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18/04/2011

En vrac et au hasard...

Pour du bric à blog, vous allez en avoir du bric et du brac et du blog en vrac, ici. Quoi de neuf sous le soleil ? Bah rien de neuf, en fait. Les petites emmerdes et le grosses joies de tous les jours qui viennent grignoter les journées, salir ou embellir le quotidien, selon les minutes.

 

Déjà, la grosse, très grosse emmerde, voire la sublimissime emmerde, celle qui vous pourrit de chez pourrit le quotidien : ma connexion wifi at-home est morte. Morte de chez morte, je n'en aurais pas parlé ici (après tout y'a pas mort d'homme et on survit finalement assez bien) si les choses ne prenaient une dimension quasi ubuesque : une box qui petit à petit montre des signes de faiblesse, qui finit par expirer. Bon, ce sont des choses qui arrivent. Un coup de fil au fournisseur, quelques quarts d'heure d'attente et ouf on se voit proposer un dépannage à domicile. Quelques jours plus tard le dépannage est effectué, on bondit de joie devant sa box toute neuve toute rapide toute belle au débit encore plus rapide que Hussein Bolt lui-même. Vous sautez de joie, faites le tour du net comme Hussein drapé dans sa cape, ça va tellement vite que vous avez l'impression d'avoir découvert la roue, mais où viviez vous bordel ? Ah oui, en banlieue, c'est vrai. Deux petits tours et puis s'en vont, donc, et flop, la box meurt avant même d'avoir passé le cap du 4 fois relais. Sans préavis ni faire-part. Appel au fournisseur, les quarts d'heure ne sont plus des quarts d'heure mais des heures (si si). Au final on vous répond qu'une clef 3G sera mise à votre disposition chez tous les revendeurs.

 

Mais les revendeurs chez qui vous vous rendez n'en ont plus, de clef 3G de prêt. Tous. C'est à dire 6 points de vente dans lesquels vous vous rendez, oubliant de compter les kilomètres, ceux où vous envoyez vos proches, les munissant de vos coordonnées, sms, confirmations de prêts etc. Même les points de vente parisiens, hein, vous savez qu'en banlieue ce n'est pas toujours pareil. Mais non, la clef 3G de prêt promise, vous n'en voyez pas la couleur. Du coup vous vous la payez, cette clef 3G. Avec son extension, ses prolongations, ses prorogations, à vos risques et périls bancaires.

 

Ouaip, des emmerdes. Mais bon, ce n'est que des histoires de connexion et rien d'autre. Ce n'est pas comme si le fil de votre vie était conditionné à votre connexion, hein ? Alors on fait avec. On rage, mais on fait avec.

 

Le souci, c'est que tout ça tombe pile au moment où vous avez pris une décision. La décision de virer de votre vie un truc qui vous encombre depuis quelques années. Un truc que vous trimballez, que vous supportez, que vous aimez d'amour autant que vous haïssez d'amour. Un truc qui fait partie de vous, genre meilleur ennemi ou ami juré, sans qui vous ne pouvez vivre tout en ayant envie de le plaquer depuis bien longtemps.

 

Ce truc avec lequel vous vivez, ce truc qui vous identifie parmi vos amis depuis longtemps, eux qui ne comprennent pas ce que vous pouvez lui trouver (et ils ont bien raison), ce truc qui fait que vous êtes vous et ce même si vous vous détestez pour ça. Donc, ce truc, vous avez décidé de le virer de votre vie. De vous en débarrasser. Alors qu'après 2h30 d'attente au téléphone parce que votre fournisseur d'accès vous fait poireauter (et 2H30, c'est presque une durée moyenne, hein, vous avez aussi bien pu patienter 1h30 que 3h, hein, de toute façon vous gardez tous les relevés, et ça va saigner), vous n'avez qu'une envie, c'est de replonger dans ce putain de truc.

 

 

Ouaip, vous n'avez qu'une envie, c'est d'en fumer une. D'en griller une. Putain. Une clope, merde.

 

Mais non. Parce que dans les petites emmerdes et le grosses joies du quotidien, y'a les emmerdes, les connexions qui disparaissent, les coups de fils qui tombent dans le vide, les bouquins qui vous tombent tous des mains en ce moment, mais y'a aussi les grosses joies.

