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22/07/2009

LES PETITES FEES DE NEW-YORK – MARTIN MILLAR

Il y a trois sortes de fées.millar.jpg

 

Les fées du logis.

Les fées de contes de fées.

 

Et les fées de Martin Millar.

 

 

Si par chance, vous croisez des petites créatures hautes comme trois pommes, les cheveux teints en rose/bleu/vert (ou un peu les trois à la fois), les ailes frémissantes, et qu’en plus elles déboulent chez vous ivres mortes en se balançant des insultes à la figure et se tabassant l’une l’autre à coup de violon, suivez mon conseil : barrez vous vite fait.

 

Parce que si vous les voyez, c’est que vous êtes sensible à leur univers (pauvre de vous !) et elles n’auront de cesse de se mêler de vos histoires de cœur / d’argent / santé et ce sera pour vous  le début des emmerdes

 

Et ce sont à coup sûr des fées de Martin Millar.

 

 

Les fées de Martin Millar, elles sont écossaises et fières de l’être. Elles se pintent au whisky, se haïssent cordialement, comme une fée peut détester sa meilleure ennemie, ne refusent pas la gaudriole, ont le don de se mettre dans les situations les plus tordues et de semer autour d’elles un bazar pas possible. Les voilà à New York, fuyant le roi des fées, poursuivies par une armée vengeresse, passionnées de musique punk et décidément complètement fêlées.

 

Passez un moment avez Heather et  Morag.. et vous rencontrerez Dinnie le râleur obèse et Kerry la jeune souffrante de la maladie de Crohn qui cueille les fleurs les plus rares dans Manhattan. Vous croiserez aussi d’autres petites fées, écossaises ou irlandaises, aussi alcooliques que follement sympathiques, une clocharde à la tête d’une armée de spadassins, un metteur en scène désespéré, mais VRAIMENT désespéré de pouvoir monter Le songe d'une nuit d'été, et quelques écureuils bavards. Devant l'arrivée de ces étrangères, les fées New-Yorkaises, elles,  enfin... les fées de Chinatown, celles de Little Italy et de Harlem, ne voient pas d’un bon œil ce charivari débouler dans leur cité et la guerre des gangs, pardon.. des fées, peut démarrer.

 

Tout ça se mélange dans le plus joyeux bordel capharnaüm, souvent hilarant (Martin Millar a-t-il écrit sous influence d’un pur malt écossais devant une chaîne de porno irlandaise ??). Déjanté, barré, faisant apparaître les fêlés et laissés pour compte d’une société dominatrice, « Les petites fées de New-York » promet de francs moments de rigolade, de fraîcheur aussi, des minutes de tendresse et d’amitiés rabibochées à coups de baston et de course poursuite à dos de yellow cab, quelques parenthèses porno pas toujours marrantes, c’est vrai, mais, au final, … hey, that’s a fairy tale !!

 

 

Les petites fées de New York, Martin Millar

Intervalles, 302 pages, juin 2009

 

 

  

Chiffonette s’est régalée, Chimère aussi, comme Angua et le Cafard cosmique

 

05/05/2009

HAKA – CARYL FEREY

Des rites Maori, un inspecteur de police dont la vie a été pulvérisée par la disparition de sa femme et sa fille près de 27 ans haka.jpgauparavant, des jeunes femmes assassinées et mutilées, une jeune criminologue venue assister ledit inspecteur, Jack Fiztgerald. Nous sommes en Nouvelle Zélande et Jack Fitzgérald est chargé d’enquêter sur la mort de Carol, retrouvée étranglée sur la plage.

 

L’assassin a scalpé son pubis.

 

 

L’enquête de Jack Fitzgerald – personnage démoli, nous l’avons compris, cocaïnomane et alcoolique, va nous entraîner dans les bas-fonds d’Auckland, entre perversité d’une bonne société vérolée par l’argent, le sexe et le pouvoir, désespérance du milieu de la prostitution et des dealers, rites barbares des tribus Maori.

 

Caryl Ferey écrit au scalpel, trempe sa plume incisive dans le sang tout frais de ses victimes, croque ses personnages au vitriol, tout en noirceur, en violence et en rage. Les formules font mouche, tout en étant souvent trop teintées d’effets de formule, justement. C’est heurtant, percutant, rapide, l’enquête va vite, très vite. A la fois passionnant et trépidant.

 

Pourtant, j’avoue avoir moins aimé que Zulu. Effets de formules qui deviennent lassants ? Trop d’application dans le style ? Perversité du récit ? Ecoeurement progressif devant les couches d’horreur empilées, amassées, allant toujours s’accroissant jusqu’au final à la fois époustouflant et vomitif ?

 

Un bon thriller, certainement, que j'ai dévoré en deux jours, qui me donne encore et quand même envie de lire Utu, le deuxième volet des enquêtes au sein des Maori, mais qui m’a laissée une impression de malaise persistant, lancinant. Et je serais d'ailleurs curieuse de connaître l'avis sur ce livre de ceux qui, comme moi, ont aimé Zulu.

 

 

Haka, Caryl Ferey – Folio Policier, 435 pages

 

 

Les avis de Polar noir, Kathel, Betty Poulpe.

