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13/07/2009

LE REMEDE ET LE POISON – DIRK WITTENBORN

Je suis persuadée qu’il y a des moments adéquats pour livre un livre et d’autres qui le sont moins. Une lecture entamée un jour wittenborn.jpg« sans », un jour où l’on a envie d’autre chose, d’autres histoires, peut se révéler fade et sans saveur, ou bien fastidieuse et rebutante.

 

Quand Cuné m’a envoyé « Le remède et le poison », je l’ai commencé pleine d’entrain, puis l’ai reposé, incapable de me concentrer, l’esprit toujours ailleurs, l’attention balladeuse. Pourtant, quelque part, je savais que ce livre méritait une lecture. Je sentais que je le reprendrais plus tard, cette fois-ci plus disposée et attentive. Je sentais qu’il fallait que je le lise, que cette histoire était faite pour moi, et qu’un jour ou l’autre, nous nous rencontrerions vraiment.

 

C’est chose faite à présent. Et autant dire toute de suite que mon intuition était justifiée.

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13/11/2008

LA SEQUESTREE – CHARLOTTE PERKINS GILMAN

Une jeune femme, jeune maman dépressive, se voit cloîtrée dans une chambre par son médecin de mari. Seul remède préconisé : le repos, l’isolement, l’absence de toute activité créatrice susceptible de favoriser l’apparition d’idées nocives et de pensées destructrices. Dans une maison louée à la campagne, la jeune femme s’enferme dans sa chambre et se noie dans l’observation du papier peint…gilman.jpg

 

Une très courte nouvelle (49) pages, absolument édifiante sur les conditions et les soins apportés aux femmes dites « hystériques » à la fin du 19ème siècle. L’isolement préconisé et chaudement recommandé par un médecin obtus (en l’occurrence son mari tout à fait incapable de gérer la dépression de sa femme) conduit la jeune femme à s’enfermer dans ses pensées, les laisser dériver et, peu à peu, s’enliser dans la contemplation du papier peint.

 

Papier peint dont les motifs la fascinent et la dérangent.

 

Elle y voit une autre femme qui rampe et semble vouloir s’échapper. Ce processus de miroir imaginaire est clairement l’image inconsciente que la jeune femme a d’elle-même : une victime, tentant d’échapper à ses bourreaux, enfermée dans un système de conventions rigides et hors d’âge. Condamnée à l’enfermement vivant, contrainte de subir une annihilation forcée et pourtant admise (elle accepte ce traitement, convaincue qu’obéir à son mari est une chose normale, saine, raisonnable), la jeune femme s’enfonce lentement dans une spirale nébuleuse, toute clairvoyance disparaît en elle et la folie, doucement, sûrement, s’installe et annihile toute capacité de jugement ou clairvoyance chez la jeune femme.

 

De liseré en entrelacement de motifs jaunes, le papier peint absorbe la jeune femme, l’attire, l’envoûte, l’ensorcelle et la fait définitivement sombrer. Edifiant.

 

La lecture post-face de Claire de Margerie est indissociable de la lecture du livre. Elle apporte un éclairage passionnant sur la vie de Charlotte Perkins Gilman (elle-même victime d’une dépression post-natale et contrainte à l’enfermement par un époux aveuglé par des principes de médecine obscurantiste).

 

 

La séquestrée, Charlotte Perkins Gilman - Phébus Libbretto, 98 pages

 

 

Les avis de Lily, Cathulu, Laure, Malice, Lou.