 

Ces clopes qui vous avez balancées. C'est dur, elles vous obsèdent parfois, mais vous tenez. Ces fleurs que vous voyez éclore dans votre jardin. Ces matches que votre enfant dispute en riant, en pleurant, en s'amusant, en gagnant ou en perdant, là n'est pas l'intérêt. Ces fou-rires que vous dissimulez tant bien que mal devant l'ivrogne qui vient foutre le bazar dans le piano bar où vous vous connectez tous les matins (autant joindre l'agréable aux emmerdes, hein ? Et puis faut bien bosser un peu quand même). Cette formation de clown vous vous avez entamée, qui vous fait peur autant qu'elle vous transporte. Ce mariage d'une copine qui avait tellement envie d'en porter une, elle aussi, de robe ivoire. Ces discussions alcoolisées entre copines, discussions hautement sexuelles intellectuelles, avec des barmen compréhensifs, des cocktails qui chantent et des rires qui fusent. Ces moments fous sains où vous vous dites tant pis, plus d'internet, vive la vie et basta, on n'en mourra pas pour autant. La preuve, vous allez partir en vacances et vous ne savez même pas si votre hôtel est équipé du wifi. De toute façon, vous n'emporterez pas votre ordi. Ni vos clopes. Ni votre nez rouge. Juste votre mec et votre fille.

 

Et c'est encore mieux.

 

 

London calling. See you, baby.

 

 

ps : paraît que là-bas, y'a le wifi à tous les coins de rue, en plus. Saletés de brittons.

 

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11/04/2011

The anniversary man - RJ Ellory

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« Hell, I live in New York. Every one seems crasy to me. »

 

 

On pourra dire que des histoires de serial killer, on en a lu tant et tant que bon ben quoi, voilà, on ne voit pas pourquoi R.J. Ellory réussirait à faire de The Anniversary Man quelque chose de différent, de neuf, de mieux que untel, de plus mieux bien que tel autre etc. Ouaip. Certes. D'ailleurs, l'intrigue générale reste classique : un tueur en série joue les copycat à New York, un flic, Ray Irving, se remet difficilement de la mort de sa compagne, une jeune journaliste Karen Langley, spécialisée dans le crime, va travailler avec Irving. Le tueur manipule diaboliquement la police et les suspects ne sont jamais ceux que l'on pense.

 

Le tueur en série, le flic, la journaliste, rien de spécialement original, donc. Mais RJ Ellory travaille des personnages, les cisèle, les rend présents, palpables. Et puis il y a John Costello, qui travaille auprès de Karen comme assistant de recherche. John a réchappé de justesse, quelque vingt ans auparavant, à un serial killer, the Hammer of God. Comment refaire a vie quand on a vu, à seize ans, sa petite amie massacrée sous ses yeux ? John ne sera jamais le jeune homme insouciant qu'il était. Depuis vingt ans, il travaille au New York City Herald, connaît tous les meurtres et les affaires de tueurs en série, et c'est lui qui va reconnaître en ces divers assassinats les copies conformes de meurtres survenus des années auparavant. Chaque « copie » ayant lieu à la date anniversaire précise de son modèle, les détails, même les plus infimes (de l'âge de la ou des victimes jusqu'à ses vêtements), sont reproduits à l'identique.

 

La narration, avec des chapitres courts, se concentre sur Irving, Costello et Karen et le lecteur va suivre l'enquête de leur point de vue. Il y a dans la plume de RJ Ellory une façon très personnelle de modeler ses personnages, de créer une intimité entre le lecteur et les acteurs de ses romans, de faire entrer le lecteur dans son intimité, son passé, ses pensées. Ici, Ray Irving n'est pas seulement un flic dépassé par les événements (les meurtres ont lieu dans des districts différents de New York et il faudra que Costello éveille l'attention des policiers avant qu'ils fassent le lien entre eux).

Le flic est aussi un homme qui s'interroge sur sa vie, son enquête, sa relation avec le meurtre et les tueurs (Ellory cite d'ailleurs souvent Capote et De sang froid). Sans compter ces pages qui se tournent fébrilement, ces meurtres que l'on attend en frémissant (j'ai tremblé avec la famille Allen), ces interrogations qu'Ellory distille sans arrêt, ces fausses pistes et ces chausse trappes qu'il ouvre et ferme sans arrêt, toutes ces pages qui font et défont les pistes qu'on se prend à imaginer, créer, deviner ou plutôt croire deviner, pour repartir rapidement bredouille et tout aussi perdu. Comme Iving.

 

Un bon page turner, donc, avec une petite réserve pour la fin, pas assez étayée à mon sens, mais, bon, ne pinaillons pas, ça reste un Ellory de très bonne facture.

 

Les avis d'Amélie Bertrand, de Cuné (merci pour le prêt), de Val, de Aupolicierchinois.

 

 

 

 

The anniversary man, RJ Ellory -VO

Orionbooks, 452 pages, 2009

07/04/2011

Nager sans se mouiller – Carlos Salem

 

salem.jpgLui, c'est Juanito Perez Perez. Son métier : tueur à gages. Sa couverture : représentant en papier hygiénique auprès d'établissements médicaux. Bon employé, bien placé dans sa hiérarchie, Juanito s'acquitte consciencieusement des missions qui lui sont confiées et ne veut qu'une chose, après la livraison de son dernier « colis » : partir en vacances avec ses deux enfants. Le problème, c'est que Numéro Deux, son supérieur, lui demande de faire des heures supplémentaires en allant surveiller une cible potentielle. Heures sup, donc, que Juanito accepte en rechignant, mais des heures sup pas ordinaires, la cible se trouvant dans un camps de naturistes. Et la plaque d'immatriculation qui lui est donnée, pour identifier ladite cible, correspond à la voiture de son ex-femme, qui campe avec son nouvel amant, un juge incorruptible. Son ex-femme qui a vendu sa voiture à l'ami d'enfance de Juanito, cet ami devenu riche qui a beaucoup d'ennemis. Il est un peu perdu, notre Juanito, et ces fausses vacances vont lui occasionner bien des problèmes, entre les armes qu'il faut cacher malgré la nudité, sa fille aînée qui aimerait devenir, enfin, une vraie femme, et Yolanda, l'animatrice dont Juan tombe amoureux.

 

« Nager sans se mouiller », c'est ce que reprochait à Juan Numéro Trois, son mentor dans le métier. Juan qui veut le beurre et l'argent du beurre, tuer et vivre heureux, tuer et ne pas se juger, tuer et ignorer les affres de sa conscience. Et là, dans ce camps de nudistes où la mise à nu est obligatoire, Juan va devoir se mettre à nu, dans tous les sens du terme.

 

Il est fort, Carlos Salem. Fort parce qu'il parvient à nous entraîner dans une suite d'aventures pour le moins burlesques où tous les personnages sont des cibles autant que des tueurs potentiels. En effet, et si ceci n'était qu'un piège, et que Juan, le nouveau Numéro Trois, était en réalité une cible sacrifiée par l'Entreprise ?

 

Sous sa façade loufoque (découverte l'an dernier avec "Aller simple", « Nager sans se mouiller » se révèle un polar plus riche qu'il n'y paraît au premier abord. Le seul propos d'un tueur à gages repentant serait quelconque si Carlos Salem ne l'avait pas étoffé avec des réflexions sur la paternité, certains rêves d'enfance qu'on s'empresse d'oublier, cette admiration qu'on éprouve pour son conjoint avant que le temps ne la change en mépris et bien d'autres encore. Sans oublier quelques clins d'oeil sympathiques comme cet auteur de polars en vacances, auteur sicilien appelé... Camilleri.

 

C'est fantaisiste et décalé, rythmé, le héros est sympathique en diable, il y a de l'action, du sexe, des moments tendres et des moments tristes, bref, sympathique et agréable. Que demander de plus ?

 

 

 

L'avis de Valériane

 

 

Nager sans se mouiller, Carlos Salem 

Actes Sud Actes Noirs, novembre 2010, 295 pages

 

 

 

05/04/2011

La révolution ? J'ai testé !

La révolution du livre. from Marcel on Vimeo.

 

 

Vous êtes nombreux à avoir vu la campagne pub (sympathiquement parodique) du nouveau format que lancent les éditions Seuil / Point le 14 avril prochain : Point Deux (.2). A l'heure du débat pour ou contre le livre numérique, c'est un format plus petit (8x12cm) que le livre de poche existant et une lecture « verticale » qui vient s'ajouter à l'offre pléthorique du marché du livre (ce format existe déjà aux Pays-Bas, en Espagne (Librinos) au Royaume Uni ou aux Etats Unis).

