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21/09/2011

Les oreilles de Buster - Maria Ernestam

« J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution ».ernestam-oreilles-buster.jpg

 

Aucune surprise ne sera gâchée en citant cette phrase qui ouvre quasiment le roman de Maria Ernestam. On le sait donc dès le début, Eva, la narratrice, a décidé de tuer sa propre mère et l'a fait. C'est que qu'elle confie à ce journal, ce carnet, que lui offre sa petite-fille pour ses cinquante six ans.

 

A cinquante-six ans, Eva vit dans une petite fille suédoise, apparemment en paix avec elle même et avec les siens, son compagnon Sven et ses amies, Gudrun ou Petra. Une presque vieille dame paisible qui va, petit à petit, raconter cette vie qu'elle a vécue et ses relations avec sa mère, tyrannique et despote.

 

Et on y plonge avec délices, dans ces mémoires tantôt amères tantôt tendres, on se révolte devant le comportement ignoble de la mère d'Eva, on se propose de fournir l'arsenic ou le couteau ou le pistolet, on s'émeut, on s'attendrit, on rit, aussi, souvent, ou plutôt on sourit car Maria Ernestam n'oublie pas d'être drôle et de saupoudrer son intrigue de petites touches d'humour distancié et serein. Et, au delà de l'aspect tragi-comique du roman on se régale à lire ces pages et ces pages sur la construction de soi, sur les chemins que nous prenons ou ne prenons pas, les erreurs, les choix de vie, les bifurcations, les hésitations, et surtout les forces extérieures qui nous poussent et nous font avancer, agir, regretter aussi, parfois.

Un roman teinté de nostalgie, d'humour parfois noir (le sort réservé à Bjorn ne pourra que vous donner la chair de poule, tout comme celui réservé à ce fameux Buster et ses oreilles), dans lequel Maria Ernestam ouvre une petite fenêtre sur la société suédoise : les relations humaines, qu'elles soient amicales, familiales, amoureuses, sont dépeintes avec autant de tendresse que de lucidité, autant d'humour que de sérénité.

 

 

Maria Ernestam, Les oreilles de Buster

Gaia, 413 pages, août 2011

 

 

Lu pour les Chroniques de la Rentrée LittéraireChRL.jpg

 

 

L'avis de Emeraude.

 

12:20 Publié dans *Litterature Scandinave*, Rentrée littéraire 2011 | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook