Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/07/2010

Portrait d’un mari avec les cendres de sa femme – Pan Bouyoucas

cendres.jpgVous feriez quoi, vous, avec les cendres d’un être cher ? S’il a bien précisé ses désirs, la chose est simple, on suit ses dernières volontés et basta, en quelque sorte. Mais si la personne disparue a juste dit qu’elle voulait que ses cendres soient dispersées à l’endroit "où elle a été le plus heureuse », il vaut mieux connaître l’endroit en question.

C’est ce qui se passe avec le docteur Alexandre Marras : sa femme, la comédienne Alma Joncars, expire dans un soupir d’orgasme. Jolie façon de mourir, me direz vous. Jolie façon donc, mais Alma, soit par facétie, soit par sarcasme, a laissé à son cher époux le soin de choisir l’endroit. Lui qui voudrait simplement enterrer l’urne dans son jardin, puisque Alma aimait passionnément ce jardin, se heurte aux revendications de son entourage, sa famille, les amis d’Alma, sa propre fille, tous sachant évidemment mieux que lui où Alma a été la plus heureuse. Des anciens théatreux qui voient là l’occasion d’attirer les foules (vous imaginez, un théâtre recueillant les cendres d’une ancienne comédienne, ça attire les foules, donc les spectateurs), des illuminés d’une secte qui voudraient en profiter pour attirer les fidèles, des anciens amants (? le docteur n'en n'est pas sûr)… ce pauvre docteur Marras part en quête du passé de sa femme, qu’il connaissait bien mal, se rend-il compte, en tous cas bien moins que toutes ces personnes soit-disant bien intentionnées.

C’est charmant, parfois touchant, on suit le parcours d’un homme à la fois faible et obstiné, résolu à rendre un dernier hommage à sa femme, on sait dès le début que sa quête sera vaine, l’auteur le précise régulièrement (était-ce bien nécessaire ? j’aurais peut-être préféré le découvrir petit à petit) ; on voyage du Canada à Paris en passant par la Grèce, on compatit, le pauvre hère saura-t-il prendre enfin une décision et trancher ? Et cette quête l’éloigne petit à petit de sa propre fille, qui n’arrive pas à faire son deuil et le plonge dans le doute. Qui était réellement Alma ? Une diva qui l'utilisait ? Une femme adultère ? Ou bien simplement celle qu'il connaissait ? Le deuil est l'occasion pour lui de réfléchir enfin à son couple et surtout de découvrir qu'être marié pendant vingt-quatre ans ne veut pas forcément dire connaître l'autre sur le bout des doigts.

Au final un roman très court qui se lit sans déplaisir, avec un sourire indulgent parce l’histoire est charmante, touchante, souvent dotée d’un humour à froid que j’apprécie énormément, pas forcément extraordinaire, mais sympathique.

 

 Portrait d’un mari avec les cendres de sa femme – Pan Bouyoucas

Les allusifs, Mais 2010, 129 pages

 

L’avis de Lily

 

31/08/2009

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE - KATARINA MAZETTI

Benny est agriculteur et plutôt balourd.mazetti.jpg

 

Désirée est bibliothécaire et plutôt intello.

 

Il aime les tableaux au point de croix de sa maman, elle aime le design et l’art contemporain.

 

Ils se rencontrent au cimetière, devant les tombes de feu le mari de Désirée et feu la maman de Benny.

 

Tout les oppose, et pourtant…

 

C’est marrant, mais ce livre m’a toujours tentée, et pas tentée. J’en lisais beaucoup de bien ici et là, j’avais envie d’essayer, mais la couverture du broché et le titre me rebutaient, du coup, j’ai laissé passer. Et puis je suis tombée dessus dans une charmante librairie de Sanary sur Mer (au passage, le petit village de Sanary compte deux très bonnes librairies sur son port, une librairie spécialisée en BD dans les ruelles du vieux village, quelques bouquinistes, et aussi une délicieuse biscuiterie provençale, je dis ça je dis rien J). La libraire, passionnée et passionnante, me l’a conseillé, voire chaudement recommandé. Ma foi, c’étaient les vacances, un livre de plage me serait toujours utile, je pourrais toujours le donner à ma nièce, je l’ai acheté. Et lu. Et gardé pour moi.

 

L’histoire est totalement prévisible, ces deux là ont tout pour ne pas s’aimer, sont trop différents pour s’assembler et comme les contraires s’attirent forcément, les voilà embarqués dans une histoire d’amour où le bat blesse trop souvent pour ne pas provoquer des étincelles. Une histoire facile et attendue, donc, mais servie avec un humour très fin, des réflexions justes et touchantes sur les relations de couple et les concessions qui se font à maux couverts. Des débuts d’une relation où la passion et la nouveauté effacent tout le reste aux premières hésitations, aux premiers reproches, aux ressentiments et frustrations qui se transforment en rancoeurs, puis en regrets, le tout est toujours juste, à la fois subtil et drôle. Chaque chapitre est raconté par l’un des deux tourtereaux et donne lieu à de savoureuses remarques qui illustrent joliment leurs différences (« J’en étais sûr. Elle a l’air de quelqu’un qui lit sans arrêt et de son plein gré. Des gros livres, avec des petits caractères et sans images. »)

 

Très joliment racontée, l’histoire de Désirée et Benny se lit avec plaisir. Un bémol ? Un seul, soyons sincère : la fin est trop manifestement ouverte vers un nouvel épisode (du style « vous voulez savoir si Benny et Désirée arriveront à *….* ??, lisez la suite ! », et plutôt cucul la praline). Mais ça ne m’empêchera pas de la lire, cette suite.

 

 

Le mec de la tombe d’à coté, Katarina Mazetti.

Babel, 254 pages

 

 

Les avis de Cuné, Emeraude, Papillon, Fashion, Dasola, Tamara, Caroline de Pensées de ronde, Laure, Sylire, Lilly, Pimprenelle, Chrestomanci, Stéphie, Brize, Kathel, Flo , Abeille, Aproposdeslivres, Theoma.

 

Et l'avis d'un homme, quand même ! Yvon l'a lu.

 

J'en ai sans doute oublié, n'hésitez pas à me signaler vos billets...