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27/05/2009

ELLE c'est fini : papotages

Et voilà, hier avait lieu la soirée de remise des prix des lectrices ELLE 2009.

 

 

Pour l’occasion, je retrouve quelques membres du jury autour dans un salon de thé près du Salon France Amériques, où nous devons rencontrer les lauréats et assister à la soirée de cloture.

 

Peu à peu arrivent Emmyne, Clochette, Enna, Renée, Valérie, Empreinte des mots et Mathilde qui n'a pas de blog. Nous retrouverons Annie plus tard dans la soirée.

 

Nous échangeons nos impressions sur les lauréats, dont les noms nous ont été communiqués il y a quelques jours.

 

Ces lauréats, les voici :

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05/05/2009

HAKA – CARYL FEREY

Des rites Maori, un inspecteur de police dont la vie a été pulvérisée par la disparition de sa femme et sa fille près de 27 ans haka.jpgauparavant, des jeunes femmes assassinées et mutilées, une jeune criminologue venue assister ledit inspecteur, Jack Fiztgerald. Nous sommes en Nouvelle Zélande et Jack Fitzgérald est chargé d’enquêter sur la mort de Carol, retrouvée étranglée sur la plage.

 

L’assassin a scalpé son pubis.

 

 

L’enquête de Jack Fitzgerald – personnage démoli, nous l’avons compris, cocaïnomane et alcoolique, va nous entraîner dans les bas-fonds d’Auckland, entre perversité d’une bonne société vérolée par l’argent, le sexe et le pouvoir, désespérance du milieu de la prostitution et des dealers, rites barbares des tribus Maori.

 

Caryl Ferey écrit au scalpel, trempe sa plume incisive dans le sang tout frais de ses victimes, croque ses personnages au vitriol, tout en noirceur, en violence et en rage. Les formules font mouche, tout en étant souvent trop teintées d’effets de formule, justement. C’est heurtant, percutant, rapide, l’enquête va vite, très vite. A la fois passionnant et trépidant.

 

Pourtant, j’avoue avoir moins aimé que Zulu. Effets de formules qui deviennent lassants ? Trop d’application dans le style ? Perversité du récit ? Ecoeurement progressif devant les couches d’horreur empilées, amassées, allant toujours s’accroissant jusqu’au final à la fois époustouflant et vomitif ?

 

Un bon thriller, certainement, que j'ai dévoré en deux jours, qui me donne encore et quand même envie de lire Utu, le deuxième volet des enquêtes au sein des Maori, mais qui m’a laissée une impression de malaise persistant, lancinant. Et je serais d'ailleurs curieuse de connaître l'avis sur ce livre de ceux qui, comme moi, ont aimé Zulu.

 

 

Haka, Caryl Ferey – Folio Policier, 435 pages

 

 

Les avis de Polar noir, Kathel, Betty Poulpe.

12/04/2009

ELLE ET MOI : c'est fini

L’aventure du Prix ELLE se termine.

29 livres reçus, lus, absorbés, aimés ou pas, et bientôt le verdict final.

 

Qu’en tirer après 10 mois ? D’abord, les autres membres du jury rencontrés (virtuellement) sur les blogs ou par mail : Renée (et ses posts hilarants sur sa non-rencontre avec Jacqueline Gérard, directrice du Prix Elle), Enna, Anna, Emmyne, Antigone, Marie, Annie, Clochette, Odilette. Des mails échangés, des avis confrontés : nous avons pu constater au fil de nos résumés ou mails que nos avis divergeaient parfois, se retrouvaient à d’autres moments. Je crois que, au-delà des découvertes littéraires, ces rencontres humaines sont ce que j’aurai préféré dans cette aventure.

  

 

Le prix ELLE, c’est une rencontre organisée au Salon du Livre à laquelle je n’ai pu me rendre.

Une prochaine rencontre, prévue, soigneusement notée, le jour de l’annonce des résultats, et un rendez-vous fixé en amont pour nous toutes, qui nous rencontrerons un peu avant. Histoire de faire connaissance tranquillement.

 

Le prix ELLE, ce sont 29 livres reçus, donc. Impressionnant en y pensant, mais, avec le recul, pas si difficile que ça : 3 livres par mois, ce n’est pas la mer à boire mais juste un océan de mots à déguster.

