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13/11/2009

HUNGER GAMES – SUZANNE COLLINS

Vous vous souvenez du film « Le prix du danger » de Yves Boisset, il y a quelques longues années, où des candidats pouvaient participer à un jeu hungergames.jpgtélévisé de type téléréalité dans lequel les candidats devaient tout simplement s’entretuer et le vainqueur gagnait une somme très substantielle ? Ici, nous sommes un peu dans ce jeu là, sauf que nous sommes en Amérique du Nord dans un futur plus ou moins lointain, que les candidats sont tirés au sort, ne peuvent se soustraire au jeu et qu’ils sont âgés de 12 à 18 ans.

 

Katniss a seize ans quand le nom de sa petite sœur Prim est tiré au sort. Prim a 12 ans, c’est sa première Moisson (tirage au sort donc, et participation potentielle). Katniss est habituée au braconnage (le pouvoir du Capitole, ou gouvernement, affame volontairement ses citoyens pour mieux les soumettre à son régime totalitaire), elle a l’habitude d’aller chasser en forêt, est plutôt futée et débrouillarde avec un arc et des flèches. Comme la loi l’y autorise, elle se porte volontaire en remplacement de Prim et prend la route pour l’Arène, où sa prestation face à vingt trois autres Tributs (deux candidats garçon / fille pour chacun des douze districts du pays) sera filmée vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

 

Vingt-quatre candidats, un seul survivant. A coté de ça, Koh Lanta ressemble à une animation à l’orgue de barbarie pour maison de retraite…

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29/05/2009

LES ENGAGES – JOSEF LADIK

Paris, 2045. Anne Ripley, DRH de la Compagnie (société chargée de centraliser, organiser, gérer les questions de sécurité de ladik.jpgl’Etat), amorce une bombe électromagnétique près de Gorgone, le système central de sécurité où sont stockées toutes les données concernant l’ensemble de la population. L’explosion déclenche émeutes, folies, affolement, et provoque la perte de mémoire de la jeune femme.

 

Les services de sécurité ont quelques semaines à peine pour stimuler la mémoire d’Anne et remonter la piste des terroristes.

 

Dans cette société futuriste mais pas si lointaine, les dérives sécuritaires sont à leur comble : recensement et contrôle de la population grâce à une puce électromagnétique implantée dans le cerveau, les anciens attentats et émeutes ont plongé la population dans une anxiété permanente, donnant toute liberté à l’Etat d’étendre son contrôle sur le pays. Un groupe de « traqueurs », opposants à l’Etat totalitaire, va tenter de récupérer Anne et détourner les plans du gouvernement.

 

 

 

Je n’avais pas lu « Le maître des noms », le premier volet paru l’an dernier, mais quelques retours en arrière m’ont permis de me plonger sans souci dans ce deuxième volet. Et plonger est bien le terme qui convient. On y plonge, on s’y enfonce, et ne peut le lâcher avant d’avoir touché le fond, perdu le sommeil et avoir été secoué plus d’une fois par les nombreux rebondissements, étonnants et implacables.

 

 

Manipulation des masses par un état totalitaire, dirigé par un Président nerveux et colérique, (aimant les montres suisses, ça c’est pour l’anecdote) (dont seul le titre est donné, jamais son nom, le réduisant à une entité suprématiste et glaciale), psychoses sécuritaires, détournement de l’information, nous voilà dans un futur suffisamment argumenté pour être crédible, et qui, dans les dernières pages, offre un retournement de situation saisissant.

 

Un page turner diablement efficace, qui ne bouleversera peut-être pas le genre, mais fera oublier, pour quelques heures, tout le reste. Pas si mal, en fin de compte, non ?

 

 

 

Les engagés, Josef Ladik

Editions First, 413 pages, mai 2009

 

 

 

L’avis de Dda, du Biblioblog, sur le premier volet « Le maître des noms »

08/12/2008

AUSTRALIA UNDERGROUND – ANDREW McGAHAN

underground.jpgImaginez un futur où la lutte anti-terrorisme est arrivée à son paroxysme. Après que Canberra (Australie) ait été rayée de la carte par une bombe nucléaire, le gouvernement australien, sous couvert de menace contre l’état et la sécurité nationale, a déclaré l’Islam ennemi national. L’immigration est interdite, la contestation soigneusement brimée, la population strictement sous contrôle.

 

Nous sommes en 2010 et Leo James, le frère du Premier Ministre, est enlevé par un groupuscule terroriste. Et libéré peu après par un autre groupuscule, Australia Underground, groupe que rejoignent peu à peu les opposants au régime.

 

L’Australie vue par Andrew McGahan est édifiante. La lutte contre le terrorisme sert de prétexte à la mise en place d’un régime totalitaire : opposition soigneusement muselée, état omniprésent et manipulation des populations. La Citoyenneté est préservée, les médias sous contrôle, les citoyens doivent renouveler leurs papiers tous les ans, être, comme il se doit, en règle et répondre correctement, en cas de doute, à un questionnaire précis sur l’Identité Nationale : questionnaire qui porte autant sur les résultats sportifs des héros australiens, les poèmes des poètes nationaux ou l’hymne national.

 

Les musulmans qui n’ont pas quitté le pays sont parqués dans des guettos où ils peuvent vivre sans se mêler au reste de la population.

 

Australia Underground, réseau d'opposition souterrain, œuvre en silence et en secret pour le retour aux libertés : de juger, de vivre, de penser, de parler.

 

Australia Underground se lit avec une attention toujours croissante. Le rythme est rapide, voire saccadé à certains moments de la fuite de Leo et ses acolytes. Le ton est résolument direct, nerveux. Leo James est le narrateur, il relate sa fuite, depuis son enlèvement jusqu’à sa séquestration. Par qui ? Nous l’apprendrons à la fin du roman. En alternant son récit (lucide et narquois à souhait) avec des retours en arrière où il retrace l’évolution de son pays vers un régime totalitaire, pays qui a rapidement basculé de démocratie à dictature. Et ce avec l’assentiment d’une population trop heureuse d’échapper à la menace islamiste.

 

C’est là que réside le principal intérêt du roman : comment faire monter l’intolérance et la peur, comment obtenir l’absolution d’une population en faisant miroiter le spectre de la terreur. Comment stigmatiser une religion en la rendant responsable de tous les maux. Manipulation des masses, allégeance aux superpuissances économiques, montée de l’intolérance. Un roman de fiction (voire d’anticipation) politique tout à fait crédible (même si la fin m'a laissée néanmoins perplexe) qui se lit presque d’une traite.

 

A lire, donc ! (avec en prime une très belle couverture).

 

 

Australia Underground, Andrew McGahan, Actes Sud collection Actes Noirs, 303 pages

 

 

Les avis d’Emeraude qui m'a donné envie de le lire.