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16/11/2009

L’ENFER DES REVES – THEODORE ROSZAK

Deirdre est une Guetteuse. Elle a la possibilité de s’introduire dans le rêve des gens, d’écouter, de voir, d’entendre, mais aussi, roszak.jpget surtout, de manipuler leurs rêves. Traumatisée par la mort violente de ses enfants et de son mari, Deirdre officie désormais auprès du docteur Devane, dans sa clinque de psychiatrie. A la fois patiente et soignante, elle pénètre dans les rêves des patients, manipule les esprits et les inconscients. Sa prochaine mission consistera à aider Sœur Constancia, une religieuse pressentie pour le Prix Nobel de la Paix. Constancia refuse les phases de sommeil qui la terrorisent de plus en plus. Deirdre va découvrir que la clinique Devane n’est pas uniquement un centre de soins médicaux, mais au cœur d’une entreprise gouvernementale peu recommandable. Et qu’elle n’est pas la seule Guetteuse. D’autres Guetteurs, moins bien intentionnés, vont croiser son chemin.

 

 

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31/07/2009

ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE – ANNE RICE

Je n’aime pas les vampires, les trucs qui sortent des cercueils et les histoires d’ail et de crucifix. Il a fallu une discussion avec ma anne rice.jpgbelle-sœur, fan du genre, qui cherche ce roman (pas réédité et donc difficilement trouvable) depuis des mois, pour que je le déniche dans une brocante et décide de l'acheter. Curieuse, j’ai voulu voir par moi-même pourquoi « Entretien avec un vampire » est, a priori, devenu un roman culte.

 

 

Puissant et sensuel sont les adjectifs qui me viennent à l’esprit pour qualifier le roman de Anne Rice et le récit long, troublant de Louis, vampire torturé, déchiré, qui se confie à un journaliste.

 

Louis, en effet, a convoqué un jeune homme afin de lui raconter sa vie. Pourquoi ? On n’en saura rien (la confession démarre brutalement et se prolonge en un récit hypnotisant sur 444 pages). L’histoire démarre à la Nouvelle Orléans à la fin du 18ème siècle. Louis, jeune propriétaire terrien accepte la proposition de Lestat, venu le trouver en lui proposant la vie éternelle contre sa richesse et son domaine. Entre les deux hommes se noue une relation filiale de dépendance et de haine, fascination et répulsion. Au mal absolu représenté par Lestat, qui se noie dans les plaisirs (sensuels, charnels, assassins) s’oppose la sensibilité de Louis, sa réticence à tuer des hommes et des femmes (il préfère se nourrir du sang d’animaux) et son dégoût croissant pour leur condition, dégoût mélangé à une jouissance indicible qu’il réfute et refuse d’assumer.

 

C’est l’arrivée de Claudia, l’enfant-vampire, qui cassera le couple fusionnel et provoquera la fuite de Louis en Europe, après l’assassinat de Lestat (mais les vampires sont immortels, non ?). Claudia, l’enfant devenue vampire grâce à Louis, transformée en tueuse implacable par Lestat, Claudia la femme condamnée à vivre dans un corps d’enfant (elle mûrît mais ne grandit pas), la femme qui ne peut éclore, Claudia hypnotise Louis, le captive d’un regard et d’une parole. Leur relation est ambiguë, subversive (leur amour est platonique mais toujours à la limite du charnel, amour incestueux et pédophile qui ne sera jamais consommé).

 

Tout le récit est très sensoriel, dans un style très travaillé, élégant, quelque peu désuet. Au fil de ces 444 pages, nous sommes plongés dans une histoire à la fois glauque (ruelles sombres, meurtres, cercueils, morts vivants en Europe), sensuelle (l’ambiguïté entre sensualité et sexualité est omniprésente, notamment entre Louis et Claudia puis entre Louis et Armand) et philosophique (opposition bien / mal, attirance perverse pour la mort et refus de la vie telle qu’elle se déroule pour les humains). Le tout est fascinant, même si j’ai trouvé la dernière partie un peu plus longue.

 

Entretien avec un vampire, Anne Rice

Pocket 444 pages, oct 1990 (Interview with a vampire, 1976)

 

 

 

 

L’avis de SBM

 

 

22/07/2009

LES PETITES FEES DE NEW-YORK – MARTIN MILLAR

Il y a trois sortes de fées.millar.jpg

 

Les fées du logis.

Les fées de contes de fées.

 

Et les fées de Martin Millar.

 

 

Si par chance, vous croisez des petites créatures hautes comme trois pommes, les cheveux teints en rose/bleu/vert (ou un peu les trois à la fois), les ailes frémissantes, et qu’en plus elles déboulent chez vous ivres mortes en se balançant des insultes à la figure et se tabassant l’une l’autre à coup de violon, suivez mon conseil : barrez vous vite fait.

 

Parce que si vous les voyez, c’est que vous êtes sensible à leur univers (pauvre de vous !) et elles n’auront de cesse de se mêler de vos histoires de cœur / d’argent / santé et ce sera pour vous  le début des emmerdes

 

Et ce sont à coup sûr des fées de Martin Millar.

 

 

Les fées de Martin Millar, elles sont écossaises et fières de l’être. Elles se pintent au whisky, se haïssent cordialement, comme une fée peut détester sa meilleure ennemie, ne refusent pas la gaudriole, ont le don de se mettre dans les situations les plus tordues et de semer autour d’elles un bazar pas possible. Les voilà à New York, fuyant le roi des fées, poursuivies par une armée vengeresse, passionnées de musique punk et décidément complètement fêlées.

 

Passez un moment avez Heather et  Morag.. et vous rencontrerez Dinnie le râleur obèse et Kerry la jeune souffrante de la maladie de Crohn qui cueille les fleurs les plus rares dans Manhattan. Vous croiserez aussi d’autres petites fées, écossaises ou irlandaises, aussi alcooliques que follement sympathiques, une clocharde à la tête d’une armée de spadassins, un metteur en scène désespéré, mais VRAIMENT désespéré de pouvoir monter Le songe d'une nuit d'été, et quelques écureuils bavards. Devant l'arrivée de ces étrangères, les fées New-Yorkaises, elles,  enfin... les fées de Chinatown, celles de Little Italy et de Harlem, ne voient pas d’un bon œil ce charivari débouler dans leur cité et la guerre des gangs, pardon.. des fées, peut démarrer.

 

Tout ça se mélange dans le plus joyeux bordel capharnaüm, souvent hilarant (Martin Millar a-t-il écrit sous influence d’un pur malt écossais devant une chaîne de porno irlandaise ??). Déjanté, barré, faisant apparaître les fêlés et laissés pour compte d’une société dominatrice, « Les petites fées de New-York » promet de francs moments de rigolade, de fraîcheur aussi, des minutes de tendresse et d’amitiés rabibochées à coups de baston et de course poursuite à dos de yellow cab, quelques parenthèses porno pas toujours marrantes, c’est vrai, mais, au final, … hey, that’s a fairy tale !!

 

 

Les petites fées de New York, Martin Millar

Intervalles, 302 pages, juin 2009

 

 

  

Chiffonette s’est régalée, Chimère aussi, comme Angua et le Cafard cosmique

 

18/05/2009

LA VOIX DU COUTEAU – PATRICK NESS

Dans un mois, Todd aura treize ans. Il deviendra un homme, conformément aux lois de Prentissville, Nouveau Monde, une planète colonisée par les humains. Sur Nouveau Monde, les humains peuvent entendre le Bruit, les pensées des autres : elles se superposent, se chevauchent. Et ce Bruit est devenu un vacarme incessant avec lequel les hommes ont appris à vivre. Les femmes, elles, ont disparu de Prentisville, décimées par un virus à l'arrivée sur Nouveau Monde. Alors que couteau.jpgTodd se promène dans les Marais, il découvre un lieu où le Bruit s’estompe jusqu’à disparaître totalement. Cette découverte sera à l’origine de sa fuite : son père adoptif lui confie quelques affaires, un couteau, le journal de sa mère et lui ordonne de fuir Prentisville, le plus vite possible, le plus loin possible. Todd s’échappe, avec son fidèle chien Manchee (les animaux parlent sur Nouveau Monde) et découvre, avec stupéfaction, une jeune fille, Viola. Une fille ? Sur Nouveau Monde ?