16/01/2009

DES VENTS CONTRAIRES – OLIVIER ADAM

 

Des vents contraires, c’est l’histoire de Paul Anderen qui tente de survivre depuis que sa femme est partie sans un mot. adam.jpgPourquoi ? Comment ? Où ? Paul n’en sait rien et depuis son départ il flotte, ballotté sur les vagues d’une existence qui part à vau l’eau : enfants, boulot. Alors il quitte la région parisienne et s’installe à Saint Malo, où son frère qui gère l’auto-école familiale lui propose un emploi de moniteur.

 

Des vents contraires est un roman lumineux. Parce qu’à travers la tristesse insondable qui plombe les pages perce une lueur vacillante mais bien présente : l’amour désespéré de Paul pour ses enfants. Le ton oscille entre souffrance et joies. La souffrance devant l’absence, l’incompréhension, la douleur, et quelques moments de joie, de partage, des corps qui se serrent et s’étreignent pour s’insuffler un peu de chaleur ou d’amour.

 

On y croisera des personnages recalés par la vie : la férocité de la vie les unit, ils se reconnaissent et ne se jugent pas : un autre père dévasté par un divorce, une vieille dame solitaire, un commissaire groggy qui regarde grandir sa fille sans oser l’approcher… Des écorchés qui tentent de s’accrocher au quotidien, en s’imbibant un peu et souvent beaucoup de gin ou de vodka, pour se réchauffer le cœur, en contournant les règles pour grappiller quelques minutes de bonheur.

 

Il y a aussi ces deux enfants ravagés par l’absence de leur mère, qui s’accrochent à leur père comme à une bouée, mais qui sont eux même la bouée de leur père. Unis, soudés, désespérés, roc ô combien fragile qui tente de survivre au désespoir.

 

Des existences fracassées, brisées, une météo tempétueuse, une ville sublimée par le récit, il y a dans ce roman une force incroyable, celle qui pousse à avancer, malgré les tempêtes, les vents, la douleur qui vrille le cœur et le broie toujours plus fort. Et puis, à travers les nuages, là-bas loin dans le brouillard, on aperçoit une toute petite lueur qui annonce l’apaisement, qui scintille tant bien que mal et promet qu’un jour, peut-être, la vie réussira à s’adoucir.

 

 

 

 

Des vents contraires, Olivier Adam - Editions de l'Olivier, 255 pages

 

 

Les avis de Cuné et Clarabel

06:25 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : olivier adam, douleur, absence, saint malo, tempête, alcool | |  Facebook

01/10/2008

ALCOOL – POPPY Z. BRITE

Rickey et G-Man sont cuistots à la Nouvelle Orléans. C’est facile d’être un cuistot à la Nouvelle Orléans : cuistot, plongeur, serveur, les restos ne manquent pas, la main d’œuvre non plus. Mais ces deux là sont de la race des vrais cuistots. Parce qu’en plus d’être des gars sérieux, ils aiment la bonne bouffe. Cuisiner n’est pas seulement un gagne pain, comme pas mal d’autres pauv’gars de la ville, cuisiner, pour eux, c’est un art, un sacerdoce, un plaisir, un pied, un métier, un vrai truc, fait avec amour et dévotion.poppyzbrite.jpg

 

La Nouvelle Orléans, c’est aussi la capitale de l’alcool. Tout le monde boit et le taux de cirrhose par habitant doit y être plus important qu’en Russie, Pologne et Bretagne réunies ; aussi, le jour où Rikey a l’idée d’ouvrir un restaurant où tous les mets seront agrémentés d’un peu d’alcool, d'une rasade de ci ou mijotés dans ça, les deux acolytes pensent avoir l’idée du siècle. Celle qui les sortira des jobs minables et les mènera tout de suite au firmament des chefs cuistots. Faut dire qu’ils en ont marre de galérer, qu’ils ont envie de profiter un peu d’eux deux (j’avais oublié de vous dire qu’ils sont ensemble), de pouvoir fumer de la beuh tranquille entre deux verres et se faire plaisir avec un vrai concept. Reste à trouver l’argent, et pour ça Lenny, le Chef Etoilé Hyper Connu va les aider…

 

 

Ce n’est pas un polar, mais on y trouvera un macchabée dans une chambre froide, ce n’est pas un roman gastronomique, mais on s’y lèchera les babines à quasiment toutes les pages. Ce n’est pas un roman d’amour mais ces deux là sont quand même vachement attachants : on les aime bien, ces amoureux de la cuisine bien faite, ils sont touchants à s’aimer malgré les galères, les cuites, les emmerdes et les angoisses existentielles qui les assaillent. Il y a des règlements de compte et des loubards pas nets, des magouilles pas claires, des politiques véreux et des cuisiniers aussi jaloux que camés, des p’tites pépées qui couchent, des journalistes largement imbibés et des zonards un peu paumés, un peu rêveurs.

 

Il y a de la coke, il y a du whisky consommé sans modération, c'est sûr. Il y a aussi tout plein de jolies petites choses qui clignotent dans ce roman. Des roulés de prosciutto aux figues marinés au Calva, des braves gars, des litres d’alcool versés ou avalés, quelques pincées de tendresse qui pourraient tourner à la sauce sentimentheàl'eau si le roman ne titillait vos papilles et ne pétillait comme des  bulles de champagne bien frais ! A consommer sans modération, pour le plaisir, donc.

 

Alcool de Poppy Z. Brite, Au Diable Vauvert, 476 p.

 

 

Les avis de Cuné, Emma, Anne-Sophie

06:17 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : poppy z brite, alcool, nouvelle orléans, cuisine | |  Facebook