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03/09/2009

LA BELLE ROUGE - POPPY Z. BRITE

L'an dernier Poppy Z. Brite nous avait régalés avec Alcool, le premier volet de sa trilogie culinaire. Nous y suivions Rickey et G-Man, cuistots amoureux et quelque peu imbibés, dans la création de leur restaurant entièrement dédié à leur pécher mignon. C'était follement sympathique, épicé en diable, gentiment sucré et largement parfumé de saveurs très… Nouvelle Orléans.84626100056200L.gif

 

« La belle rouge », second volet de la trilogie, arrive ce mois ci dans nos assiettes. Deux ans se sont écoulés depuis l'ouverture d'Alcool. Le succès est au rendez-vous, Rickey et G-Man, s'il ne sont pas riches pour autant,  ont vu leur réputation assurée, leur talent reconnu, et savourent la réussite de leur projet. Ils sont toujours associés à Lenny Duveteaux, lui-même toujours détesté par le procureur Placide Treat. C'est un article assassin sur Alcool dans un canard soit disant culinaire, rédigé par un soit disant critique gastronomique, qui va mettre de l'huile sur le feu.

 

Alcool était un hors d'oeuvre savoureux. Une mise en bouche réussie, grâce à laquelle nos papilles papillonnaient de joie et nous nous léchions les babines à chaque page. « La belle rouge » est un petit plat sympathique, correctement cuisiné, mais qui manque d'épaisseur et de saveur. Dans les 300 premières pages, nous assistons au bonheur de nos deux amoureux et leur envie de se libérer de la tutelle de Lenny Duveteaux. Les tourtereaux rêvent d'indépendance mais manquent d'argent. Une proposition inattendue vient leur permettre de gagner le pécule qui leur manque : Rickey est prié de devenir consultant auprès d’un restaurant de Dallas qui n’arrive pas à être rentable. Sa mission : revoir la carte, l’épurer ou l’enrichir, conseiller le chef, bref, mettre sa patte ici et là et en faire un restaurant qui marche. Rickey se rend au Texas et y retrouve une ancienne connaissance, Cooper Stark, le dit chef. Il décide de tout changer et de consacrer le restaurant à la viande, la belle, la rouge des texans  : La Belle Rouge voit le jour et c'est le succès immédiat. S'ensuivront un meurtre, une histoire de vengeance, de fils illégitime. Le roman se corse à ce moment, nous avons droit à de très belles pages alléchantes, délicieuses (ah... le menu que sert Coop à Rickey, j'en avais l'eau à la bouche) mais il faut avouer qu'avant ces premières péripéties se sont écoulées pas loin de 300 pages d'une histoire bien gentillette mais pas passionnante.

 

Que rajouter ? C'est une cuisine honnête, mais semble fade après Alcool. Tout cet alcool d'ailleurs s'est un peu évaporé, de même que la beuh fumée à pleines bouffées dans le premier volume, nos deux compères sont devenus un vieux couple assagi, quelques tiraillements ici où là viennent rappeler le bon vieux temps, mais il semble que la recette ait perdu le petit plus qui la rendait appétissante.

 

La belle rouge me paraît être une gentille cuisine bourgeoise. J'espère que le troisième volet regagnera ses étoiles.

 

Emma a en revanche beaucoup aimé !

 

 

 

La belle rouge – Poppy Z. Brite

Au diable Vauvert, 488 pages, septembre 2009

01/10/2008

ALCOOL – POPPY Z. BRITE

Rickey et G-Man sont cuistots à la Nouvelle Orléans. C’est facile d’être un cuistot à la Nouvelle Orléans : cuistot, plongeur, serveur, les restos ne manquent pas, la main d’œuvre non plus. Mais ces deux là sont de la race des vrais cuistots. Parce qu’en plus d’être des gars sérieux, ils aiment la bonne bouffe. Cuisiner n’est pas seulement un gagne pain, comme pas mal d’autres pauv’gars de la ville, cuisiner, pour eux, c’est un art, un sacerdoce, un plaisir, un pied, un métier, un vrai truc, fait avec amour et dévotion.poppyzbrite.jpg

 

La Nouvelle Orléans, c’est aussi la capitale de l’alcool. Tout le monde boit et le taux de cirrhose par habitant doit y être plus important qu’en Russie, Pologne et Bretagne réunies ; aussi, le jour où Rikey a l’idée d’ouvrir un restaurant où tous les mets seront agrémentés d’un peu d’alcool, d'une rasade de ci ou mijotés dans ça, les deux acolytes pensent avoir l’idée du siècle. Celle qui les sortira des jobs minables et les mènera tout de suite au firmament des chefs cuistots. Faut dire qu’ils en ont marre de galérer, qu’ils ont envie de profiter un peu d’eux deux (j’avais oublié de vous dire qu’ils sont ensemble), de pouvoir fumer de la beuh tranquille entre deux verres et se faire plaisir avec un vrai concept. Reste à trouver l’argent, et pour ça Lenny, le Chef Etoilé Hyper Connu va les aider…

 

 

Ce n’est pas un polar, mais on y trouvera un macchabée dans une chambre froide, ce n’est pas un roman gastronomique, mais on s’y lèchera les babines à quasiment toutes les pages. Ce n’est pas un roman d’amour mais ces deux là sont quand même vachement attachants : on les aime bien, ces amoureux de la cuisine bien faite, ils sont touchants à s’aimer malgré les galères, les cuites, les emmerdes et les angoisses existentielles qui les assaillent. Il y a des règlements de compte et des loubards pas nets, des magouilles pas claires, des politiques véreux et des cuisiniers aussi jaloux que camés, des p’tites pépées qui couchent, des journalistes largement imbibés et des zonards un peu paumés, un peu rêveurs.

 

Il y a de la coke, il y a du whisky consommé sans modération, c'est sûr. Il y a aussi tout plein de jolies petites choses qui clignotent dans ce roman. Des roulés de prosciutto aux figues marinés au Calva, des braves gars, des litres d’alcool versés ou avalés, quelques pincées de tendresse qui pourraient tourner à la sauce sentimentheàl'eau si le roman ne titillait vos papilles et ne pétillait comme des  bulles de champagne bien frais ! A consommer sans modération, pour le plaisir, donc.

 

Alcool de Poppy Z. Brite, Au Diable Vauvert, 476 p.

 

 

Les avis de Cuné, Emma, Anne-Sophie

06:17 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : poppy z brite, alcool, nouvelle orléans, cuisine | |  Facebook