 

Fichtre, quelle agréable trouvaille ce roman jeunesse ! Quelle trouvaille pour moi qui ne suis pas une habituée du genre et encore moins fan de science fiction ! Mais ici, la science fiction est de toute façon très légèrement présente, jamais pesante. On n’est pas sur Terre, d’accord, nous croiserons quelques créatures non humaines (les Spackles, anciens habitants de Nouveau Monde), mais tout reste parfaitement accessible et lisible pour une réfractaire comme moi, même s’il m’a fallu quelques pages pour m’habituer à la syntaxe grammaticale parfois défaillissante et aux fautes d’otorgrafes de Todd : il est le narrateur de l’histoire.

 

Nous allons donc suivre ce jeune garçon dans sa fuite affolée, comprendre peu à peu, avec lui, comment les hommes ont colonisé cette planète, leur volonté initiale de créer un Nouveau Monde sur de nouvelles bases Quand cherche-t-on un nouvel endroit pour vivre ? Quand l’endroit où tu vis, c’est plus la peine d’y rester. Vieux Monde c’est dégoûtant, violent et surpeuplé. Ca se déchiraille en plein de morceaux avec des gens qui se détestent et s’entreptripent, et personne n’est heureux tant que tout le monde n’est pas malheureux à  mourir. En tout cas, c’était comme ça avant. »). Mais les hommes sont ce qu’ils sont et ne restent pas toujours bienveillants…

 

Todd et Viola tentent d’échapper à des hommes (re)devenus barbares : ils ont sombré dans un obscurantisme primaire. Les fugitifs rencontrent d’autres colonies bâties selon des préceptes différents de Prentisville, et, tout au long de cette fuite, nous voilà plongés dans un très bon roman jeunesse, roman d’initiation (Todd doit devenir un homme et  nous comprendrons ce que Homme veut dire dans la bouche des habitants de Prentisville), un roman porteur de valeurs de tolérance et respect entre individus (nous croiserons quelques Spakles et comprendrons comment ils ont été colonisés et souvent décimés), des valeurs d’amitié, de fidélité, de liberté de choix et d’affranchissement de l’individu de toute sorte de fanatisme. Le tout se lisant avec avidité, le suspens est entier et terriblement bien ficelé, et la fin ne donne qu’une envie, que la suite paraisse bientôt, « La voix du couteau » étant le premier volet d’une trilogie « Chaos en marche ».

 

Prix Guardian 2008, Booktrust Teenage Prize 2008.

 

 

La voix du couteau, Patrick Ness

Gallimard Jeunesse, 440 pages, avril 2009

 

Les avis de Lily, Cathulu, Fashion, Lael, Hambre,

 

10/04/2009

LA VIEILLE ANGLAISE ET LE CONTINENT – JEANNE-A DEBATS

Ann Kelvin, a consacré sa vie aux recherches transmnésiques (transplantation de l’esprit dans un autre corps). Alors qu’elle debats.jpgattend de succomber au cancer, Marc Sénac, son ancien élève – amant, lui propose de réaliser une dernière mission, un baroud d’honneur qui leur permettra de mettre fin aux massacres des cétacés. Pour ce faire, l’esprit d’Ann sera transplanté dans le corps d’un cachalot.

 

Une novella très courte qui se lit d’une traite, et dont le premier abord, qui paraîtrait plutôt loufoque, voire totalement absurde au lecteur récalcitrant, réfractaire à tout ce qui ne s’ancre pas dans une réalité bien tangible (j’en suis), disparaît totalement d’une part sous la plume alerte et fluide, et d’autre part sous le message écologique (condamnation des massacres de cétacés, irrespect de l’environnement, notamment sous marin). Au début.

 

Pourtant, le texte étant particulièrement court, il manque à mon sens d’une part de précision (on apprendra vaguement ce que sont les recherches transmnésiques  ou quels ont été les travaux auxquels s’est consacrée Ann (et qui lui ont valu, comprendra-t-on, de sévères critiques). Il faut donc tout imaginer, supposer. Et moi qui suis en général hermétique à tout ce qui touche science fiction, fantasy, j’aurais peut-être préféré plus de détails ou d’explications pour accepter de plonger. Autant la première partie, qui relate le voyage d’Ann et sa découverte des fonds marins  est un très joli moment de lecture, autant la seconde partie, (attention je vais spoiler) qui aborde une sombre histoire de cadavres radioactifs balancés en mer (et que Ann et son nouvel ami 2x2x2 (un cachalot, donc) s’empressent de faire remonter à la surface) m’ont paru abracadabrantesques et peu vraisemblables (j'essayais de les imaginer se démenant avec leurs caudales... pas facile pour moi) : le récit, s’il était resté sur un plan purement écologique, n’aurait pas vu son message se diluer sous une histoire de clones volés à laquelle j'ai beaucoup moins adhéré.