 

Je faisais partie du jury d’octobre : début juillet, j’ai reçu les 7 livres de la sélection : 3 romans, 2 policiers, 2 documents. 6 semaines pour les lire, ça tombe bien ce sont les vacances. Je rends ma copie fin août, les livres lus, commentés, notés, le tout a été un bon prétexte pour m’avachir sur un transat et ne rien faire. « Tu viens faire une ballade à vélo ? Non, je dois finir ce livre. Tu viens visiter ce monument ? Non, ce document est dur à lire (tu parles !). Tu as préparé le dîner ? Heu… pas encore, tu comprends, celui-là, il est tellement absorbant que je n’ai pas vu l’heure passer… Je prends mon rôle très au sérieux, tu comprends ? Ouais, c’est ça, lis, je vais faire des pâtes. Merci mon cœur ! »

 

Pas facile de mettre une note sur 20, surtout au début, quand on n’a pas de point de repère, aucun élément de comparaison. Tant pis, on laisse notre goût dicter la mesure. De cette sélection seront distingués le roman, le document et le policier les mieux notés qui seront envoyés aux autres jurys. La méthode est simple et nous donne l’impression d’être bien rodée (même si, parfois, la déception est là quand nous nous apercevons que l’un de nos favoris n’a pas été sélectionné).

 

 

Puis, dès le mois de septembre, les livres arrivent à raison de 3 par mois : les roman, policier et document qui auront été les mieux notés des jurés des autres mois (et, s’il y a des ex-aequo, deux policiers, deux documents ou deux romans).

 

Chaque début de mois, l’enveloppe est reçue avec joie, avec un soupir d’autres fois (je me souviens d’une sélection qui ne comportait que des grooos livres) mais, dans l’ensemble, l’expérience est d’une part tout à fait faisable, et d’autre part, très enrichissante : des auteurs découverts, des perles dégustées, des romans passionnants et des documents particulièrement intéressants.

 

Mais, au final, nos ne saurons que fin mai quelle est la sélection définitive : à ce stade, seuls nos pronostics nous permettent de parier sur l’un ou l’autre des livres reçus.

 

Voici donc mes livres préférés (et je ne dis pas favoris, puisque mon pronostic est différent).

 

Catégorie Roman : belezi.jpgC’était notre terre, de Mathieu Belezi. Un auteur que je ne connaissais pas, une découverte que je ne regrette pas.

 

En deuxième position, je note un livre reçu dans la sélection d’octobre, mais qui n’a pas passé le stade de cette sélection : Le journal de l’Allemand, de Boualem Sensal. Une merveille que ce livre, une claque, une gifle. Mais j’avoue ne pas avoir été étonnée en constatant que mes « co-jurés » ne l’avaient pas retenu et avaient préféré « Des papillons sous la pluie » de Mira Magen, qui est par ailleurs un fort joli roman.

 

 

 

Catégorie Policier : zulu.jpgZulu, de Caryl Ferey. Pour moi incontestablement le meilleur policier lu, de loin le meilleur. Je le recommande chaudement à toutes et tous.

 

En deuxième position, je mettrais « Les ténébreuses » de Karin Altvegen.

 

 

 

 

Catégorie document : mari.jpgSans blessure apparente, de Jean-Paul Mari. Que je ferais suivre par « L’affaire de Road Hill House »

 

 

 

 

 

 

 

 

Et mes pronostics sont différents. Je ne suis pas sure que mes goûts soient représentatifs de la majorité et je pense que le prix reviendra à :

 

Roman : Le déferlantes, de Claudie Gally

Policier : Zulu ou bien « La femme de Carnegie » de Stéphane Michaka

Document : Séraphine de Flraçoise Cloarec ou Sans blessure apparente.

 

Le suspens reste entier !

17:21 Publié dans Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (21) | |  Facebook

23/03/2009

L’autre moitié du soleil – Chimamanda Ngozi Adichie

Nous sommes à Lagos, au Nigéria au début des années 60. Le jeune Ugwu, 13 ans, entre au service de Odenigbo, un universitaire adichie.jpgengagé. Odenigbo rencontre Olanna, une jeune femme issue de la bourgeoisie Nigériane. De son coté, Kainene, la sœur jumelle d’Olanna, entrepreneuse prospère et ambitieuse, devient la maîtresse de Richard Churchill, un pseudo journaliste / écrivain, passionné par l’ethnie Igbo et ses racines.

