une attention trop distraite. Et, très certainement, du moins à mon avis, préférer les textes courts qui ne nécessitent pas plus de 2 heures d’écoute.

 

Pour ma part, la lecture de Marie-Christine Barrault (Un cœur simple) m’accompagne depuis longtemps, en voiture ou plus occasionnellement en cuisine. Le Horla rejoint Félicité. Décidément, la Normandie est à l’honneur…

 

Tiens, un petit extrait est ici.

 

 

 

Le Horla, Guy de Maupassant, Lu par Michaël Lonsdale

Audio-Lib, Juin 2009, durée 1heure

06:14 Publié dans Audio-Livres | Lien permanent | Commentaires (21) | |  Facebook