 

Au final, qu’en reste-t-il ? Je n’ai pas détesté, loin de là, je l’ai même lue avec plaisir, mais j’y ai sans doute trouvé trop de choses mises pêle-mêle dans trop peu de texte.

 

 

La vieille anglaise et le continent - Jeanne-A Debats - Griffe d'encre - 70 pages

 

 

Les avis de Fashion (merci pour le prêt), Chiffonette, Laurence, Lucile, Chimère, Brize, Delphine, toutes enthousiastes.

 

Lu pour le prix Biblioblog.biblioblog.jpg

22/01/2009

ZEN CITY – GREGOIRE HERVIER

Zen city, vous rêvez d’y vivre ? Allez donc voir sur le site de la ville ! Pour postuler, un test vous permettra de savoir si vous correspondez aux critères zen. Pour moi, c’est fichu.

Dominique Dubois, lui, a réussi les tests. C'est un homme tout ce qu’il y a de plus standard. Cadre moyen physique moyen, salaire moyen, rien ne le zencity.jpgdistingue particulièrement de ces congénères. Lorsqu’il répond à une offre d’emploi, après quelques mois de chômage, pour un poste de statisticien dans la ville modèle de Zen City, au cœur des Pyrénées, il ne se doute pas que ce poste et ces conditions alléchantes cachent bien autre chose.

 

Dominique arrive dans la ville et découvre une cité où tout est organisé pour faciliter la vie de ses habitants par le biais du contrat Global Life®. Choix de la décoration intérieure de son appartement avant même d’y arriver, implantation d’une puce dans sa main, et vogue la galère : Dominique n’a plus qu’à parcourir les allées du Zen Market et son réfrigérateur se remplira selon ses désirs, son Smartphone lui indiquera les célibataires frayant dans un rayon proche de lui, sa porte s’ouvrira à son approche… tout est conçu pour anticiper les désirs et offrir aux habitants de Zen City confort, satisfaction et bien-être. Dominique consume, achète, profite, s’endette, mais son conseiller Global Life ® est là pour l’épauler et le guider. L’assassinat d’une jeune collègue de Dominique met le feu aux poudres, des hackers contactent Dominique…

 

Entre roman d’anticipation et policier, Grégoire Hervier propose ici un roman agréable. Ou comment les dérives de la communication et publicité à outrance, des nouvelles technologies, peuvent peu à peu grignoter les libertés individuelles et nous transformer en simples moutons.  Le roman débute sous la forme d’un blog, celui de Dominique, qu’il a commencé avant même d’intégrer Zen City, puis se poursuit par son journal, parsemé des notes de l’éditeur qui trouvera tous ces documents après un incident.

 

Je ne crierai pas au chef d’œuvre mais ai bien aimé cette satire acide d’une société publicitaire où la manipulation des masses est la clef de voûte d’un consumérisme effréné. La forme vivante et alternée (blog / journal / récit) rend la lecture aisée et facile, il y a un certain suspens et la critique acerbe de nos mode de consommation est assez bien faite.

 

 

 

Zen city, Grégoire Hervier – Au diable vauvert, 364 pages

 

Les avis de Lily et de Cuné

30/10/2008

EXPERON – HELENE CRUCIANI

Après des années de revendications, manifestations, réclamations, négociations, les femmes au foyer ont obtenu ce qu’elles voulaient : leur expérience de mère sera valorisée, elles toucheront un salaire (confortable) pour élever leurs enfants.

 

Une condition, néanmoins : elles devront suivre des études spécifiques et obtenir le diplôme d’AAE (diplôme d’Aptitude auprès des Enfants), suivre une psychanalyse, et, enfin, pouvoir se rendre au centre de Bébé-sélection et choisir, assistés d’un généticien, le bébé qui leur conviendra le mieux.