 

En ce début des années 60, l’élite Nigériane rêve d’une prospérité nouvelle pour son pays fraîchement indépendant. On rêve, on débat, on se projette, la bonne société fustige l’influence des anciens colons anglais, tout en envoyant ses enfants étudier à Londres et épousant les modes de vies occidentaux. Mais l’ancien colon a pris soin de stigmatiser les clivages ethniques  entre les musulmans du Nord et les chrétiens Igbos de l’Est. A la fin des années 60, après un premier coup d’état, et les massacres répressifs qui s’ensuivent, la province de l’Est déclare son indépendance et proclame la naissance du Biafra. La guerre civile est déclarée, le génocide va commencer.

 

A travers les 5 personnages principaux, Chimananda Ngozi Adachie propose une fresque attachante sur une page sanglante de l’histoire du Nigéria. Des rêves idéalistes à la famine et à la guerre, nous suivons Olanna et son idéaliste de mari, décidés coûte que coûte à faire vaincre la province du Biafra. Nous suivons Kainene d’un peu plus loin, dans ses rapports complexes avec Richard, formant avec lui un couple mixe peu conventionnel.  Le jeune Ugwu apporte un peu de fraîcheur parmi ces nantis qui vont connaître la guerre et la faim et perdre leurs possessions.

 

Les destins ravagés des personnage apportent un coté romanesque qui ne déplaira pas aux amateurs d’histoires attachantes (il y a de l’amour, des jalousies, des pleurs) et donnent sans doute au roman un coté plutôt convenu, axé principalement sur leurs personnalités, leurs désarrois face à la guerre et la chute de leurs idéaux.

 

Mais, au-delà, il y a l’emprise de la Couronne Britannique qui supporte le Nigéria pour ne pas perdre les réserves de pétrole du Biafra, influence de l’occident sur une jeune république indépendante, les modes de vie Nigérians, les coutumes africaines matinées de sorcellerie et de sorts, et surtout, la naissance et la disparition presque aussi soudaine d’un pays éphémère décimé par un génocide sanglant. Pour tout cela, c’est un roman agréable qui laisse un bon souvenir.

 

 

 

L’autre moitié du soleil , Chimamanda Ngozi Adichie – Gallimard, 499 pages

 

Lu pour le Prix des Lectrices ELLE 2009, catégorie Roman

 

 

Les avis de Bab’s, Gangeous, Anna Blume et de Thierry Colet

17/03/2009

CLAIR DE LUNE, JEFFERY DEAVER

Un tueur en série écume Manhattan en laissant ses victimes agoniser. Une pendule ancienne, placée à coté d'elles, égrène les secondes qui les séparent de la mort.clairdelune.jpg

 

Lincoln Rhyme, criminologue de renom, est chargé de l'enquête. Il est tétraplégique et travaille de son appartement, transformé en laboratoire de recherche criminelle.

 

A ses cotés, Amélia Banks, une jeune policière qui lui est farouchement attachée (et on se demande quels sont les liens exacts qui les unissent : complicité professionnelle ? Amour ? Amitié ?). Amélia est en quelque sorte les jambes de Rhyme : elle se déplace, examine les scènes de crime, renifle, observe, étudie et rapporte photos, vidéos et appréciations à Myron. D'autres flics viennent compléter l'équipe : des inspecteurs, débutants ou confirmés, une spécialiste de kinésie (étude du comportement gestuel et corporel des témoins et suspects).

 

La fine équipe, de l'appartement de Rhyme, ressemble un peu à un groupe d'experts-Manhatthan : tout est passé au scalpel, au microscope, sous la férule de Rhyme, qui compense son immobilité forcée par une intelligence hors pair et, au final, une sacrée intuition.

 

Une enquête serrée, nous connaissons dés le début l'identité du tueur, le suivons en parallèle dans la conception et la préparation de ses meurtres (ritualisés et soigneusement élaborés).

 

En parallèle, une seconde enquête dans l'enquête : Amélia a accepté de prendre en charge une autre affaire qui la mène à découvrir un trafic impliquant des policiers véreux.

 

La première partie du roman est assez classique et je me suis laissée entraîner dans cette sordide affaire. Sans trouver le thriller exceptionnel, je trouvais plaisir à suivre le tueur dans ses préparations et les policiers dans leurs investigations et études des scènes de crime. A ce stade là, un polar qui se lit vite, occupe quelques heures et remplit son contrat.

 

Mais, (et quelle déception alors), alors que l’enquête se poursuit, que les deux affaires se rejoignent, les nombreux rebondissements et retournements ont fini par me lasser, et me faire rire presque à d’autres moments. D’incohérence en incohérence, on avance en se disant que le tout est finalement très peu plausible. C’est alors que l’auteur brandit un retournement de situation, sensé éclairer le tout d’un jour nouveau et justifier par là même ces faits qui nous laissaient fort dubitatifs. Malheureusement, il était pour moi trop tard, j’avais décroché et me gaussait de ces facilités hasardeuses et trop incongrues.

 

J’aurais aimé que la personnalité du tueur soit mieux explorée (même s’il change souvent de visage au cours du livre), j’aurais aimé que les gens finissent pas mourir un peu (il y a un peu trop de facteur chance (même si, une fois encore, cela fait partie de la trame qu’a voulu tisser l’auteur)).

 

Trop de retournements, trop de gentils qui deviennent méchants et méchants qui se révèlent innocents, une affaire qui se transforme plusieurs fois, trop de fois pour rester crédible.

 

Bref, j’ai bien aimé le début. Pas la fin. Du tout.

 

 

Clair de lune, Jeffery  DEAVER – Editions des deux terres, 555 pages.

Lu dans le cadre du prix des lectrices ELLE 2009

13/03/2009

SANS BLESSURES APPARENTES - JEAN-PAUL MARI

Des milliers de soldats quittent les pays en guerre sans blessures apparentes. Officiellement, ils n’ont pas été blessés, n’ont mari.jpgaucune séquelle physique et peuvent reprendre le cours d’une vie « normale ». Jean-Paul Mari s’intéresse à ces soldats (ou journalistes, ou civils) qui, bien que considérés comme «épargnés » sont incapables de survivre et d’échapper au souvenir des atrocités qu’ils ont vécues.

 

L’enquête est longue, la liste des exemples implacable, et, bien que parfois le récit soit parfois décousu (JPM passe d’un souvenir à l’autre, d’une guerre à l’autre : Bosnie, Irak, Afghanistan, Rwanda,…), le témoignage de l’auteur se déroule comme une longue énumération, souvent éprouvante, qui révèle les traumatisme indicibles qui étouffent ces victimes pourtant non officielles.

 

Des soldats américains qui réintègrent leur pays, éprouvent une grande difficulté à retrouver leur vie « normale » voire une impossibilité totale à affronter le quotidien, des Casques Bleus hantés par des images insoutenables, des civils ou journalistes qui ont été témoins de morts, qui « ont vu la mort », beaucoup mettent fin à leurs jours ou ont besoin de puissants anxiolytiques pour vivre.

 

C’est un témoignage souvent difficile, un dossier dont on parle peut-être trop peu : Jean-Paul Mari raconte en observateur plein d’empathie ces névroses traumatiques qui font des victimes autrement plus importantes, plus silencieuses mais à tout jamais détruites de l’intérieur.

 

Émouvant. Parfois difficile à lire, mais très bien fait.

 

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009

 

 

Sans blessures apparentes, Jean-Paul Mari - Robert Lafont, 306 p

 

 

Enna l'a lu aussi

07:27 Publié dans *Essais, documents*, Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

09/03/2009

LE PONT DES SOUPIRS - RICHARD RUSSO

Thomaston est une petite bourgade des Etats-Unis, où les différents quartiers délimitent les classes sociales de russo.jpgleurs habitants. On s’y croise, on s’y connaît, la vie s’écoule paisiblement. On rencontre la famille Lynch et la famille Marconi. Toutes deux ont vécu à Thomaston, et c’est Lou C. Lynch (Lucy)  qui, à 60 ans, entreprendra de d’écrire ses souvenirs, de se plonger dans l’histoire de sa famille et celle des Marconi, notamment son ami Bobby, devenu peintre célèbre. Lucy et sa femme s’apprêtent à le retrouver à Venise où il s’est installé.

