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23/07/2009

SI LOIN DE VOUS – NINA REVOYR

Jun Nakayama vit sereinement dans les hauteurs de Los Angeles. Ancienne star du cinéma muet, Jun est reclus dans ses siloindevous.jpgsouvenirs, rempli de nostalgie pour cette époque lointaine : Jun a soixante-treize ans. Le jour où un jeune journaliste le contacte pour un interview, Jun accepte et va replonger dans le passé. Le jeune homme lui demande vite pourquoi il a quitté le devant de la scène au début des années 20 et évoque un vieux scandale qui avait ébranlé Hollywood, le meurtre d’un réalisateur, jamais élucidé. Jun replonge dans ses souvenirs et fait revivre un pan de sa vie qu’il avait soigneusement rangé.

 

 

C’est un livre à plusieurs facettes : les jolies, celles qui se lisent avec plaisir, font miroiter les ors anciens et joliment surannés du cinéma muet : on plonge dans cette époque révolue, celle des acteurs qui faisaient tout passer par le regard, l’expression du visage, la gestuelle. Celle des plateaux de tournage où le cinéma était un art sacré pas encore galvaudé par du marketing outrancier. On s’enfonce aussi dans la montée du racisme anti-oriental et l’ostracisme sous-jacent vis-à-vis des étrangers (« C’est un film dont tout le monde va parler, affirma le Herald Examiner. L’alchimie entre Nakamaya et Banks est électrique, Nakayama parvient brillamment à traduire la bestialité inhérente à la nature des orientaux. »). Les propos sur le travail d’acteur m’ont bien entendu beaucoup plu et sont toujours justes («  Car passé les premiers moments de gêne, je me rappelai ce que c’était qu’habiter un rôle, que devenir un être qui, jusqu’à cette minute, n’avait existé que sur le papier et de le rendre réel aux yeux du monde. »).

 

D’autres facettes sont plus ternies : le style est assez monotone, et, bien que l’histoire ne soit pas déplaisante, il manque de vivacité. Certes, nous sommes dans un roman nostalgique, mais j’ai manqué, notamment au milieu du livre, de bailler aux corneilles. Quant à l’histoire, encore une fois pas désagréable, elle ne présente que peu d’intérêt, le personnage de Jun est à la fois touchant et agaçant, revenant sans cesse sur ses Immenses Qualités d’Acteur, son Succès Mérité et le manque de reconnaissance dont il souffre depuis des années. Quant au meurtre et sa « résolution », ils permettent de retenir l’attention mais ne sont pas passionnants : Jun sait tout sur ce meurtre, lâche petit à petit quelques bribes qui, quand elles seront découvertes et assemblées pour le lecteur, se révèlent finalement décevantes.

 

Au final, un roman nostalgique parfois tout en finesse, parfois soporifique.

 

Si loin de vous, Nina Revoyr

Phebus, 384 pages, mai 2009

 

 

Clarabel a adoré et trouve « que l’intrigue tient en haleine et éblouit », Cathulu l’a trouvé charmant, bien que « la narration s’essouffle au bout d’un moment ».

 

 

Lu grâce à « Chez les filles ».chezlesfilles.jpg