 

Vous l’avez compris, nous sommes en 2054. Annabel désespère d’obtenir son Diplôme d’AAE, son mari Sollow finalise son projet « Experon », qui permettra aux populations de pouvoir acquérir des expériences sans vécu, par un simple transfert de cellules cognitives. Une jeune femme confie son fils, Ange à Sollow. L’enfant ne parle pas mais semble doué d’une capacité visuelle et mnémotechnique stupéfiante.

 

experon.jpgJe n’aime pas la science fiction, je crois l’avoir déjà dit. Ici, cedi dit, le futur est proche et le livre, sans être un chef d’œuvre d’anticipation, se laisse lire, dévorer même, tant les personnages et les situations sont prenants.

 

Le rapport des femmes à la maternité est souvent juste, expressément quand les femmes notamment, ne peuvent plus accéder aussi facilement à leur désir de devenir mères. La maternité devient obsession, la mère idéale une obligation. Dans cette société, l’expérience est du temps perdu, lire un livre une hérésie depuis que les fulmigua permettent d’acquérir la connaissance d’une œuvre sans passer par la phase lecture, obsolète et inutile, vous en conviendrez. Dans cette société, les ENA (Enfants Non Autorisés) sont dénoncés et élevés dans des centres spécifiques en attendant leur adoption. Dans cette société, les films d’antan sont visualisés dans des cinémages, on ne va plus dans des cinémas, on visualise ses films ou hologrammes chez soi, dans son coin. Ce qui est nettement plus confortable et tranquille, vous en conviendrez sans peine.

 

Rapport au progrès, à la maternité devenue un droit à obtenir, rapport à l’évolution des espèces, le roman d’Hélène Cruciani appelle ou soulève des réflexions intéressantes. Si je devais relever un détail qui m’a gênée, ce serait sans doute qu’à aucun moment on ne parle de l’homoparentalité : que sont devenues les revendications quant au droit à la l’homoparentalité dans ce futur proche ?  La question, d’actualité pourtant, aurait à mon avis mérité d’être abordée. L’auteur élude le problème, et ce sera mon seul regret.

 

Mais je pinaille, là. Parce que je l’ai lu avec intérêt, avec plaisir, et que pour ces raisons là, c’est déjà un bon moment.

 

 

Experon, Hélène Cruciani – Ed. Griffes d’Encre, 250 pages

 

 

Les avis de Lucile et Delphine

30/05/2008

LA NUIT DES ELFES – JEAN-LOUIS FETJAINE

869351383.jpgAprès Le crépuscule des Elfes, nous voici dans le deuxième volet de la Trilogie des Elfes imaginée par Jean-Louis Fetjaine.

Le peuple des Nains a été exterminé et le monde sombre dans le chaos. Trahisons, batailles, éradication, le peuple des Hommes est gouverné par le Sénéchal Gorlois, ivre de pouvoir et de colère. Il a épousé la belle Ygraine, tandis que Lliane a donné naissance à Rhiannon. Rhiannon, enfant de l’amour entre la reine des Elfes et le chevalier Uther. Rhiannon que Merlin appelle Morgane…

Nous retrouvons donc les personnages du premier volet et la légende arthurienne prend de plus en plus pied dans le récit. J’y ai trouvé moins de féerie, moins d’onirisme que dans le précédent opus. Au contraire, les relations entre les différents peuples sont décrites plus fortement, les rapports entre humains, elfes, sont plus prépondérants et prennent le pas sur la féérie et l'imaginaire. Ce de coté là, le livre est encore plus intéressant.

On y trouvera aussi quelques éléments typiques de la mythologie celtique :

la vanité des Hommes, leur ambition de dominer le monde et de faire régner leur religion, leur volonté vorace et implacable, leur mépris vis-à-vis des religions différentes ; la légende d’Avallon et le Fruit de la Connaissance (la Pomme, considérée comme le fruit défendu par les Hommes), Merlin, Morgane, Excalibur sont des éléments déterminants du récit.

Quelques inspirations médiévales, aussi, avec le combat organisé par Gorlois : du sang, de chevaux, des chevaliers, des heaumes, des cris, on entend presque les trompettes et les hourras de la foule enragée.

Pour conclure, je dirais que j’ai un peu moins aimé ce récit que le précédent. D'un coté, les paysages brumeux, les ombres et l'ambiance onirique du premier volet m'ont un peu manqué, mais j'y ai trouvé plus de finesse, j’ai aimé le portrait de l’Homme qui en est fait.

Il m'a semblé cependant manquer cruellement de culture es fantasy pour apprécier toutes les références évidentes à la culture arthurienne, celtique ou tout simplement imaginaire.

ps pour Lamousmé : je lirais le troisième, mets le moi de coté, surtout que Cher et tendre a totalement accroché aux deux premiers volets !!

17/04/2008

LE CREPUSCULE DES ELFES – JEAN-LOUIS FETJAINE

869351383.jpg

Il ne faut jamais dire « Fontaine….

Il y quelques semaines, je suis allée rendre visite à mon amie Lamousmé, dans son antre de l’imaginaire, j’ai nommé Neverland.

J’ai toujours assimilé la Fantasy à la chimie moléculaire. (Je sais, ce lien est sans rapport mais j’avais envie, point barre).

Donc j’ai toujours considéré les rayons Fantasy comme étant destinés à tous, sauf à moi. Les histoires de dragons, non merci, j’ai tout ce qu’il faut dans mes connaissances.

Néanmoins, il suffit d’écouter Lamousmé parler avec passion de son métier de libraire spécialisée pour avoir envie de se laisser tenter. D’essayer. Pour voir. Parce qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas ??

J’ai donc demandé à Lamousmé de me conseiller un titre. Lequel titre devait convenir à une lectrice débutante es fantasy, une candide réticente, une élève de base, niveau Cours Préparatoire en la matière.

Lamousmé me suggéra d’abord de lire de l’uchrony. Ce à quoi je lui répondis que je n’avais jamais lu cet auteur.

Je puis vous assurer que Lamousmé est une libraire compréhensive, capable de ne pas éclater de rire quand un client lui sort des énormités. Au contraire, elle explique gentiment que l'uchrony n’est pas un auteur, mais un genre de littérature.

Son stock ayant été récemment dévalisé par sa clientèle, Lamousmé n’avait pas de roman de ce genre à me vendre. Elle me proposa donc Le crépuscule des Elfes, et je luis fis confiance. Emportai le roman, et l'oubliai aussitôt dans ma bibliothèque, en attendant des jours meilleurs. Et, finalement, au bout de quelques semaines, je me décidai à l'ouvrir...

Et vous savez quoi ?

Je l’ai lu (presque) d’une traite.

L’épée de Nudd a été volée au Roi des Nains. L’épée est le talisman que les nains ont reçu de la déesse Dana ; les Elfes ont reçu le Chaudron du Dagda, les Monstres ont reçu la lance de Lug et les Hommes la Pierre de Fal. Chaque peuple veille sur son symbole, dans le respect des autres. Ainsi vivront-ils dans la paix.

Mais quand l’elfe Gael tue Troïn, roi sous la Montagne Noire et prince des cités souterraines, pour s’emparer de l’épée de Nudd, l’équilibre du monde est en danger. Chaque tribu envoie deux représentants à la recherche de Gael, l’assassin voleur.

Jean-Louis Fetjaine dessine un tableau luxuriant, vous embarque dans une épopée au cœur des marais, vous plonge au pays des elfes bleus, des nains, des gnomes. Vous y évoluez cernés de magie, de formules, de rêves. De sang aussi, mais la force de l’imaginaire est telle que ces batailles deviennent oniriques, nébuleuses. Un univers parallèle où l’on se dévêt de ses attributs de raison pour s’abandonner dans une autre dimension, merveilleuse, irréelle.

C’est doux comme la magie d’un conte pour enfants, mais beaucoup plus creusé, profond. Au-delà de la simple histoire fantastique, on y parle des hommes, de leur vanité, de leur ambition, de leur noirceur. On y parle d’amour et d’honneur aussi. D’amitié, de respect, de valeurs.

Vraiment ? J’ai dit que je ne lisais jamais de Fantasy ?

J’vous crois pas !

Le crépuscule des Elfes, Jean-Louis Fetjaine, Pocket 346 pages. Premier volume de la Trilogie des Elfes.

06:34 Publié dans *SF, Anticipation, Fantasy* | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Facebook