 

Outre le fait que le récit passe allègrement d’une époque à l’autre, alternant quelquefois les narrateurs, outre le fait que Richard Russo donne à son récit une certaine mélancolie, parfois… perturbante (il faut s’habituer et ne pas se décourager par le rythme lent et décousu du roman), voilà un roman nostalgique où nous suivons des personnages attachants, où nous baignons dans une atmosphère particulière : celle des petites bourgades états-uniennes des années 50. Une atmosphère qui baigne dans les souvenirs, dans la nostalgie. Une atmosphère paisible, douce, et des personnages que l'on aime, forcément, au final. Que l'on aime accompagner, suivre, observer.

 

Un roman agréable, parfois déstabilisant dans sa construction, mais qui mérite assurément qu’on s’y arrête. Simple et lumineux.

 

 

 

Le pont des soupirs, Richard Russo – Quai Voltaire 726 p

 

 

Lu dans le cadre du Prix des lectrices ELLE, catégorie roman

 

 

Les avis de Cuné, Karine ,Joëlle, Enna, Antigone, Annie

 

19/01/2009

MEURTRES EN BLEU MARINE – C.J. BOX

Au début du roman, nous faisons la connaissance d’Annie et son frère William. Elevés par leur mère célibataire, Monica, ils meurtrebleumarine.jpgdécident d’aller à la pêche après l’école et, alors qu’ils traversent une forêt (le roman se passe dans l’Idaho), sont les témoins involontaires d’une scène de meurtre. Les assassins ? Un bande de flics à la retraite. Annie et William prennent la fuite, mais les meurtriers les ont vus et partent à leur poursuite. Les enfants trouvent abri chez un fermier solitaire, Jess Rawlins, qui croit leurs accusations et décide de les protéger tandis qu’à la ville, le shérif Carey, totalement dépassé par cette affaire, décide l’aide que les policiers-retraités lui proposent. Ce que veut le shérif : retrouver les enfants. Ce que veulent les retraités : la même chose. Mais pas pour les mêmes raisons.

 

Dans la famille polar bien-fait-quoique-peu-original je demande Meurtres en bleu marine. Peu original, parce que le situations et les personnages sont somme toute assez attendus voire prévisibles. Bien fait, eh bien parce que je ne l’ai pas lâché, il a monopolisé  quelques petites heures est à l’origine d’un magma de féculents affreusement gluants, il faut l’avouer totalement immangeables.

 

Bien sûr, on pourra dire que les ficelles du polar sont classiques. Les méchants sont des affreux flics véreux décidés coûte que coûte à protéger leurs anciennes exactions. Les enfants innocents, qui ne peuvent aller trouver la police, sont hébergés par un vieux cow boy qui décide de leur faire confiance. Jess est un vieux de la vieille, genre cow boy solitaire au cœur gros comme ça sous des dehors taciturnes et un peu ours. On y trouve aussi un autre flic décidé à éclaircir une vieille histoire jamais résolue, une factrice commère et avide de sensationnalisme qui se mêle de tout et surtout de ce qui ne la regarde pas, un banquier torturé par ce qu’il sait, un shérif incapable et manipulable. Le tout dans une petite bourgade perdue dans l’Idaho, où la nature est omniprésente et les centres d’intérêt réduits aux commérages, à la pêche et aux bars.

 

Voilà, c’est classique, de bonne facture, et surtout, prenant. A lire pour se laisser absorber, comme un page turner efficace, avec empathie et envie d’oublier le reste un moment. Loin, très loin de Shutter Island ou Zulu, par exemple, mais efficace.

 

 

Meurtres en bleu marine, C.J. Box – Seuil Policiers, 383 pages

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009, catégorie Policiers

12/01/2009

C’ETAIT NOTRE TERRE – MATHIEU BELEZI

« Pour que les choses changent, il faut que le sang coule ». Un sang dévastateur, vorace, impitoyable, le sang des colons farouchement attachés à leurs terres et celui des Algériens, déterminés à récupérer leur pays, le reprendre en main et de libérer du joug des occupants.

 

Les colons, ce sont les Saint André / Jacquemain : Hortense, Ernest, Claudia, Marie-Claire, Antoine. Et Fatima, leur gouvernante, belezi.jpgou « bonne, domestique, femme de peine, maritorne, servante, soubrette, souillon », qui racontent la fin tragique de l’Algérie Française.  A tour de rôle, ils prennent la parole, dans des monologues qui résonnent comme des mélopées : ils s’interpellent, se répondent, se supplient.

 

Le rythme est lancinant et les mots, souvent crus, souvent âpres, deviennent envoûtants. Si au début on a un peu de mal avec ces phrases qui se choquent, s’interrompent, reprennent, on se laisse finalement envahir par la mélodie qui nous enveloppe. Les mots deviennent complainte : une complainte de plusieurs voix, chacune représentant une vision différente de la décolonisation : Ernest, l’arrogant colon révoltant et détestable, Hortense, son épouse méprisante qui refusera de quitter le pays, Marie-Claire et Claudia qui partiront mais ne pourront jamais oublier leur terre natale, Antoine, le fils qui  rejoindra les fellaghas avant d’être capturé et torturé par l’OAS. Quant à Fatima, elle restera auprès de sa maîtresse, parce qu’elle n’a aucun autre endroit où aller. Parce que sa vie, c’est Montaigne, le domaine de la famille, la terre qui abreuve leurs vies depuis trop longtemps. La terre objet de toutes les convoitises, jalousies et qui recueillera le sang de beaucoup d’entre eux. La terre pour laquelle ils mourront et se déchireront.

 

Les récits sont sans complaisance, ce sont des cris intérieurs, des cris d’amour et de haine, hurlés en silence, qui plongent le lecteur dans une partie de l’histoire française et algérienne, l’histoire d’une terre farouchement aimée et farouchement défendue. Une terre pour laquelle une guerre fratricide s’est déclenchée et dont personne n’est sorti indemne.

 

Apre, douloureux, le roman de Mathieu Belezi se lâche difficilement. Parce ses personnages sont terriblement humains, terriblement poignants, lâches et cruels, haïssables et attachants, viscéralement attachés à leur pays, et leurs monologues résonnent encore dans la tête du lecteur bien après qu’il ait posé le livre.

 

 

 

C’était notre terre, Mathieu Belezi – Albin Michel, 475 pages

 

Les avis d’ Anne-Sophie, Sel, Emmyne.

 

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009.

 

07/01/2009

JE T’AI VUE – JULIE PARSONS

Michael Loughlin vient de prendre sa retraite après de bons et loyaux services au sein de la police dublinoise. Il est encore hanté par le meurtre de Mary, sur lequel il a enquêté, dix ans auparavant. Et surtout par la mère de Mary, Margaret, qui a assassiné le meurtrier de sa fille. Quand un ami lui demande d’enquêter, en privé, sur le supposé suicide d’une jeune fille, Marina, il hésite, puis, devant l’insistance de la mère de Marina, il se plonge dans le passé de Marina.parsons.jpg

 

Même si tous les protagonistes de ce roman sont attachants, ou intéressants (un vieux flic désabusé meurtri, une mère vengeresse dévorée voulant en finir avec sa culpabilité, une jeunesse dorée hantée par un passé peu glorieux), le roman manque de rythme, de puissance, de frissons.

 

L’intrigue se laisse lire sans qu’à aucun moment le cœur ne palpite, la curiosité ne soit aiguisée (j’ai failli lâcher en me disant que je me contrefichais de connaître l’épilogue).

 

Et, quand survient la fin, les dernières pages, alors que l’intrigue est sur le point d’être résolue, on se dit que, mouais, tout ça pour ça.

 

Bof, bof, bof, au final. Au prochain.

 

 

Je t'ai vue, Julie Parsons - Calmann-Levy, 326 pages

 

 

Antigone a apprécié la lecture, Enna a moins aimé.

 

 

Lu dans le cadre du Prix des lectrices ELLE 2009, catégorie Policier