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27/04/2009

UN TUEUR A MUNICH – ANDREA MARIA SCHENKEL

Le roman commence par l’exécution de Joseph Kalteis, un tueur en série accusé d’une série de crimes sexuels à Munich dans les schenkel.jpgannées 30. L’homme refuse de reconnaître les nombreux meurtres pour lesquels il a été arrêté. Puis nous faisons la connaissance de Kathie, une jeune provinciale montée à Munich pour trouver une place de bonne. Kathie rencontre Mitzi, qui lui fait comprendre qu’en trouvant un protecteur, elle n’aura pas besoin de travailler et pourra vivre comme une dame.

 

Le roman est construit par bribes : récit de l’arrivée de Kathie à Munich, témoignages de proches d’autres victimes, extraits d’interrogatoires de Joseph Kalteis (nous n’entendons que les réponses du meurtrier à ses interrogateurs). Tout s’alterne et les strates s’imbriquent clairement, nous comprenons que Joseph tuera Kathie (elle fut sa première victime) et suivons la jeune fille, qui rêvait de devenir une dame, se vendre pour quelque argent et finir assassinée.

 

C’est bien fait, dense et compact, tout en nous donnant un aperçu de la vie munichoise et des rêves des jeunes allemandes. Le ton est simple, relativement clinique mais réussit à faire monter une tension assez palpable. Peut-être un peu trop clinique, justement, manquant un peu d’empathie, donnant au lecteur une position de simple spectateur. Les parties relatant l’interrogatoire de Joseph sont en revanche très bien faites : l’absence des questions rend les réponses du meurtrier encore plus captivantes, nous sentons sa folie, ses divagations, son absence totale de remords.

 

Le roman est tiré d’un fait réel. Glaçant mais manquant peut-être un peu d'émotion (et une belle couverture, même si elle n'a que peu de rapport avec le contenu !).

 

 

 

Un tueur à Munich – Andrea Maria Schenkel – Actes Sud, actes noirs, 167 pages

 

 

Les avis de Cuné et Clarabel

22/10/2008

MAUDIT KARMA – DAVID SAFIER

Il y a quelque temps, je demandais à Cathulu en quoi elle souhaitait se réincarner. Bon, si elle a envie d’être une éponge, libre à elle ( !). Quant à Kim Lange, elle n’a pas le choix, elle se réveille sur six pattes et dotée de magnifiques antennes. La poisse, quand on est une animatrice de télé successfull, que l’on vient de remporter le Prix de la Meilleure Animatrice, qu’on vient de coucher avec un autre animateur beau comme un Dieu et formidable amant. Pendant que son mari bordait sa fille, après que l’on ait encore une fois sacrifié son enfant à sa carrière.

 

mauditkarma.jpgKim Lange, donc, meurt écrasée par le lavabo d’une station spatiale en pleine désintégration et se réincarne en fourmi. Si elle veut avancer dans le cycle des réincarnations, elle doit accumuler du bon karma pour avoir une chance de retrouver forme humaine….

 

Bon. N’y allons pas par quatre chemins : c’est parfois drôle, oui, il y a de bonnes choses et quelques situations cocasses. Question fourmi ceci dit, je préfère encore Werber. Et l'usage des points d'exclamation pour souligner l'humour me fait souvent l'effet inverse. Ce roman a occupé un long voyage en voiture, et je me dépêche de rédiger mon billet car déjà son souvenir se désagrège aussi brutalement que ladite station spatiale…

 

Kim rencontrera Don Juan, lui aussi fourmi-isé, et c’est là  le petit plus qui m’a amusée : les mémoires du séducteur, en forme de notes de bas de pages, sont souvent assez amusantes… Kim, elle, s’efforcera d’acquérir des bons points comme on cumule des points fidélité pour avoir un cadeau, deviendra Cochon d’Inde, puis….d’autres choses que je vous laisse découvrir (ou pas).

 

Le reste… se lira sur une plage, juste pour la détente, et attendra une sortie poche… ou inspirera (peut-être) bientôt, Pixar Ou Disney pour un film à la Stuart Little. Qui pourrait bien être drôle, d'ailleurs.

 

Maudit Karma, David Safier – Presses de la Cité, 319 pages

 

 

10/12/2007

VINGT QUATRE HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME – STEFAN SWEIG

ff15e6835c7a6cdcd248fb48ae4b2d33.jpg« Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…. Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive. »

C’est une longue confession, un récit salvateur et libérateur que nous offre là Stefan Zweig. Une vieille dame hantée par son passé se libère de cette chape de plomb et raconte son aventure à un presque inconnu rencontré dans une pension de famille.

Le récit est très beau, même si j’ai trouvé le style d’un classicisme parfois trop appliqué, trop descriptif ; il laisse peu de place à l’imaginaire.

En revanche j’ai beaucoup apprécié le récit du point de vue des situations : une femme mûre, aisée, respectueuse des conventions sociales et morales va se laisser submerger par une passion intense et tout oublier le temps d’une seule et unique nuit.

Stefan Zweig aborde le jugement et la condamnation de toute dérive à la morale, l’hypocrisie bourgeoise qui juge sans vouloir comprendre et blâme aveuglément tout ce qui n’est pas conforme aux conventions sociales. Jugement et condamnation qui vont jusqu’à étouffer cette femme, alors même qu’elle n’a jamais raconté son aventure, par le seul poids non pas du remords mais de la peur du regard des autres.

Au delà de l’histoire et du style, j’ai aimé ce thème : la tolérance, le respect et l’écoute d’autrui. Il arrive que certaines personnes jugent au premier regard et ne prennent pas la peine de connaître une personne ; la classent, la répertorient, la cataloguent sur une apparence, une phrase, une attitude, et s’accrochent impitoyablement à leur jugement sans concevoir un seul moment qu’ils font du mal.

L’héroïne de Stefan Zweig est donc consumée par la peur de la condamnation et de la réprobation. Elle se libérera enfin en racontant son histoire à un inconnu qui, comme elle, semble enclin à la tolérance et l’empathie.

« A coup sûr, les tribunaux sont plus sévères que moi en ces matières ; ils ont pour mission de protéger implacablement les mœurs et les conventions générales : cela les oblige à condamner au lieu d’excuser. Mais moi, simple particulier, je ne vois pourquoi de mon propre mouvement j’assumerais le rôle de ministère public. Je préfère être défenseur de profession. J’ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu’à les juger ».

10:29 Publié dans *Littérature Allemande & Autrichienne* | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook