Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2009

L’IMAGE DANS LE TAPIS – HENRY JAMES

Un jeune critique littéraire rencontre lors d'une soirée un écrivain reconnu, Vereker, dont il vient de critiquer le dernier roman. james.jpgVereker lui confie que tous ses romans, tous ses écrits contiennent un secret, un fil conducteur, un dessein précis que nul journaliste n'a réussi à percer (« Il y a dans mon oeuvre une intention et que sans cette intention je ne me serais jamais donné tout ce mal. C'est la plus belle des intentions, la plus accomplie et pour la mettre en oeuvre, il a fallu des trésors de patience et d'ingéniosité...Mon petit stratagème court d'un livre à l'autre et en comparaison le reste de l'oeuvre n'est qu'un jeu de surface... Aussi est ce tout naturellement quelque chose que le critique se doit de rechercher. Je dirais même que c'est exactement ce qu'il doit trouver. »).

Le jeune critique, piqué au vif, va alors tenter de percer ce mystère, ce dessein, cette « image dans le tapis » comme l'a présentée l'écrivain.

 

C'est une très courte nouvelle (94 pages) qui est assez captivante. Dès lors que le jeune critique décide de trouver l'intention de l'auteur, ce dessein subliminal, il se consacre toute entier à l'oeuvre de Vereker. Mais, à force de lire et relire les écrits du romancier( il relit et étudie attentivement tous les romans, y cherche un sens caché), il finit par se perdre et ne plus rien trouver (« Non seulement je n'avais pas trouvé son intention générale, mais je me rendis compte que j'avais même perdu les intentions secondaires qu'autrefois j'avais décelées. Ses livres n'avaient plus pour moi le charme que je leur trouvais avant et l'exaspération de mes recherches me les avaient rendus insupportables. Au lieu de devenir la source d'un plus grand plaisir, ils étaient devenus pour moi un obstacle... »).

Est ce l'auteur qui s'est moqué du jeune homme, y-a-t-il vraiment une signification cachée, un but, dans son oeuvre, ou sont-ce les élucubrations vaniteuses d'un auteur imbu de son oeuvre ? Tout au long de la nouvelle, le jeune narrateur continue sa quête, invite un autre critique plus expérimenté à l'aider (ce dernier prétendra avoir trouvé «l'image dans le tapis » mais mourra avant d'avoir pu écrire à ce sujet. L'auteur mourra aussi, ainsi que plusieurs autres personnes toutes impliquées dans cette recherche, toutes celles qui auront détenu ce secret).

Une petite histoire, donc, qui peut sans doute se lire d'une multitudes de façons (n'y-at-il pas plusieurs images qui s'imbriquent dans un tapis persan ? Henry James a-t-il voulu se moquer avant tout des critiques ?). Henry James ne donne aucune réponse et laisse toutes les portes ouvertes. N'est ce pas ce qui est beau et enivrant, parfois ? N'avoir pas de réponse, continuer à chercher, à lire ? Ainsi l'oeuvre ne meurt pas, elle continue à exister au fond du lecteur, à toucher, à interpeller, à exister, tout simplement. Et il n'est peut-être pas nécessaire d'être un initié pour en savourer le jus.

 

 L'image dans le tapis, Henry James – Collection Motifs, 94 pages

 

 

06:06 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : auteur, critique, analyse de l'oeuvre, lecture | |  Facebook

02/02/2009

ECRIVAIN EN DIX LECONS – PHILIPPE SEGUR

 

Phil Dechine est un auteur. Après moult mois et années passées à gonfler tout le monde avec son ŒUVRE en cours, il finit enfin par être publié. Publié, vendu, critiqué (même si les premières critiques sont mitigées voire vitriolées pour certaines), il se voit segur.jpgmême attribuer le Prix Mirabeau des Vétérinaires pour son premier roman « Métaphysique du dog »…. Son parcours d’écrivain débutant au sein de la sacro sainte famille de l’édition nous est révélé, à coups de situations et événement rocambolesques.

 

Si l’humour des situations, les répliques et pensées tordantes du début font sourire à maintes reprises, peu à peu le tout devient ennuyeux. C’est drôle à plusieurs reprises, la vanité boursouflée de Phil Dechine fait largement sourire et cette autodérision de la part de Philippe Segur est finalement, quelque part, touchante. En revanche, l’humour devient répétitif, on devine presque les chutes des phrases avant même de les avoir terminées. Amusant, donc, mais sans plus. J’en retiens quand même quelques perles d’humour, et c’est déjà pas mal.

 

 

 

Ecrivain en dix leçons, Philippe Segur – Points, 190 pages

 

 

Les avis de Laurent, Sylire, Papillon, Caro[line] , Clarabel