Curieuse, j'ai testé ce nouveau format et me suis donc empressée de lire « La cinquième femme » de Henning Mankell (j'en parlerai plus tard mais j'ai beaucoup aimé, tiens:)

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Eh bien il n'est pas mal du tout ce format... il faut s'habituer à la lecture verticale au départ, ce qui prend en gros trois ou quatre pages. Les romans sont imprimés sur papier bible, un papier très fin mais, s'il y a effectivement une légère transparence, elle n'est, comme pour les Pléiade, absolument pas gênante. La taille des caractères est lisible (taille 8 il me semble, j'ai réussi à lire sans lunettes, ce qui est rare :)

 

 

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De même, on s'habitue rapidement à tourner les pages très fines (après avoir quelquefois tourné plusieurs pages à la fois, certes) ; leur nombre est par ailleurs imprimé perpendiculairement au texte sur la marge gauche, pour éviter toute confusion avec ledit texte, marges qui sont d'ailleurs plutôt réduites (sus aux annotations, mais est-ce un problème ?!). Le nombre de pages fera sourire (998 pour La cinquième femme, contre 580 en format poche « normal » : logique pour un format réduit (rassurez vous, petits fainéants du fond de la classe, il se lit tout aussi vite :)

 

La couverture rigide et la reliure cousue (et non pas collée comme un livre de poche normal) assurent la solidité du livre qui a survécu à quelques séjours intempestifs dans mon sac à main sans s'abimer, se déchirer ni se corner. Il peut également rentrer dans une petite pochette (et si je remplaçais le contenu actuel de ma pochette (mes clopes) par un livre, ce ne serait pas plus malin ?).

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Voilà, que dire de plus, au final ? J'ai beaucoup aimé ce format qui prend évidemment bien moins de place qu'un livre de poche habituel : très léger, facile à glisser dans une poche, dans une valise, il fera le bonheur des lecteurs, d'autant que les éditions Seuil / Point ont tenu à proposer un objet à la fois pratique et très qualitatif (papier, couverture et reliure sont beaucoup plus agréables qu'un livre de poche)... On en arrive naturellement donc au point noir de cette nouvelle collection : le prix.

 

Ce volume de la collection vaut 13 euros (annoncé à 12,35 sur un site de vente en ligne), contre 8 euros environ dans la collection poche Points. Ce prix est certes justifié par la grande qualité de réalisation de l'objet et par son aspect très qualitatif, mais ne rebutera-t-il pas certains acheteurs ? L'avenir le dira.

 

 

Point Deux

A paraître le 14 avril : 

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer
Tout est sous contrôle de Hugh Laurie
Ce cher Dexter de Jeff Lindsay
La Route de Cormac McCarthy
Chronique de la haine ordinaire de Pierre Desproges
Le Poète de Michael Connelly
Des Vents Contraires d'Olivier Adam
La Cinquième Femme de Henning Mankell
Le Sens du Bonheur de Krishnamurti

 

07:10 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (38) | |  Facebook

30/03/2011

Aller chercher demain - Denise Chalem, Mise en scène Didier Long, Petit Théâtre de Paris

allerchercherdemain.jpgCertains auteurs de théâtre peuvent nous marquer avec une pièce vue, un soir, en Provence. Une pièce toute en justesse et émotion, qui conserve sans jamais tomber un équilibre fragile entre gravité, émotion et humour. Paris 7ème, mes plus belles vacances, de et avec Denise Chalem, découverte l'année dernière à Grignan, m'avait donné envie de mieux connaître l'auteur et ses pièces.

 

Cette année, Denise Chalem revient à Paris avec une nouvelle pièce « Aller chercher demain », au Petit Théâtre de Paris, avec Michel Aumont, Nanou Garcia, Philippe Uchan et Denise Chalem, donc.

 

 

Denise Chalem interprète avec beaucoup de justesse Nicole, infirmière en chef qui travaille de nuit dans un service de soins palliatifs. Nicole vit avec son père (Michel Aumont), un vieux juif émigré de Pologne qui voit sa vie s'écouler, sans sortir, avec pour seul compagnon, quand Nicole n'est pas là, son canari, confident de ses blagues juives et de ses états d'âme. Nicole court, toujours pressée, toujours stressée, refuse de s'engager auprès de son ami Adrien (Philippe Uchan) et soutient moralement sa collègue et amie Patricia (Nanou Garcia). Sa relation avec son père est faite de fou-rires, d'engueulades, de non-dits et de franches explications, selon les jours et les humeurs.

 

Une pièce toute en justesse, encore, qui me confirme décidément que Denise Chalem est un auteur à suivre. Elle est d'ailleurs nominée avec "Aller chercher demain" pour le Molière 2011 du Meilleur auteur francophone vivant. Les dialogues ciselés oscillent sans cesse entre gravité et légèreté : on sourit, on rit, on s'émeut tant les thèmes (fin de vie, euthanasie, solitude, peur de d'engager ou relations de couple) sont abordés avec finesse et sans surcharge inutile. Entre l'appartement de Charles et l'hôpital (une mise en scène ingénieuse passe de l'un à l'autre grâce à des panneaux coulissants sans jamais perdre en rythme et efficacité), ces quatre personnages évoluent entre confidences, chamailleries, moments de tendresse ou de détresse. Michel Aumont donne à son personnage toute la profondeur et l'humanité nécessaires en dosant à la perfection la palette d'émotions de son personnage. Une mention particulière également à Nanou Garcia (nominée, pour ce rôle, pour le Molière 2011 du meilleur second rôle féminin), toujours juste.

 

Bref, une pièce à la fois légère et émouvante qui mérite qu'on s'y arrête.

 

L'avis de Fashion, qui a aimé tout autant que moi. 

 

 

Aller Chercher Demain
, de Denise Chalem.


Mise en scène : Dider Long


Avec : Michel Aumont, Denise Chalem, Nanou Garcia et Philippe Uchan


Jusqu’au 1er mai 2011 du mardi au samedi à 21h, samedi 18h, dimanche 15h30 Durée 1h30

Places de 10 à 39,50 €

Petit Théâtre de Paris
 15, rue Blanche
75 009 Paris
 01 48 74 25 37


06:28 Publié dans *Au théâtre ce soir* | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

29/03/2011

Close your eyes – Amanda Eyre Ward

 

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Deux enfants, frère et soeur, Alex et Lauren. Une nuit étoilée, il dorment dans la cabane que leur père a construite dans le chêne de leur jardin. Izaan, leur père, et Jordan, leur mère, reçoivent des amis. La nuit est douce mais le matin sera terrible : Izaan a tué Jordan après une violente dispute.

 

Près de vingt ans après, alors que leur père purge une peine de prison et qu'Alex reste persuadé de l'innocence de son père, Lauren, elle, refuse tout contact avec ce dernier.

 

On retrouve les thèmes déjà présents dans « A perte de vue » : l'enfance brisée par un événement douloureux, la difficulté à survivre, le doute, la peur de s'engager. Comme dans son deuxième roman, un élément de la fratrie refuse de baisser les bras tandis que l'autre ne veux pas revivre le passé et préfère oublier, sans réussir à trouver la paix.

 

Amanda Eyre Ward décrit avec subtilité la douleur et l'impossibilité de survivre, de se construire après le drame. Pas de fioritures, pas de pathos, seuls les agissements de Lauren symbolisent ses freins et l'on ici retrouve ce qui fait la touche d'Amanda Eyre Ward et que j'apprécie.

 

Ici, "Close your eyes"  mélange intrigue policière et drame familial, puisque arrivera dans la deuxième partie du roman un autre personnage, Sylvia, qui pourrait apporter un nouveau regard sur le meurtre de Jordan. Sylvia dont l'enfance a été marquée par l'influence insidieuse de son amie Victoria. Sylvia a quitté son compagnon et part, enceinte, pour rejoindre Victoria, chez qui elle croit pouvoir trouver refuge.

 

L'alternance de chapitres entre les récits concernant Lauren et Sylvia donne au roman un rythme lent à démarrer, on s'ennuie un peu dans ces deux histoires qui semblent ne jamais de relier. Petit à petit néanmoins, l'éclairage se fait sur les événements et le roman devient plus touchant, les liens entre les deux personnages, Lauren et Sylvia, commencent à s'esquisser au fil de leurs vies que l'on découvre.

 

Que ce soient Lauren et sa difficulté à vivre, à s'épanouir dans une relation (elle refuse d'accepter d'épouser son ami en pensant que tout mariage finit inéluctablement par une tragédie) ou Sylvia, dont on découvre petit à petit l'enfance et ses relations difficiles avec sa meilleure amie (qui l'étouffe) ou sa difficulté à se construire par absence de repères paternels, les personnages d'Amanda Eyre Ward sont  des caractères toujours finement ciselés. Néanmoins, je suis restée indifférente à cette histoire, la trouvant touchante par moments, lassante à d'autres, et au final sans grande surprise tant la fin est attendue.

 

 

L'avis de Cuné

 

 

 

Close your eyes, Amanda Eyre Ward

Harper Press, 2011, 251 pages, VO

 

06:13 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, Lectures VO | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook