Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/11/2009

LA DELICATESSE – DAVID FOENKINOS

Un dimanche comme les autres, alors que Nathalie lit tranquillement un roman russe, son mari François part courir. Comme tous foenkinos.jpgles dimanches. Un dimanche comme les autres, donc, mais qui se terminera comme un dimanche fatal, celui où la vie s'arrête et prend un chemin différent : François meurt, écrasé par une voiture. Nathalie passe du statut de jeune mariée à celui de veuve d'un coup, comme ça, là, maintenant. Quelques années plus tard, Nathalie embrasse un collègue. Une impulsion imprévue, un geste irréfléchi, un baiser qui va changer sa vie, celle de Markus, l'embrassé, celle de Charles, son patron, amoureux de Nathalie.

 

 

Il est délicat, ce roman de David Foenkinos. Il est délicat et touchant par moments. Délicat parce que David Foenkinos effleure joliment, avec délicatesse, justement, ces petits moments, ces petits riens qui viennent imperceptiblement agir sur le cours des vies : un baiser, une chanson, une caresse, un plat du jour ou un tableau qui sans faire de bruit impriment leurs marques et colorent les destins. Délicat parce que les personnages sont juste touchants, juste justes : valse des hésitations, valse des sentiments, que ce soient ceux de Nathalie qui se surprend à réapprendre à aimer, Markus qui apprend justement à aimer ou Charles qui aime, désaime et réaime.

 

Le tout est très Foenkinien, bien sûr, entendons par là un style qui manie judicieusement humour et délicatesse. Foenkinien aussi parce que trop de formule tue la formule, et que certaines facilités auraient pu être évitées, certaines notes de bas de page m'ont paru totalement inutiles voire carrément gonflantes. Certaines Foenkineries un peu trop faciles, un peu trop ‘too much ». Il y a du bon et du moins bon, je me serais volontiers passée de plusieurs énumérations, de plusieurs considérations superflues annotées en bas de page (« 1. C'est étrange de s'appeler Alice et de se retrouver dans ce type de soirée pour rencontrer un homme. En général les Alice rencontrent facilement les hommes. 2. C'est étrange de s'appeler Alice et de travailler dans une pharmacie. En général les Alice travaillent dans les librairies ou des agences de voyage. 3. A ce stade, on peut s'interroger : s'appelait-elle vraiment Alice ? » : ah… heu… bon... OK, mais l’histoire, ça lui apporte quoi, ça ? Pas grand-chose, non ?).

 

Alors ? Au final ? Pas mal : de jolis moments, des personnages et des sentiments qui l'air de rien sont finement dessinés, et une histoire somme toute banale racontée avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Malgré les envolées foenkiniennes qui m'ont paru superflues et pas toujours amusantes. Pas le roman du siècle pour moi, pas meilleur que « Qui se souvient de David Foenkinos », mieux que « Le potentiel érotique de ma femme ». Entre les deux quoi !

 

 

 

 

La délicatesse, David Foenkinos

Gallimard 200 pages, Septembre 2009

 

 

Avis entousiastes (Caro[line], bien sûr que je remercie pour le prêt, ou Fashion, ou plus réservés comme Cuné à piocher chez Bob, ou chez Bartllebooth).